Évangile selon Saint Matthieu

Chapitre
10
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Le choix des Douze
Les douze Apôtres
Les douze Apôtres
1 Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. 32 Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; 43 Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; 44 Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. 24
Explications
Contexte historique et social

1. Le partage de l'autorité

Jésus « appela ses douze disciples et leur donna autorité sur les esprits impurs… et de guérir toute maladie ». Ce qu'il faisait lui-même (4, 23 ; 9, 35), il le communique désormais : la mission des Douze est une participation à sa propre mission et à sa puissance.

2. Le nombre douze

Le chiffre douze n'est pas neutre : il renvoie aux douze tribus d'Israël et signifie la restauration eschatologique du peuple de Dieu. Jésus le confirmera : les Douze « siégeront sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël » (Mt 19, 28). En les instituant, Jésus pose les fondations d'un Israël renouvelé, l'Église.

3. La liste des Apôtres

C'est ici que Matthieu emploie pour la première fois le terme « Apôtres » (apostoloi, « envoyés »). La liste s'ouvre sur « Simon, appelé Pierre » (nommé le premier, prôtos), suivi d'André, Jacques et Jean (fils de Zébédée), Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu le publicain (humble auto- désignation de l'évangéliste), Jacques fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Cananéen (le « Zélote ») et « Judas l'Iscariote, celui-là même qui le livra ».

4. Un groupe étonnamment disparate

Le collège réunit des hommes que tout opposait : des pêcheurs, un collecteur d'impôts (Matthieu, collaborateur de l'occupant) et un Zélote (Simon, du mouvement nationaliste anti-romain) — un publicain et un zélote dans le même groupe ! S'y trouve aussi, dès l'origine, Judas, « celui qui le livra ».


Lecture biblique et exégétique

1. Les Douze, fondations de l'Église

Les Douze sont les fondations du nouvel Israël : saint Paul dira l'Église « bâtie sur le fondement des Apôtres » (Ep 2, 20), et l'Apocalypse verra les « douze fondements » de la Jérusalem céleste portant leurs noms (Ap 21, 14). Le nombre douze relie l'ancien et le nouveau peuple de Dieu.

2. « Apôtre » : l'envoyé qui représente celui qui l'envoie

Le mot apostolos traduit l'institution juive du shaliach (l'envoyé) : « l'envoyé d'un homme est comme l'homme lui-même ». L'apôtre représente le Christ et agit avec son autorité : recevoir l'apôtre, c'est recevoir le Christ (cf. 10, 40). Le ministère apostolique est ainsi une participation à la mission même de Jésus.

3. Pierre « le premier »

Que la liste commence par « Simon, appelé Pierre » et le nomme « le premier » n'est pas un détail chronologique : la tradition y voit la marque de son primat parmi les Apôtres, que confirmera Mt 16, 18-19.

4. Le mystère de Judas

Judas est nommé dès le départ « celui qui le livra ». Sa présence dans le collège ouvre le mystère redoutable de la liberté : l'appel et l'élection n'ôtent pas la possibilité de la trahison. La grâce est offerte ; elle n'est jamais une contrainte.


Pour la vie spirituelle et pratique

Le Christ associe des hommes à son œuvre

Jésus ne fait pas la mission seul : il appelle, partage son autorité et envoie — c'est déjà l'Église apostolique. Cette structure n'est pas un accident : le Christ a voulu sauver les hommes par des hommes, ses envoyés.

Des appelés très ordinaires

Il choisit des appelés dépareillés, sans qualification humaine, parfois opposés entre eux. Nul n'est qualifié par ses seules forces ; tous le sont par Celui qui appelle. Et l'unité du collège — le publicain et le zélote réconciliés — montre que le Christ rassemble dans la paix ce que le monde divise.

Judas, un avertissement

La présence de Judas est un avertissement salutaire : être appelé, même de près, n'est pas une garantie. L'élection demande à être vécue dans la fidélité. Loin de décourager, ce mystère invite à la vigilance et à l'humilité : « que celui qui croit tenir debout prenne garde de tomber » (1 Co 10, 12).


Deuxième discours: envoi en mission
Consigne pour la mission
L'envoi des disciples en mission
L'envoi des disciples en mission
5 Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. 46 Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. 47 Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. 68 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. 289 Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, 510 ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. 1511 Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. 512 En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. 513 Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. 414 Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. 415 Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. 12
Explications
Contexte historique et social

1. « Aux brebis perdues de la maison d'Israël »

« N'allez pas vers les païens… allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. » Cette restriction reflète l'ordre du salut : l'Évangile est annoncé « d'abord » à Israël, le peuple de la promesse, avant de s'ouvrir aux nations après Pâques (cf. l'envoi universel de Mt 28, 19 ; et saint Paul : « au Juif d'abord », Rm 1, 16). Il ne s'agit pas d'exclure les païens, mais de respecter une priorité historique.

2. Le dénuement du missionnaire

Jésus prescrit un dépouillement radical : « ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac (de voyage), ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton ». (Saint Marc autorise le bâton et les sandales : la pointe n'est pas la lettre, mais la dépendance totale.) Le missionnaire voyage léger, sans réserves ni sécurités.

3. L'hospitalité et le « salut de paix »

Le missionnaire cherche dans chaque ville une « maison digne » et lui souhaite la paix (le shalom oriental, salutation chargée de sens) ; si la maison en est indigne, « que votre paix revienne à vous ». Là où l'on refuse de l'accueillir et d'écouter, il « secoue la poussière de ses pieds » — geste prophétique (les Juifs secouaient la poussière païenne) signifiant que la responsabilité retombe désormais sur ceux qui refusent (cf. Ac 13, 51).


Lecture biblique et exégétique

1. « Gratuitement vous avez reçu, gratuitement donnez »

C'est le cœur du passage (v. 8). Le missionnaire a reçu gratuitement (la foi, la grâce, le pouvoir de guérir) ; il doit donner gratuitement. La grâce ne s'achète ni ne se vend : c'est la condamnation anticipée de la simonie (le trafic des choses saintes, du nom de Simon le magicien, Ac 8, 18-20).

2. « L'ouvrier mérite sa nourriture »

En tension féconde avec la gratuité, Jésus reconnaît au missionnaire le droit d'être soutenu par ceux qu'il sert : « l'ouvrier mérite sa nourriture » (principe repris en 1 Co 9, 14 et 1 Tm 5, 18). La gratuité n'exclut donc pas l'entretien légitime de l'ouvrier de l'Évangile ; elle exclut la cupidité et le commerce de la grâce.

3. La paix offerte, un don réel

Le « salut de paix » n'est pas une formule vide : c'est un don réel, qui « repose » sur la maison digne ou « revient » à l'envoyé si elle est refusée. La paix du Christ, portée par l'apôtre, attend une réponse.

4. La gravité de l'accueil et du refus

« Secouer la poussière » et la parole sur Sodome et Gomorrhe (« plus supportable » pour elles au jour du jugement) disent la gravité de la décision face à l'Évangile : accueillir ou rejeter la Bonne Nouvelle engage le destin éternel. La mission n'est pas anodine.


Pour la vie spirituelle et pratique

« Gratuitement, donnez »

C'est la règle d'or de tout service ecclésial : la foi, les sacrements, l'enseignement, l'accompagnement se transmettent par don, jamais pour un gain ou un calcul. Tout marchandage du spirituel le corrompt. Ce que nous avons reçu sans l'avoir mérité, nous le devons sans rien exiger.

Le détachement, prédication en acte

Le détachement du missionnaire (voyager léger, sans filets de sécurité) n'est pas de l'imprudence mais une prédication en acte : sa vie même proclame qu'il croit à la Providence et ne cherche rien pour lui-même. Un cœur encombré et avide est un mauvais messager de l'Évangile.

Offrir d'abord la paix

Partout, le premier cadeau de l'envoyé est la paix. Avant les discours, porter et souhaiter la paix du Christ — dans une maison, un lieu de travail, une rencontre — est déjà évangéliser. Et il revient à chacun de mesurer la gravité de sa propre réponse : accueillir la Parole, ou « ne pas l'écouter ».


Les épreuves des missionnaires
16 « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. 717 Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. 418 Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. 1719 Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. 520 Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. 621 Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. 322 Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. 1123 Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. 1224 Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. 425 Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. 1126 Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. 327 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. 928 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. 1229 Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. 430 Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 331 Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. 1332 Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. 633 Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. 1234 Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. 735 Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : 236 on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. 1037 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; 438 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. 439 Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera. 1540 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. 541 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. 142 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » 16
Explications
Contexte historique et social

1. « Comme des brebis au milieu des loups »

L'envoi se fait sans illusion : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » D'où la double consigne : « prudents comme les serpents, candides comme les colombes » — l'alliance de la prudence (le discernement, l'habileté à ne pas se jeter inutilement dans le danger) et de la simplicité (la droiture sans malice).

2. Les persécutions annoncées

Jésus décrit par avance ce que vivra l'Église naissante : livrés aux tribunaux (les sanhédrins), flagellés dans les synagogues, traînés « devant des gouverneurs et des rois » (cf. Paul devant Félix, Festus, Agrippa). Plus déchirant encore : la division des familles — « le frère livrera son frère à la mort… les enfants se dresseront contre leurs parents » (écho de Mi 7, 6). Et : « vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais celui qui tiendra jusqu'au bout sera sauvé. »

3. La croix, image terrible pour les auditeurs

« Celui qui ne prend pas sa croix… » : la mention est saisissante pour des auditeurs qui voyaient régulièrement les condamnés porter eux-mêmes la poutre de leur supplice jusqu'au lieu de l'exécution. C'est la première mention de la croix dans Matthieu, bien avant la Passion.


Lecture biblique et exégétique

1. L'assistance de l'Esprit à l'heure du témoignage (v. 17-20)

« Ne vous inquiétez pas de la manière dont vous parlerez… car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. » À l'heure du témoignage (le mot grec pour « rendre témoignage », martyria, donnera « martyre »), le disciple n'est pas laissé à ses seules forces : l'Esprit Saint parle par sa bouche. Promesse vérifiée dans les Actes des martyrs.

2. Le disciple n'est pas au-dessus du maître (v. 24-25)

« Le disciple n'est pas au-dessus du maître… S'ils ont traité le maître de Béelzéboul, à plus forte raison les gens de sa maison ! » Le sort du disciple est configuré à celui du Christ : persécuté comme lui, et pour les mêmes raisons. La persécution n'est donc pas un échec, mais une ressemblance avec le Maître.

3. Le triple « ne craignez pas » (v. 26-31)

Trois fois revient « ne craignez pas », antidote à la persécution :

  • Ne pas craindre les hommes, car la vérité éclatera (« rien de caché qui ne sera dévoilé »).
  • Ne craindre que Dieu : « ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. »
  • Se confier à la Providence : « deux moineaux ne se vendent-ils pas pour un sou ? Or pas un ne tombe sans votre Père… vos cheveux mêmes sont tous comptés. Vous valez plus que tous les moineaux. »

4. Confesser le Christ (v. 32-33)

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père ; mais celui qui me reniera… » : le témoignage devant les hommes engage notre sort devant Dieu. La fidélité confessante est décisive.

5. « Non la paix, mais le glaive » (v. 34-39)

« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix… je suis venu apporter le glaive. » Il ne s'agit pas de violence, mais de la division inévitable que provoque la fidélité au Christ : suivre Jésus peut dresser contre nous nos proches. D'où la primauté absolue : « qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » ; « qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi ». Et le paradoxe central : « qui aura trouvé sa vie la perdra, et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera ».

6. La dignité de l'envoyé (v. 40-42)

Le discours s'achève sur une note lumineuse : « Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. » L'apôtre représente le Christ, et le Christ représente le Père (la chaîne de l'envoi). D'où la récompense de l'accueil — « qui accueille un prophète… un juste… » — jusqu'au plus petit geste : « quiconque donnera ne serait-ce qu'un verre d'eau fraîche à l'un de ces petits… ne perdra pas sa récompense ».


Pour la vie spirituelle et pratique

Témoigner expose — mais la peur est désarmée

Suivre et annoncer le Christ expose : il ne l'a jamais caché. Mais la peur est désamorcée par trois certitudes qu'il donne lui-même — l'Esprit parlera en nous à l'heure voulue ; le Père connaît jusqu'au moindre moineau et compte nos cheveux ; et rien de ce qu'on « perd à cause de lui » n'est perdu. La seule crainte juste est celle de Dieu, qui libère de toutes les autres.

La primauté du Christ et le « glaive »

La fidélité peut coûter une division douloureuse, parce que le Christ demande la première place — non contre nos proches, mais au-dessus de tout. Aimer Dieu « plus que » père et mère ne diminue pas l'amour des nôtres : il le purifie et le réordonne. À méditer dans les conflits de loyauté entre la foi et les liens humains.

Porter sa croix chaque jour

« Prendre sa croix » est le quotidien du disciple : le renoncement à soi, les contrariétés acceptées, les fidélités coûteuses, vécues à la suite du Crucifié. Et le paradoxe demeure la clé de la vie chrétienne : c'est en se perdant pour le Christ qu'on se trouve.

Rien n'est petit dans le Royaume

Réconfort final pour les humbles : le moindre geste d'accueil envers un disciple — « un verre d'eau fraîche » — est compté par Dieu. Accueillir un envoyé du Christ, c'est accueillir le Christ, et le Père. Aucun service, si modeste soit-il, ne tombe dans l'oubli de Dieu.