Les noms de Jésus

Comment l’Évangile le nomme, et comment il se nomme

L’Évangile ne dit jamais qui est Jésus d’une seule formule : il le nomme, et chaque nom est une réponse donnée par quelqu’un. L’ange dit « Jésus », les mages « roi des Juifs », Jean-Baptiste « Agneau de Dieu », Pierre « le Christ », un esprit impur « le Saint de Dieu », Thomas « mon Seigneur et mon Dieu » ; et lui se nomme « le Fils de l’homme », « le bon pasteur », « la vraie vigne ». Voici, pour chaque nom, qui le donne, ce que le mot dit, le passage, combien de fois chaque évangile l’emploie, et ce que l’Église en confesse.

On peut lire les fiches dans l’ordre, ou prendre le nom du jour et le garder toute la journée, comme on garde un mot. Les comptes mènent à la recherche du site ; les commentaires des Pères, verset par verset, se trouvent sur la page de chaque passage.

Les noms de sa naissance

Les noms qu’il reçoit avant d’avoir parlé : ceux que l’ange donne, ceux que les prophètes avaient écrits, ceux que les mages apportent, et ceux que son village lui laisse. Jésus, Emmanuel, Sauveur, fils de David, Nazaréen, fils du charpentier, roi des Juifs. Le premier et le dernier de la liste encadrent toute sa vie : le nom de la crèche est celui de la croix.

Jésus

Donné par l’ange, à Marie puis à Joseph

Ce que le mot dit En hébreu Yeshoua, forme tardive de Josué : « le Seigneur sauve ». Le nom était courant en Israël ; la traduction liturgique le glose entre parenthèses, parce que Matthieu le glose lui-même : « c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Le nom dit la mission avant que l’enfant ne naisse, et il est donné deux fois, à Marie par Gabriel, à Joseph en songe, pour que les deux le donnent.

Le passage Mt 1, 21

elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

AussiLc 1, 31à MarieLc 2, 21le huitième jour

Dans le texte 993 foisMt 228Mc 213Lc 273Jn 279chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le nom de Jésus signifie que le nom même de Dieu est présent dans la personne de son Fils, fait homme pour la rédemption des péchés (Catéchisme, n. 430 à 432). C’est pourquoi l’Église le prononce comme une prière : l’invocation du nom de Jésus est le chemin le plus simple de la prière continuelle, et « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (n. 432 et 2666). Ce que le lecteur lit près de mille fois dans les quatre livres est le nom qu’on lui a appris à dire en premier.

Emmanuel

Donné par Matthieu, citant Isaïe

Ce que le mot dit En hébreu Immanou-El, « Dieu-avec-nous », et Matthieu traduit pour ses lecteurs. Le mot vient d’Isaïe, qui l’avait donné au roi Acaz comme signe : une jeune femme enceinte, un fils, et ce nom. Personne dans l’Évangile n’appelle Jésus « Emmanuel » ; c’est un nom que l’Écriture lui donne, non ses proches, et Matthieu le place au seuil de son livre pour que le dernier verset y réponde : « je suis avec vous tous les jours ».

Le passage Mt 1, 22-23

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

AussiMt 28, 20« je suis avec vous »

Dans le texte 1 foisMt 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Église lit dans ce verset l’annonce de la conception virginale, œuvre de Dieu qui dépasse toute compréhension humaine (Catéchisme, n. 497). Le nom dit ce que l’Incarnation est : non pas Dieu qui envoie, mais Dieu qui vient et demeure. Entre l’Emmanuel du premier chapitre et le « je suis avec vous » du dernier, tout l’Évangile de Matthieu tient dans une présence.

Le Sauveur

Donné par l’ange, aux bergers ; les Samaritains, à la femme du puits

Ce que le mot dit En grec sôtêr, celui qui sauve, qui tire du danger ou de la mort. Le titre se donnait aux dieux et aux empereurs ; l’ange le donne à un nouveau-né couché dans une mangeoire, avec deux autres, « le Christ, le Seigneur ». Chez Jean, ce sont des Samaritains, des étrangers, qui l’élargissent : « le Sauveur du monde ». Le nom de Jésus le contenait déjà.

Le passage Lc 2, 10-11

Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

AussiJn 4, 42« le Sauveur du monde »Lc 19, 10« chercher et sauver ce qui était perdu »

Dans le texte 3 foisLc 2Jn 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le Verbe s’est fait chair pour nous sauver en nous réconciliant avec Dieu : c’est la première des raisons que le Catéchisme donne à l’Incarnation (n. 457). Sauveur n’est pas un titre d’honneur mais un titre de fonction : il dit ce qu’il est venu faire, chercher et sauver ce qui était perdu (n. 430). Le lecteur peut se demander de quoi il attend d’être sauvé ; l’ange, lui, a dit « de ses péchés ».

Le Fils du Très-Haut

Donné par l’ange Gabriel, à Marie

Ce que le mot dit « Très-Haut », en hébreu Elyon, est l’un des noms de Dieu dans les psaumes. Gabriel ne dit pas d’abord « Fils de Dieu », mais ce titre-là, qui vient de la promesse faite à David : « je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils ». Il ajoute le trône de David et un règne sans fin ; puis, à la question de Marie, il précise : « il sera appelé Fils de Dieu ». Un esprit impur reprendra le nom, de l’autre bord, en criant.

Le passage Lc 1, 31-33

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

AussiLc 1, 35« il sera appelé Fils de Dieu »Lc 8, 28un esprit impurMc 5, 7le possédé de Gérasa

Dans le texte 4 foisMc 1Lc 3chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’annonce à Marie ouvre la plénitude des temps : le Fils du Très-Haut est conçu de l’Esprit Saint dans le sein de la Vierge, et les promesses faites à David s’accomplissent en lui (Catéchisme, n. 484 et 486). Le titre relie les deux Testaments en une phrase : le roi promis à David et le Fils de Dieu sont le même enfant.

Le fils de David

Donné par la généalogie, les aveugles, les foules des Rameaux

Ce que le mot dit Le titre messianique par excellence : le Messie devait naître de la lignée de David, et Matthieu ouvre son livre par ces mots. Dans le récit, ce sont les petits qui le crient, deux aveugles, une Cananéenne, un mendiant de Jéricho, les enfants du Temple, et les foules des Rameaux. Jésus ne le refuse pas, mais il en montre la limite aux pharisiens : si David appelle le Messie « mon Seigneur », il est plus que son fils.

Le passage Mc 10, 47-48

Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »

AussiMt 1, 1la généalogieMt 9, 27deux aveuglesMt 21, 9les RameauxMt 22, 41-45« comment peut-il être son fils ? »

Dans le texte 16 foisMt 9Mc 3Lc 4chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Beaucoup de Juifs et même des païens ont reconnu en Jésus le fils de David, le Messie promis à Israël (Catéchisme, n. 439). L’entrée à Jérusalem, où les enfants l’acclament de ce nom, inaugure la venue du Royaume que le Roi-Messie va accomplir par sa mort et sa résurrection (n. 559 et 560). Le titre est vrai, et il est trop court : c’est ce que la question sur le psaume 110 fait comprendre.

Jésus de Nazareth, le Nazaréen

Donné par Matthieu, les esprits impurs, la servante, l’écriteau de la croix

Ce que le mot dit Le nom de son village, devenu son nom d’état civil : c’est ainsi qu’on le désigne quand on ne le confesse pas, et l’écriteau de Pilate le porte avec « roi des Juifs ». Matthieu y voit une parole des prophètes ; on ne sait laquelle, peut-être le netser d’Isaïe, le « rejeton » de la souche de Jessé. Au tombeau vide, l’ange garde le nom : « Jésus de Nazareth, le Crucifié ».

Le passage Mt 2, 23

et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

AussiMc 1, 24un esprit impurLc 24, 19les disciples d’EmmaüsJn 18, 5-6la troupe, au jardinJn 19, 19l’écriteauMc 16, 6l’ange, au tombeau

Dans le texte 12 foisMt 2Mc 4Lc 3Jn 3chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus de Nazareth, né juif d’une fille d’Israël, à Bethléem, au temps du roi Hérode et de l’empereur Auguste, est le Fils éternel de Dieu fait homme (Catéchisme, n. 423). L’Église tient à ce nom de lieu : il dit que le Verbe a pris une adresse, une bourgade que Nathanaël jugeait sans avenir, et qu’il l’a gardée sur la croix.

Le fils du charpentier

Donné par les gens de Nazareth, puis ceux de Capharnaüm

Ce que le mot dit Le nom de la vie cachée, dit avec dédain : « N’est-il pas le fils du charpentier ? » Chez Marc, c’est lui le charpentier, « le fils de Marie », ce qui est rare, on nommait par le père. Le grec tektôn dit l’artisan du bois et de la pierre. À Capharnaüm, la même objection revient contre le pain du ciel : « Nous connaissons bien son père et sa mère. » Philippe, lui, disait la même chose avec foi : « Jésus fils de Joseph, de Nazareth ».

Le passage Mt 13, 54-57

Il se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? »Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »

AussiMc 6, 3« le charpentier, le fils de Marie »Lc 4, 22« le fils de Joseph »Jn 1, 45PhilippeJn 6, 42à Capharnaüm

Dans le texte 9 foisMt 1Mc 2Lc 4Jn 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Pendant la plus grande partie de sa vie, Jésus a partagé la condition de l’immense majorité des hommes : une vie quotidienne sans apparente grandeur, vie de travail manuel, vie religieuse juive soumise à la Loi de Dieu (Catéchisme, n. 531). Le nom que Nazareth lui jette est vrai, et l’Église le garde comme un honneur : le Fils de Dieu a eu un métier.

Le roi des Juifs

Donné par les mages, puis Pilate et l’écriteau de la croix

Ce que le mot dit Le titre qu’on lui donne du dehors : des étrangers venus d’Orient le demandent à Hérode, qui s’en effraie ; un gouverneur romain le lui pose en question ; les soldats s’en moquent ; l’écriteau l’affiche en trois langues. Jésus ne le prononce pas de lui-même, mais ne le nie pas : « C’est toi-même qui le dis », et à Pilate il explique de quelle royauté il s’agit. Les grands prêtres voulaient qu’on écrive « il a dit » ; Pilate a laissé le titre.

Le passage Mt 2, 1-2

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalemet demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

AussiMt 27, 11PilateLc 23, 3Jn 18, 33-37« ma royauté n’est pas de ce monde »Jn 19, 19-22« ce que j’ai écrit, je l’ai écrit »

Dans le texte 17 foisMt 4Mc 5Lc 3Jn 5chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Épiphanie manifeste Jésus comme Messie d’Israël, Fils de Dieu et Sauveur du monde : les mages, premiers des païens, cherchent « le roi des Juifs » et se prosternent (Catéchisme, n. 528). Sa royauté n’est pas de ce monde, et il ne l’exerce qu’en attirant tous les hommes à lui par sa croix (n. 786). Le nom de la crèche est celui de la croix ; entre les deux, personne ne l’a porté.

Ce que lui disent ceux qu’il rencontre

Les noms qu’on lui donne en le voyant : Rabbi, prophète, celui qui vient, le Christ, le Fils de Dieu, le roi d’Israël, l’Agneau de Dieu, le Saint de Dieu, le Juste. Ils viennent de disciples, de foules, d’un esprit impur, d’un centurion. Presque tous sont vrais, et presque tous sont dits avant d’être compris : l’Évangile laisse les hommes le nommer mieux qu’ils ne savent.

Rabbi, Maître

Donné par les premiers disciples, Nicodème, Marie Madeleine

Ce que le mot dit En hébreu rabbi, « mon grand », le titre qu’on donnait aux docteurs de la Loi ; Jean le traduit deux fois pour ses lecteurs : « Maître ». C’est le premier nom que les disciples lui donnent, au bord du Jourdain, et le dernier que Marie Madeleine lui donne, au matin de Pâques, sous sa forme tendre, « Rabbouni ». Jésus l’accepte, mais interdit aux siens de se le faire donner : « vous n’avez qu’un seul maître ».

Le passage Jn 1, 38

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »

AussiJn 3, 2NicodèmeMc 10, 51« Rabbouni », BartiméeJn 20, 16« Rabbouni », Marie MadeleineMt 23, 8-10« vous n’avez qu’un seul maître »

Dans le texte 17 foisMt 4Mc 4Jn 9chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus est apparu aux yeux des Juifs et de leurs chefs comme un rabbi ; il a souvent argumenté dans le cadre de l’interprétation rabbinique de la Loi, mais il a heurté les docteurs parce qu’il enseignait « comme ayant autorité » (Catéchisme, n. 581). Le titre est juste et il est modeste : c’est celui d’un maître qu’on suit à pied. L’Église ne l’a pas gardé dans ses prières, mais elle a gardé la posture : on est disciple avant d’être autre chose.

Le Prophète

Donné par les gens de Naïm, la foule des pains, la Samaritaine, les disciples d’Emmaüs

Ce que le mot dit Le nom que la foule lui donne quand elle a vu un signe : à Naïm, « un grand prophète s’est levé parmi nous » ; après les pains, « c’est vraiment lui le Prophète annoncé », celui que Moïse avait promis. La Samaritaine le lui dit parce qu’il a lu sa vie. Après Pâques, c’est le nom des disciples d’Emmaüs, qui n’en ont plus d’autre. Jésus le prend pour lui, en passant : « il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem ».

Le passage Lc 7, 16

La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »

AussiJn 6, 14« le Prophète annoncé »Jn 4, 19la SamaritaineMt 21, 11les RameauxLc 13, 33Jésus, de lui-mêmeLc 24, 19Emmaüs

Ce que l’Église confesse Jésus a accompli l’espérance messianique d’Israël dans sa triple fonction de prêtre, de prophète et de roi (Catéchisme, n. 436). Prophète, il l’est comme aucun avant lui : les autres portaient la parole, il est la Parole. Le nom est vrai et il est en deçà ; c’est celui qu’on donne à Emmaüs avant de reconnaître, à la fraction du pain, qui marchait à côté.

Celui qui doit venir

Donné par Jean-Baptiste depuis sa prison, les foules des Rameaux, Marthe

Ce que le mot dit Un nom sans nom : « celui qui vient », ho erchomenos, l’attendu. Jean-Baptiste le lui envoie demander comme une question, du fond de sa prison, et Jésus répond par les œuvres d’Isaïe : les aveugles voient, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Les foules le chantent avec le psaume 118, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », et Marthe le confesse devant le tombeau : « celui qui vient dans le monde ».

Le passage Mt 11, 2-6

Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.lire la suite (1 verset)

AussiLc 7, 19Mt 21, 9les RameauxLc 13, 35« jusqu’à ce que vienne le jour »Jn 6, 14Jn 11, 27Marthe

Dans le texte 10 foisMt 3Mc 1Lc 3Jn 3chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jean-Baptiste est le précurseur immédiat du Seigneur, envoyé pour lui préparer le chemin ; il le désigne et se réjouit d’être l’ami de l’Époux (Catéchisme, n. 523). Le nom d’attente convient à tout lecteur : on ne cesse pas de l’attendre parce qu’il est venu, et la messe le redit chaque dimanche avec le Sanctus, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».

Le Christ, le Messie

Donné par André, Pierre, Marthe ; le grand prêtre, en accusation

Ce que le mot dit En hébreu mashiah, « oint », celui sur qui on a versé l’huile sainte, le roi, le prêtre ; en grec christos, et Jean traduit l’un par l’autre. Le mot en vint à désigner le libérateur attendu ; « Christ » n’est pas un nom de famille mais un titre, et dire « Jésus Christ » est déjà une confession. André le dit le premier, Pierre le dit pour les Douze, Marthe devant le tombeau ; Jésus le reconnaît devant la Samaritaine, « je le suis, moi qui te parle », et devant le grand prêtre, sous serment, en y joignant le Fils de l’homme.

Le passage Mt 16, 13-17

Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »lire la suite (1 verset)

AussiJn 1, 41AndréJn 4, 25-26« Je le suis, moi qui te parle »Jn 11, 27MartheMc 14, 61-62devant le grand prêtreLc 2, 11l’angeLc 24, 26« ne fallait-il pas que le Christ souffrît »

Dans le texte 57 foisMt 15Mc 7Lc 14Jn 21chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Christ vient de la traduction grecque du terme hébreu Messie, qui veut dire « oint » ; Jésus l’est parce que l’Esprit le consacre pour sa mission de prêtre, prophète et roi (Catéchisme, n. 436). Il accepte la confession de Pierre, mais en y joignant l’annonce de sa Passion, pour que le titre ne soit pas compris comme un pouvoir terrestre (n. 439 et 440). Pierre l’a dit avant de le comprendre, et il l’a compris à la croix.

Le Fils de Dieu

Donné par l’ange, les disciples dans la barque, Nathanaël, Marthe, le centurion

Ce que le mot dit Dans l’Ancien Testament, « fils de Dieu » se disait des anges, du peuple élu, du roi ; le titre ne disait pas forcément plus qu’une adoption. L’Évangile le charge d’un autre sens : l’ange le donne à Marie, les disciples le disent en se prosternant après la marche sur les eaux, Nathanaël en un cri, Marthe en une confession, le centurion devant le crucifié qui vient d’expirer. Les esprits impurs le crient aussi, et Jésus les fait taire. Lui-même le prend devant ses accusateurs : « j’ai dit : je suis le Fils de Dieu ».

Le passage Mt 14, 32-33

Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

AussiLc 1, 35l’angeJn 1, 49NathanaëlJn 11, 27MartheMc 15, 39le centurionMt 27, 54Jn 10, 36Jésus, de lui-même

Dans le texte 27 foisMt 9Mc 4Lc 6Jn 8chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Fils de Dieu, dans l’Ancien Testament, était un titre donné aux anges, au peuple, aux rois, sans dire plus qu’une filiation adoptive ; quand Pierre confesse Jésus comme « le Fils du Dieu vivant », il dit autre chose, et Jésus répond que la chair et le sang ne le lui ont pas révélé (Catéchisme, n. 441 et 442). Le nom signifie la relation unique et éternelle de Jésus Christ à Dieu son Père : il est le Fils unique du Père, et Dieu lui-même (n. 454). Le centurion l’a dit devant un mort ; c’est là que le titre prend tout son poids.

Le roi d’Israël

Donné par Nathanaël, la foule des Rameaux ; les chefs, en dérision, au pied de la croix

Ce que le mot dit Le titre du Messie vu du dedans : « roi des Juifs » est ce que disent les étrangers et Rome, « roi d’Israël » ce que dit le peuple de l’Alliance. Nathanaël le crie le premier, à cause d’un figuier ; les foules de Jérusalem le chantent avec des palmes ; les chefs le retournent en moquerie sous la croix : « qu’il descende, et nous croirons ». Il ne descend pas, et c’est là qu’il règne.

Le passage Jn 1, 47-49

Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. »Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! »

AussiJn 12, 13les RameauxMc 15, 32en dérisionMt 27, 42

Dans le texte 4 foisMt 1Mc 1Jn 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’entrée messianique à Jérusalem manifeste la venue du Royaume que le Roi-Messie va accomplir par la Pâque de sa mort et de sa résurrection ; l’Église en fait mémoire le dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte (Catéchisme, n. 560). Le roi d’Israël est monté sur un ânon, et son trône est une croix : le titre n’est pas faux, c’est la royauté qui n’était pas celle qu’on attendait.

L’Agneau de Dieu

Donné par Jean-Baptiste, au bord du Jourdain

Ce que le mot dit Un nom que personne d’autre ne lui donne, deux jours de suite, et qui suffit à envoyer deux disciples derrière lui. Il dit à la fois l’agneau de la Pâque, dont le sang sauvait les maisons, et le serviteur d’Isaïe, « comme un agneau conduit à l’abattoir » ; « qui enlève le péché du monde » y ajoute le bouc chargé des fautes, chassé au désert. Jean, l’évangéliste, y reviendra au Calvaire : on ne lui a pas brisé les os, comme à l’agneau de la Pâque.

Le passage Jn 1, 29

Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;

AussiJn 1, 35-37le lendemain, à deux disciplesJn 19, 36« aucun de ses os ne sera brisé »

Dans le texte 2 foisJn 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Après avoir accepté de lui donner le baptême, Jean-Baptiste a vu et désigné en Jésus l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ; il manifeste ainsi que Jésus est à la fois le Serviteur souffrant et l’agneau pascal, symbole de la rédemption d’Israël (Catéchisme, n. 608). L’Église le redit à chaque messe, avant la communion, dans les mots mêmes de Jean : c’est le seul nom de Jésus qu’on prononce en le regardant.

Le Saint de Dieu

Donné par un esprit impur, à Capharnaüm ; Pierre, après le discours sur le pain

Ce que le mot dit Le premier à le nommer ainsi, dans la synagogue de Capharnaüm, est un esprit impur, qui sait « qui tu es » et le crie : le Saint, celui qui est mis à part pour Dieu, consacré. Jésus le fait taire ; il ne veut pas de ce témoin. Le même nom revient dans la bouche de Pierre, à Capharnaüm encore, quand beaucoup s’en vont : « nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu ». Le même mot, d’un cri et d’une foi.

Le passage Mc 1, 23-25

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »

AussiLc 4, 34Jn 6, 68-69PierreMc 3, 11les esprits impurs

Dans le texte 3 foisMc 1Lc 1Jn 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Les exorcismes de Jésus anticipent la victoire sur le prince de ce monde ; les esprits impurs savent qui il est, et il leur impose silence, parce que ce n’est pas d’eux que la foi doit venir (Catéchisme, n. 550). Le titre dit sa consécration : il est l’Oint, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde (n. 438). Pierre a repris le mot des démons pour en faire une confession ; c’est la différence entre savoir et croire.

Le Juste

Donné par la femme de Pilate, le bon larron, le centurion

Ce que le mot dit Le nom de la Passion, donné par ceux qui n’ont rien à y gagner : une païenne qui a rêvé, un condamné à côté de lui, un officier romain qui l’a vu mourir. Pilate lui-même s’en lave les mains : « innocent du sang de cet homme ». Le mot dikaios dit celui qui est droit devant Dieu et devant les hommes ; Isaïe l’avait donné au Serviteur, « le Juste, mon serviteur, justifiera des multitudes ». Personne ne lui a rien trouvé, et il a été condamné.

Le passage Lc 23, 47

À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. »

AussiMt 27, 19la femme de PilateLc 23, 41le bon larronMt 27, 24« innocent du sang de cet homme »Lc 23, 14-15Pilate

Ce que l’Église confesse Après avoir accepté la mort, le Juste, le Serviteur de Dieu, justifie des multitudes en portant leurs fautes : la mort du Christ conformément aux Écritures est la mort du Juste pour les injustes (Catéchisme, n. 601). Le centurion a dit le mot au bon moment, après le dernier souffle : c’est de là que le titre prend son sens, et c’est à la même heure que l’autre centurion a dit « Fils de Dieu ».

Ce qu’il dit de lui-même

Les noms qu’il se donne. Chez les trois premiers évangiles, il ne dit guère que « le Fils de l’homme », et par images : l’Époux, le médecin, le maître du sabbat, plus grand que le Temple. Chez saint Jean, il dit « Moi, je suis », et ce qu’il ajoute est du pain, de la lumière, une porte, un berger, une vigne, un chemin ; puis il ne dit plus rien après « je suis », et c’est le Nom.

Le Fils de l’homme

Donné par lui seul, et plus de quatre-vingts fois

Ce que le mot dit Le seul nom que Jésus se donne dans les trois premiers évangiles, et personne d’autre ne l’emploie pour lui. En araméen, « fils d’homme » veut dire un homme, simplement ; mais Daniel avait vu « comme un Fils d’homme » venir sur les nuées et recevoir un règne éternel. Jésus tient les deux : celui qui n’a pas où reposer la tête, qui pardonne les péchés, qui donne sa vie en rançon, et celui qu’on verra siéger à la droite du Tout-Puissant. Devant le grand prêtre, il dit le nom de Daniel, et c’est cela qu’on appelle un blasphème.

Le passage Mc 2, 10-11

Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé –je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »

AussiMt 8, 20« pas d’endroit où reposer la tête »Mc 10, 45« pour servir »Lc 19, 10« chercher et sauver »Jn 3, 13-14« il faut qu’il soit élevé »Mc 14, 62devant le grand prêtre

Dans le texte 84 foisMt 31Mc 15Lc 25Jn 13chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus accepte la confession de Pierre, mais il lui joint l’annonce de la Passion et dévoile le contenu de sa messianité dans l’identité transcendante du Fils de l’homme « descendu du ciel », en même temps que dans la mission du Serviteur souffrant (Catéchisme, n. 440). Élevé sur la croix, il est aussi celui qui siège à la droite du Père et qui viendra (n. 664). Le nom le plus humble de la liste est celui qui dit le plus : il l’a choisi lui-même.

Le Fils

Donné par lui-même, quand il parle du Père

Ce que le mot dit Sans complément : « le Fils », quand il parle du Père. Il ne dit jamais « notre Père » en s’incluant, mais « mon Père » et « votre Père » ; et de lui-même, « le Fils », que le Père connaît seul et qui seul connaît le Père. Chez Jean, le Fils ne fait rien de lui-même, il fait ce qu’il voit faire au Père, et il fait vivre qui il veut. Dans la parabole des vignerons, il se met en dernier : « son fils bien-aimé », après tous les serviteurs.

Le passage Mt 11, 25-27

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

AussiMc 13, 32« pas même le Fils »Jn 5, 19-23Jn 3, 35-36Mc 12, 6dans la parabole des vignerons

Dans le texte 19 foisMt 4Mc 1Lc 3Jn 11

Ce que l’Église confesse Jésus a révélé que Dieu est Père en un sens inouï : par rapport à son Fils unique, qui n’est éternellement Fils que par rapport à lui (Catéchisme, n. 240). Ce nom, « le Fils », dit la relation la plus intime : personne ne connaît le Père sinon le Fils, et la foi chrétienne entre dans cette connaissance par lui (n. 443). C’est le seul nom qu’il ne pouvait recevoir de personne ; il est né avec.

« Moi, JE SUIS »

Donné par lui-même, aux Juifs de Jérusalem ; à la troupe, au jardin

Ce que le mot dit Quatre fois chez Jean, Jésus dit « je suis » sans rien ajouter, et la traduction liturgique le met en capitales : c’est le nom que Dieu a donné à Moïse au buisson, « Je suis celui qui suis ». « Avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS » ; les Juifs ramassent des pierres, ils ont compris. Au jardin, quand la troupe cherche « Jésus le Nazaréen », il répond « c’est moi, je le suis », et les soldats reculent et tombent : le nom fait tomber avant que personne ne l’arrête.

Le passage Jn 8, 56-58

Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »

AussiJn 8, 24« si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS »Jn 8, 28Jn 13, 19Jn 18, 4-6au jardin

Dans le texte 4 foisJn 4chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Seule l’identité divine de la personne de Jésus peut justifier une exigence aussi absolue que la sienne, et sa parole « avant qu’Abraham fût, Je Suis » (Catéchisme, n. 590). Le nom révélé au buisson, « Je Suis », dit que Dieu est l’Être même, fidèle et présent (n. 206 et 213). Jésus le prend pour lui, et c’est ce que ses adversaires lui reprochent : non ce qu’il fait, mais qui il dit être.

L’Époux

Donné par lui-même, aux disciples de Jean ; Jean-Baptiste avant lui

Ce que le mot dit On lui demande pourquoi ses disciples ne jeûnent pas ; il répond par une noce : « pendant que l’Époux est avec eux ». Dans l’Ancien Testament, l’époux d’Israël est Dieu lui-même, chez Osée, chez Isaïe ; Jésus prend le nom sans commentaire, et annonce déjà qu’il « leur sera enlevé ». Jean-Baptiste l’avait dit avant lui, en se mettant à sa place : « l’ami de l’époux ». Les dix jeunes filles attendent le même, dans la nuit.

Le passage Mc 2, 18-20

Comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.

AussiMt 9, 15Lc 5, 34-35Jn 3, 29Jean-Baptiste, « l’ami de l’époux »Mt 25, 1-6les dix jeunes filles

Dans le texte 7 foisMt 2Mc 3Lc 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’unité du Christ et de l’Église est exprimée par l’image de l’époux et de l’épouse ; le Seigneur s’est désigné lui-même comme l’Époux, et l’Église est l’Épouse qu’il a aimée et pour laquelle il s’est livré (Catéchisme, n. 796). Le mariage chrétien en est le signe (n. 1617). Le mot dit une joie et une absence : l’Époux est venu, l’Époux est parti, l’Époux revient ; les lampes doivent tenir jusque-là.

Le médecin

Donné par lui-même, à table chez Lévi le publicain

Ce que le mot dit On lui reproche de manger avec les pécheurs ; il répond par un proverbe : « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin ». Il se nomme en passant, et dit sa clientèle : « je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». À Nazareth, il avait cité un autre dicton contre lui-même, « Médecin, guéris-toi toi-même », que les chefs lui rejetteront sous la croix.

Le passage Mc 2, 15-17

Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre.Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

AussiLc 5, 31-32Mt 9, 12-13Lc 4, 23« Médecin, guéris-toi toi-même »

Dans le texte 5 foisMt 1Mc 2Lc 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons sont un signe éclatant que Dieu a visité son peuple ; il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps, et il est le médecin dont les pécheurs ont besoin (Catéchisme, n. 1503). Le sacrement de la réconciliation prolonge ce nom : le pénitent y vient comme un malade (n. 1421 et 1484). On ne va pas voir le médecin quand on va bien ; c’est la seule condition d’entrée.

Le maître du sabbat

Donné par lui-même, dans les champs de blé

Ce que le mot dit Les disciples arrachent des épis un jour de sabbat, et les pharisiens s’en plaignent. Jésus répond par David et les pains de l’offrande, par une règle, « le sabbat a été fait pour l’homme », puis par un titre que personne n’avait jamais pris : « le Fils de l’homme est maître, même du sabbat ». Or le sabbat est à Dieu ; c’est lui qui l’a institué au septième jour. Dire qu’on en est le maître, c’est dire d’où l’on vient.

Le passage Mc 2, 23-28

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. »Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ?Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »lire la suite (2 versets)

AussiMt 12, 8Lc 6, 5

Dans le texte 3 foisMt 1Mc 1Lc 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus donne son interprétation authentique de la Loi avec l’autorité de Dieu ; il est le maître du sabbat parce qu’il est le Fils, et c’est ce qui a scandalisé (Catéchisme, n. 582). Le sabbat, mémorial de la création et de la libération, trouve son accomplissement dans le jour du Seigneur, celui de sa résurrection (n. 2173 et 2175). Le titre est le plus discret de la liste, et l’un des plus grands : il touche à ce qui n’appartient qu’à Dieu.

Plus grand que le Temple, que Jonas, que Salomon

Donné par lui-même, aux pharisiens et aux scribes

Ce que le mot dit Trois fois, Jésus se nomme par une comparaison : « il y a ici plus grand que le Temple », « bien plus que Jonas », « bien plus que Salomon ». Le Temple était la maison de Dieu, Jonas le prophète qui a converti Ninive, Salomon le roi sage que la reine de Saba vint entendre du bout du monde. Il ne dit pas qui est « plus grand » ; il dit « ici », et laisse compter. Le signe de Jonas, trois jours dans le ventre du monstre, dit le reste.

Le passage Mt 12, 41-42

Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.

AussiMt 12, 6« plus grand que le Temple »Lc 11, 31-32Mt 12, 40le signe de Jonas

Dans le texte 5 foisMt 3Lc 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus s’est identifié au Temple, en s’y présentant comme la demeure définitive de Dieu parmi les hommes (Catéchisme, n. 586) ; il affirme aussi qu’il y a en lui plus que Jonas et plus que Salomon, et seule son identité divine justifie de telles paroles (n. 590). Ce nom sans nom demande au lecteur de faire l’addition lui-même : plus grand que la maison de Dieu, plus grand que le prophète, plus grand que le roi.

Le pain de la vie

Donné par lui-même, à Capharnaüm, après les pains multipliés

Ce que le mot dit Le premier des « Moi, je suis » de saint Jean, le lendemain de la multiplication : la foule a mangé et revient, et il lui parle de la manne. Elle demande « ce pain-là », et il répond « Moi, je suis le pain de la vie ». Puis il va plus loin qu’elle ne veut : « le pain que je donnerai, c’est ma chair », et beaucoup s’en vont. Le nom est à la fois une image et une chose à manger.

Le passage Jn 6, 35

Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

AussiJn 6, 48-51« le pain que je donnerai, c’est ma chair »Jn 6, 32-33« le vrai pain venu du ciel »

Dans le texte 5 foisJn 5chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le discours de Capharnaüm annonce l’Eucharistie : les disciples y sont partagés, comme ils le seront devant l’annonce de la Passion, et Pierre répond pour les Douze (Catéchisme, n. 1336). « Je suis le pain vivant, descendu du ciel » : ce que le Seigneur a dit de lui-même, l’Église le croit du pain consacré, et c’est le même nom (n. 1406). Ce nom se mange ; c’est le seul de la liste.

La lumière du monde

Donné par lui-même, dans le Temple, à la fête des Tentes ; Siméon avant lui

Ce que le mot dit À la fête des Tentes, on allumait de grands candélabres dans le parvis du Temple ; c’est là que Jésus dit « Moi, je suis la lumière du monde ». Il le redit avant de guérir l’aveugle-né, qui va voir, et avant la Passion : « je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ». Siméon l’avait dit du nouveau-né, « lumière qui se révèle aux nations », et le prologue, du Verbe. Aux disciples, il retourne le nom : « vous êtes la lumière du monde ».

Le passage Jn 8, 12

De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »

AussiJn 9, 5avant l’aveugle-néJn 12, 46Jn 1, 9le prologueLc 2, 32SiméonMt 5, 14« vous êtes la lumière du monde »

Dans le texte 5 foisMt 1Jn 4chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le baptême est appelé illumination, parce que celui qui le reçoit est éclairé par le Christ, lumière du monde (Catéchisme, n. 1216). En Jésus Christ, la vérité de Dieu s’est manifestée tout entière : « moi, lumière, je suis venu dans le monde » (n. 2466). Le cierge pascal, allumé dans la nuit, porte ce nom en cire ; on y allume le cierge du baptême.

La porte des brebis

Donné par lui-même, après la guérison de l’aveugle-né

Ce que le mot dit Avant de se dire berger, il se dit porte : l’ouverture de l’enclos où les brebis passent la nuit, par où l’on entre et l’on sort. « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. » L’image dit un passage, non un lieu où l’on reste. Il l’avait dite autrement dans le Sermon sur la montagne, « entrez par la porte étroite », et il la dira au soir de la Cène sans image : « personne ne va vers le Père sans passer par moi ».

Le passage Jn 10, 7-10

C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

AussiJn 14, 6« sans passer par moi »Mt 7, 13-14la porte étroite

Dans le texte 2 foisJn 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Église est le bercail dont le Christ est l’entrée unique et nécessaire (Catéchisme, n. 754). Le nom dit que le salut a une forme : on ne l’obtient pas en restant dehors ni en escaladant, mais en passant par quelqu’un. C’est le nom le plus humble des « je suis » de Jean, un objet de bois ; il dit pourtant l’unique médiateur.

Le bon pasteur

Donné par lui-même, dans le même discours ; Michée avant lui

Ce que le mot dit « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. » Dans l’Ancien Testament, le berger d’Israël est Dieu, et les rois ne sont que ses bergers, souvent mauvais ; Ézéchiel avait promis que Dieu viendrait lui-même faire paître son troupeau. La prophétie de Michée que les scribes citent à Hérode le nomme ainsi dès Bethléem. Il connaît ses brebis par leur nom, il donne sa vie, et au bord du lac, il confiera le troupeau à Pierre : « sois le pasteur de mes brebis ».

Le passage Jn 10, 11-15

Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,lire la suite (1 verset)

AussiJn 10, 27-28« mes brebis écoutent ma voix »Mt 2, 6Michée, cité à HérodeLc 15, 4-7la brebis perdueMt 26, 31« je frapperai le berger »Jn 21, 15-17« sois le pasteur de mes brebis »

Dans le texte 10 foisMt 3Mc 1Jn 6chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Église est le troupeau dont Dieu lui-même a annoncé qu’il serait le pasteur, et dont les brebis, bien que gouvernées par des pasteurs humains, sont conduites et nourries par le Christ, le bon Pasteur qui a donné sa vie pour elles (Catéchisme, n. 754). Les évêques et les prêtres exercent ce nom en son nom, non au leur (n. 1548). La brebis perdue de Luc dit la même chose sans le titre : il va la chercher.

La résurrection et la vie

Donné par lui-même, à Marthe, devant le tombeau de Lazare

Ce que le mot dit Marthe croit à la résurrection « au dernier jour », comme les pharisiens ; c’est une doctrine. Jésus la remplace par une personne : « Moi, je suis la résurrection et la vie », et il ajoute une question, « crois-tu cela ? ». Il ne dit pas qu’il ressuscitera les morts ; il dit qu’il est ce que Marthe attend. Puis il appelle Lazare, et c’est le signe. Chez Jean, il le disait déjà : « le Fils fait vivre qui il veut ».

Le passage Jn 11, 23-27

Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »lire la suite (1 verset)

AussiJn 5, 21« le Fils fait vivre qui il veut »Jn 6, 40Jn 14, 19« vous vivrez aussi »

Dans le texte 1 foisJn 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne : « je suis la résurrection et la vie » ; c’est lui qui ressuscitera au dernier jour ceux qui auront cru en lui, et il en donne dès maintenant un signe en rendant la vie à Lazare (Catéchisme, n. 994). Le nom fait de la résurrection non un événement futur, mais quelqu’un qu’on rencontre ; Marthe l’a rencontré avant que son frère ne sorte.

Le Chemin, la Vérité et la Vie

Donné par lui-même, à Thomas, au soir de la Cène

Ce que le mot dit Thomas ne sait pas le chemin, et le dit. Jésus répond par trois noms en un : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », et la raison : « personne ne va vers le Père sans passer par moi ». Le chemin n’est pas une route qu’il montre, c’est lui ; la vérité n’est pas une doctrine qu’il enseigne, c’est lui ; la vie n’est pas une récompense, c’est lui. Devant Pilate, il gardera la vérité : « rendre témoignage à la vérité ».

Le passage Jn 14, 4-7

Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »

AussiJn 1, 17« la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ »Jn 18, 37« rendre témoignage à la vérité »Jn 10, 10« la vie en abondance »

Dans le texte 1 foisJn 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse La première et la dernière référence de toute catéchèse est Jésus Christ lui-même, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Catéchisme, n. 1698). Le Verbe s’est fait chair pour être notre modèle de sainteté, et il est le chemin par lequel on va au Père (n. 459). Le nom répond à Thomas et à quiconque ne sait pas où aller : on ne cherche pas la route, on suit quelqu’un.

La vraie vigne

Donné par lui-même, au soir de la Cène

Ce que le mot dit Le dernier des « Moi, je suis » de Jean, et le seul où il donne aux siens une place dans le nom : « je suis la vigne, et vous, les sarments ». La vigne, dans les psaumes et chez Isaïe, c’est Israël, que Dieu a plantée et qui a donné du verjus ; les paraboles des vignerons le redisent. « La vraie vigne », c’est celle qui donne enfin du fruit, et le fruit vient de rester attaché : « en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

Le passage Jn 15, 1-5

Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.lire la suite (1 verset)

AussiJn 15, 8« que vous portiez beaucoup de fruit »Mc 12, 1la vigne des vigneronsMt 21, 33

Dans le texte 2 foisJn 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Église est la vigne choisie, dont le Christ est la vraie vigne qui donne vie et fécondité aux sarments que nous sommes (Catéchisme, n. 755). Elle est son Corps, et la comparaison de la vigne dit la même chose : une vie qui circule de lui aux membres (n. 787). Le nom ne se dit pas seul ; il attend qu’on soit dans la phrase.

Le Maître et le Seigneur

Donné par lui-même, après avoir lavé les pieds

Ce que le mot dit Il vient de faire le travail d’un esclave, et il reprend ses deux titres : « Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. » C’est la seule fois où il approuve un nom qu’on lui donne, et c’est à genoux qu’il le fait, un linge à la ceinture. Le titre et le geste ne se contredisent pas : « si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds… ».

Le passage Jn 13, 12-15

Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

AussiMt 23, 8-10« vous n’avez qu’un seul maître »Lc 6, 46« pourquoi m’appelez-vous “Seigneur ! Seigneur !” »Jn 20, 28Thomas

Dans le texte 2 foisJn 2

Ce que l’Église confesse Dans le lavement des pieds, Jésus, sachant que son heure était venue, donne aux siens un exemple d’amour et de service qui anticipe le don de sa vie (Catéchisme, n. 1337). Toute la vie du Christ est modèle : il est le Maître dont l’exemple est à suivre (n. 520). Le jeudi saint, l’Église refait le geste avec le titre : le prêtre, qui agit en la personne du Maître, s’agenouille.

Le Roi

Donné par lui-même, dans le discours sur le Jugement et devant Pilate

Ce que le mot dit Il n’a pas voulu qu’on le fasse roi après les pains, et il entre à Jérusalem sur un ânon ; mais dans le discours sur le Jugement, il se nomme sans détour : « Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite ». Devant Pilate, il accepte le mot et le définit : « c’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né pour rendre témoignage à la vérité ». Le bon larron l’a cru sur la croix : « quand tu viendras dans ton Royaume ».

Le passage Mt 25, 31-34

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.

AussiJn 18, 36-37devant PilateLc 23, 42le bon larronLc 19, 38« le Roi, au nom du Seigneur »

Ce que l’Église confesse Le Christ exerce sa royauté en attirant à lui tous les hommes par sa mort et sa résurrection ; pour le chrétien, régner c’est le servir, surtout dans les pauvres et les souffrants (Catéchisme, n. 786). Le Roi du discours sur le Jugement se reconnaît dans l’affamé et le prisonnier : c’est le seul roi qu’on sert sans le voir. L’Église le fête au dernier dimanche de l’année liturgique, Christ, Roi de l’univers.

Ce que le Père et l’Écriture disent de lui

Les noms qui viennent d’en haut et du Livre : le Verbe du prologue, le Fils unique, le Fils bien-aimé que la voix nomme au baptême et à la Transfiguration, l’Élu, le Serviteur d’Isaïe, le Seigneur du psaume, la pierre d’angle. Ce sont les noms que personne n’a inventés en le voyant : ils étaient écrits, ou ils ont été dits du ciel.

Le Verbe

Donné par Jean, dans son prologue

Ce que le mot dit En grec Logos, la parole et la raison, ce par quoi l’on dit et ce par quoi l’on comprend ; en latin Verbum, d’où « Verbe ». Le mot n’est pas dans la bouche de Jésus ni d’aucun personnage ; c’est l’évangéliste qui le donne, avant tout récit, et il en dit trois choses : il était au commencement, il était auprès de Dieu, il était Dieu. Puis, au verset 14, la phrase la plus courte et la plus grande : « le Verbe s’est fait chair ».

Le passage Jn 1, 1-5

AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.Il était au commencement auprès de Dieu.C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;lire la suite (1 verset)

AussiJn 1, 14« le Verbe s’est fait chair »Jn 1, 9« la vraie Lumière »

Dans le texte 5 foisJn 5chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le Verbe, la Parole de Dieu, est le Fils : Dieu a tout créé par lui, et il est de toute éternité auprès du Père, Dieu lui-même (Catéchisme, n. 241). L’Église appelle Incarnation le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine, et elle chante cet abaissement dans l’hymne aux Philippiens (n. 461). Le nom dit que Jésus n’a pas commencé à Bethléem ; il y a commencé à être vu.

Le Fils unique

Donné par Jean, dans son prologue ; Jésus, à Nicodème

Ce que le mot dit En grec monogenês, « seul engendré », unique de son espèce : ce que le prologue dit de la gloire du Verbe, « la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique », et ce que Jésus dit à Nicodème dans le verset le plus cité de l’Évangile : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Le mot sépare sa filiation de toutes les autres : les baptisés sont fils par adoption, lui l’est par nature.

Le passage Jn 3, 16-18

Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

AussiJn 1, 14Jn 1, 18« lui qui est Dieu, dans le sein du Père »

Dans le texte 4 foisJn 4chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Le nom de Fils de Dieu signifie la relation unique et éternelle de Jésus Christ à Dieu son Père : il est le Fils unique du Père et Dieu lui-même (Catéchisme, n. 454). Le Credo le dit avec les mots du prologue : « engendré, non pas créé, de même nature que le Père » (n. 242). Le Fils unique est donné ; c’est le verbe de Jean 3, 16, et il est au passé.

Le Fils bien-aimé

Donné par le Père, au baptême et à la TransfigurationLe nom du jour

Ce que le mot dit Le seul nom que la voix du Père prononce, deux fois : au Jourdain, quand Jésus remonte de l’eau, et sur la montagne, dans la nuée. En grec agapêtos, l’aimé, celui qu’on aime d’un amour de choix ; c’est le mot qu’on lisait d’Isaac, le fils unique qu’Abraham devait offrir. « En qui je trouve ma joie » vient d’Isaïe, du premier chant du Serviteur ; « écoutez-le » vient du Deutéronome, du prophète promis. Jésus le reprend dans la parabole des vignerons, pour dire ce qu’on fera de lui.

Le passage Mt 3, 16-17

Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

AussiMc 1, 11Lc 3, 22Mt 17, 5la TransfigurationMc 9, 7Mc 12, 6dans la parabole des vignerons

Dans le texte 8 foisMt 3Mc 3Lc 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Au baptême de Jésus, les cieux s’ouvrent, l’Esprit descend et la voix du Père le désigne comme son Fils bien-aimé : c’est la manifestation de la Trinité (Catéchisme, n. 536). À la Transfiguration, la même voix se fait entendre, et l’Église y voit un avant-goût de la gloire pascale (n. 555). Le Père a dit son amour avant que le Fils ne fasse quoi que ce soit ; l’Évangile commence par là, et le lecteur baptisé est aimé de la même voix (n. 444).

L’Élu, celui que Dieu a choisi

Donné par le Père, à la Transfiguration ; les chefs, en dérision, au Calvaire

Ce que le mot dit Là où Matthieu et Marc écrivent « bien-aimé », Luc, à la Transfiguration, écrit « celui que j’ai choisi » : l’Élu, mot d’Isaïe pour le Serviteur, « voici mon serviteur que j’ai choisi ». Le même mot revient une seule autre fois, sous la croix, dans la bouche des chefs qui se moquent : « s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ». Ils disent vrai sans le vouloir ; c’est l’usage de l’Évangile.

Le passage Lc 9, 34-36

Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

AussiLc 23, 35en dérisionMt 12, 18« mon serviteur que j’ai choisi »

Dans le texte 2 foisLc 2chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Toute la vie du Christ est révélation du Père ; à la Transfiguration, le Père le désigne et commande de l’écouter, et l’Église y lit le sacrement de la seconde régénération, la résurrection annoncée (Catéchisme, n. 516 et 556). L’Élu n’est pas choisi contre les autres, mais pour eux : c’est le Serviteur, et la croix est l’endroit où l’on découvre ce que le choix voulait dire.

Le Serviteur

Donné par Isaïe, cité par Matthieu ; Jésus, au soir de la Cène

Ce que le mot dit Matthieu explique par Isaïe pourquoi Jésus guérit en silence et défend qu’on parle de lui : « voici mon serviteur que j’ai choisi ; il ne criera pas, il n’écrasera pas le roseau froissé ». Le mot ebed dit à la fois l’esclave et le ministre du roi ; les chants d’Isaïe en font celui qui porte les fautes des autres. Jésus le prend pour lui sans le nommer : « pour servir, et donner sa vie en rançon », « je suis au milieu de vous comme celui qui sert », un linge à la ceinture.

Le passage Mt 12, 17-21

Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe :Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement.Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.lire la suite (1 verset)

AussiMc 10, 45« pour servir »Lc 22, 27« comme celui qui sert »Jn 13, 4-5le lavement des piedsMt 8, 17« il a porté nos maladies »Lc 22, 37« compté avec les impies »

Dans le texte 10 foisMt 4Mc 1Lc 4Jn 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse Les traits du Messie attendu se révèlent dans les chants du Serviteur : ils permettent de comprendre le sens de la Passion et indiquent comment l’Esprit sera répandu (Catéchisme, n. 713). Jésus est le Serviteur souffrant qui, silencieux, se laisse conduire et porte le péché des multitudes (n. 608 et 601). Le titre est le plus bas de tous, et l’Église l’a placé au cœur du Credo : « il a pris la condition de serviteur ».

Le Seigneur

Donné par le psaume que Jésus cite, Élisabeth, Thomas, le disciple bien-aimé ; l’Église, depuis

Ce que le mot dit En grec Kyrios, le mot par lequel la Bible grecque rend le Nom imprononçable de Dieu ; en araméen, « mon seigneur » se disait aussi à un maître, et l’on ne sait pas toujours, dans l’Évangile, lequel des deux on entend. Élisabeth l’emploie du fruit du sein de Marie, « la mère de mon Seigneur » ; Jésus le tire du psaume 110, « le Seigneur a dit à mon Seigneur », pour montrer que le Messie est plus que le fils de David. Après Pâques, il n’y a plus de doute : « C’est le Seigneur ! », et Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Le passage Jn 20, 26-28

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

AussiLc 1, 43ÉlisabethMt 22, 41-45le psaume 110Lc 2, 11l’angeJn 21, 7« C’est le Seigneur ! »Lc 24, 34« Le Seigneur est réellement ressuscité »Mt 3, 3Isaïe : « Préparez le chemin du Seigneur »

Ce que l’Église confesse Dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, le nom de Dieu est rendu par Kyrios, Seigneur ; le Nouveau Testament donne ce titre à Jésus, et confesse ainsi qu’il est Dieu (Catéchisme, n. 446). Il se l’attribue lui-même en discutant du psaume 110, et l’Église, depuis Thomas, l’invoque ainsi : « Mon Seigneur et mon Dieu » (n. 447 et 448). Dire que Jésus est Seigneur, c’est dire qu’on ne soumet sa liberté à aucun autre pouvoir absolu (n. 450). Le nom est trop fréquent pour être compté ; c’est celui qu’on lui donne à la messe à chaque phrase.

La pierre d’angle

Donné par le psaume que Jésus cite, après la parabole des vignerons

Ce que le mot dit Après la parabole des vignerons qui tuent le fils, Jésus se nomme par un verset du psaume 118, celui-là même que les foules chantaient aux Rameaux : « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle ». La pierre d’angle tient deux murs ensemble, ou couronne l’édifice ; on l’a rejetée d’abord. Il ajoute qu’on peut s’y briser, et Pierre, devant le Sanhédrin, le redira de lui.

Le passage Mt 21, 42-44

Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits.Et tout homme qui tombera sur cette pierre s’y brisera ; celui sur qui elle tombera, elle le réduira en poussière ! »

AussiMc 12, 10-11Lc 20, 17-18

Dans le texte 3 foisMt 1Mc 1Lc 1chercher dans le texte

Ce que l’Église confesse L’Église est appelée construction de Dieu ; le Seigneur s’est comparé à la pierre que les bâtisseurs ont rejetée et qui est devenue la pierre d’angle, et c’est sur ce fondement que l’Église est bâtie par les apôtres (Catéchisme, n. 756). Le nom dit le rejet et la place : ce qu’on a mis dehors tient la maison. C’est le dernier nom qu’il se donne avant la Passion, et il est pris dans un chant de fête.