Les personnages
Trois hommes s’appellent Jacques, cinq femmes s’appellent Marie, deux rois s’appellent Hérode, et deux hommes s’appellent Lazare — dont un qui n’a jamais existé, étant de parabole. La moitié de ceux qui comptent n’ont même pas de nom. Voici qui est qui.
Chaque notice donne les scènes où le personnage paraît, et nomme ceux avec qui on le confond. Un seul manque à la galerie, et c’est celui que tout le site regarde.
Autour du berceau
Marie
La mère de Jésus
Une jeune fille de Nazareth, fiancée à Joseph, à qui l’ange demande un consentement qu’elle donne sans avoir compris. On la voit peu et toujours aux tournants : à l’Annonciation, chez Élisabeth, à Bethléem, à Cana où elle obtient le premier signe, et debout au pied de la croix, où le Christ la donne pour mère au disciple. Les quatre évangiles ne lui prêtent en tout que sept paroles.
- L’Annonciation Luc 1, 26-38
- La Visitation et le Magnificat Luc 1, 39-56
- L’enfant retrouvé au Temple Luc 2, 41-52
- Les noces de Cana Jean 2, 1-11
- Debout près de la croix Jean 19, 25-27
À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie de BéthanieMarie, mère de Jacques
Joseph
Le charpentier de Nazareth
Fiancé de Marie, de la maison de David : c’est par lui que Jésus entre dans la descendance royale, et par lui qu’il naît à Bethléem. L’Évangile ne lui fait dire pas un mot ; il ne le montre qu’obéissant à des songes — prendre Marie chez lui, fuir en Égypte, revenir. Il disparaît du récit après le pèlerinage des douze ans, et l’on ne sait rien de sa mort.
- Le songe et le nom de l’enfant Matthieu 1, 18-25
- La fuite en Égypte Matthieu 2, 13-15
- Le pèlerinage des douze ans Luc 2, 41-52
À ne pas confondre avecJoseph d’ArimathieLes frères de Jésus
L’ange Gabriel
Le messager des deux annonces
Le seul ange nommé des quatre évangiles. Il paraît deux fois, à six mois de distance : d’abord à Zacharie dans le sanctuaire, qui doute et devient muet ; puis à Marie dans une maison de Nazareth, qui interroge et consent. Les deux scènes se répondent terme à terme, et c’est voulu : Luc les a écrites l’une contre l’autre.
Élisabeth
La cousine, mère de Jean Baptiste
Femme du prêtre Zacharie, de la descendance d’Aaron, stérile et âgée. Sa grossesse est le signe donné à Marie, et sa maison le premier lieu où le Christ est reconnu — par un enfant qui n’est pas encore né. C’est elle qui prononce la salutation devenue la seconde moitié de l’Ave Maria.
Zacharie
Le prêtre devenu muet
Prêtre du groupe d’Abia, il tire au sort le service de l’encens et voit l’ange devant l’autel. Il demande une preuve, et la preuve sera son silence : neuf mois sans parler, jusqu’au jour où il écrit sur une tablette le nom de l’enfant. Sa langue déliée, il chante le Benedictus.
À ne pas confondre avecAbel et Zacharie
Jean Baptiste
Le dernier des prophètes
Aussi Jean le Baptiste · le Précurseur
Fils de Zacharie et d’Élisabeth, il vit au désert, baptise dans le Jourdain et annonce plus grand que lui. C’est lui qui baptise Jésus, lui qui le désigne comme l’Agneau de Dieu, et lui qui, de sa prison, envoie demander si c’est bien celui qu’on attend — la question d’un homme au bout de sa nuit. Hérode Antipas le fait décapiter pour tenir un serment de banquet.
- Sa naissance Luc 1, 57-66
- La prédication au désert Matthieu 3, 1-12
- Le baptême de Jésus Matthieu 3, 13-17
- « Voici l’Agneau de Dieu » Jean 1, 29-34
- La question envoyée de la prison Matthieu 11, 2-15
- Sa mort Marc 6, 17-29
À ne pas confondre avecJean, fils de Zébédée
Syméon
Le vieillard qui attendait
Aussi Siméon
Un homme juste de Jérusalem à qui l’Esprit avait promis qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie. Il prend l’enfant dans ses bras et chante le Nunc dimittis — le cantique que l’Église redit chaque soir aux complies. Puis il avertit Marie : « ton âme sera traversée d’un glaive ».
Anne la prophétesse
La veuve qui ne quittait pas le Temple
Fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, veuve depuis soixante ans et âgée de quatre-vingt-quatre ans. Elle survient à l’heure même où Syméon parle, et devient la première à annoncer l’enfant à d’autres. Trois versets en tout : c’est tout ce que l’Évangile en dit.
À ne pas confondre avecHanne
Les mages
Les savants venus d’Orient
L’Évangile ne dit ni leur nombre, ni leurs noms, ni qu’ils étaient rois : il dit qu’ils venaient d’Orient, qu’ils suivaient un astre, et qu’ils offrirent trois présents — d’où le compte de trois, qui vient des présents et non du texte. Ils cherchent à Jérusalem et trouvent à Bethléem ; avertis en songe, ils rentrent par un autre chemin.
Les frères de Jésus
Jacques, José, Jude et Simon
Les gens de Nazareth les nomment quand ils s’étonnent que le fils du charpentier parle ainsi. Le mot « frère » traduit un usage sémitique qui couvre aussi les cousins et la proche parenté, et la tradition catholique les a toujours lus ainsi. Le texte, lui, ne dit qu’une chose de leur foi : au milieu du ministère, ils ne croyaient pas en lui.
- « N’est-il pas le charpentier ? » Marc 6, 3
- « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Marc 3, 31-35
- Ils ne croyaient pas en lui Jean 7, 1-5
À ne pas confondre avecJacques, fils d’AlphéeJudeSimon le ZéloteJacques, fils de ZébédéeJudas IscarioteJoseph
Les Douze
Simon-Pierre
Le pêcheur à qui les clés sont remises
Aussi Simon · Kèphas · Simon fils de Jean
Pêcheur de Bethsaïde établi à Capharnaüm, frère d’André, marié. Jésus lui change son nom en Kèphas — le Roc. Il est le premier à confesser le Christ et le premier à le renier, parle toujours trop vite, s’enfonce en marchant sur l’eau, et se voit confier le troupeau au bord du lac après trois questions qui répondent à ses trois reniements. Il est nommé le premier dans les quatre listes des Douze.
- L’appel au bord du lac Matthieu 4, 18-20
- Il marche sur l’eau, puis enfonce Matthieu 14, 28-31
- La confession de Césarée Matthieu 16, 13-20
- Le triple reniement Matthieu 26, 69-75
- « Pais mes brebis » Jean 21, 15-19
À ne pas confondre avecSimon le ZéloteSimon de CyrèneSimon le lépreuxSimon le pharisien
André
Celui qui amène les autres
Frère de Simon-Pierre, pêcheur comme lui, et d’abord disciple de Jean Baptiste. Chaque fois qu’il paraît chez Jean, c’est pour conduire quelqu’un à Jésus : son frère au premier jour, l’enfant aux cinq pains, les Grecs montés pour la fête.
Jacques, fils de Zébédée
Fils du tonnerre
Aussi Jacques le Majeur
Pêcheur, frère de Jean, associé de Pierre. Avec eux, il forme le petit groupe admis seul à la Transfiguration et à Gethsémani. Jésus surnomme les deux frères « Boanerguès », Fils du tonnerre — un tempérament, et le récit le confirme : ils demandent le feu du ciel sur un village samaritain, et les deux premières places dans le Royaume.
- L’appel, filets et père laissés Marc 1, 19-20
- « Boanerguès », Fils du tonnerre Marc 3, 17
- La Transfiguration Marc 9, 2-8
- « Accorde-nous de siéger à ta droite » Marc 10, 35-40
À ne pas confondre avecJacques, fils d’AlphéeLes frères de Jésus
Jean, fils de Zébédée
Le disciple que Jésus aimait
Aussi le disciple bien-aimé
Frère de Jacques, du même groupe des trois. Le quatrième évangile ne le nomme jamais et parle d’un « disciple que Jésus aimait » : celui qui repose contre lui à la Cène, se tient au pied de la croix, reçoit Marie chez lui, et court plus vite que Pierre au tombeau. L’identification des deux est ancienne et reçue, mais elle est une lecture — le texte ne la dit pas.
- La demande des deux frères Marc 10, 35-40
- Contre la poitrine de Jésus, à la Cène Jean 13, 23-25
- « Voici ta mère » Jean 19, 26-27
- La course au tombeau Jean 20, 3-8
À ne pas confondre avecJean Baptiste
Philippe
Celui qui compte et qui demande à voir
De Bethsaïde, comme André et Pierre. C’est lui que Jésus appelle d’un mot — « Suis-moi » — et lui qui va chercher Nathanaël. Chez Jean, il est l’homme des calculs (« deux cents pièces d’argent ne suffiraient pas ») et de la demande qui va au fond : « Montre-nous le Père, cela nous suffit. »
- « Viens, et vois » Jean 1, 43-46
- Le compte des pains Jean 6, 5-7
- Les Grecs s’adressent à lui Jean 12, 20-22
- « Montre-nous le Père » Jean 14, 8-9
À ne pas confondre avecPhilippe le tétrarque
Nathanaël
L’Israélite sans détours
Aussi Barthélemy
De Cana en Galilée. Il commence par une moquerie — « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » — et finit, trois répliques plus loin, par la plus haute confession du premier chapitre de Jean. Les trois autres évangiles ne le nomment pas ; on le tient depuis longtemps pour le Barthélemy de leurs listes, à la place qu’il occupe auprès de Philippe.
Thomas
Le jumeau qui veut toucher
Aussi Didyme
Appelé Didyme, c’est-à-dire Jumeau. On ne retient de lui que son doute, et c’est injuste : c’est aussi lui qui, quand il faut remonter en Judée où l’on veut lapider Jésus, dit aux autres « allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ». Huit jours après Pâques, il donne au ressuscité le titre le plus haut de tout l’Évangile.
Matthieu
Le collecteur d’impôts appelé à son bureau
Aussi Lévi
Assis à son bureau de péage, il se lève sur un seul mot et donne un festin où Jésus mange avec « les publicains et les pécheurs » — le scandale qui ouvre le débat sur la miséricorde. Marc et Luc l’appellent Lévi ; les listes des Douze l’appellent Matthieu, et Matthieu seul ajoute à son nom « le publicain ».
Jacques, fils d’Alphée
Le second Jacques des Douze
Aussi Jacques le Petit
Il ne paraît que dans les quatre listes des Douze, et ne dit rien. Marc l’appelle ailleurs « Jacques le Petit » — le mot distingue deux hommes de même nom plus qu’il ne juge une taille. Sa mère, Marie, est du groupe des femmes au pied de la croix.
À ne pas confondre avecJacques, fils de ZébédéeLes frères de JésusMarie, mère de Jacques
Jude
Thaddée, l’autre Judas
Aussi Thaddée
Luc et Jean l’appellent Jude ; Matthieu et Marc le nomment Thaddée, à la même place de la liste. Jean prend soin de préciser « non pas Judas l’Iscariote » — signe que la confusion se faisait déjà. Sa seule parole est une question posée à la Cène.
- Thaddée, dans la liste de Marc Marc 3, 18
- « Jude fils de Jacques » Luc 6, 16
- « Seigneur, que se passe-t-il ? » Jean 14, 22
À ne pas confondre avecJudas IscarioteLes frères de Jésus
Simon le Zélote
L’ancien partisan
Le second Simon des Douze. Son surnom le range parmi les zélés de la Loi, ceux dont sortira le parti qui prendra les armes contre Rome quarante ans plus tard. À la même table qu’un collecteur d’impôts au service de Rome : les Douze rassemblent deux hommes qu’aucun autre lieu du pays n’aurait fait asseoir ensemble.
À ne pas confondre avecSimon-PierreSimon de CyrèneSimon le lépreuxSimon le pharisienLes frères de Jésus
Judas Iscariote
Celui qui tient la bourse
Fils de Simon Iscariote, il tient la caisse du groupe, et Jean dit sans ménagement ce qu’il en faisait. Il vend son maître trente pièces d’argent et le désigne d’un baiser. Matthieu seul raconte la suite : l’argent rejeté dans le sanctuaire, et la corde. Les quatre évangiles le nomment toujours en dernier, avec la même mention.
- « Il était voleur » Jean 12, 4-6
- Les trente pièces d’argent Matthieu 26, 14-16
- Le baiser Matthieu 26, 47-50
- Le remords et la fin Matthieu 27, 3-10
À ne pas confondre avecJudeLes frères de Jésus
Les femmes qui l’ont suivi
Marie Madeleine
La première au tombeau
Aussi Marie de Magdala
De Magdala, sur le lac. Jésus l’a délivrée de sept démons, et elle le suit depuis la Galilée en subvenant à ses besoins. Elle est au pied de la croix, à la mise au tombeau, et la première au matin de Pâques : le ressuscité l’appelle par son nom et l’envoie annoncer aux Apôtres — ce qui lui a valu d’être appelée l’apôtre des apôtres. Rien dans les évangiles n’en fait une prostituée : cette lecture vient d’une confusion tardive avec la pécheresse de Luc 7.
- Les femmes qui le suivaient Luc 8, 1-3
- Près de la croix Jean 19, 25
- « Marie ! » — au jardin Jean 20, 1-18
- La première apparition Marc 16, 9
À ne pas confondre avecMarieMarie de BéthanieLa pécheresse aux parfumsMarie, mère de Jacques
Marie, mère de Jacques
L’autre Marie du Calvaire
Aussi Marie, femme de Cléophas · l’autre Marie
Mère de Jacques le Petit et de José, elle fait partie des femmes qui regardent de loin, puis viennent avec les parfums au matin de Pâques. Jean nomme au même endroit « Marie, femme de Cléophas » ; on tient d’ordinaire les deux pour une seule, mais le texte ne le dit pas.
- Elles observaient de loin Marc 15, 40
- Les parfums du matin de Pâques Marc 16, 1
- « Marie, femme de Cléophas » Jean 19, 25
À ne pas confondre avecMarieMarie MadeleineMarie de BéthanieJacques, fils d’Alphée
Salomé
La troisième au tombeau
Aussi la mère des fils de Zébédée
Marc la nomme deux fois, et deux fois seulement : au Calvaire et au matin de Pâques. À la même place, Matthieu écrit « la mère des fils de Zébédée » — celle qui avait demandé les deux premières places pour Jacques et Jean —, d’où l’identification reçue des deux femmes. Elle n’a rien à voir avec la fille d’Hérodiade, que l’Évangile ne nomme jamais.
À ne pas confondre avecLa fille d’HérodiadeZébédée
Jeanne
La femme de l’intendant d’Hérode
Femme de Kouza, intendant d’Hérode Antipas : elle vient de la cour même du roi qui a fait décapiter Jean Baptiste, et elle suit Jésus en prenant sur ses ressources. Luc la nomme encore parmi celles qui portent aux Apôtres la nouvelle du tombeau vide.
Suzanne
Un nom, et rien d’autre
Elle n’apparaît qu’une fois, dans la liste des femmes qui suivaient Jésus et le servaient sur leurs biens. Luc a jugé bon de retenir son nom : c’est tout ce que nous savons d’elle, et c’est déjà beaucoup pour une femme du premier siècle.
Marthe
Celle qui s’affaire, et qui confesse
Maîtresse de maison à Béthanie, sœur de Marie et de Lazare. On ne retient d’elle que le reproche reçu à propos du service ; on oublie qu’au bord du tombeau de son frère, c’est elle qui prononce la confession de foi que Jean met, chez les autres, dans la bouche de Pierre.
Marie de Béthanie
Celle qui s’assied à ses pieds
Sœur de Marthe et de Lazare. On la voit trois fois, toujours aux pieds de Jésus : pour écouter, pour pleurer son frère, pour répandre sur lui un parfum de grand prix six jours avant la Pâque. La tradition latine l’a longtemps confondue avec Marie Madeleine et avec la pécheresse de Luc 7 ; ce sont trois femmes.
- « Elle a choisi la meilleure part » Luc 10, 39-42
- Elle tombe à ses pieds en pleurant Jean 11, 28-33
- Le parfum de nard pur Jean 12, 1-8
À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie, mère de JacquesLa pécheresse aux parfumsMarie
Les hôtes et les amis
Lazare de Béthanie
L’ami rappelé du tombeau
Frère de Marthe et de Marie. Sa maladie, sa mort et son réveil au quatrième jour occupent tout le onzième chapitre de Jean — le dernier des sept signes, et celui qui décide le Conseil à faire mourir Jésus. Après quoi Lazare ne dit pas un mot : on le voit à table, et l’on veut aussi le tuer, parce qu’à cause de lui les gens croyaient.
- « Lazare, viens dehors ! » Jean 11, 1-44
- À table avec Jésus Jean 12, 1-2
- On décide de le faire mourir Jean 12, 9-11
À ne pas confondre avecLe pauvre Lazare
Nicodème
Le pharisien qui vient de nuit
Notable des Juifs et membre du Conseil, il vient trouver Jésus de nuit — le détail n’est pas anodin chez Jean, qui joue de la lumière et des ténèbres d’un bout à l’autre. On le retrouve rappelant au Conseil que la Loi ne condamne personne sans l’entendre, puis, au grand jour de l’ensevelissement, apportant cent livres de parfums : une quantité de funérailles royales.
Joseph d’Arimathie
L’homme du tombeau neuf
Membre du Conseil, riche, « bon et juste », et disciple en secret : Luc précise qu’il n’avait donné son accord ni à la délibération ni aux actes. Il faut de l’audace pour aller réclamer à Pilate le corps d’un supplicié ; il le fait, et le dépose dans le tombeau qu’il avait fait tailler pour lui-même.
- Le tombeau neuf Matthieu 27, 57-60
- L’audace d’aller chez Pilate Marc 15, 42-46
- Il n’avait pas donné son accord Luc 23, 50-53
- Avec Nicodème Jean 19, 38-42
À ne pas confondre avecJoseph
Zachée
Le petit homme du sycomore
Chef des collecteurs d’impôts de Jéricho, et riche : deux mots qui, dans l’Évangile, ne présagent rien de bon. Trop petit pour voir par-dessus la foule, il monte dans un arbre ; Jésus s’invite chez lui, et il rend quatre fois ce qu’il a pris. C’est la dernière rencontre avant la montée à Jérusalem.
Simon le lépreux
L’hôte de Béthanie
On ne sait de lui que son surnom et sa maison : c’est chez lui, à Béthanie, qu’une femme brise un flacon d’albâtre sur la tête de Jésus, six jours avant la Pâque. Il avait été lépreux — un homme guéri, donc, puisqu’on mange chez lui.
À ne pas confondre avecSimon-PierreSimon le ZéloteSimon le pharisienSimon de Cyrène
Simon le pharisien
L’hôte qui n’a pas donné d’eau
Il invite Jésus à sa table et manque à tous les égards dus à un hôte : ni eau pour les pieds, ni baiser, ni parfum sur la tête. Une pécheresse fait les trois, et Jésus lui raconte l’histoire des deux débiteurs. La scène de Luc est distincte de l’onction de Béthanie, malgré les ressemblances.
À ne pas confondre avecSimon le lépreuxSimon-PierreSimon le ZéloteSimon de Cyrène
Cléophas
Le pèlerin d’Emmaüs
L’un des deux disciples qui, le soir de Pâques, s’en retournent déçus vers un village à deux heures de marche. Son compagnon n’est pas nommé — place laissée vacante, que les Pères ont volontiers offerte au lecteur. Ils reconnaissent Jésus à la fraction du pain, à l’instant même où il disparaît.
Zébédée
Le père resté dans la barque
Pêcheur de Galilée, employant des ouvriers — donc pas un pauvre. L’Évangile ne le montre qu’une fois, et de dos : ses deux fils laissent les filets et le laissent, lui, dans la barque. C’est la mesure du prix de l’appel.
À ne pas confondre avecSalomé
Ceux qu’il a guéris
Le centurion de Capharnaüm
Le païen dont la foi étonne
Officier romain d’une garnison de province, il fait dire à Jésus de ne pas se déranger : un mot suffira, car lui-même sait ce qu’est un ordre. Jésus s’en étonne — c’est l’une des deux seules fois où l’Évangile lui prête de l’admiration —, et sa phrase est passée dans la liturgie avant la communion.
À ne pas confondre avecLe centurion du Calvaire
Le fonctionnaire royal
Le père qui croit sur parole
Un officier de la cour d’Hérode Antipas, à Capharnaüm, dont le fils se meurt. Il descend jusqu’à Cana, et repart sans avoir rien vu, sur une simple parole. On lui apprend en chemin que la fièvre est tombée à l’heure même. C’est le deuxième signe de Jean, et il se fait à distance.
Jaïre
Le chef de synagogue à genoux
Un notable qui se jette aux pieds de Jésus pour sa fille de douze ans. En chemin, une autre malade retarde tout, et l’on vient dire que l’enfant est morte. Marc garde les deux mots araméens que Jésus prononce alors : « Talitha koum ».
La femme aux pertes de sang
Douze ans de médecins inutiles
Impure au regard de la Loi, donc exclue de tout contact, elle touche la frange du vêtement par-derrière, en espérant n’être pas vue. Jésus s’arrête et exige qu’elle se montre : la guérison ne lui suffit pas, il veut lui rendre une place devant tous. Son histoire est enchâssée dans celle de la fille de Jaïre, qui a l’âge de sa maladie.
Le possédé de Gérasa
Celui qui s’appelait Légion
Il vit dans les tombeaux de l’autre rive, brise les chaînes, se blesse avec des pierres. Délivré, il est retrouvé « assis, habillé, et revenu à la raison » — trois mots qui disent tout. Il demande à suivre Jésus, et c’est la seule fois où Jésus refuse : il le renvoie annoncer chez lui, en pays païen.
Bartimée
L’aveugle qui jette son manteau
Mendiant au bord de la route, à la sortie de Jéricho, et l’un des rares guéris dont l’Évangile donne le nom — fils de Timée. On le rabroue, il crie plus fort. Appelé, il jette son manteau : tout ce qu’un mendiant possède. Guéri, il suit Jésus sur la route — celle qui monte à Jérusalem.
L’aveugle-né
Celui qui tient tête au Conseil
Guéri d’un peu de boue et d’un bain à Siloé, il devient le héros du plus long dialogue de l’Évangile : interrogé, réinterrogé, menacé, il ne cède pas et finit par ironiser sur ses juges. Expulsé de la synagogue, il rencontre alors seulement celui qui l’avait guéri — et croit.
Le paralysé de Bethzatha
Trente-huit ans au bord de l’eau
Couché sous les portiques de la piscine aux cinq colonnades, il attend depuis trente-huit ans un remuement d’eau qu’un autre atteint toujours avant lui. Jésus ne le mène pas à la piscine : il lui dit de se lever. C’était un sabbat, et de là part le premier conflit ouvert du quatrième évangile.
Le paralysé descendu par le toit
Quatre porteurs et un trou
Ses quatre amis ne peuvent entrer : ils démontent le toit de terre battue et descendent le brancard au milieu de la salle. Le texte dit que Jésus vit « leur » foi — celle des porteurs. Il commence par pardonner, ce qui n’était pas ce qu’on était venu chercher, et guérit ensuite pour prouver qu’il pouvait pardonner.
Le sourd bègue de la Décapole
« Effata »
En pays païen, on lui amène un homme qui n’entend pas et parle mal. Jésus l’emmène à l’écart, met les doigts dans ses oreilles, touche sa langue, lève les yeux, soupire et dit un mot que Marc garde en araméen : « Effata », ouvre-toi. Le rite du baptême l’a repris tel quel.
Le lépreux qui revient
Un sur dix
Dix lépreux crient de loin, comme la Loi l’exigeait ; tous sont purifiés en chemin. Un seul revient sur ses pas rendre grâce, et Luc note à la fin de sa phrase, comme on lâche une pierre : « Or, c’était un Samaritain. »
Le fils de la veuve de Naïm
Le convoi arrêté
Une veuve conduit au tombeau son fils unique : elle perd avec lui son nom, son pain et sa place. Personne ne demande rien ; Jésus voit la mère, touche le brancard — geste impur — et arrête le convoi. C’est le premier mort qu’il relève dans l’Évangile.
L’homme à la main desséchée
La guérison qui décide de tout
Un jour de sabbat, dans une synagogue, sous les regards de ceux qui guettent le faux pas. Jésus le fait se lever au milieu, pose la question qui tranche — sauver une vie ou la perdre ? —, et guérit. Marc note ce qu’il n’écrit qu’ici : la colère et la tristesse de Jésus. C’est au sortir de là qu’on décide sa mort.
Malcus
L’oreille recollée à Gethsémani
Serviteur du grand prêtre, il fait partie de la troupe venue arrêter Jésus. Jean seul donne son nom, et Luc seul note que Jésus lui toucha l’oreille et le guérit : le dernier miracle avant la Passion est fait pour l’un de ceux qui viennent le prendre.
Ceux d’une seule rencontre
La Samaritaine
La femme du puits de Jacob
Elle vient puiser à midi — l’heure où l’on ne vient pas, celle qui évite les autres femmes. Jésus lui demande à boire, ce qu’un Juif ne faisait pas à une Samaritaine, et la conversation devient le plus long dialogue que l’Évangile lui prête avec quiconque. Elle laisse sa cruche et ramène la ville.
La Cananéenne
La païenne qui ne lâche pas
Syro-phénicienne de naissance, donc païenne, et venue d’un pays que les Juifs évitaient. Elle essuie un silence, puis un refus, puis une image dure — les enfants et les petits chiens —, et la retourne d’une phrase. Sa fille est guérie à distance, et c’est la seule personne dont Jésus loue la foi hors d’Israël avec le centurion.
La femme adultère
Celle qu’on jette au milieu
Amenée devant Jésus comme un piège : la Loi dit de lapider, Rome interdit de mettre à mort. Il écrit sur le sol, dit une phrase, écrit de nouveau ; les accusateurs s’en vont « à commencer par les plus âgés ». Le passage manque dans les plus anciens manuscrits de Jean : l’Église l’a néanmoins toujours tenu pour Écriture.
La pécheresse aux parfums
Les larmes et les cheveux
Elle entre sans être invitée chez un pharisien, pleure sur les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux — une femme ne dénouait pas ses cheveux en public — et les couvre de parfum. Luc ne la nomme pas. Ni Marie Madeleine, ni Marie de Béthanie : leur confusion en une seule femme date du VIᵉ siècle et n’a pas de fondement dans le texte.
À ne pas confondre avecMarie MadeleineMarie de Béthanie
La veuve aux deux piécettes
Tout ce qu’elle avait pour vivre
Assis en face du Trésor, Jésus regarde la monnaie tomber. Deux petites pièces — la plus faible somme qu’on pût donner — valent plus que les grosses offrandes, parce que la mesure n’est pas ce qu’on donne mais ce qu’il reste. C’est la dernière scène du Temple avant l’annonce de sa ruine.
Le jeune homme riche
Celui qui s’en va tout triste
Il court, tombe à genoux, pose la bonne question et a tout observé depuis sa jeunesse. Marc note ce qu’aucun autre n’ose écrire : « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. » Il s’en va quand même. C’est le seul appel de l’Évangile qui reste sans réponse.
Le scribe pas loin du Royaume
Le contradicteur bien intentionné
Au milieu d’un chapitre de pièges, un scribe pose une vraie question — quel est le premier de tous les commandements ? — et approuve la réponse en la reformulant mieux. Jésus lui dit alors la parole la plus proche qu’il ait adressée à un homme de ce parti : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Le bon larron
Le dernier appelé
Crucifié à côté de Jésus, il commence — chez Matthieu et Marc — par l’insulter, puis chez Luc il se retourne, remet l’autre à sa place et demande seulement qu’on se souvienne de lui. La réponse est la seule promesse de Paradis faite nommément à quelqu’un dans l’Évangile. La tradition l’a appelé Dismas ; le texte ne le nomme pas.
Le Conseil et le Temple
Caïphe
Le grand prêtre de cette année-là
Grand prêtre depuis une douzaine d’années quand Jésus paraît — une longévité qui dit son habileté avec Rome. C’est lui qui pose le calcul : mieux vaut qu’un seul homme meure pour le peuple. Jean y voit une prophétie faite sans le savoir. Au procès, c’est sa question sous serment qui obtient la réponse dont il fera un blasphème.
- « Mieux vaut qu’un seul homme meure » Jean 11, 45-53
- Gendre de Hanne Jean 18, 12-14
- « Es-tu le Christ ? » Matthieu 26, 57-66
À ne pas confondre avecHanne
Hanne
Le beau-père, l’homme fort
Aussi Anne
Grand prêtre déposé par Rome quinze ans plus tôt, mais toujours appelé ainsi : cinq de ses fils et son gendre Caïphe lui succédèrent, et c’est chez lui qu’on mène Jésus d’abord, avant tout tribunal. Luc va jusqu’à écrire « les grands prêtres étant Hanne et Caïphe », comme s’ils étaient deux.
À ne pas confondre avecCaïpheAnne la prophétesse
La servante du portail
Celle qui fait tomber Pierre
Une jeune servante de la cour du grand prêtre, occupée à surveiller une porte. Il n’a fallu ni tribunal ni soldat pour faire tomber le premier des Douze : une question posée près d’un feu de braise, et posée par la personne la plus sans pouvoir de toute la scène.
Rome, les rois et la croix
Hérode le Grand
Le roi du massacre
Roi de Judée sous protection romaine, bâtisseur du Temple que Jésus fréquentera, et d’une cruauté attestée jusque dans sa propre famille. C’est lui que les mages interrogent, lui qui fait fouiller les Écritures, et lui qui envoie tuer les enfants de Bethléem. Il meurt peu après, et la sainte Famille rentre d’Égypte.
- « Au temps d’Hérode le Grand » Luc 1, 5
- Les mages à Jérusalem Matthieu 2, 1-12
- Les enfants de Bethléem Matthieu 2, 16-18
À ne pas confondre avecHérode AntipasPhilippe le tétrarque
Hérode Antipas
Le renard
Fils du précédent, tétrarque de Galilée pendant toute la vie publique de Jésus — c’est donc son souverain. Il fait décapiter Jean Baptiste, veut voir Jésus par curiosité, et n’en obtient, le jour du procès, pas une parole : le seul homme de l’Évangile à qui Jésus ne réponde rien. Jésus l’a appelé « ce renard ».
- Il fait enfermer Jean Luc 3, 19-20
- Le banquet et la tête de Jean Marc 6, 14-29
- « Allez dire à ce renard » Luc 13, 31-33
- Jésus devant Hérode Luc 23, 6-12
À ne pas confondre avecHérode le GrandPhilippe le tétrarque
Hérodiade
Celle qui n’oublie pas
Femme d’un frère d’Hérode Antipas, puis d’Antipas lui-même : c’est cette union que Jean Baptiste dénonçait. Elle garde rancune, attend un an, et se sert d’un serment de banquet et de sa propre fille pour obtenir ce qu’Antipas n’osait pas faire.
À ne pas confondre avecLa fille d’Hérodiade
La fille d’Hérodiade
La danseuse sans nom
L’Évangile ne la nomme pas : le nom de Salomé lui vient de l’historien Flavius Josèphe, et non du texte. Elle danse, obtient la promesse d’une moitié de royaume, et va demander à sa mère ce qu’il faut réclamer. Elle rapporte la tête sur un plat.
Philippe le tétrarque
Le troisième Hérode
Autre fils d’Hérode le Grand, il gouverne les territoires du nord-est et donne son nom à Césarée-de-Philippe, où Pierre fera sa confession. Marc désigne par le même nom le premier mari d’Hérodiade. Rien de tout cela ne le rapproche de l’apôtre Philippe, qui était pêcheur à Bethsaïde.
À ne pas confondre avecPhilippeHérode AntipasHérode le Grand
Ponce Pilate
Le juge qui se lave les mains
Préfet de Judée de 26 à 36, connu par ailleurs pour sa dureté. L’Évangile le montre convaincu de l’innocence de l’accusé et incapable de le relâcher : il essaie Hérode, il essaie Barabbas, il essaie la flagellation, il cède. Son nom est entré dans le Credo, où il sert à dater la Passion dans l’histoire des hommes.
La femme de Pilate
Le songe de la nuit
Un seul verset, chez Matthieu seul : tandis que son mari siège au tribunal, elle lui fait dire de ne pas se mêler de l’affaire de ce juste, à cause d’un songe. C’est la seule voix païenne qui plaide pour Jésus pendant le procès.
Barabbas
Celui qu’on relâche
Prisonnier fameux, arrêté avec des émeutiers pour un meurtre commis lors de l’émeute. Son nom signifie « fils du père ». La foule doit choisir entre lui et Jésus, et choisit. Il est le premier homme, très concrètement, à qui la mort du Christ rende la liberté.
Simon de Cyrène
L’homme réquisitionné
Il revenait des champs et n’avait rien demandé : les soldats le forcent à porter la croix. Marc précise qu’il était père d’Alexandre et de Rufus — deux noms qui ne servent à rien sinon à des lecteurs qui les connaissaient, ce qui laisse penser que cette famille est devenue chrétienne.
- « Le père d’Alexandre et de Rufus » Marc 15, 21
- Réquisitionné pour porter la croix Matthieu 27, 32
- Derrière Jésus Luc 23, 26
À ne pas confondre avecSimon-PierreSimon le ZéloteSimon le lépreuxSimon le pharisien
Le centurion du Calvaire
La confession d’un païen
Il commandait le peloton d’exécution. Ce qui lui arrache sa parole n’est pas un miracle mais la manière dont Jésus meurt. Chez Marc, sa phrase est la première confession humaine du titre de Fils de Dieu dans tout l’évangile — et elle vient d’un soldat romain, au pied de la croix.
- « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » Marc 15, 39
- Saisis d’une grande crainte Matthieu 27, 54
- « Celui-ci était un homme juste » Luc 23, 47
À ne pas confondre avecLe centurion de Capharnaüm
César
Auguste, Tibère, et la pièce de monnaie
Deux empereurs traversent l’Évangile : Auguste, dont l’édit de recensement met Marie et Joseph sur la route de Bethléem, et Tibère, dont la quinzième année date le début de la prédication de Jean. Un troisième Romain, le gouverneur Quirinius, sert au même repérage. C’est l’effigie de César sur le denier qui vaudra la réponse la plus citée de l’Évangile.
Les grands noms des Écritures
Abraham
Le père dont on se réclame
Il n’est pas un personnage du récit, mais l’argument de tous : « nous avons Abraham pour père. » Jean Baptiste le récuse d’avance, Jésus le retourne — « avant qu’Abraham fût, Je Suis » —, et Luc le place dans l’au-delà, recevant le pauvre dans son sein.
Moïse
La Loi en personne
Nommé plus que tout autre homme des Écritures. Il donne la Loi qu’on oppose à Jésus, sur le divorce comme sur le sabbat ; il paraît à la Transfiguration à côté d’Élie, la Loi et les Prophètes debout de part et d’autre ; et Jésus le renvoie à ses accusateurs : « c’est lui qui vous accusera ».
David
Le roi dont il descend
Le titre « Fils de David » est celui que crient les aveugles et la foule des Rameaux : c’est le nom du Messie attendu. Jésus l’accepte, puis le complique en citant un psaume où David appelle ce fils « mon Seigneur » — la question à laquelle personne ne répond, et qui clôt les controverses du Temple.
Salomon
La gloire moins belle qu’un lis
Il sert deux fois de mesure, et deux fois pour être dépassé : sa gloire ne vaut pas un lis des champs, et sa sagesse — que la reine de Saba vint entendre du bout du monde — est moindre que ce qui parle ici.
Élie
Celui qui doit revenir
Le prophète enlevé au ciel, dont on attendait le retour avant le jour du Seigneur. Jésus dit qu’il est venu, et qu’on ne l’a pas reconnu — désignant Jean Baptiste. Il paraît à la Transfiguration, et sur la croix la foule croit encore l’entendre appeler, ayant mal compris le cri d’abandon.
Élisée
Le prophète des païens guéris
Un seul verset, à Nazareth, et il fait scandale : de tous les lépreux d’Israël, aucun ne fut purifié — mais bien Naaman le Syrien. C’est en entendant cela que ses compatriotes veulent jeter Jésus du haut de l’escarpement.
Isaïe
Le prophète le plus cité
C’est son rouleau qu’on remet à Jésus dans la synagogue de Nazareth, et le passage qu’il y lit lui sert de programme. C’est encore Isaïe qu’il oppose aux pharisiens sur le culte des lèvres, et lui que les évangélistes citent pour expliquer que la parole soit si mal reçue.
Jonas
Le seul signe qui sera donné
À ceux qui réclament un prodige, Jésus ne promet que « le signe de Jonas » : trois jours dans le ventre du poisson, trois jours dans le sein de la terre. Et il ajoute que les gens de Ninive, qui se convertirent à sa prédication, se lèveront au Jugement contre cette génération.
Noé
Les jours d’avant le déluge
Il ne sert qu’à une comparaison, mais elle est saisissante : on mangeait, on buvait, on se mariait — rien de mal, rien que d’ordinaire — jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. La venue du Fils de l’homme surprendra de la même façon des gens occupés à vivre.
La reine de Saba
Celle qui vint du bout du monde
Elle traversa la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; ceux qui refusent d’écouter n’ont, eux, qu’à tendre l’oreille. Jésus la dresse au Jugement contre sa propre génération — comme les gens de Ninive, une païenne mise en exemple.
Abel et Zacharie
Le premier et le dernier sang
Deux meurtres qui bornent la Bible hébraïque : Abel au premier livre, Zacharie tué entre l’autel et le sanctuaire au dernier selon l’ordre juif. En les nommant ensemble, Jésus embrasse tout le sang des prophètes, du début à la fin des Écritures. Ce Zacharie n’est pas le père de Jean Baptiste.
À ne pas confondre avecZacharie
Les personnages des paraboles
Le fils prodigue
Celui qui revient pour manger
Il réclame sa part d’héritage — c’est-à-dire souhaite la mort de son père —, la dissipe, garde les porcs, et rentre par calcul : les ouvriers de son père ont du pain. Il n’a pas fini son discours que son père lui coupe la parole. L’Évangile n’exige donc même pas un repentir de bonne qualité.
Le fils aîné
Celui qui n’entre pas
L’autre moitié de la parabole, et celle pour qui elle fut racontée : il n’a jamais désobéi, et n’est jamais entré non plus. Le père sort le supplier comme il avait couru vers l’autre. La parabole s’arrête sans dire s’il est entré — question laissée à ceux qui écoutaient, scribes et pharisiens.
Le bon Samaritain
Le prochain inattendu
Un prêtre passe, un lévite passe ; c’est un homme du peuple méprisé qui s’arrête, paie et revient. La question posée était « qui est mon prochain ? » ; Jésus la retourne : la question n’est pas de qui je dois m’occuper, mais de qui je me fais le prochain.
Le pauvre Lazare
Le seul nom de toutes les paraboles
Couvert d’ulcères à la porte d’un riche qui ne le voit pas. Il est le seul personnage nommé dans toutes les paraboles de Jésus — le riche, lui, n’a pas de nom, et c’est le renversement même de la parabole. Ce n’est pas le Lazare de Béthanie : celui-ci n’a jamais existé, et pourtant il est ressorti d’entre les morts sans que personne se convertisse.
À ne pas confondre avecLazare de Béthanie
Le pharisien et le publicain
Deux hommes montés prier
L’un remercie Dieu de n’être pas comme les autres et dit vrai sur tous les points ; l’autre se tient au fond et ne trouve que sept mots. C’est celui-là qui redescend chez lui devenu juste. La parabole est adressée à « ceux qui étaient convaincus d’être justes ».
Ce que le texte dit et ce que la tradition ajoute sont tenus à part : que Salomé soit la mère des fils de Zébédée, que le disciple bien-aimé soit Jean, que la danseuse d’Hérodiade s’appelle Salomé, ce sont des lectures reçues et non des affirmations de l’Évangile — les notices le disent où c’est le cas. Les noms sont ceux de la traduction officielle liturgique, relevés dans le texte du site : on lit donc ici « Kèphas », « Hanne », « Malcus », « la reine de Saba ».