Les personnages

Trois hommes s’appellent Jacques, cinq femmes s’appellent Marie, deux rois s’appellent Hérode, et deux hommes s’appellent Lazare — dont un qui n’a jamais existé, étant de parabole. La moitié de ceux qui comptent n’ont même pas de nom. Voici qui est qui.

Chaque notice donne les scènes où le personnage paraît, et nomme ceux avec qui on le confond. Un seul manque à la galerie, et c’est celui que tout le site regarde.

Autour du berceau

Marie

La mère de Jésus

Une jeune fille de Nazareth, fiancée à Joseph, à qui l’ange demande un consentement qu’elle donne sans avoir compris. On la voit peu et toujours aux tournants : à l’Annonciation, chez Élisabeth, à Bethléem, à Cana où elle obtient le premier signe, et debout au pied de la croix, où le Christ la donne pour mère au disciple. Les quatre évangiles ne lui prêtent en tout que sept paroles.

À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie de BéthanieMarie, mère de Jacques

Nazareth

Joseph

Le charpentier de Nazareth

Fiancé de Marie, de la maison de David : c’est par lui que Jésus entre dans la descendance royale, et par lui qu’il naît à Bethléem. L’Évangile ne lui fait dire pas un mot ; il ne le montre qu’obéissant à des songes — prendre Marie chez lui, fuir en Égypte, revenir. Il disparaît du récit après le pèlerinage des douze ans, et l’on ne sait rien de sa mort.

À ne pas confondre avecJoseph d’ArimathieLes frères de Jésus

Nazareth

L’ange Gabriel

Le messager des deux annonces

Le seul ange nommé des quatre évangiles. Il paraît deux fois, à six mois de distance : d’abord à Zacharie dans le sanctuaire, qui doute et devient muet ; puis à Marie dans une maison de Nazareth, qui interroge et consent. Les deux scènes se répondent terme à terme, et c’est voulu : Luc les a écrites l’une contre l’autre.

Jean Baptiste

Le dernier des prophètes

Aussi Jean le Baptiste · le Précurseur

Fils de Zacharie et d’Élisabeth, il vit au désert, baptise dans le Jourdain et annonce plus grand que lui. C’est lui qui baptise Jésus, lui qui le désigne comme l’Agneau de Dieu, et lui qui, de sa prison, envoie demander si c’est bien celui qu’on attend — la question d’un homme au bout de sa nuit. Hérode Antipas le fait décapiter pour tenir un serment de banquet.

À ne pas confondre avecJean, fils de Zébédée

Le Jourdain

Syméon

Le vieillard qui attendait

Aussi Siméon

Un homme juste de Jérusalem à qui l’Esprit avait promis qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie. Il prend l’enfant dans ses bras et chante le Nunc dimittis — le cantique que l’Église redit chaque soir aux complies. Puis il avertit Marie : « ton âme sera traversée d’un glaive ».

Anne la prophétesse

La veuve qui ne quittait pas le Temple

Fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, veuve depuis soixante ans et âgée de quatre-vingt-quatre ans. Elle survient à l’heure même où Syméon parle, et devient la première à annoncer l’enfant à d’autres. Trois versets en tout : c’est tout ce que l’Évangile en dit.

À ne pas confondre avecHanne

Les mages

Les savants venus d’Orient

L’Évangile ne dit ni leur nombre, ni leurs noms, ni qu’ils étaient rois : il dit qu’ils venaient d’Orient, qu’ils suivaient un astre, et qu’ils offrirent trois présents — d’où le compte de trois, qui vient des présents et non du texte. Ils cherchent à Jérusalem et trouvent à Bethléem ; avertis en songe, ils rentrent par un autre chemin.

Bethléem

Les frères de Jésus

Jacques, José, Jude et Simon

Les gens de Nazareth les nomment quand ils s’étonnent que le fils du charpentier parle ainsi. Le mot « frère » traduit un usage sémitique qui couvre aussi les cousins et la proche parenté, et la tradition catholique les a toujours lus ainsi. Le texte, lui, ne dit qu’une chose de leur foi : au milieu du ministère, ils ne croyaient pas en lui.

À ne pas confondre avecJacques, fils d’AlphéeJudeSimon le ZéloteJacques, fils de ZébédéeJudas IscarioteJoseph

Les Douze

Simon-Pierre

Le pêcheur à qui les clés sont remises

Aussi Simon · Kèphas · Simon fils de Jean

Pêcheur de Bethsaïde établi à Capharnaüm, frère d’André, marié. Jésus lui change son nom en Kèphas — le Roc. Il est le premier à confesser le Christ et le premier à le renier, parle toujours trop vite, s’enfonce en marchant sur l’eau, et se voit confier le troupeau au bord du lac après trois questions qui répondent à ses trois reniements. Il est nommé le premier dans les quatre listes des Douze.

À ne pas confondre avecSimon le ZéloteSimon de CyrèneSimon le lépreuxSimon le pharisien

KèphasCapharnaüm

Jacques, fils de Zébédée

Fils du tonnerre

Aussi Jacques le Majeur

Pêcheur, frère de Jean, associé de Pierre. Avec eux, il forme le petit groupe admis seul à la Transfiguration et à Gethsémani. Jésus surnomme les deux frères « Boanerguès », Fils du tonnerre — un tempérament, et le récit le confirme : ils demandent le feu du ciel sur un village samaritain, et les deux premières places dans le Royaume.

À ne pas confondre avecJacques, fils d’AlphéeLes frères de Jésus

Fils du tonnerre

Jean, fils de Zébédée

Le disciple que Jésus aimait

Aussi le disciple bien-aimé

Frère de Jacques, du même groupe des trois. Le quatrième évangile ne le nomme jamais et parle d’un « disciple que Jésus aimait » : celui qui repose contre lui à la Cène, se tient au pied de la croix, reçoit Marie chez lui, et court plus vite que Pierre au tombeau. L’identification des deux est ancienne et reçue, mais elle est une lecture — le texte ne la dit pas.

À ne pas confondre avecJean Baptiste

Philippe

Celui qui compte et qui demande à voir

De Bethsaïde, comme André et Pierre. C’est lui que Jésus appelle d’un mot — « Suis-moi » — et lui qui va chercher Nathanaël. Chez Jean, il est l’homme des calculs (« deux cents pièces d’argent ne suffiraient pas ») et de la demande qui va au fond : « Montre-nous le Père, cela nous suffit. »

À ne pas confondre avecPhilippe le tétrarque

Bethsaïde

Nathanaël

L’Israélite sans détours

Aussi Barthélemy

De Cana en Galilée. Il commence par une moquerie — « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » — et finit, trois répliques plus loin, par la plus haute confession du premier chapitre de Jean. Les trois autres évangiles ne le nomment pas ; on le tient depuis longtemps pour le Barthélemy de leurs listes, à la place qu’il occupe auprès de Philippe.

Cana de Galilée

Thomas

Le jumeau qui veut toucher

Aussi Didyme

Appelé Didyme, c’est-à-dire Jumeau. On ne retient de lui que son doute, et c’est injuste : c’est aussi lui qui, quand il faut remonter en Judée où l’on veut lapider Jésus, dit aux autres « allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ». Huit jours après Pâques, il donne au ressuscité le titre le plus haut de tout l’Évangile.

Matthieu

Le collecteur d’impôts appelé à son bureau

Aussi Lévi

Assis à son bureau de péage, il se lève sur un seul mot et donne un festin où Jésus mange avec « les publicains et les pécheurs » — le scandale qui ouvre le débat sur la miséricorde. Marc et Luc l’appellent Lévi ; les listes des Douze l’appellent Matthieu, et Matthieu seul ajoute à son nom « le publicain ».

PublicainsCapharnaüm

Jacques, fils d’Alphée

Le second Jacques des Douze

Aussi Jacques le Petit

Il ne paraît que dans les quatre listes des Douze, et ne dit rien. Marc l’appelle ailleurs « Jacques le Petit » — le mot distingue deux hommes de même nom plus qu’il ne juge une taille. Sa mère, Marie, est du groupe des femmes au pied de la croix.

À ne pas confondre avecJacques, fils de ZébédéeLes frères de JésusMarie, mère de Jacques

Simon le Zélote

L’ancien partisan

Le second Simon des Douze. Son surnom le range parmi les zélés de la Loi, ceux dont sortira le parti qui prendra les armes contre Rome quarante ans plus tard. À la même table qu’un collecteur d’impôts au service de Rome : les Douze rassemblent deux hommes qu’aucun autre lieu du pays n’aurait fait asseoir ensemble.

À ne pas confondre avecSimon-PierreSimon de CyrèneSimon le lépreuxSimon le pharisienLes frères de Jésus

Le Zélote

Judas Iscariote

Celui qui tient la bourse

Fils de Simon Iscariote, il tient la caisse du groupe, et Jean dit sans ménagement ce qu’il en faisait. Il vend son maître trente pièces d’argent et le désigne d’un baiser. Matthieu seul raconte la suite : l’argent rejeté dans le sanctuaire, et la corde. Les quatre évangiles le nomment toujours en dernier, avec la même mention.

À ne pas confondre avecJudeLes frères de Jésus

Iscariote

Les femmes qui l’ont suivi

Marie Madeleine

La première au tombeau

Aussi Marie de Magdala

De Magdala, sur le lac. Jésus l’a délivrée de sept démons, et elle le suit depuis la Galilée en subvenant à ses besoins. Elle est au pied de la croix, à la mise au tombeau, et la première au matin de Pâques : le ressuscité l’appelle par son nom et l’envoie annoncer aux Apôtres — ce qui lui a valu d’être appelée l’apôtre des apôtres. Rien dans les évangiles n’en fait une prostituée : cette lecture vient d’une confusion tardive avec la pécheresse de Luc 7.

À ne pas confondre avecMarieMarie de BéthanieLa pécheresse aux parfumsMarie, mère de Jacques

Marie, mère de Jacques

L’autre Marie du Calvaire

Aussi Marie, femme de Cléophas · l’autre Marie

Mère de Jacques le Petit et de José, elle fait partie des femmes qui regardent de loin, puis viennent avec les parfums au matin de Pâques. Jean nomme au même endroit « Marie, femme de Cléophas » ; on tient d’ordinaire les deux pour une seule, mais le texte ne le dit pas.

À ne pas confondre avecMarieMarie MadeleineMarie de BéthanieJacques, fils d’Alphée

Salomé

La troisième au tombeau

Aussi la mère des fils de Zébédée

Marc la nomme deux fois, et deux fois seulement : au Calvaire et au matin de Pâques. À la même place, Matthieu écrit « la mère des fils de Zébédée » — celle qui avait demandé les deux premières places pour Jacques et Jean —, d’où l’identification reçue des deux femmes. Elle n’a rien à voir avec la fille d’Hérodiade, que l’Évangile ne nomme jamais.

À ne pas confondre avecLa fille d’HérodiadeZébédée

Suzanne

Un nom, et rien d’autre

Elle n’apparaît qu’une fois, dans la liste des femmes qui suivaient Jésus et le servaient sur leurs biens. Luc a jugé bon de retenir son nom : c’est tout ce que nous savons d’elle, et c’est déjà beaucoup pour une femme du premier siècle.

Marie de Béthanie

Celle qui s’assied à ses pieds

Sœur de Marthe et de Lazare. On la voit trois fois, toujours aux pieds de Jésus : pour écouter, pour pleurer son frère, pour répandre sur lui un parfum de grand prix six jours avant la Pâque. La tradition latine l’a longtemps confondue avec Marie Madeleine et avec la pécheresse de Luc 7 ; ce sont trois femmes.

À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie, mère de JacquesLa pécheresse aux parfumsMarie

Béthanie

Les hôtes et les amis

Lazare de Béthanie

L’ami rappelé du tombeau

Frère de Marthe et de Marie. Sa maladie, sa mort et son réveil au quatrième jour occupent tout le onzième chapitre de Jean — le dernier des sept signes, et celui qui décide le Conseil à faire mourir Jésus. Après quoi Lazare ne dit pas un mot : on le voit à table, et l’on veut aussi le tuer, parce qu’à cause de lui les gens croyaient.

À ne pas confondre avecLe pauvre Lazare

Béthanie

Nicodème

Le pharisien qui vient de nuit

Notable des Juifs et membre du Conseil, il vient trouver Jésus de nuit — le détail n’est pas anodin chez Jean, qui joue de la lumière et des ténèbres d’un bout à l’autre. On le retrouve rappelant au Conseil que la Loi ne condamne personne sans l’entendre, puis, au grand jour de l’ensevelissement, apportant cent livres de parfums : une quantité de funérailles royales.

Pharisiens

Joseph d’Arimathie

L’homme du tombeau neuf

Membre du Conseil, riche, « bon et juste », et disciple en secret : Luc précise qu’il n’avait donné son accord ni à la délibération ni aux actes. Il faut de l’audace pour aller réclamer à Pilate le corps d’un supplicié ; il le fait, et le dépose dans le tombeau qu’il avait fait tailler pour lui-même.

À ne pas confondre avecJoseph

Zachée

Le petit homme du sycomore

Chef des collecteurs d’impôts de Jéricho, et riche : deux mots qui, dans l’Évangile, ne présagent rien de bon. Trop petit pour voir par-dessus la foule, il monte dans un arbre ; Jésus s’invite chez lui, et il rend quatre fois ce qu’il a pris. C’est la dernière rencontre avant la montée à Jérusalem.

PublicainsJéricho

Simon le pharisien

L’hôte qui n’a pas donné d’eau

Il invite Jésus à sa table et manque à tous les égards dus à un hôte : ni eau pour les pieds, ni baiser, ni parfum sur la tête. Une pécheresse fait les trois, et Jésus lui raconte l’histoire des deux débiteurs. La scène de Luc est distincte de l’onction de Béthanie, malgré les ressemblances.

À ne pas confondre avecSimon le lépreuxSimon-PierreSimon le ZéloteSimon de Cyrène

Pharisiens

Cléophas

Le pèlerin d’Emmaüs

L’un des deux disciples qui, le soir de Pâques, s’en retournent déçus vers un village à deux heures de marche. Son compagnon n’est pas nommé — place laissée vacante, que les Pères ont volontiers offerte au lecteur. Ils reconnaissent Jésus à la fraction du pain, à l’instant même où il disparaît.

Emmaüs

Ceux qu’il a guéris

Le centurion de Capharnaüm

Le païen dont la foi étonne

Officier romain d’une garnison de province, il fait dire à Jésus de ne pas se déranger : un mot suffira, car lui-même sait ce qu’est un ordre. Jésus s’en étonne — c’est l’une des deux seules fois où l’Évangile lui prête de l’admiration —, et sa phrase est passée dans la liturgie avant la communion.

À ne pas confondre avecLe centurion du Calvaire

CenturionCapharnaüm

Le fonctionnaire royal

Le père qui croit sur parole

Un officier de la cour d’Hérode Antipas, à Capharnaüm, dont le fils se meurt. Il descend jusqu’à Cana, et repart sans avoir rien vu, sur une simple parole. On lui apprend en chemin que la fièvre est tombée à l’heure même. C’est le deuxième signe de Jean, et il se fait à distance.

Cana de Galilée

La femme aux pertes de sang

Douze ans de médecins inutiles

Impure au regard de la Loi, donc exclue de tout contact, elle touche la frange du vêtement par-derrière, en espérant n’être pas vue. Jésus s’arrête et exige qu’elle se montre : la guérison ne lui suffit pas, il veut lui rendre une place devant tous. Son histoire est enchâssée dans celle de la fille de Jaïre, qui a l’âge de sa maladie.

Les franges

L’aveugle-né

Celui qui tient tête au Conseil

Guéri d’un peu de boue et d’un bain à Siloé, il devient le héros du plus long dialogue de l’Évangile : interrogé, réinterrogé, menacé, il ne cède pas et finit par ironiser sur ses juges. Expulsé de la synagogue, il rencontre alors seulement celui qui l’avait guéri — et croit.

La piscine de Siloé

Le paralysé de Bethzatha

Trente-huit ans au bord de l’eau

Couché sous les portiques de la piscine aux cinq colonnades, il attend depuis trente-huit ans un remuement d’eau qu’un autre atteint toujours avant lui. Jésus ne le mène pas à la piscine : il lui dit de se lever. C’était un sabbat, et de là part le premier conflit ouvert du quatrième évangile.

BethzathaLa piscine de Bethzatha

Le paralysé descendu par le toit

Quatre porteurs et un trou

Ses quatre amis ne peuvent entrer : ils démontent le toit de terre battue et descendent le brancard au milieu de la salle. Le texte dit que Jésus vit « leur » foi — celle des porteurs. Il commence par pardonner, ce qui n’était pas ce qu’on était venu chercher, et guérit ensuite pour prouver qu’il pouvait pardonner.

Capharnaüm

Le sourd bègue de la Décapole

« Effata »

En pays païen, on lui amène un homme qui n’entend pas et parle mal. Jésus l’emmène à l’écart, met les doigts dans ses oreilles, touche sa langue, lève les yeux, soupire et dit un mot que Marc garde en araméen : « Effata », ouvre-toi. Le rite du baptême l’a repris tel quel.

EffataLa Décapole

Le lépreux qui revient

Un sur dix

Dix lépreux crient de loin, comme la Loi l’exigeait ; tous sont purifiés en chemin. Un seul revient sur ses pas rendre grâce, et Luc note à la fin de sa phrase, comme on lâche une pierre : « Or, c’était un Samaritain. »

Samaritains

Le fils de la veuve de Naïm

Le convoi arrêté

Une veuve conduit au tombeau son fils unique : elle perd avec lui son nom, son pain et sa place. Personne ne demande rien ; Jésus voit la mère, touche le brancard — geste impur — et arrête le convoi. C’est le premier mort qu’il relève dans l’Évangile.

Naïm

L’homme à la main desséchée

La guérison qui décide de tout

Un jour de sabbat, dans une synagogue, sous les regards de ceux qui guettent le faux pas. Jésus le fait se lever au milieu, pose la question qui tranche — sauver une vie ou la perdre ? —, et guérit. Marc note ce qu’il n’écrit qu’ici : la colère et la tristesse de Jésus. C’est au sortir de là qu’on décide sa mort.

Le sabbat

Ceux d’une seule rencontre

La Samaritaine

La femme du puits de Jacob

Elle vient puiser à midi — l’heure où l’on ne vient pas, celle qui évite les autres femmes. Jésus lui demande à boire, ce qu’un Juif ne faisait pas à une Samaritaine, et la conversation devient le plus long dialogue que l’Évangile lui prête avec quiconque. Elle laisse sa cruche et ramène la ville.

SamaritainsSykar

La Cananéenne

La païenne qui ne lâche pas

Syro-phénicienne de naissance, donc païenne, et venue d’un pays que les Juifs évitaient. Elle essuie un silence, puis un refus, puis une image dure — les enfants et les petits chiens —, et la retourne d’une phrase. Sa fille est guérie à distance, et c’est la seule personne dont Jésus loue la foi hors d’Israël avec le centurion.

Tyr

La femme adultère

Celle qu’on jette au milieu

Amenée devant Jésus comme un piège : la Loi dit de lapider, Rome interdit de mettre à mort. Il écrit sur le sol, dit une phrase, écrit de nouveau ; les accusateurs s’en vont « à commencer par les plus âgés ». Le passage manque dans les plus anciens manuscrits de Jean : l’Église l’a néanmoins toujours tenu pour Écriture.

La pécheresse aux parfums

Les larmes et les cheveux

Elle entre sans être invitée chez un pharisien, pleure sur les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux — une femme ne dénouait pas ses cheveux en public — et les couvre de parfum. Luc ne la nomme pas. Ni Marie Madeleine, ni Marie de Béthanie : leur confusion en une seule femme date du VIᵉ siècle et n’a pas de fondement dans le texte.

À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie de Béthanie

Le scribe pas loin du Royaume

Le contradicteur bien intentionné

Au milieu d’un chapitre de pièges, un scribe pose une vraie question — quel est le premier de tous les commandements ? — et approuve la réponse en la reformulant mieux. Jésus lui dit alors la parole la plus proche qu’il ait adressée à un homme de ce parti : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »

Scribes

Le bon larron

Le dernier appelé

Crucifié à côté de Jésus, il commence — chez Matthieu et Marc — par l’insulter, puis chez Luc il se retourne, remet l’autre à sa place et demande seulement qu’on se souvienne de lui. La réponse est la seule promesse de Paradis faite nommément à quelqu’un dans l’Évangile. La tradition l’a appelé Dismas ; le texte ne le nomme pas.

Le Golgotha

Le Conseil et le Temple

Caïphe

Le grand prêtre de cette année-là

Grand prêtre depuis une douzaine d’années quand Jésus paraît — une longévité qui dit son habileté avec Rome. C’est lui qui pose le calcul : mieux vaut qu’un seul homme meure pour le peuple. Jean y voit une prophétie faite sans le savoir. Au procès, c’est sa question sous serment qui obtient la réponse dont il fera un blasphème.

À ne pas confondre avecHanne

Grands prêtres

Hanne

Le beau-père, l’homme fort

Aussi Anne

Grand prêtre déposé par Rome quinze ans plus tôt, mais toujours appelé ainsi : cinq de ses fils et son gendre Caïphe lui succédèrent, et c’est chez lui qu’on mène Jésus d’abord, avant tout tribunal. Luc va jusqu’à écrire « les grands prêtres étant Hanne et Caïphe », comme s’ils étaient deux.

À ne pas confondre avecCaïpheAnne la prophétesse

Grands prêtres

Rome, les rois et la croix

Hérode le Grand

Le roi du massacre

Roi de Judée sous protection romaine, bâtisseur du Temple que Jésus fréquentera, et d’une cruauté attestée jusque dans sa propre famille. C’est lui que les mages interrogent, lui qui fait fouiller les Écritures, et lui qui envoie tuer les enfants de Bethléem. Il meurt peu après, et la sainte Famille rentre d’Égypte.

À ne pas confondre avecHérode AntipasPhilippe le tétrarque

Hérode Antipas

Le renard

Fils du précédent, tétrarque de Galilée pendant toute la vie publique de Jésus — c’est donc son souverain. Il fait décapiter Jean Baptiste, veut voir Jésus par curiosité, et n’en obtient, le jour du procès, pas une parole : le seul homme de l’Évangile à qui Jésus ne réponde rien. Jésus l’a appelé « ce renard ».

À ne pas confondre avecHérode le GrandPhilippe le tétrarque

Hérodiade

Celle qui n’oublie pas

Femme d’un frère d’Hérode Antipas, puis d’Antipas lui-même : c’est cette union que Jean Baptiste dénonçait. Elle garde rancune, attend un an, et se sert d’un serment de banquet et de sa propre fille pour obtenir ce qu’Antipas n’osait pas faire.

À ne pas confondre avecLa fille d’Hérodiade

La fille d’Hérodiade

La danseuse sans nom

L’Évangile ne la nomme pas : le nom de Salomé lui vient de l’historien Flavius Josèphe, et non du texte. Elle danse, obtient la promesse d’une moitié de royaume, et va demander à sa mère ce qu’il faut réclamer. Elle rapporte la tête sur un plat.

À ne pas confondre avecSaloméHérodiade

Philippe le tétrarque

Le troisième Hérode

Autre fils d’Hérode le Grand, il gouverne les territoires du nord-est et donne son nom à Césarée-de-Philippe, où Pierre fera sa confession. Marc désigne par le même nom le premier mari d’Hérodiade. Rien de tout cela ne le rapproche de l’apôtre Philippe, qui était pêcheur à Bethsaïde.

À ne pas confondre avecPhilippeHérode AntipasHérode le Grand

Césarée-de-Philippe

Ponce Pilate

Le juge qui se lave les mains

Préfet de Judée de 26 à 36, connu par ailleurs pour sa dureté. L’Évangile le montre convaincu de l’innocence de l’accusé et incapable de le relâcher : il essaie Hérode, il essaie Barabbas, il essaie la flagellation, il cède. Son nom est entré dans le Credo, où il sert à dater la Passion dans l’histoire des hommes.

GouverneurLe Gabbatha

La femme de Pilate

Le songe de la nuit

Un seul verset, chez Matthieu seul : tandis que son mari siège au tribunal, elle lui fait dire de ne pas se mêler de l’affaire de ce juste, à cause d’un songe. C’est la seule voix païenne qui plaide pour Jésus pendant le procès.

Simon de Cyrène

L’homme réquisitionné

Il revenait des champs et n’avait rien demandé : les soldats le forcent à porter la croix. Marc précise qu’il était père d’Alexandre et de Rufus — deux noms qui ne servent à rien sinon à des lecteurs qui les connaissaient, ce qui laisse penser que cette famille est devenue chrétienne.

À ne pas confondre avecSimon-PierreSimon le ZéloteSimon le lépreuxSimon le pharisien

Cyrène

Le centurion du Calvaire

La confession d’un païen

Il commandait le peloton d’exécution. Ce qui lui arrache sa parole n’est pas un miracle mais la manière dont Jésus meurt. Chez Marc, sa phrase est la première confession humaine du titre de Fils de Dieu dans tout l’évangile — et elle vient d’un soldat romain, au pied de la croix.

À ne pas confondre avecLe centurion de Capharnaüm

CenturionLe Golgotha

César

Auguste, Tibère, et la pièce de monnaie

Deux empereurs traversent l’Évangile : Auguste, dont l’édit de recensement met Marie et Joseph sur la route de Bethléem, et Tibère, dont la quinzième année date le début de la prédication de Jean. Un troisième Romain, le gouverneur Quirinius, sert au même repérage. C’est l’effigie de César sur le denier qui vaudra la réponse la plus citée de l’Évangile.

Le denier

Les grands noms des Écritures

Moïse

La Loi en personne

Nommé plus que tout autre homme des Écritures. Il donne la Loi qu’on oppose à Jésus, sur le divorce comme sur le sabbat ; il paraît à la Transfiguration à côté d’Élie, la Loi et les Prophètes debout de part et d’autre ; et Jésus le renvoie à ses accusateurs : « c’est lui qui vous accusera ».

La Loi

David

Le roi dont il descend

Le titre « Fils de David » est celui que crient les aveugles et la foule des Rameaux : c’est le nom du Messie attendu. Jésus l’accepte, puis le complique en citant un psaume où David appelle ce fils « mon Seigneur » — la question à laquelle personne ne répond, et qui clôt les controverses du Temple.

Le fils de David

Élie

Celui qui doit revenir

Le prophète enlevé au ciel, dont on attendait le retour avant le jour du Seigneur. Jésus dit qu’il est venu, et qu’on ne l’a pas reconnu — désignant Jean Baptiste. Il paraît à la Transfiguration, et sur la croix la foule croit encore l’entendre appeler, ayant mal compris le cri d’abandon.

Lema sabactani

Élisée

Le prophète des païens guéris

Un seul verset, à Nazareth, et il fait scandale : de tous les lépreux d’Israël, aucun ne fut purifié — mais bien Naaman le Syrien. C’est en entendant cela que ses compatriotes veulent jeter Jésus du haut de l’escarpement.

Nazareth

Jonas

Le seul signe qui sera donné

À ceux qui réclament un prodige, Jésus ne promet que « le signe de Jonas » : trois jours dans le ventre du poisson, trois jours dans le sein de la terre. Et il ajoute que les gens de Ninive, qui se convertirent à sa prédication, se lèveront au Jugement contre cette génération.

Noé

Les jours d’avant le déluge

Il ne sert qu’à une comparaison, mais elle est saisissante : on mangeait, on buvait, on se mariait — rien de mal, rien que d’ordinaire — jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. La venue du Fils de l’homme surprendra de la même façon des gens occupés à vivre.

Les personnages des paraboles

Le fils prodigue

Celui qui revient pour manger

Il réclame sa part d’héritage — c’est-à-dire souhaite la mort de son père —, la dissipe, garde les porcs, et rentre par calcul : les ouvriers de son père ont du pain. Il n’a pas fini son discours que son père lui coupe la parole. L’Évangile n’exige donc même pas un repentir de bonne qualité.

Le fils aîné

Celui qui n’entre pas

L’autre moitié de la parabole, et celle pour qui elle fut racontée : il n’a jamais désobéi, et n’est jamais entré non plus. Le père sort le supplier comme il avait couru vers l’autre. La parabole s’arrête sans dire s’il est entré — question laissée à ceux qui écoutaient, scribes et pharisiens.

Le bon Samaritain

Le prochain inattendu

Un prêtre passe, un lévite passe ; c’est un homme du peuple méprisé qui s’arrête, paie et revient. La question posée était « qui est mon prochain ? » ; Jésus la retourne : la question n’est pas de qui je dois m’occuper, mais de qui je me fais le prochain.

SamaritainsJéricho

Le pauvre Lazare

Le seul nom de toutes les paraboles

Couvert d’ulcères à la porte d’un riche qui ne le voit pas. Il est le seul personnage nommé dans toutes les paraboles de Jésus — le riche, lui, n’a pas de nom, et c’est le renversement même de la parabole. Ce n’est pas le Lazare de Béthanie : celui-ci n’a jamais existé, et pourtant il est ressorti d’entre les morts sans que personne se convertisse.

À ne pas confondre avecLazare de Béthanie

Le pharisien et le publicain

Deux hommes montés prier

L’un remercie Dieu de n’être pas comme les autres et dit vrai sur tous les points ; l’autre se tient au fond et ne trouve que sept mots. C’est celui-là qui redescend chez lui devenu juste. La parabole est adressée à « ceux qui étaient convaincus d’être justes ».

PublicainsLe Temple

Ce que le texte dit et ce que la tradition ajoute sont tenus à part : que Salomé soit la mère des fils de Zébédée, que le disciple bien-aimé soit Jean, que la danseuse d’Hérodiade s’appelle Salomé, ce sont des lectures reçues et non des affirmations de l’Évangile — les notices le disent où c’est le cas. Les noms sont ceux de la traduction officielle liturgique, relevés dans le texte du site : on lit donc ici « Kèphas », « Hanne », « Malcus », « la reine de Saba ».