Évangile selon Saint Matthieu

Chapitre
24
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Cinquième discours: La venue du Fils de l'homme
Les épreuves des derniers temps
Jésus annonce la ruine du Temple
Jésus annonce la ruine du Temple
1 Jésus était sorti du Temple et s’en allait, lorsque ses disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer les constructions du Temple. 42 Alors, prenant la parole, il leur dit : « Vous voyez tout cela, n’est-ce pas ? Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. » 73 Puis, comme il s’était assis au mont des Oliviers, les disciples s’approchèrent de lui à l’écart pour lui demander : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. » 11
Le discours eschatologique de Jésus
Le discours eschatologique de Jésus
4 Jésus leur répondit : « Prenez garde que personne ne vous égare. 35 Car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi le Christ” ; alors ils égareront bien des gens. 76 Vous allez entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre. Faites attention ! ne vous laissez pas effrayer, car il faut que cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin. 57 On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume ; il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. 48 Or tout cela n’est que le commencement des douleurs de l’enfantement. 109 Alors, vous serez livrés à la détresse, on vous tuera, vous serez détestés de toutes les nations à cause de mon nom. 510 Alors ce sera pour beaucoup une occasion de chute ; ils se livreront les uns les autres, se détesteront les uns les autres. 311 Beaucoup de faux prophètes se lèveront, et ils égareront bien des gens. 412 À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira. 413 Mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. 414 Et cet Évangile du Royaume sera proclamé dans le monde entier ; il y aura là un témoignage pour toutes les nations. Alors viendra la fin. 1215 Lorsque vous verrez l’Abomination de la désolation, installée dans le Lieu saint comme l’a dit le prophète Daniel – que le lecteur comprenne ! – 816 alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; 417 celui qui sera sur sa terrasse, qu’il ne descende pas pour emporter ce qu’il y a dans sa maison ; 118 celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière pour emporter son manteau. 119 Malheureuses les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là ! 420 Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver ni un jour de sabbat. 521 Alors, en effet, il y aura une grande détresse, telle qu’il n’y en a jamais eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et telle qu’il n’y en aura jamais plus. 322 Et si le nombre de ces jours-là n’était pas abrégé, personne n’aurait la vie sauve ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés. 2023 Alors si quelqu’un vous dit : “Voilà le Messie ! Il est là !” ou bien encore : “Il est là !”, n’en croyez rien. 324 Il surgira des faux messies et des faux prophètes, ils produiront des signes grandioses et des prodiges, au point d’égarer, si c’était possible, même les élus. 325 Voilà : je vous l’ai dit à l’avance. 226 Si l’on vous dit : “Le voilà dans le désert”, ne sortez pas. Si l’on vous dit : “Le voilà dans le fond de la maison”, n’en croyez rien. 427 En effet, comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme. 528 Selon le proverbe : Là où se trouve le cadavre, là se rassembleront les vautours. 2029 Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. 530 Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme ; alors toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine et verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel, avec puissance et grande gloire. 1431 Il enverra ses anges avec une trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre coins du monde, d’une extrémité des cieux jusqu’à l’autre. 13
Explications
Contexte historique et social

1. Le Temple d'Hérode, merveille du monde

En quittant le Temple, les disciples en admirent « les constructions ». Le Temple d'Hérode était l'une des merveilles du monde antique : une esplanade colossale (la plus vaste de l'époque), des murs de pierres blanches énormes, une façade rehaussée d'or que le soleil faisait étinceler. L'historien Flavius Josèphe en décrit la splendeur. Annoncer qu'« il ne restera pas pierre sur pierre » était donc une parole stupéfiante — accomplie en l'an 70, lorsque les Romains de Titus prirent et rasèrent Jérusalem et son Temple.

2. La double question des disciples

Sur le mont des Oliviers, face au Temple, les disciples posent une question double : « Quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde ? » Ils mêlent deux événements — la ruine du Temple et la fin des temps — que la réponse de Jésus va, elle aussi, entrelacer.

3. Le genre apocalyptique

Le discours emprunte le langage de l'apocalyptique juive (surtout au livre de Daniel) : bouleversements cosmiques, « abomination de la désolation », « Fils de l'homme venant sur les nuées » (Dn 7). Le lecteur moderne doit le savoir : ce n'est pas un bulletin météorologique ou astronomique à prendre à la lettre, mais un langage symbolique et prophétique, codifié, qui dit par des images la fin d'un monde et l'irruption de Dieu dans l'histoire.

4. L'« abomination de la désolation »

L'expression vient de Daniel (9, 27 ; 11, 31) : elle désignait d'abord la profanation du Temple par Antiochus IV en 167 av. J.-C. (autel et statue païens dressés dans le sanctuaire, 1 M 1) — souvenir brûlant. Réappliquée par Jésus, elle annonce une nouvelle profanation (les événements de 70). « Que le lecteur comprenne », note le texte : invitation à déchiffrer. L'ordre de « fuir dans les montagnes » s'est vérifié : la tradition (Eusèbe) rapporte la fuite des chrétiens de Jérusalem à Pella avant la catastrophe.


Lecture biblique et exégétique

1. Deux horizons entrelacés

Le discours télescope deux réalités : la ruine de Jérusalem (an 70, événement proche) et la venue finale du Fils de l'homme (la fin des temps). Ce raccourci prophétique est habituel dans la Bible : les prophètes voient souvent, en une seule perspective, un événement proche et son accomplissement ultime. La ruine du Temple devient ainsi le type (la figure anticipée) du Jugement dernier.

2. « Que personne ne vous égare »

L'avertissement central est répété : ne pas se laisser égarer par les faux messies, les faux prophètes, les annonceurs de la fin (« le voici ! », « il est là ! »), ni s'affoler des « guerres et rumeurs de guerres » — « ce n'est pas encore la fin ». La consigne est la persévérance : « celui qui tiendra jusqu'au bout sera sauvé », à l'heure où « la charité du grand nombre se refroidira ». Et : « l'Évangile sera proclamé dans le monde entier… alors viendra la fin. »

3. La venue du Fils de l'homme

Au terme, « comme l'éclair… ainsi sera la venue du Fils de l'homme », « sur les nuées du ciel » — citation de Daniel 7, 13-14 (la figure glorieuse à qui est donnée la royauté). Le Christ reviendra dans la gloire, manifeste à tous, pour rassembler ses élus. C'est l'objet de l'espérance chrétienne (« il reviendra dans la gloire », professe le Credo).


Pour la vie spirituelle et pratique

Ne pas se laisser égarer

Texte pour les temps troublés : ne pas se laisser égarer par les annonceurs de catastrophes ou de « sauveurs », ni courir après ceux qui fixent la date de la fin (« la fin du monde, c'est pour… »). Jésus prévient expressément contre ces égarements. La foi ne s'affole pas des « guerres et rumeurs de guerres ».

Tenir « jusqu'au bout »

La consigne maîtresse est la persévérance, surtout quand « la charité du grand nombre se refroidit ». Tenir dans la foi et la charité au milieu des épreuves et de la tiédeur ambiante : c'est là que se joue le salut (« celui qui tiendra jusqu'au bout »).

L'espérance de son retour

Enfin, par-delà les images, une certitude lumineuse : le Christ reviendra dans la gloire ; l'histoire a un sens et un terme. Cette espérance soutient l'action et la patience du chrétien — et l'invite à hâter, par l'annonce de l'Évangile « à toutes les nations », la venue du Royaume.


Parabole du figuier
32 Laissez-vous instruire par la parabole du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que ses feuilles sortent, vous savez que l’été est proche. 433 De même, vous aussi, lorsque vous verrez tout cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. 234 Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. 435 Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. 1736 Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul. 6
Explications
Contexte historique et social

1. Le figuier, calendrier naturel

« Du figuier apprenez la parabole : dès que ses branches deviennent tendres et que poussent les feuilles, vous savez que l'été est proche. » Détail concret : à la différence de l'olivier (toujours vert), le figuier perd ses feuilles l'hiver ; ses bourgeons et ses jeunes feuilles, au printemps, sont un signe fiable que la belle saison approche. C'était, pour les gens du pays, un repère naturel des saisons.

2. « Cette génération » et « le jour »

« Cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive » — parole diversement comprise (la génération qui verra la ruine de Jérusalem ? le peuple, ou l'humanité, jusqu'à la fin ?). Puis : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. » Et l'affirmation capitale : « Quant au jour et à l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges, ni le Fils, mais seulement le Père. »


Lecture biblique et exégétique

1. Lire les signes, ignorer la date

La double leçon est en tension féconde : on peut lire les signes de la proximité (comme le figuier annonce l'été), mais la date demeure cachée. C'est l'inverse de la fièvre des calculs : Dieu donne des indices pour veiller, non une échéance pour calculer.

2. La permanence de la Parole

« Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas » : tout l'univers est périssable ; seule la Parole du Christ demeure à jamais. Voilà le roc sur quoi bâtir, quand tout le reste s'effondre.

3. « Pas même le Fils »

Le verset — « ni le Fils » ne connaît le jour — a beaucoup occupé les Pères. Il ne nie pas la divinité ni l'omniscience du Fils : il signifie, expliquent-ils, que cette connaissance n'est pas à révéler — le Fils, dans son humanité et dans l'économie du salut, n'a pas mission de la communiquer. Dieu veut nous garder dans la veille, non dans le calcul.


Pour la vie spirituelle et pratique

Attentif aux signes, sans calculer

Tenir les deux bouts : être attentif aux signes de Dieu (dans le monde, dans sa vie) sans tomber dans la curiosité fébrile des dates et des prédictions. L'ignorance volontaire du « jour » est une grâce : elle nous garde éveillés en tout temps, plutôt que de différer la conversion à une échéance supposée.

Bâtir sur la Parole qui demeure

« Mes paroles ne passeront pas » : dans un monde où tout est provisoire et passe, s'appuyer sur la Parole de Dieu comme sur le seul fondement stable. C'est elle qui demeure quand « le ciel et la terre » s'en vont — de quoi y enraciner sa vie.


Veiller pour ne pas être surpris
37 Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. 338 En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; 239 les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. 240 Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. 441 Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. 1842 Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. 343 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. 344 Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. 11
Explications
Contexte historique et social

1. « Comme aux jours de Noé »

Jésus compare sa venue aux jours de Noé : « on mangeait, on buvait, on se mariait… et l'on ne se doutait de rien jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; le déluge vint et les emporta tous ». Le point n'est pas une méchanceté particulière, mais l'insouciance : absorbés par la vie ordinaire (des activités en soi légitimes), les contemporains de Noé étaient aveugles au danger.

2. Deux au champ, deux à la meule

« Deux hommes seront aux champs : l'un est pris, l'autre laissé ; deux femmes moudront à la meule : l'une est prise, l'autre laissée. » Détails de la vie quotidienne : les hommes au travail des champs, les femmes moulant le grain au moulin à bras (tâche domestique journalière, souvent à deux sur une grande meule). La séparation survient au cœur de l'ordinaire, sans préavis.

3. Le voleur dans la nuit

« Si le maître de maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait… » L'image du voleur — l'effraction nocturne et imprévue — dit l'imprévisibilité de l'heure. Elle reviendra ailleurs dans le Nouveau Testament (1 Th 5, 2 ; 2 P 3, 10 ; Ap 16, 15) comme figure du jour du Seigneur.


Lecture biblique et exégétique

1. Le danger : non le vice, mais la distraction

Les gens de Noé n'étaient pas des criminels notoires : ils étaient distraits, « absorbés » par manger, boire, se marier — au point d'oublier l'essentiel. Tel est le péril dénoncé : non d'abord le mal éclatant, mais l'insouciance qui endort, l'absorption dans le quotidien qui fait perdre de vue Dieu et l'heure de sa venue.

2. « Veillez » et « tenez-vous prêts »

D'où l'impératif répété : « Veilleztenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas. » La vigilance n'est pas l'angoisse, mais l'état de qui vit prêt — orienté vers le Seigneur, quelle que soit l'heure.


Pour la vie spirituelle et pratique

Le péril de la distraction

Le danger dénoncé n'est pas le vice éclatant, mais la distraction : se laisser absorber par « manger, boire, se marier » — par le tourbillon des choses, même bonnes — au point d'oublier l'essentiel. Une mise en garde très actuelle, à l'heure des mille sollicitations qui dissipent.

Vivre prêt, non dans la peur

« Tenez-vous prêts » : non dans la crainte anxieuse de la fin, mais dans une fidélité quotidienne qui ne redoute aucune « heure », parce qu'elle attend le Seigneur. Vivre chaque jour comme si c'était le dernier — non par angoisse, mais par amour et désir de sa venue. La meilleure préparation à la mort et au retour du Christ est une vie fidèle aujourd'hui.


Parabole du serviteur digne de confiance
45 Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? 546 Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! 247 Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. 448 Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”, 249 et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, 350 alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, 251 il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. 20
Explications
Contexte historique et social

1. L'intendant de la maisonnée

La parabole met en scène un serviteur (un esclave) que le maître a « établi sur sa maisonnée » pour « distribuer la nourriture en temps voulu ». C'est la fonction d'intendant ou de majordome : un esclave de confiance placé au-dessus des autres serviteurs, chargé de gérer la maison et de répartir les rations en l'absence du maître. Une institution courante des grandes maisonnées.

2. L'abus de l'autorité en l'absence du maître

Le mauvais serviteur, lui, se dit : « Mon maître tarde », et il se met à frapper ses compagnons et à festoyer avec les ivrognes — abus typique de l'autorité quand le maître est loin et qu'on se croit sans contrôle. Le maître revient à l'improviste ; le châtiment est sévère — « il le écartèlera » (dichotomêsei, image d'une punition brutale connue) et lui assignera sa place « avec les hypocrites », là où il y a « pleurs et grincements de dents ».


Lecture biblique et exégétique

1. La fidélité dans le temps de l'« absence »

Le critère est simple : « Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train de le faire ! » La béatitude est dans la fidélité continue, exercée précisément pendant l'absence du maître — c'est-à-dire le temps de l'Église, entre l'Ascension et le Retour.

2. « Mon maître tarde » : la racine du relâchement

Le mal commence par une pensée : « Mon maître tarde. » C'est en pariant sur le délai — en agissant comme si le maître ne revenait pas, ou pas de sitôt — que le serviteur se corrompt. La tentation n'est pas tant l'incroyance que l'oubli pratique : vivre comme si Dieu était absent ou indifférent.

3. La responsabilité de ceux qui ont charge

Le serviteur est établi sur les autres : la parole vise donc d'abord ceux à qui une charge est confiée — et que l'on jugera sur l'usage qu'ils en font (servir les autres, ou en abuser).


Pour la vie spirituelle et pratique

Fidèle quand nul ne regarde

La vraie fidélité se mesure dans le temps de l'absence, quand le Maître semble « tarder » et que nul ne regarde. Continuer de servir, d'aimer, de tenir son poste comme si le Maître pouvait revenir à tout instant — voilà le « serviteur heureux ». La tentation est de profiter du délai ; la sagesse, de se tenir « en train de le faire » à toute heure.

Toute charge est un service

Toute autorité, toute responsabilité reçue (sur une famille, une communauté, une tâche, des personnes) est un service à exercer fidèlement — non un pouvoir à exploiter pour soi. La parole avertit spécialement ceux qui « ont charge » : ils répondront de la manière dont ils ont servi ou dominé. La place reçue est un dépôt, non une jouissance.