Matthieu 24, 44

Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.
Catéchisme de l'Église catholique
Depuis l’Ascension, l’avènement du Christ dans la gloire est imminent (cf. Ap 22, 20) même s’il ne nous " appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité " (Ac 1, 7 ; cf. Mc 13, 32). Cet avènement eschatologique peut s’accomplir à tout moment (cf. Mt 24, 44 ; 1 Th 5, 2) même s’il est " retenu ", lui et l’épreuve finale qui le précédera (cf. 2 Th 2, 3-12).
Saint Thomas d'Aquin
2473. AINSI DONC, VOUS AUSSI, SOYEZ PRÊTS, CAR LE FILS DE L’HOMME VIENDRA À L’HEURE QUE VOUS NE PENSEZ PAS. Chrysostome dit que les hommes préoccupés par les choses temporelles veillent la nuit. S’ils veillent pour des choses temporelles, ils devraient bien davantage veiller pour les réalités spirituelles. Ap 3, 3 : Alors que tu ne veilleras pas, je viendrai à toi comme un voleur.
La Glose
C'est donc sans aucun fondement quelques uns prétendent savoir l'époque de la fin du monde, et que les autres se vantent de connaître la fin de leur vie, ce que personne ne peut connaître sans une révélation particulière de l'Esprit saint.
Saint Grégoire le Grand
Celui-là veille qui tient les yeux ouverts à la véritable lumière; celui-là Veille, qui traduit sa foi dans ses oeuvres; celui-là veille qui repousse loin de lui les ténèbres de la langueur et de la négli gence.
Saint Augustin
Ce n'est pas seulement à ceux qui l'écoutaient alors, que Notre-Seigneur adresse ces paroles: «Veillez», mais encore à tous Ceux qui sont venus après eux jusqu'à nous, et il nous les adresse à nous-mêmes, ainsi qu'à tous ceux qui viendront après nous, jusqu'au jour de son dernier avènement qui intéresse tous les hommes en bn certain sens. Car cet avènement viendra pour chacun de nous aven le jour où il nous faudra sortir de cette vie tels que nous serons jugés dans ce dernier jour. Tout chrétien doit donc veiller pour que l'avènement du Seigneur ne le surprenne pas au. dépourvu; car ce jour surprendra, sans y être préparé, celui qui ne le sera pas au dernier jour de sa vie.
Saint Jérôme
Notre-Seigneur explique ici clairement ce qu'il a dit plus haut: «Personne ne sait rien de ce jour, si ce n'est le Père», car il n'était point utile aux Apôtres de connaître ce jour; étant toujours au contraire dans l'incertitude, et comme en suspens, ils s'attendaient continuellement à le voir venir, puisqu'ils ignoraient le moment de son arrivée. Ces paroles sont donc la conclu sion de celles qui précèdent: «Veillez donc, puisque vous ignorez», etc. Il ne dit pas: parce que nous ignorons, mais: «Parce que vous ignorez», pour montrer que quant à lui, il connaît le jour du jugement.

Le Sauveur nous apprend d'une manière plus claire encore, par l'exemple du père de famille, pourquoi il se réserve la connaissance de ce dernier jour: «Car sachez que si le père de famille connaissait», etc.
Saint Jean Chrysostome
Il veut qu'ils soient toujours dans une attente pleine de sollicitude: «Veillez»leur dit-il.

En s'exprimant de la sorte, le Sauveur semble condamner les chrétiens qui ont beaucoup moins de soin de leur âme que n'en prennent de leur argent ceux qui craignent les voleurs.
Origène
Un certain interprète assure avec plus de simplicité que de raison, que le Sauveur veut parler ici d'un second avènement, et un autre affirme qu'il est ici question de l'avènement spirituel du Verbe dans l'intelligence de ses disciples, où il n'était pas encore venu, comme il devait le faire Plus tard (cf. Lc 24,45 ).

Le père de famille de cette maison, c'est l'intelligence de l'homme; cette maison, c'est son âme; le voleur, c'est le démon, il faut regarder comme contraire à la vérité toute doctrine qui n'entre point par la porte dans l'âme inattentive et négli gente, mais qui, comme un voleur, perce la maison, en détruisant les murs naturels de l'âme, c'est-à-dire les premières vérités que la nature y a imprimées, et y entre par cette brèche pour la dépouiller. Quelquefois l'homme surprend le voleur au moment où il fai t cette percée, il le saisit et le met à mort en tournant contre lui le glaive de la vérité. Or, le voleur ne vient pas dans le jour, lorsque l'âme vigilante et attentive est éclairée par le soleil de justice, mais il vient dans la nuit, c'est-à-dire alors que le mal séjourne encore dans cette âme. Cependant, même au sein de cette nuit, et tout en étant privé des puissants rayons du soleil, cet homme peut encore recevoir quelque clarté du Verbe, qui sera pour lui comme une lampe. Il reste encore dans le mal, il est vrai, mais il a, toutefois, le désir d'une meilleure vie, et il veille pour ne pas laisser détruire ce désir. Ou bien, c'est dans le temps des tentations et des tribulations de toute espèce que le voleur a coutume de venir pour percer la maison de l'âme.