Il est écrit
L’Ancien Testament dans l’Évangile
« Il est écrit », « pour que soit accomplie la parole du prophète », « Moïse a dit », « n’avez-vous jamais lu ? » : l’Évangile cite l’Écriture à chaque page, et l’on ne sait pas toujours d’où. Voici, pour chaque citation, le livre d’où elle vient, ce qu’elle disait à sa place, et ce que l’Évangile en fait.
Les fiches suivent les trois parts que Jésus nomme lui-même le soir de Pâques : « la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (Lc 24, 44). Chacune dit qui cite les mots dans l’Évangile : Jésus, l’évangéliste, ou d’autres voix, le diable, les scribes, la foule.
La Loi de Moïse
Les cinq livres : ce que Dieu a dit au Sinaï et ce que Moïse a prescrit. Jésus les cite pour répondre au tentateur, aux pharisiens, au jeune homme riche, et pour dire ce qu’il en accomplit.
Il les fit homme et femme
Genèse 1, 27 ; 2, 24 cité par Jésus
Les deux récits de la création : Dieu fait l’homme à son image, homme et femme, et le narrateur conclut que l’homme quitte son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et ne faire avec elle qu’une seule chair.
Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme,et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Ce que l’Évangile en fait Aux pharisiens qui l’interrogent sur le divorce à partir de Moïse, Jésus remonte plus haut que Moïse, « au commencement » : ce que Dieu a fait d’abord dit ce qu’il veut toujours. C’est sur ces deux versets que l’Église fonde l’indissolubilité du mariage (Catéchisme, n. 1614-1615).
Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob
Exode 3, 6 cité par Jésus
Au buisson ardent, Dieu se nomme à Moïse par les patriarches, morts depuis des siècles, avant de lui dire son nom.
Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »
Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ?
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Ce que l’Évangile en fait Aux sadducéens, qui ne reçoivent que les cinq livres de Moïse et nient la résurrection, Jésus répond par Moïse : Dieu ne se dit pas le Dieu de morts ; s’il se nomme par eux, c’est qu’ils vivent pour lui. L’argument tient à un temps de verbe, et les sadducéens se taisent.
Aucun de ses os ne sera brisé
Exode 12, 46 ; Nombres 9, 12 (Psaume 34, 21) cité par l’évangéliste
La règle de l’agneau pascal : on le mange dans la maison, et on ne lui brise aucun os. Le psaume dit la même chose du juste que le Seigneur garde.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.
Ce que l’Évangile en fait Les soldats brisent les jambes des deux autres crucifiés, non celles de Jésus, déjà mort. Jean, qui fait mourir Jésus à l’heure où l’on immolait les agneaux au Temple, le dit sans le dire : voici l’Agneau de Dieu, que le Baptiste avait montré au premier chapitre.
Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur
Exode 13, 2 ; Lévitique 12, 8 cité par l’évangéliste
Depuis la nuit de Pâque, où les premiers-nés d’Israël furent épargnés, tout premier-né appartient au Seigneur et doit être racheté ; la mère offre pour sa purification un agneau ou, si elle est pauvre, deux tourterelles.
selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Ce que l’Évangile en fait Luc cite la Loi deux fois de suite pour dire que Marie et Joseph l’accomplissent en tout, et que ceux qui présentent Jésus au Temple sont pauvres : deux colombes, non un agneau. Celui qu’on rachète est celui qui rachètera.
Honore ton père et ta mère
Exode 20, 12 ; 21, 17 cité par Jésus
Le quatrième commandement, le premier qui regarde le prochain, et la loi qui punit de mort celui qui maudit ses parents.
Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Ce que l’Évangile en fait Jésus l’oppose à la coutume du corban, par laquelle on déclarait « offrande » ce qu’on devait à ses parents pour ne plus le leur devoir : la parole de Dieu passe avant la tradition des hommes. Il ne relâche pas le commandement, il le remet à sa place, la première.
Tu ne commettras pas de meurtre
Exode 20, 13-16 ; Deutéronome 5, 17-20 cité par Jésus
La seconde table du Décalogue, donnée au Sinaï : le meurtre, l’adultère, le vol, le faux témoignage.
Mt 19, 18-19au jeune homme riche
Il lui dit : « Lesquels ? » Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne commets pas de meurtre, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère. »
Mt 5, 21sur la montagne
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère.
Ce que l’Évangile en fait Jésus les cite de deux manières. Au jeune homme riche, il les donne tels quels : c’est par là qu’on entre dans la vie. Sur la montagne, il les reprend un à un pour aller jusqu’à la racine, la colère avant le meurtre, le regard avant l’adultère. Il n’abolit pas, il accomplit (Mt 5, 17).
Œil pour œil, dent pour dent
Exode 21, 24 ; Lévitique 24, 20 ; Deutéronome 19, 21 cité par Jésus
La loi du talion, qui fut d’abord une mesure : elle interdit de rendre plus qu’on a reçu, dans un monde où l’on vengeait un œil par une vie.
Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.
Ce que l’Évangile en fait Jésus ne la contredit pas, il la dépasse : ne pas riposter, tendre l’autre joue. Ce qui limitait la vengeance devient le renoncement à la vengeance. Les Pères y lisent la pédagogie de Dieu, qui conduit par étapes un peuple encore dur jusqu’à la miséricorde.
Tu ne manqueras pas à tes serments
Lévitique 19, 12 ; Nombres 30, 3 cité par Jésus
La Loi interdit le parjure et commande de tenir ce qu’on a promis au Seigneur.
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Ce que l’Évangile en fait Jésus va plus loin que la fidélité au serment : ne pas jurer du tout, que votre oui soit oui. Il cite au passage Isaïe, le ciel est le trône de Dieu et la terre son marchepied (Is 66, 1), pour dire que tout serment engage Dieu, même quand on croit l’éviter.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
Lévitique 19, 18 cité par Jésus et d’autres voix
Au milieu des lois de sainteté du Lévitique, entre l’interdiction de la vengeance et celle de la rancune, une ligne qui les résume toutes.
Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Lc 10, 27récité par un docteur de la Loi
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Mt 5, 43sur la montagne
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Ce que l’Évangile en fait C’est le commandement que Jésus cite le plus. Il le fait « semblable » au premier, l’amour de Dieu, et les Pères disent que les deux n’en font qu’un. Sur la montagne, il le cite dans une forme que l’Écriture n’a jamais eue, « et tu haïras ton ennemi » : c’est l’ajout des hommes qu’il relève, pour le retirer. Chez Luc, c’est un docteur de la Loi qui le récite, et Jésus lui répond par le Samaritain.
Le serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert
Nombres 21, 8-9 cité par Jésus
Au désert, mordu par les serpents, le peuple regarde le serpent de bronze que Moïse a dressé sur un mât, et il vit.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
Ce que l’Évangile en fait À Nicodème, Jésus donne ce signe pour dire sa croix : il faut que le Fils de l’homme soit élevé, et que quiconque le regarde avec foi vive. Chez Jean, « élever » dit à la fois la croix et la gloire. C’est la lecture en figures que l’Église appelle typologie (Catéchisme, n. 128-130).
Écoute, Israël : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur
Deutéronome 6, 4-5 cité par Jésus et d’autres voix
Le Shema, que tout Israélite dit matin et soir : le Seigneur est unique, et on l’aime de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force.
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Lc 10, 27récité par un docteur de la Loi
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Ce que l’Évangile en fait Interrogé sur le premier commandement, Jésus répond par la prière de chaque jour, et Marc garde même son ouverture, « Écoute, Israël ». Il y ajoute l’esprit, comme si trois mots ne suffisaient pas pour dire tout. Le Catéchisme ouvre par là son exposé des commandements (n. 2083).
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras
Deutéronome 6, 13 cité par Jésus
Moïse, avant l’entrée dans la terre promise, avertit Israël de ne pas oublier dans l’abondance celui qui l’a fait sortir d’Égypte : c’est lui qu’on craint, lui qu’on sert.
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
Ce que l’Évangile en fait La troisième réponse de Jésus au tentateur chez Matthieu, la deuxième chez Luc. Le diable offrait les royaumes contre une prosternation ; Jésus répond par le premier commandement. Les trois réponses de la tentation viennent du même discours de Moïse au désert (Dt 6-8) : Jésus revit les quarante ans d’Israël en quarante jours, et là où le peuple a failli, il tient.
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu
Deutéronome 6, 16 cité par Jésus
Le souvenir de Massa, où Israël assoiffé demanda si le Seigneur était au milieu de lui, oui ou non.
Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ce que l’Évangile en fait Le diable venait de citer un psaume ; Jésus répond « il est encore écrit » : l’Écriture ne se lit pas contre l’Écriture. Exiger de Dieu un signe pour croire, c’est Massa. Sur le pinacle du Temple, Jésus refuse le prodige qu’on lui demandera encore sur la croix : « descends ».
L’homme ne vit pas seulement de pain
Deutéronome 8, 3 cité par Jésus
Moïse rappelle la manne : Dieu a laissé Israël avoir faim, puis l’a nourri d’un pain inconnu, pour lui apprendre qu’on vit de ce qui sort de la bouche de Dieu.
Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Ce que l’Évangile en fait La première réponse de Jésus, affamé, à qui lui propose de faire du pain avec des pierres. Luc garde la moitié du verset, Matthieu le donne entier. La liturgie le chante avant l’Évangile du premier dimanche de Carême, quand elle lit la tentation.
Le Prophète annoncé, celui que Moïse a promis
Deutéronome 18, 15 cité par Jésus et d’autres voix
Moïse promet que le Seigneur fera lever d’entre ses frères un prophète comme lui, et qu’il faudra l’écouter.
Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit.
Jn 1, 21demandé à Jean-Baptiste
Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »
Jn 6, 14reconnu par la foule
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »
Ce que l’Évangile en fait C’est « le Prophète » que les prêtres demandent à Jean-Baptiste s’il est, et que la foule reconnaît en Jésus après la multiplication des pains. Jésus lui-même dit que Moïse a écrit à son sujet. Pierre, aux Actes, citera le verset en toutes lettres (Ac 3, 22), et la voix de la Transfiguration en garde le dernier mot : « écoutez-le ».
Sur la parole de deux ou trois témoins
Deutéronome 19, 15 cité par Jésus
Nul ne peut être condamné sur un seul témoignage : la Loi exige deux ou trois témoins.
S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.
Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage.
Ce que l’Évangile en fait Jésus en fait la règle de la correction fraternelle, la deuxième étape, avant de porter l’affaire à l’Église. Chez Jean, il retourne la règle des procès en sa faveur : il a deux témoins, lui-même et le Père qui l’a envoyé.
Qu’il lui donne un acte de répudiation
Deutéronome 24, 1 cité par Jésus et d’autres voix
Moïse règle la répudiation : l’homme qui renvoie sa femme doit lui remettre un écrit, qui la protège et lui permet de se remarier.
Mt 5, 31sur la montagne
Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation.
Mt 19, 7objecté par les pharisiens
Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Ce que l’Évangile en fait Les pharisiens en font une permission ; Jésus y voit une concession à la dureté des cœurs, et remonte au commencement (voir « Il les fit homme et femme »). Sur la montagne, il ne discute pas la procédure : il dit que renvoyer sa femme, c’est la pousser à l’adultère.
Le frère de cet homme épousera sa belle-sœur
Deutéronome 25, 5 cité par d’autres voix
La loi du lévirat : quand un homme meurt sans fils, son frère épouse la veuve, et le premier-né porte le nom du défunt, pour que ce nom ne s’efface pas d’Israël.
« Maître, Moïse a dit : Si un homme meurt sans avoir d’enfants, le frère de cet homme épousera sa belle-sœur pour susciter une descendance à son frère.
« Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.
Ce que l’Évangile en fait Ce sont les sadducéens qui la citent, pour ridiculiser la résurrection avec la femme aux sept maris. Jésus ne conteste pas la loi : il dit qu’elle règle ce monde-ci, et que dans l’autre on ne se marie plus. Puis il leur répond par Moïse (voir « Je suis le Dieu d’Abraham »).
Les Prophètes
Isaïe surtout, puis Jérémie, Daniel, Osée, Jonas, Michée, Zacharie et Malachie : ce qui était annoncé, et que l’évangéliste voit s’accomplir sous ses yeux.
Il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir
Isaïe 5, 1-2 cité par Jésus
Le chant de la vigne : le bien-aimé a planté, clôturé, creusé un pressoir, bâti une tour, et la vigne n’a donné que du verjus. La vigne, dit le prophète, c’est la maison d’Israël.
« Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Il se mit à dire au peuple la parabole que voici : « Un homme planta une vigne, loua celle-ci à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
Ce que l’Évangile en fait Jésus ouvre la parabole des vignerons homicides avec les mots mêmes d’Isaïe, et ses auditeurs, qui les savent, comprennent qu’ils sont la vigne. Mais il déplace la faute : ce n’est plus la vigne qui manque, ce sont les vignerons, et le fils qu’on tue est le sien.
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas
Isaïe 6, 9-10 cité par Jésus et l’évangéliste
Le jour de sa vocation, Isaïe reçoit une mission qui semble vouée à l’échec : parler à un peuple qui n’entendra pas, dont le cœur s’est alourdi.
Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »
Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.
Jn 12, 40par l’évangéliste
Il a rendu aveugles leurs yeux, il a endurci leur cœur, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils ne comprennent dans leur cœur, et qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
Ce que l’Évangile en fait Les quatre évangiles le citent, ce qui est rare. Les synoptiques y lisent pourquoi Jésus parle en paraboles ; Jean, au terme de la vie publique, pourquoi tant de signes n’ont pas fait croire. Le refus n’est pas voulu par Dieu, il est prévu : le verset se termine sur une guérison promise, « et moi, je les guérirai ».
Voici que la Vierge concevra
Isaïe 7, 14 cité par l’évangéliste
Au roi Acaz, qui refuse de demander un signe, Isaïe en donne un : une jeune femme enceinte, un fils nommé Emmanuel, et avant que l’enfant grandisse, la délivrance.
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Ce que l’Évangile en fait Matthieu cite la version grecque, qui dit « la vierge », et voit dans la conception virginale de Jésus l’accomplissement plénier d’un signe donné sept siècles plus tôt. Le nom, Dieu-avec-nous, ouvre l’évangile ; sa dernière ligne le reprend : « je suis avec vous tous les jours ».
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière
Isaïe 8, 23 ; 9, 1 cité par l’évangéliste
Les terres de Zabulon et de Nephtali, les premières tombées sous l’Assyrie, seront les premières relevées : une lumière se lève sur ceux qui marchaient dans la nuit. Ce sont les versets qui annoncent l’enfant né pour nous.
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu les place au moment où Jésus s’établit à Capharnaüm : la Galilée méprisée, mêlée de païens, est le lieu où la lumière commence. La messe de la nuit de Noël lit la suite du passage.
Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté
Isaïe 13, 10 ; 34, 4 ; Joël 3, 4 cité par Jésus
Le langage du jour du Seigneur chez les prophètes : contre Babylone, contre Édom, sur Jérusalem, le ciel lui-même se défait, les étoiles tombent.
Aussitôt après la détresse de ces jours-là, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées.
En ces jours-là, après une pareille détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ;les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Ce que l’Évangile en fait Jésus le reprend dans le discours sur la fin, sans nommer personne : ce sont les mots reçus pour dire qu’un monde s’achève. Ils précèdent la venue du Fils de l’homme (voir « Le Fils de l’homme venir sur les nuées »). Luc, qui écrit pour des Grecs, les traduit en signes dans le soleil, la lune et les étoiles.
Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi
Isaïe 29, 13 cité par Jésus
Isaïe reproche à Jérusalem une piété apprise par cœur, une crainte de Dieu réduite à des préceptes d’hommes.
Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Isaïe a bien prophétisé à votre sujet quand il a dit :Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. »
Ce que l’Évangile en fait Jésus le retourne contre ceux qui lui reprochent les mains non lavées de ses disciples : un culte de règles, quand le cœur est ailleurs. La suite porte sur ce qui rend l’homme impur : non ce qui entre, mais ce qui sort du cœur.
Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent
Isaïe 35, 5-6 ; 61, 1 cité par Jésus
Isaïe décrit le jour où Dieu vient lui-même sauver : les yeux des aveugles s’ouvrent, le boiteux bondit, le muet crie de joie ; et ailleurs, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Ce que l’Évangile en fait Jean-Baptiste, en prison, fait demander si Jésus est celui qui doit venir. Jésus ne dit pas oui : il énumère ce qu’on voit, avec les mots d’Isaïe, et laisse Jean conclure. C’est la réponse d’un signe, non d’un titre.
Voix de celui qui crie dans le désert
Isaïe 40, 3-5 cité par l’évangéliste et d’autres voix
Le livre de la consolation s’ouvre sur une voix qui ordonne de préparer, à travers le désert, une route pour le retour du Seigneur et de son peuple exilé.
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;et tout être vivant verra le salut de Dieu.
Jn 1, 23par Jean-Baptiste lui-même
Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Ce que l’Évangile en fait Les quatre évangiles l’appliquent à Jean-Baptiste, et chez Jean c’est le Baptiste lui-même qui se nomme ainsi : une voix, non la Parole. Luc cite le passage plus loin que les autres, jusqu’à « tout être vivant verra le salut de Dieu » : le salut offert à tous est son thème.
Voici mon serviteur que j’ai choisi
Isaïe 42, 1-4 cité par l’évangéliste
Le premier des chants du Serviteur : un élu sur qui repose l’Esprit, qui ne crie pas, ne brise pas le roseau froissé, et porte le droit aux nations.
Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe :Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement.Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.lire la suite (2 versets)
Ce que l’Évangile en fait La plus longue citation de Matthieu, pour expliquer que Jésus se retire et fait taire ceux qu’il guérit : sa manière est la douceur, non l’éclat. C’est le passage que la voix du ciel a résumé au baptême : « mon bien-aimé, en qui je trouve ma joie ».
Seigneur, qui a cru ce que nous avons entendu ?
Isaïe 53, 1 cité par l’évangéliste
Le quatrième chant du Serviteur, à son ouverture : qui aurait cru cela, un salut qui passe par un homme sans apparence, méprisé ?
Ainsi s’accomplissait la parole dite par le prophète Isaïe : Seigneur, qui a cru ce que nous avons entendu ? À qui la puissance du Seigneur a-t-elle été révélée ?
Ce que l’Évangile en fait Jean le cite pour dire l’incrédulité au terme des signes, et enchaîne avec Isaïe 6 (voir « Vous aurez beau écouter »). Puis il ose écrire qu’Isaïe a vu la gloire de Jésus et a parlé de lui.
Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies
Isaïe 53, 4 cité par l’évangéliste
Le même chant : un homme de douleurs, qui porte les souffrances des autres, et dont les blessures guérissent.
pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu le cite après un soir de guérisons à Capharnaüm, non après la croix : les malades que Jésus guérit, il en porte déjà le fardeau. Le chant du Serviteur souffrant est la première lecture du Vendredi saint.
Il a été compté avec les impies
Isaïe 53, 12 cité par Jésus
Le dernier verset du chant du Serviteur : il a été mis au rang des pécheurs, et il a porté leur faute.
Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. »
Ce que l’Évangile en fait La seule fois où Jésus applique lui-même à sa Passion le chant du Serviteur, au soir de la Cène, en annonçant qu’on l’arrêtera comme un malfaiteur. « Ce qui me concerne, dit-il, va trouver son accomplissement. »
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même
Isaïe 54, 13 cité par Jésus
Jérusalem rebâtie après l’exil : ses fils auront Dieu lui-même pour maître, et une grande paix.
Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi.
Ce que l’Évangile en fait Dans le discours sur le pain de vie, Jésus en fait la loi de la foi : nul ne vient à lui si le Père ne l’attire, et venir à lui, c’est avoir été enseigné par le Père. Jérémie promettait la même chose, une loi écrite dans les cœurs (Jr 31, 33) ; c’est pourquoi Jésus dit « dans les prophètes », au pluriel.
Ma maison sera appelée maison de prière
Isaïe 56, 7 ; Jérémie 7, 11 cité par Jésus
Isaïe ouvre le Temple aux étrangers et aux eunuques : une maison de prière pour tous les peuples. Jérémie, sur le même parvis, reproche à ceux qui y entrent d’en faire une caverne de bandits, où l’on se croit à l’abri.
Il enseignait, et il déclarait aux gens : « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée maison de prière. Or vous, vous en faites une caverne de bandits. »
« Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Ce que l’Évangile en fait Jésus coud les deux prophètes en une phrase, en chassant les vendeurs. Marc seul garde « pour toutes les nations », et c’est dans le parvis des païens que se tenait le marché : la place faite aux nations était prise par les marchands.
L’Esprit du Seigneur est sur moi
Isaïe 61, 1-2 ; 58, 6 cité par Jésus
Un prophète consacré par l’onction, envoyé annoncer aux pauvres la bonne nouvelle, aux captifs la liberté, et une année de grâce, le jubilé.
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.
Ce que l’Évangile en fait À Nazareth, Jésus lit ce passage, referme le livre et dit : « aujourd’hui s’accomplit ». Luc en fait le programme de tout l’évangile. Jésus s’arrête avant « un jour de vengeance » : le temps qu’il ouvre est celui de la faveur.
Là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas
Isaïe 66, 24 cité par Jésus
Le dernier verset d’Isaïe : les cadavres de ceux qui se sont révoltés, hors de la ville, rongés sans fin.
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.
Ce que l’Évangile en fait Jésus le cite pour dire la géhenne, dans l’avertissement sur la main et l’œil qui font tomber. L’image est prise à la vallée de Hinnom, la décharge de Jérusalem. L’Église en a retenu la gravité de l’enfer, et qu’il vaut mieux entrer dans la vie mutilé.
Rachel pleure ses enfants
Jérémie 31, 15 cité par l’évangéliste
À Rama, où l’on rassemblait les déportés, Jérémie entend Rachel, la mère de Joseph et de Benjamin, pleurer sur ses fils emmenés. Le verset suivant lui dit de sécher ses larmes : ils reviendront.
Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu le cite pour les enfants de Bethléem, près du tombeau de Rachel. Il n’écrit pas « pour que soit accomplie », mais « alors fut accomplie » : le mal n’est pas voulu par Dieu, il est traversé. Et la consolation promise à Rachel reste en suspens, juste après la citation.
Le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel
Daniel 7, 13-14 cité par Jésus
Dans la vision de Daniel, après les bêtes qui montent de la mer, quelqu’un « comme un fils d’homme » vient sur les nuées jusqu’à l’Ancien des jours, et reçoit un règne qui ne passera pas.
Mt 26, 64devant le grand prêtre
Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »
Mt 24, 30dans le discours sur la fin
Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme ; alors toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine et verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel, avec puissance et grande gloire.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Ce que l’Évangile en fait C’est le titre que Jésus se donne le plus, et devant le grand prêtre il le cite en toutes lettres, mêlé au psaume 110 : ce fut pris pour un blasphème, et ce fut sa condamnation. Le Credo le redit : « il reviendra dans la gloire ».
L’Abomination de la désolation
Daniel 9, 27 ; 11, 31 ; 12, 11 cité par Jésus
Daniel désigne ainsi l’autel païen dressé dans le Temple par Antiochus Épiphane, en 167 avant Jésus-Christ, qui fit cesser le sacrifice perpétuel.
Lorsque vous verrez l’Abomination de la désolation, installée dans le Lieu saint comme l’a dit le prophète Daniel – que le lecteur comprenne ! –
Lorsque vous verrez l’Abomination de la désolation installée là où elle ne doit pas être – que le lecteur comprenne ! – alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ;
Ce que l’Évangile en fait Jésus reprend le mot pour annoncer la ruine du Temple, qui viendra en l’an 70, et au-delà, la fin. « Que le lecteur comprenne » est l’une des rares fois où l’évangile s’adresse à qui le lit.
Je veux la miséricorde, non le sacrifice
Osée 6, 6 cité par Jésus
Osée reproche à un peuple dont l’amour passe comme la rosée du matin des sacrifices sans fidélité : ce que Dieu veut, c’est l’amour et la connaissance de lui.
Mt 9, 13à table avec les pécheurs
Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Mt 12, 7dans les champs de blé
Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice,
Ce que l’Évangile en fait Jésus le cite deux fois chez Matthieu, à table avec les pécheurs et dans les champs de blé un jour de sabbat : « allez apprendre ce que cela signifie ». C’est le seul verset que Jésus donne à apprendre.
Montagnes, tombez sur nous
Osée 10, 8 cité par Jésus
Osée annonce la ruine des hauts lieux de Samarie, et une détresse telle qu’on préférera être enseveli sous les collines.
Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.”
Ce que l’Évangile en fait Sur le chemin du Calvaire, aux femmes qui pleurent, Jésus le dit pour Jérusalem : « si l’on traite ainsi l’arbre vert, qu’en sera-t-il de l’arbre sec ? » L’Apocalypse reprendra le cri au sixième sceau.
D’Égypte, j’ai appelé mon fils
Osée 11, 1 cité par l’évangéliste
Osée se souvient de l’Exode : quand Israël était enfant, Dieu l’a aimé et l’a appelé hors d’Égypte, comme un père apprend à marcher à son fils.
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu voit dans la fuite et le retour de l’enfant Jésus un nouvel Exode : le fils qui sort d’Égypte, c’est lui, et en lui tout Israël. La citation ne prédit pas, elle fait correspondre : c’est la figure (Catéchisme, n. 128).
Jonas dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits
Jonas 2, 1 cité par Jésus
Jonas, jeté à la mer pour avoir fui, passe trois jours dans le poisson, prie, est rendu au rivage, et Ninive se convertit à sa parole.
En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre trois jours et trois nuits.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Ce que l’Évangile en fait À qui demande un signe, Jésus n’en donne qu’un, celui de Jonas : chez Matthieu, les trois jours au cœur de la terre ; chez Luc, la prédication qui convertit. Les deux disent Pâques : un homme rendu vivant après trois jours, et la conversion qu’il obtient.
Et toi, Bethléem, terre de Juda
Michée 5, 1 (2 Samuel 5, 2) cité par d’autres voix
Michée annonce que de Bethléem, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, sortira celui qui doit gouverner Israël, dont l’origine remonte aux temps anciens.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Ce que l’Évangile en fait Ce sont les scribes d’Hérode qui la citent : ils savent où naît le Messie sans y aller ; les mages, eux, y vont. Matthieu retouche le verset, Bethléem « n’est certes pas le dernier », et le chef sera « berger », avec les mots de la promesse à David.
Séparer l’homme de son père, la fille de sa mère
Michée 7, 6 cité par Jésus
Michée décrit une société pourrie où l’on ne peut se fier à personne, pas même aux siens : le fils méprise le père, la fille se dresse contre sa mère.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
Ce que l’Évangile en fait Jésus le reprend sans « pour que s’accomplisse » : ce n’est pas une prédiction, c’est le prix de le suivre. L’Évangile divise avant d’unir, et c’est de cela qu’il faut être averti.
Voici ton roi qui vient vers toi, monté sur un âne
Zacharie 9, 9 cité par l’évangéliste
Zacharie annonce à Sion un roi humble, juste et victorieux, qui vient sur un âne et non sur un char, et qui fera disparaître les armes.
Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète :Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.
Ne crains pas, fille de Sion. Voici ton roi qui vient, assis sur le petit d’une ânesse.
Ce que l’Évangile en fait Jésus, qui a fait chercher l’ânon, met en scène le verset : le roi entre dans sa ville sans armée. Matthieu, qui lit à la lettre « une ânesse et un ânon », fait venir les deux bêtes ; Jean note que les disciples n’ont compris qu’après Pâques.
Ils ramassèrent les trente pièces d’argent
Zacharie 11, 12-13 (Jérémie 32, 6-9 ; 18, 2) cité par l’évangéliste
Le berger congédié reçoit pour salaire trente sicles, le prix d’un esclave, et le Seigneur lui dit de jeter au potier ce beau prix auquel on l’a estimé. Jérémie, lui, achète un champ et descend chez le potier.
Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël,et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu nomme Jérémie et cite Zacharie : il tresse les deux, comme il l’a fait pour d’autres prophètes, et le champ du potier acheté avec l’argent de Judas devient le lieu où se rejoignent le prix, le potier et le champ.
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé
Zacharie 12, 10 cité par l’évangéliste
Le Seigneur répandra sur Jérusalem un esprit de grâce, et l’on pleurera sur le transpercé comme sur un fils unique.
Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Ce que l’Évangile en fait La dernière citation de Jean, après le coup de lance d’où sortent le sang et l’eau : voir, c’est déjà se tourner. L’Apocalypse, du même auteur, l’ouvre à tous : « tout œil le verra ».
Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées
Zacharie 13, 7 cité par Jésus
Zacharie fait lever l’épée contre le berger que le Seigneur appelle son compagnon, et le troupeau se disperse, avant d’être purifié par l’épreuve.
Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées.
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
Ce que l’Évangile en fait Au sortir de la Cène, en montant au mont des Oliviers, Jésus l’annonce aux Douze : ils tomberont tous. Et il ajoute ce que Zacharie ne dit pas : « après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée ».
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi
Malachie 3, 1 (Exode 23, 20) cité par Jésus et l’évangéliste
Malachie annonce un messager qui prépare le chemin devant le Seigneur, qui viendra soudain dans son Temple.
C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.
C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.
Mc 1, 2par l’évangéliste
Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.
Ce que l’Évangile en fait Jésus l’applique à Jean-Baptiste, en le mêlant à l’ange qui précédait Israël au désert (Ex 23, 20) : le messager marche « devant toi », et ce toi, c’est Jésus. Marc, qui le range sous le nom d’Isaïe avec la voix dans le désert, ouvre son évangile sur ces deux prophètes.
Élie doit venir d’abord
Malachie 3, 23-24 cité par Jésus et d’autres voix
Les derniers versets des prophètes : avant le jour du Seigneur, Dieu enverra Élie, qui ramènera le cœur des pères vers les fils.
Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? »Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place.
Ils l’interrogeaient : « Pourquoi les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? »Jésus leur dit : « Certes, Élie vient d’abord pour remettre toute chose à sa place. Mais alors, pourquoi l’Écriture dit-elle, au sujet du Fils de l’homme, qu’il souffrira beaucoup et sera méprisé ?
Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir.
Lc 1, 17par l’ange, à Zacharie
il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »
Ce que l’Évangile en fait Les scribes en font une objection : Élie n’est pas venu, donc le Messie non plus. Jésus répond qu’Élie est venu et qu’on ne l’a pas reconnu : c’est Jean-Baptiste. Chez Luc, l’ange le dit à Zacharie avant même la naissance de Jean, avec les mots de Malachie.
Les Psaumes
La prière d’Israël, qui devient celle de Jésus : il en discute avec les scribes, le diable lui en oppose un, et sur la croix il meurt un psaume à la bouche.
De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter une louange
Psaume 8, 3 cité par Jésus
Le psaume de la grandeur de l’homme, petit sous les cieux : Dieu se fait un rempart de la bouche des tout-petits, pour confondre ses adversaires.
Ils dirent à Jésus : « Tu entends ce qu’ils disent ? » Jésus leur répond : « Oui. Vous n’avez donc jamais lu dans l’Écriture : De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter une louange ? »
Ce que l’Évangile en fait Les enfants crient Hosanna dans le Temple, les prêtres s’indignent, et Jésus répond par le psaume, dans sa version grecque, qui dit « louange » là où l’hébreu dit « force ». La louange des petits est plus forte que le savoir des grands.
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Psaume 22, 2 cité par Jésus
Le premier verset du psaume du juste persécuté, qui passe de la plainte à la louange : « je dirai ton nom à mes frères ».
Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Ce que l’Évangile en fait Jésus le crie en araméen, et Marc, puis Matthieu, le gardent dans sa langue. Ce n’est pas un désespoir, c’est une prière, celle d’Israël, dite jusqu’au bout : celui qui commence ce psaume sait comment il finit. L’Église le chante le dimanche des Rameaux.
Ils se sont partagé mes habits, ils ont tiré au sort mon vêtement
Psaume 22, 19 cité par l’évangéliste
Le même psaume, au plus bas : les ennemis regardent le juste et se partagent déjà ses vêtements.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.
Mt 27, 35raconté sans citer
Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.
Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
Ce que l’Évangile en fait Les quatre évangiles rapportent le partage, et seul Jean cite le verset, en distinguant les habits partagés et la tunique tirée au sort, tissée d’une pièce. Les Pères y voient l’unité de l’Église, qu’on ne déchire pas.
Entre tes mains je remets mon esprit
Psaume 31, 6 cité par Jésus
La prière d’un homme traqué, qui se confie au Dieu de vérité.
Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
Ce que l’Évangile en fait Chez Luc, le dernier mot de Jésus n’est pas le cri du psaume 22, mais cette remise, avec un mot ajouté : « Père ». Étienne le redira en mourant, et l’Église le dit chaque soir aux Complies (voir les mots de la messe).
Ils m’ont haï sans raison
Psaume 35, 19 ; 69, 5 cité par Jésus
Deux psaumes du juste calomnié : plus nombreux que les cheveux de sa tête, ceux qui le haïssent sans motif.
Ainsi s’est accomplie cette parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison.
Ce que l’Évangile en fait Au discours d’adieu, Jésus prévient les disciples de la haine du monde, et cite « leur Loi » : les psaumes sont Loi, parce que toute l’Écriture l’est. La haine sans raison est celle qu’on ne peut désarmer par un tort réparé.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage
Psaume 37, 11 cité par Jésus
Un psaume de sagesse qui apaise l’envie devant la réussite des méchants : ils seront fauchés, et les humbles posséderont le pays.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Ce que l’Évangile en fait La troisième béatitude est le psaume mot pour mot. Jésus ne le cite pas, il le proclame : ce que le psaume promettait aux doux, il le déclare acquis. La terre promise devient le Royaume.
Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon
Psaume 41, 10 cité par Jésus
Le juste malade est trahi par l’ami en qui il avait confiance, celui qui partageait son pain.
Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon.
Ce que l’Évangile en fait Au soir du lavement des pieds, Jésus le dit de Judas, sans le nommer, avant de lui tendre la bouchée : la trahison est annoncée par un psaume, non subie par surprise. « Je vous le dis dès maintenant, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez. »
L’amour de ta maison fera mon tourment
Psaume 69, 10 cité par l’évangéliste
Le psaume d’un homme qui souffre pour Dieu, insulté à cause de lui, et qui reçoit du vinaigre pour sa soif.
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment.
Ce que l’Évangile en fait Les disciples s’en souviennent quand Jésus chasse les vendeurs du Temple, mais Jean met le verbe au futur : ce zèle « fera » son tourment, il le conduira à la mort. Le psaume 69 est, après le 22, celui que la Passion cite le plus.
J’ai soif
Psaume 69, 22 cité par Jésus et l’évangéliste
Le même psaume : pour nourriture du poison, pour la soif du vinaigre.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Mt 27, 34raconté sans citer
ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire.
Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire.
Ce que l’Évangile en fait Jean fait dire « J’ai soif » à Jésus « pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout », et les soldats tendent l’éponge. Matthieu a le fiel et le vinaigre, les deux mots du psaume, sans le citer. L’Église a entendu dans ce cri la soif de Jésus pour les âmes.
J’ouvrirai la bouche pour des paraboles
Psaume 78, 2 cité par l’évangéliste
Le psaume qui raconte l’histoire d’Israël s’ouvre ainsi : le psalmiste va dire en énigmes les choses cachées depuis les origines, ce que les pères ont raconté.
accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.
Ce que l’Évangile en fait Matthieu l’appelle « le prophète » : Asaph, l’auteur du psaume, est compté parmi les voyants. Les paraboles ne sont pas une manière de parler, elles sont annoncées.
Il leur a donné à manger le pain venu du ciel
Psaume 78, 24 (Exode 16, 4) cité par d’autres voix
Le même psaume rappelle la manne : Dieu fit pleuvoir le pain du ciel, le pain des forts.
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Ce que l’Évangile en fait C’est la foule de Capharnaüm qui le cite, pour réclamer un signe comme celui de Moïse. Jésus corrige : ce n’est pas Moïse qui a donné, c’est mon Père qui donne, au présent ; et le pain, c’est lui.
J’ai dit : Vous êtes des dieux
Psaume 82, 6 cité par Jésus
Dieu siège au milieu des juges, qu’il appelle dieux et fils du Très-Haut, et qui mourront comme des hommes pour avoir mal jugé.
Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
Ce que l’Évangile en fait Aux Juifs qui veulent le lapider pour s’être fait Dieu, Jésus argumente à partir du psaume : si l’Écriture appelle dieux ceux à qui la parole fut adressée, que dire de celui que le Père a consacré ? Et il ajoute : « l’Écriture ne peut pas être abolie ».
Il donnera pour toi des ordres à ses anges
Psaume 91, 11-12 cité par d’autres voix
Le psaume de la confiance : qui habite à l’ombre du Très-Haut ne craint rien, ses anges le portent, il ne heurtera pas la pierre.
et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
Ce que l’Évangile en fait C’est le diable qui le cite, sur le pinacle du Temple, et il le cite juste, en sautant un membre de phrase. Jésus lui répond par Moïse : l’Écriture, tordue, peut servir la tentation ; c’est pourquoi on la lit dans l’Église (Catéchisme, n. 111-114). L’Église chante ce psaume aux Complies du dimanche.
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite
Psaume 110, 1 cité par Jésus
Un psaume royal : le Seigneur fait asseoir le roi à sa droite, et l’établit prêtre pour toujours à la manière de Melkisédek.
David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !”
Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds” ?
David lui-même dit, en effet, dans le livre des Psaumes : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droitejusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds.
Ce que l’Évangile en fait Jésus pose l’énigme : si David appelle le Messie son Seigneur, comment est-il son fils ? Personne ne répond. Devant le grand prêtre, il se l’appliquera (voir « Le Fils de l’homme venir sur les nuées »). C’est le verset de l’Ancien Testament le plus cité du Nouveau, et le Credo le redit : « assis à la droite du Père ».
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle
Psaume 118, 22-23 cité par Jésus
Le psaume de la procession pascale : rejeté, le juste est devenu la pierre d’angle, et c’est l’œuvre du Seigneur.
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !
N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle :c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! »
Mais lui, posant son regard sur eux, leur dit : « Que signifie donc ce qui est écrit ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle.
Ce que l’Évangile en fait Jésus le cite pour fermer la parabole des vignerons : le fils tué est la pierre. Pierre le redira devant le sanhédrin, et l’Église en a fait le psaume du matin de Pâques.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur
Psaume 118, 25-26 cité par Jésus et d’autres voix
Dans le même psaume, la bénédiction que les prêtres adressent au pèlerin qui entre dans le Temple, et le cri « Hosanna » : de grâce, sauve !
Mt 21, 9par les foules
Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »
et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël ! »
Mt 23, 39par Jésus, à Jérusalem
En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Voici que votre Temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Ce que l’Évangile en fait Les foules des Rameaux le chantent, et Jésus l’annonce à Jérusalem comme la parole qu’elle devra dire un jour pour le revoir. Le Sanctus de la messe le redit (voir les mots de la messe).
Le catalogue retient les citations en toutes lettres, et quelques reprises si nettes qu’elles en tiennent lieu (la béatitude des doux, le serpent de bronze) ; il laisse les allusions, qui sont sans nombre. Le texte de l’Ancien Testament n’est pas reproduit : les mots cités sont ceux de l’Évangile lui-même, dans la traduction officielle liturgique, et le contexte est résumé. Ce que l’Évangile fait de ces mots est dit dans la ligne de la constitution Dei Verbum sur l’unité des deux Testaments et du Catéchisme (n. 121-130) : « le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, et l’Ancien est dévoilé dans le Nouveau ». Les commentaires des Pères, verset par verset, se trouvent sur la page de chaque passage.