Matthieu 11, 26
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Sublime
écho des louanges du Sauveur en l’honneur de son Père. Oui, mon Père, je vous loue. On dirait qu’après
avoir prononcé les paroles du v. 25, Jésus-Christ s’arrêta un instant pour les savourer et pour en admirer la
divine justesse. - Ainsi. De la manière dont il vient d’être dit, et pas autrement.
1359. Mais pourquoi rend-il grâce pour le fait que [le Père] a caché ? Je dis qu’il ne fait pas cela parce qu’il se réjouit de leur aveuglement, mais du jugement de Dieu qui en dispose ainsi sagement. Et pourquoi ? Ici, il ne fait pas chercher de cause. En effet, dans de telles choses, la volonté de Dieu sert de cause : CAR, PÈRE, TEL A ÉTÉ TON BON PLAISIR. L’artisan peut bien donner la raison pour laquelle il a placé certaines pierres à la base et d’autres plus haut ; mais qu’il ait posé telle [pierre] ici et telle autre là n’a pas d’autre cause que sa volonté. Ainsi, que le Seigneur en sauve certains, c’est l’effet de sa miséricorde ; qu’il en condamne d’autres, c’est l’effet de sa justice. Mais pourquoi agit-il avec miséricorde à l’égard de celui-ci plutôt que de celui-là ? Cela relève seulement de sa volonté. Ainsi, en Rm 9, 18 : Il fait miséricorde à qui Il veut, et il endurcit qui Il veut. Il agit donc ainsi selon son bon plaisir. Ps 118[119], 108 : Que ton bon plaisir, Seigneur, etc.
Il n'ajoute pas : vous les avez révélés aux insensés, mais aux petits, pour nous montrer qu'il ne condamne pas la pénétration, mais seulement l'enflure de l'esprit.
Ces paroles renferment pour nous une leçon d'humilité, et nous apprennent à ne pas discuter témérairement les jugements de Dieu sur la vocation des uns, et sur la réprobation des autres, en nous montrant qu'il ne peut y avoir d'injustice dans ce qui a plu à celui qui est souverainement juste.
Puisque Jésus-Christ dit : " Je vous confesse, " lui si éloigné de tout péché, la confession n'est donc pas toujours l'aveu des péchés, mais quelquefois aussi l'expression de la louange. Nous confessons donc soit en louant Dieu, soit en nous accusant nous-mêmes ; et ces mots : Je vous confesse, signifient non pas : je m'accuse, mais : je vous loue, je vous rends gloire.
Sous le nom de ces sages et de ces prudents on peut entendre les orgueilleux, comme Notre-Seigneur l'explique lui-même, en ajoutant : " Et que vous les avez révélés aux petits. " En effet, que veut dire " aux petits, " si ce n'est aux humbles ?
Notre-Seigneur tient encore ce langage affectueux à son Père, pour l'engager à consommer l'oeuvre qu'il a commencée dans ses Apôtres.
Que ces mystères aient été révélés aux uns, c'est un légitime sujet de joie, mais qu'ils restent cachés pour les autres, c'est un trop juste sujet de larmes. Aussi la joie du Sauveur vient-elle exclusivement de ce que les petits ont connu ce que les sages ont ignoré.
Ou bien encore, en nommant ici des sages, il n'a point voulu parler de la véritable sagesse, mais de celle que les scribes et les pharisiens ne tenaient que de leur éloquence ; c'est pour cela qu'il ne dit pas : " Vous les avez révélés aux insensés, " mais : " aux petits, " c'est-à-dire aux gens sans instruction et sans éducation. C'est ainsi qu'il nous apprend à fuir en tout l'orgueil, et à rechercher la pratique de l'humilité.
Les secrets et la vertu des paroles célestes demeurent cachés pour les sages, c'est-à-dire pour ceux qui sont pleins d'une folle présomption, et dont la sagesse n'est pas le fruit de la prudence ; et ces mêmes secrets sont révélés aux petits, c'est-à-dire à ceux qui sont petits en malice, et non en intelligence.
Il confirme l'équité de cette conduite par le jugement de la volonté de son Père ; suivant ce jugement, ceux qui refusent d'être petits devant Dieu deviennent insensés dans leur propre sagesse ; c'est pour cela qu'il ajoute : " Oui, je vous bénis, ô mon Père, parce qu'il vous a plu ainsi. "