Matthieu 24, 3
Puis, comme il s’était assis au mont des Oliviers, les disciples s’approchèrent de lui à l’écart pour lui demander : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. »
Puis, comme il s’était assis au mont des Oliviers, les disciples s’approchèrent de lui à l’écart pour lui demander : « Dis-nous quand cela arrivera, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. »
Du mont des Oliviers, on dominait le Temple et on avait en vue toute la ville de Jérusalem, ses murs et ses édifices.
Il était assis... Détail pittoresque. La scène qui précède
avait eu lieu au moment où le Sauveur quittait le Temple : celle-ci se passe une demi-heure plus tard.
Notre-Seigneur a gravi en silence le Mont des Oliviers. Arrivé au sommet de la colline, il s’est assis en face
du Temple, Cf. Marc. 13, 3, à l’endroit d’où les armées romaines devaient bientôt se précipiter sur la ville. Il
contemple avec tristesse l’édifice dont il vient de prédire la ruine, et qui, de ce lieu élevé, paraissait plus
riche encore et plus beau que de près. La troupe apostolique se tenait à quelque distance. Quatre des
disciples, Cf. Marc. l. c., s’approchent alors du divin Maître, en particulier, c’est-à-dire sans que d’autres
témoins fussent présents, pour l’interroger sur le Quand et le Comment des faits qu’il a prophétisés. Pour
bien comprendre leur question, il faut se rappeler que, d’après la christologie judaïque, la destruction de
Jérusalem et du Temple, l’avènement du Messie et la fin du Monde devaient être trois événements à peu près
simultanés ; Cf. Stier, Reden des Herrn, in h. l. ; Reuss, Histoire évangélique, p. 597 et ss. « Les disciples,
écrit ce dernier, ne voyaient dans la ruine du Temple, dont leur Maître leur offrait la perspective, que l’un des
incidents d’une révolution beaucoup plus grande : de celle-là même que S. Matthieu signale en parlant de la
consommation du siècle. Loin donc de se récrier au sujet d’une menace qui aurait dû effaroucher leur
patriotisme religieux, ils la considèrent comme une confirmation indirecte de leurs espérances messianiques,
et loin de se livrer à un sentiment de tristesse autrement si naturel, c’est la curiosité de l’attente intéressée qui
leur dicte leur question. » - Quand ces choses arriveront. « Ces choses » retombe sur la prophétie de Jésus, par conséquent sur la ruine du Temple. - Quel signe il y aura. Le mot grec habituellement employé dans le
Nouveau Testament pour désigner l’apparition du Christ, Cf. les versets 27, 37, 39 ; 1 Thess. 2, 19 ; 3, 13 ; 4,
15 ; 5, 23 ; 2 Thess. 2, 1, etc ; Jos. Ant. 20, 2, 2., signifie présence. Il est synonyme des substantifs
Épiphanie (Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ) dans 1. Tim. 6, 14 ; 2 Tim. 4, 1, 8, et Apocalypse
(Révélation de notre Seigneur Jésus Christ), 1 Cor. 1, 7 ; 2 Thess. 1, 7 ; 1 Petr. 1, 7. 13 ; comme eux, il
désigne un avènement solennel, destiné à fonder ouvertement, d’une manière définitive, le royaume
messianique. - Et de la fin du monde. En latin : la consommation du siècle. Les apôtres nommaient ainsi ce
que nous appelons en termes à peu près identiques la fin du monde, Cf. Gen. 49, 1 ; Is. 2, 2 ; Mich. 4, 1,
Daniel, 12, 13 ; S. Pierre, 1 Petr. 1, 5 ; « la dernière heure » de S. Jean, 1 Joan. 2, 18, sans parler de plusieurs
autres expressions équivalentes cités dans nos saints Livres. Voir Olshausen, bibl. Comment., t. 1, p. 871, 3è
édit. - Il y a trois parties dans la demande des disciples : ils veulent savoir 1° quand aura lieu la catastrophe
particulière prophétisée par Jésus ; 2° à quel signe précurseur ils pourront reconnaître l’approche de son
avènement glorieux ; 3° quel sera également le signe de la fin des temps. En étudiant la réponse de
Notre-Seigneur, nous verrons qu’il donne sur ces trois points de nombreux éclaircissements.
2376. Une fois présentée l’occasion, l’interrogation est présentée. Et nous devons remarquer que [le Seigneur] sortit et s’en alla au mont des Oliviers, qui signifie l’Église, dans laquelle des oliviers prolifiques sont plantés. Ps 51[52], 10 : Je suis comme un olivier prolifique. Ensuite, [le Seigneur] instruit ses disciples. Il avait dit que le temple allait être détruit. [Les disciples] posent donc trois questions : premièrement, au sujet du temple ; deuxièmement, du [second] avènement ; troisièmement, de la fin des temps.
2377. [Les disciples] dirent donc : DIS-NOUS QUAND CELA AURA LIEU, à savoir, l’accomplissement de ta menace, et [quand se produiront] ton avènement : ET QUEL SERA LE SIGNE DE TON AVÈNEMENT, et la fin des temps : ET LA FIN DES TEMPS. Chez Luc, on n’aborde qu’une seule question, à savoir, la destruction de Jérusalem, parce qu’ils ne croyaient pas qu’elle n’allait être détruite qu’après le second avènement. Ils disaient donc, Ac 1, 6 : Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté en Israël ? En Mc 13, 3, il est dit qu’ils envoyèrent seulement Pierre, Jean, Jacques et André, car ils avaient été les premiers à être appelés et ils avaient davantage confiance d’avoir accès [au Seigneur]. Nous avons en cela des exemples que ceux qui sont plus attachés à Dieu par la contemplation sont plus proches de Dieu. Dt 33, 3 : Ceux qui s’approcheront de ses pieds recevront son enseignement.
2378. Ces disciples s’enquirent de [son] avènement, et celui-ci est double. Le dernier, qui aura pour objet le jugement, et celui-ci adviendra à la fin des temps. Vous trouvez à son sujet, en Ac 1, 11 : Comme vous l’avez vu monter au ciel, il viendra de la même façon. L’autre est l’avènement qui réconforte les esprits des hommes, vers qui il vient spirituellement. Plus loin, [on lit] : Ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées, c’est-à-dire par les prédicateurs, car Dieu vient dans l’esprit des hommes par les prédicateurs. On peut donc se demander auquel [des deux] on doit se référer. Car Augustin dit que tout doit être mis en rapport avec l’avènement spirituel. Mais certains [disent qu’il faut mettre tout en rapport] avec le second avènement. Mais d’autres l’interprètent de la destruction de Jérusalem et du dernier avènement.
2377. [Les disciples] dirent donc : DIS-NOUS QUAND CELA AURA LIEU, à savoir, l’accomplissement de ta menace, et [quand se produiront] ton avènement : ET QUEL SERA LE SIGNE DE TON AVÈNEMENT, et la fin des temps : ET LA FIN DES TEMPS. Chez Luc, on n’aborde qu’une seule question, à savoir, la destruction de Jérusalem, parce qu’ils ne croyaient pas qu’elle n’allait être détruite qu’après le second avènement. Ils disaient donc, Ac 1, 6 : Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté en Israël ? En Mc 13, 3, il est dit qu’ils envoyèrent seulement Pierre, Jean, Jacques et André, car ils avaient été les premiers à être appelés et ils avaient davantage confiance d’avoir accès [au Seigneur]. Nous avons en cela des exemples que ceux qui sont plus attachés à Dieu par la contemplation sont plus proches de Dieu. Dt 33, 3 : Ceux qui s’approcheront de ses pieds recevront son enseignement.
2378. Ces disciples s’enquirent de [son] avènement, et celui-ci est double. Le dernier, qui aura pour objet le jugement, et celui-ci adviendra à la fin des temps. Vous trouvez à son sujet, en Ac 1, 11 : Comme vous l’avez vu monter au ciel, il viendra de la même façon. L’autre est l’avènement qui réconforte les esprits des hommes, vers qui il vient spirituellement. Plus loin, [on lit] : Ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées, c’est-à-dire par les prédicateurs, car Dieu vient dans l’esprit des hommes par les prédicateurs. On peut donc se demander auquel [des deux] on doit se référer. Car Augustin dit que tout doit être mis en rapport avec l’avènement spirituel. Mais certains [disent qu’il faut mettre tout en rapport] avec le second avènement. Mais d’autres l’interprètent de la destruction de Jérusalem et du dernier avènement.
La GloseOn peut admettre toutefois l'une et l'autre de ces deux explications, pourvu que l'on entende cette diffusion de l'Évangile dans deux sens différents. Si, par exemple, on l'entend du fruit de la prédication, qui est d'établir dans toutes les nations l'Église composée de ceux qui croient en Jésus-Christ, comme l'explique saint Augustin, c'est un signe qui doit précéder la fin du monde, mais qui n'a point précédé la ruine de Jérusalem. Mais si on ne l'entend que de la re nommée de l'Évangile, cette prédiction s'est accomplie avant la ruine de Jérusalem, car les disciples de Jésus-Christ étaient alors répandus dans les quatre parties du monde, ce qui a fait dire à saint Jérôme «Je ne pense pas qu'il soit resté une seule nation qui ne connaisse point le nom de Jésus-Christ», et, quand même elle n'aurait pas entendu les prédicateurs de l'Évangile, elle a dû recevoir nécessairement une idée de la foi chrétienne.
Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure (Mt 25,13). Bien que le Seigneur parle ainsi pour tous, il s'adresse uniquement à ses contemporains, comme dans beaucoup d'autres de ses discours qu'on lit dans l'Écriture. Pourtant, ces paroles concernent tous les hommes parce que, pour chacun d'eux, le dernier jour arrivera ainsi que la fin du monde, quand il devra quitter cette vie. Il est donc nécessaire que chacun en sorte comme s'il devait être jugé ce jour-là. C'est pourquoi tout homme doit veiller à ne pas se laisser égarer, mais à rester vigilant, afin que le jour du Seigneur, quand il viendra, ne le prenne pas au dépourvu. Car celui que le dernier jour de sa vie trouvera sans préparation, serait encore trouvé sans préparation au dernier jour du monde. Je ne pense donc nullement que les Apôtres aient cru que le Seigneur viendrait juger le monde pendant leur vie; et pourtant, qui douterait qu'ils aient été attentifs à ne pas se laisser égarer, à veiller et à observer tous les conseils, donnés à tous, pour qu'ils soient trouvés préparés?
C'est pourquoi il faut toujours tenir compte d'un double avènement du Christ: l'un quand il viendra, et que nous devrons rendre compte de tout ce que nous aurons fait; l'autre, quotidien, quand il visite sans cesse notre conscience, et qu'il vient à nous afin de nous trouver prêts lors de son avènement. A quoi me sert, en effet, de connaître le jour du jugement, lorsque je suis conscient de tant de péchés? De savoir si le Seigneur vient, et s'il ne vient pas d'abord dans mon coeur et ne revient pas dans mon esprit, si le Christ ne vit pas et ne parle pas en moi?
Alors, oui, il m'est bon que le Christ vienne à moi, si avant tout il vit en moi et moi en lui. Alors pour moi, c'est comme si le second avènement s'était déjà produit, puisque la disparition du monde s'est réalisée en moi, parce que je puis dire d'une certaine manière: Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde (Ga 6,14).
Réfléchissez encore à cette parole de Jésus: Beaucoup viendront en mon nom (Mt 24,5). Seul l'Antéchrist s'empare de ce nom, bien que ce soit mensonger; de même il présente son corps, mais sans le Verbe de vérité, et sans en avoir la sagesse. Dans aucun passage de l'Écriture, vous ne trouverez que le Seigneur ait déclaré: "Moi, je suis le Christ". Car il lui suffisait de montrer qu'il l'était, par ses enseignements et ses miracles, parce que l'oeuvre du Père était en lui. L'enseignement de sa parole et sa puissance criaient: "Moi, je suis le Christ", plus fort que si des milliers de voix l'avaient crié.
Je ne sais donc pas si vous pourrez trouver qu'il l'a dit en paroles, mais il l'a montré en accomplissant les oeuvres du Père (Jn 5,36) et en donnant un enseignement imprégné de piété filiale. Les faux messies en étant dépourvus, ils ne pouvaient employer que leurs discours pour soutenir leurs prétentions mensongères.
C'est pourquoi il faut toujours tenir compte d'un double avènement du Christ: l'un quand il viendra, et que nous devrons rendre compte de tout ce que nous aurons fait; l'autre, quotidien, quand il visite sans cesse notre conscience, et qu'il vient à nous afin de nous trouver prêts lors de son avènement. A quoi me sert, en effet, de connaître le jour du jugement, lorsque je suis conscient de tant de péchés? De savoir si le Seigneur vient, et s'il ne vient pas d'abord dans mon coeur et ne revient pas dans mon esprit, si le Christ ne vit pas et ne parle pas en moi?
Alors, oui, il m'est bon que le Christ vienne à moi, si avant tout il vit en moi et moi en lui. Alors pour moi, c'est comme si le second avènement s'était déjà produit, puisque la disparition du monde s'est réalisée en moi, parce que je puis dire d'une certaine manière: Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde (Ga 6,14).
Réfléchissez encore à cette parole de Jésus: Beaucoup viendront en mon nom (Mt 24,5). Seul l'Antéchrist s'empare de ce nom, bien que ce soit mensonger; de même il présente son corps, mais sans le Verbe de vérité, et sans en avoir la sagesse. Dans aucun passage de l'Écriture, vous ne trouverez que le Seigneur ait déclaré: "Moi, je suis le Christ". Car il lui suffisait de montrer qu'il l'était, par ses enseignements et ses miracles, parce que l'oeuvre du Père était en lui. L'enseignement de sa parole et sa puissance criaient: "Moi, je suis le Christ", plus fort que si des milliers de voix l'avaient crié.
Je ne sais donc pas si vous pourrez trouver qu'il l'a dit en paroles, mais il l'a montré en accomplissant les oeuvres du Père (Jn 5,36) et en donnant un enseignement imprégné de piété filiale. Les faux messies en étant dépourvus, ils ne pouvaient employer que leurs discours pour soutenir leurs prétentions mensongères.
Les traits qui sont prévus font des blessures moins profon des; aussi le Sauveur dit à ses disciples: «Voici que je vous l'ai prédit». Notre-Seigneur nous déclare quels seront les maux avant-coureurs de la fin du monde, afin que lorsqu'ils arriveront, ils nous causent d'autant moins de trouble, qu'ils ont été prévus; c'est pour la même raison qu'il ajoute: «Si donc quelqu'un vous dit: Voici qu'il est dans le désert», etc.
Le Seigneur, continuant son chemin, parvint jusqu'au mont des Oliviers. Or, comme il avait prédit clairement la destruction complète du temple dont quelques-uns de ses disciples lui avaient fait admirer chemin faisant la magnifique structure, lorsqu'il fut arrivé sur Le mont des Oliviers, ils s'approchèrent de lui pour l'interroger, comme le remarque l'Évangéliste: «Lorsqu'il se fut assis sur la montagne des Oliviers».
ils lui demandent trois choses: premièrement à quelle époque doit avoir lieu la destruction de Jérusalem: «Dites-nous quand toutes ces choses arriveront»; secondement, à quel temps le Christ doit venir: «Et quel sera le signe de votre avènement ?» troisièmement, quand doit arriver la fin du monde: «Et quel signe il y aura de la consommation du siècle».
Ils s'approchèrent de lui secrètement, parce qu'ils avaient à lui faire d'importantes questions; car ils désiraient connaître le jour de son avènement par le désir ardent qu'ils avaient d'être té moins de sa gloire.
Saint Luc rapporte que les disciples n'adressèrent au Sauveur qu'une seule question sur la ville de Jérusalem, parce qu'ils pensaient que l'avènement du Christ et la fin du monde suivraient immédiatement la ruine de Jérusalem. D'après saint Marc, ce ne furent pas tous les disciples qui l'interrogèrent sur la ruine de Jéru salem, mais seulement Pierre, Jacques Jean et André qui parlaient à Jésus plus librement et sans crainte.
Le laboureur qui est assis sur la montagne des Oliviers, c'est le Verbe de Dieu établi dans l'Église, c'est-à-dire Jésus-Christ qui ne cesse de greffer les branches de l'olivier sauvage sur l'olivier franc des patriarches. Or, ceux qui mettent leur confiance en Jésus-Christ, désirent connaître quel sera le signe de son avènement et de la consommation du siècle. Il y a deux avènements du Verbe dans l'âme: le premier a lieu par cette prédication du Christ qui paraît une folie, et qui annonce que Jésus-Christ est né, et qu'il a été crucifié; le second avènement se fait dans les hommes parfaits dont saint Paul a dit «Nous parlons le langage de la sagesse au milieu des hommes parfaits», et à ce second avènement vient se joindre la consommation du siècle dans l'homme parfait, pour qui le monde a été crucifié» ( Ga 6,14 ).