Évangile selon Saint Matthieu

Chapitre
11
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Conclusion
1 Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. 6
Explications
Contexte historique et social

C'est la deuxième des cinq formules solennelles qui closent les grands discours de Matthieu (cf. 7, 28 ; 11, 1 ; 13, 53 ; 19, 1 ; 26, 1). Ces formules structurent tout l'évangile à la manière d'un nouveau Pentateuque (cinq « livres » d'enseignement), présentant Jésus comme le nouveau Moïse.


Lecture biblique et exégétique

Le verset opère le passage du discours (ch. 10) au récit (la question de Jean, etc.). On y notera un détail riche de sens : après avoir envoyé les Douze prêcher, Jésus s'en va lui-même « enseigner et prêcher ». Loin de se décharger de la mission sur ses envoyés, il continue d'accomplir en personne ce qu'il leur a commandé.


Pour la vie spirituelle et pratique

Discrète mais réelle leçon pour tout responsable, parent, éducateur ou apôtre : enseigner d'abord par l'exemple, faire soi-même ce que l'on demande aux autres. La crédibilité de la parole tient à la cohérence de la vie.


Reconnaître Jésus et les mystères du Royaume
L'identité de Jésus est son action
La question de Jean et la réponse de Jésus
Les disciples interrogent Jésus
Les disciples interrogent Jésus
2 Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, 43 lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » 34 Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : 25 Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. 76 Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » 187 Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? 68 Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. 29 Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. 510 C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. 1511 Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. 1212 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. 413 Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. 414 Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. 515 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! 716 À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : 117 “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” 418 Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” 219 Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. » 21
Explications
Contexte historique et social

1. Jean en prison

Jean a été arrêté par Hérode Antipas (cf. 4, 12 ; le récit de sa mort viendra en 14, 3-12). C'est « du fond de sa prison » qu'il envoie ses disciples interroger Jésus. La question — « Es-tu celui qui doit venir (ho erchomenos), ou devons-nous en attendre un autre ? » — emploie une désignation messianique (cf. Ps 118, 26 : « Béni soit celui qui vient »).

2. Un Messie déconcertant

La question s'éclaire par l'attente de Jean lui-même : il avait annoncé un Messie de jugement — « la cognée est à la racine », « il brûlera la bale » (Mt 3, 10-12). Or Jésus guérit, pardonne, mange avec les pécheurs. L'écart entre le Messie annoncé et le Messie agissant peut troubler.

3. L'éloge de Jean

Aux foules, Jésus fait ensuite l'éloge de Jean : non « un roseau agité par le vent », ni « un homme aux vêtements raffinés » (allusion possible à la cour d'Hérode), mais « plus qu'un prophète » — le messager d'Malachie 3, 1 qui prépare la voie, et l'Élie attendu (Ml 3, 23).


Lecture biblique et exégétique

1. Pourquoi Jean interroge-t-il ?

Comment celui qui avait désigné « l'Agneau de Dieu » (Jn 1, 29) peut-il douter ? L'exégèse, à la suite des Pères, propose deux lectures complémentaires : Jean interroge pour ses disciples, afin de les conduire à Jésus et de leur faire entendre la réponse de sa bouche ; et/ou il traverse, dans la prison et l'imminence de la mort, une épreuve de la foi — la nuit où Dieu semble agir autrement qu'on l'espérait. La foi de Jean n'est pas niée : elle se purifie.

2. La réponse par les signes (Isaïe)

Jésus n'argumente pas : il montre les œuvres annoncées par Isaïe (35, 5-6 ; 61, 1) : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Et il ajoute : « Heureux celui qui ne tombera pas [ne se scandalisera pas] à cause de moi. » Le Messie se donne à reconnaître à ses actes de miséricorde, non à un déploiement de puissance.

3. « Le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui »

« Parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean… et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. » Jean est le sommet de l'Ancien Testament — mais le plus humble des baptisés, vivant dans le Royaume inauguré, bénéficie d'une grâce supérieure à la plus haute sainteté de l'ancienne Alliance. Ce n'est pas un mérite, c'est le don de la Nouvelle Alliance.

4. « Le Royaume des cieux subit la violence » (v. 12)

Verset notoirement difficile : « Depuis les jours de Jean… le Royaume des cieux subit la violence (biazetai), et des violents (biastai) s'en emparent. » Deux lectures : négative (le Royaume est attaqué par ses adversaires — Hérode, les persécuteurs) ou positive (le Royaume est saisi avec ardeur par ceux qui se font violence à eux-mêmes pour y entrer, cf. Lc 16, 16). La tradition spirituelle a souvent retenu cette « sainte violence » de l'effort et de l'ascèse.

5. Les enfants capricieux (v. 16-19)

« À qui comparer cette génération ? À des enfants assis sur les places : Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. » Cette génération rejette tout : Jean l'austère (« il a un démon ») comme le Fils de l'homme libre (« un glouton et un ivrogne, ami des publicains »). Rien ne lui convient, car son refus est de parti pris. « La Sagesse a été justifiée par ses œuvres » : la Sagesse divine (le Fils) est reconnue à ses fruits.


Pour la vie spirituelle et pratique

« Heureux celui qui ne se scandalise pas de moi »

Parole pour tous ceux dont la foi vacille parce que Dieu n'agit pas comme ils l'espéraient — dans la maladie, l'échec, le silence de Dieu. La réponse de Jésus invite à regarder ce qu'il fait réellement (ses œuvres de miséricorde) plutôt que ce que nous projetons sur lui. Et l'exemple de Jean enseigne à porter le doute non pas loin du Christ, mais jusqu'à lui.

La sainte violence du Royaume

Le Royaume « se laisse saisir par les violents » : il y a une ardeur, un effort, un combat contre soi-même à consentir pour y entrer. La vie chrétienne n'est pas une dérive paisible, mais une conquête de la grâce sur nos lâchetés — non par nos seules forces, mais en nous « faisant violence » avec l'aide de Dieu.

Ne pas être l'enfant capricieux

Gardons-nous de ressembler à « cette génération » qui refuse tout messager de Dieu — l'austère comme le doux —, parce qu'au fond elle ne veut pas se convertir. Accueillir la Parole sous toutes ses formes, même celles qui dérangent nos goûts, est la marque d'un cœur droit.


Malheureuses les villes qui ne sont pas converties
20 Alors Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties : 421 « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. 322 Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous. 523 Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui. 424 Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. » 17
Explications
Contexte historique et social

1. Les villes du lac

Jésus s'adresse à Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm — bourgs des bords du lac où il avait accompli « le plus grand nombre de ses miracles », et qui pourtant ne se sont pas converties. Capharnaüm était même son port d'attache, la plus favorisée de toutes.

2. Tyr, Sidon et Sodome

Jésus les compare à des cités proverbialement païennes et coupables : Tyr et Sidon (objets des oracles des prophètes), et Sodome (l'archétype de la ville pécheresse). « Si les miracles… avaient été faits à Tyr et à Sidon, elles se seraient converties sous le sac et la cendre » (signes du repentir). La parole sur Capharnaüm — « élevée jusqu'au ciel, tu descendras jusqu'au séjour des morts » — reprend l'oracle d'Isaïe contre le roi de Babylone (Is 14, 13-15).


Lecture biblique et exégétique

1. La responsabilité proportionnée à la grâce

Le principe sous-jacent est clair : plus on a reçu, plus on est responsable. Les villes de Galilée ont vu les œuvres du Messie ; leur refus est donc plus grave que l'ignorance des païens. « À qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Lc 12, 48).

2. Le renversement : les païens auraient cru

Affirmation saisissante : les cités païennes les plus décriées (Tyr, Sidon, Sodome) se seraient converties si elles avaient reçu de tels signes. C'est un jugement sur les « privilégiés » qui s'endurcissent : la familiarité avec la grâce n'est pas un acquis, mais une responsabilité.

3. Des degrés dans le jugement

« Ce sera plus supportable pour Tyr et Sidon… pour le pays de Sodome, au jour du jugement, que pour toi » : le texte suppose des degrés dans le jugement, proportionnés à la lumière reçue et refusée. Le jugement de Dieu est juste, ajusté à chacun.


Pour la vie spirituelle et pratique

Le danger de l'accoutumance à la grâce

Avertissement redoutable contre la tiédeur des « habitués » : avoir tant reçu — sacrements, Écriture, exemples de sainteté, miracles de la grâce dans sa propre vie — et demeurer sans conversion est plus grave que de n'avoir rien connu. La proximité de Dieu, si elle n'est pas accueillie, devient un poids, non un privilège.

Raviver l'étonnement

Contre l'endurcissement par habitude, il faut sans cesse raviver l'étonnement devant les dons de Dieu, et y répondre par une conversion réelle. La grâce reçue appelle un fruit ; sinon, comme pour les villes du lac, elle se retourne en jugement. Que cette page nous garde de prendre la miséricorde de Dieu pour un acquis.


La révélation aux petits
25 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. 926 Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 1127 Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. 21
Explications
Contexte historique et social

1. La prière de jubilation

« En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : Père… je proclame ta louange » : c'est une action de grâce jaillissante (grec exomologoumai), une rare prière de Jésus rapportée par les Synoptiques. Elle fait écho au tressaillement de joie « dans l'Esprit Saint » que saint Luc précise (Lc 10, 21).

2. Les « sages » et les « tout-petits »

L'opposition est entre les « sages et savants » (sophoi kai synetoi : les docteurs, les habiles, ceux qui savent) et les « tout-petits » (nêpioi : littéralement les nourrissons, les simples, les humbles). Dans le contexte, les « sages » évoquent les scribes et les pharisiens, qui ont précisément refusé de reconnaître les signes (cf. les villes impénitentes qui précèdent).


Lecture biblique et exégétique

1. La révélation cachée aux sages, donnée aux petits

« Tu as caché ces choses aux sages et aux savants, et tu les as révélées aux tout-petits. » Ce n'est pas un mépris de l'intelligence, mais un avertissement contre la suffisance : l'orgueil de celui qui se croit assez savant pour n'avoir rien à recevoir le ferme au don de Dieu. La révélation se reçoit dans la petitesse et l'humilité, comme un enfant reçoit tout de son père.

2. « Tel fut ton bon plaisir »

« Oui, Père, car tel fut ton bon plaisir (eudokia) » : la révélation est pure grâce, libre initiative de Dieu. Nul ne se la donne ; elle est reçue de Celui qui se communique gratuitement à qui il veut — et il « veut » se donner aux humbles.

3. La connaissance mutuelle du Père et du Fils (v. 27)

« Tout m'a été remis par mon Père ; et nul ne connaît le Fils sinon le Père, et nul ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » Ce verset, d'une densité « johannique », affirme une connaissance réciproque, exclusive et exhaustive entre le Père et le Fils. C'est un sommet de la révélation : le Fils connaît le Père comme le Père connaît le Fils — donc d'une connaissance d'égal à égal. Et le Fils est le seul Révélateur du Père : on n'accède au Père que par lui (cf. Jn 1, 18 ; 14, 6).


Pour la vie spirituelle et pratique

Se faire petit pour recevoir

Pour connaître Dieu, il faut se faire petit. Le savoir n'est pas exclu, mais la suffisance, oui : elle ferme l'accès à un don qui se reçoit et ne se conquiert pas. Cultiver l'humilité du cœur, la docilité de l'enfant, est la condition de toute vie spirituelle authentique.

Connaître le Père par le Fils

Nul n'accède au Père sinon par le Fils : c'est en regardant, en écoutant, en fréquentant Jésus qu'on apprend qui est Dieu. La contemplation du Christ est le chemin de la connaissance du Père.

Apprendre de Jésus à rendre grâce

Enfin, Jésus nous donne ici un modèle de prière de louange : devant le mystère du dessein de Dieu — même là où il déconcerte (les sages aveuglés, les petits comblés) —, bénir le Père et reconnaître son « bon plaisir ». La jubilation de Jésus invite à la nôtre.


Jésus, maître au fardeau léger
« Venez à moi, vous tous qui peinez »
« Venez à moi, vous tous qui peinez »
28 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 529 Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. 930 Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 20
Explications
Contexte historique et social

1. Le « joug »

Dans le judaïsme, le « joug » est une image courante : on parle du « joug de la Torah » ou du « joug du Royaume » (prendre sur soi les commandements). Les rabbins enseignaient à « porter le joug de la Loi ». Jésus reprend l'image, mais propose son joug — sa personne, son enseignement, la loi de l'amour — par contraste avec les fardeaux écrasants que les docteurs imposaient « sur les épaules des gens » (cf. Mt 23, 4).

2. Un écho de la Sagesse

La formule rappelle l'invitation de la Sagesse divine dans le Siracide : « Approchez-vous de moi… mettez votre cou sous son joug… j'ai peu peiné et j'ai trouvé un grand repos » (Si 51, 23-27). Jésus parle ici comme la Sagesse de Dieu en personne, qui appelle à elle les hommes fatigués.


Lecture biblique et exégétique

1. « Venez à moi… je vous procurerai le repos »

Jésus s'adresse à « tous ceux qui peinent et ploient sous le fardeau » — les accablés, par le travail, le péché, les soucis, ou les pesanteurs de la Loi minutieuse. Il promet le repos (anapausis) : non un simple répit, mais le repos de l'âme (citation de Jr 6, 16 : « vous trouverez le repos pour vos âmes »), le repos sabbatique et eschatologique en Dieu.

2. « Je suis doux et humble de cœur »

C'est le seul endroit des évangiles où Jésus décrit explicitement son cœur et sa disposition intérieure : « doux et humble de cœur » (praus kai tapeinos tê kardia). Cette parole est au fondement de la dévotion au Cœur du Christ : un cœur accueillant, sans dureté, vers qui l'on peut venir sans crainte. « Devenez mes disciples » (litt. « apprenez de moi ») : la première chose à apprendre de Jésus est cette douceur et cette humilité.

3. « Mon joug est facile, mon fardeau léger »

Paradoxe central : le joug du Christ — la loi de l'amour — est léger non parce qu'il exige peu (le Sermon sur la montagne est exigeant !), mais parce qu'il est porté par grâce et par amour. La charité allège ce que la contrainte rendrait pesant ; et le Christ ne se contente pas d'imposer le joug, il le porte avec nous. (Le grec chrêstos, « bon, aisé », fait peut-être écho au nom de Christos.)


Pour la vie spirituelle et pratique

Porter ses fardeaux à Jésus

Invitation parmi les plus tendres de l'Évangile : porter ses fatigues, ses péchés, ses soucis à Jésus, plutôt que de les porter seul. « Venez à moi » est une parole à se redire dans l'épreuve, l'épuisement, le découragement : il y a un repos offert en lui.

Apprendre la douceur et l'humilité

La leçon à « apprendre » de lui est précise : la douceur et l'humilité du cœur, sources de la paix intérieure. Devenir doux et humble, à son école, c'est entrer dans son propre repos.

Le paradoxe du joug qui repose

Paradoxe chrétien : c'est en prenant un joug — celui du Christ, la loi de l'amour — qu'on trouve le repos. Non l'absence de toute charge (vivre sans rien porter n'apaise pas le cœur), mais une charge portée par amour et avec le Christ, qui, elle, allège l'âme. Là est le secret d'un cœur en paix.