Matthieu 10, 36
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Cependant, quand nous réfléchissons sur le pardon, la paix et la concorde sociale, nous nous trouvons face à une affirmation de Jésus-Christ qui nous surprend : « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille » (Mt 10, 34-36). Il est important de situer cette affirmation dans le contexte du chapitre où elle se trouve. De toute évidence, le thème qui y est abordé est celui de la fidélité à un choix, sans honte, même si cela comporte des contrariétés, et même si des proches s’opposent au choix en question. Par conséquent, cette affirmation n’invite pas à rechercher les conflits, mais simplement à supporter le conflit inéluctable, pour que le respect humain ne conduise pas à s’écarter de la fidélité en vue d’une supposée paix familiale ou sociale. Saint Jean-Paul II a déclaré que l’Église « n’entend pas condamner tout conflit social sous quelque forme que ce soit : l’Église sait bien que les conflits d'intérêts entre divers groupes sociaux surgissent inévitablement dans l'histoire et que le chrétien doit souvent prendre position à leur sujet avec décision et cohérence ».
Dans ces deux versets Jésus-Christ développe d’une manière concrète, au moyen de quelques
exemples, la grave prophétie que nous venons d’entendre. La paix de la famille est la plus douce, la plus
nécessaire de toutes les paix : c’est elle qui sera tout d’abord troublée par l’Évangile. Cf. v. 21. Le glaive
lancé par le Christ, tombant au sein d’une famille, y opère de terribles séparations. « Car la parole de Dieu
est vivante et efficace, plus coupante qu’aucun glaive à deux tranchants. Elle pénètre jusqu’au point de
division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du
coeur », Hebr. 4, 12. - Séparer l'homme d'avec son père... Les liens de l’amour et du sang n’existent plus.
Même la jeune épouse qui n’habite que depuis peu de jours avec les parents de son mari, est déjà en guerre
ouverte avec sa belle-mère ! - Notre-Seigneur récapitule cette triste description par un trait général emprunté,
comme les précédents, au livre du prophète Michée, 7, 6 : « le fils insulte son père, la fille se dresse contre sa
mère, la belle-fille contre sa belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison ». Les plus intimes, les
plus familiers, deviennent les adversaires les plus acharnés. Les protestants et les juifs qui se convertissent
chaque jour au catholicisme en font souvent la cruelle expérience.
1276. De même, il aborde ce qui concerne les liens familiaux, là où il dit : ET ON AURA POUR ENNEMIS LES GENS DE SA FAMILLE, etc. Et on trouve en Jr 20, 10 : Et j’ai entendu les outrages d’un grand nombre, et les menaces de mon entourage : «Persécutez ! Persécutons-le !», de la part de ceux qui étaient en paix avec moi. Et voyez comment tout cela se trouve en Mi 7, 6 : Le fils outrage le père, et le fils s’élève contre sa mère, la bru contre sa belle-mère, et chacun a pour ennemis les membres de sa maison.
La GloseOu bien ces paroles sont la suite de ce qui précède, c'est-à-dire qu'ils doivent être inaccessibles aux affections charnelles comme à la crainte de la mort.
On est incapable de respecter aucun droit lorsqu'on est divisé sur le point de la foi.
Lorsque l'ennemi du salut, plein de ruse et de finesse, se voit chassé des coeurs vertueux, il s'adresse à ceux pour lesquels ils ont une vive affection, et leur met sur les lèvres un langage d'autant plus insinuant qu'ils sont aimés plus tendrement, et c'est ainsi qu'en même temps que la force de l'amitié pénètre au plus intime du coeur, le glaive de la persuasion franchit les retranchements de la droiture intérieure.
Ou bien dans un autre sens : " Je suis venu séparer l'homme d'avec son père parce qu'il renonce au démon dont il était le fils, et " la fille d'avec sa mère, " c'est-à-dire le peuple de Dieu d'avec la cité du monde, qui n'est autre que la société corrompue du genre humain, représentée dans l'Écriture tantôt par Babylone, tantôt par Sodome, tantôt par l'Égypte et sous plusieurs autres dénominations. (Ap 11, 8 ; 14, 8) " La belle-fille d'avec sa belle-mère, " c'est l'Église opposée à la synagogue qui a enfanté selon la chair le Christ, époux de l'Église. Tous sont divisés par le glaive de l'Esprit, qui est le Verbe de Dieu, " et les ennemis de l'homme sont ceux de sa maison avec lesquels il était lié par une intimité des plus étroites.
En effet, à peine la foi en Jésus-Christ fut-elle annoncée, que tout l'univers s'est trouvé divisé. Dans chaque maison on trouva des croyants et des infidèles, et cette division fut la cause d'une guerre heureuse qui fit cesser une paix pernicieuse dans ses résultats.
Ce passage se trouve presque mot pour mot dans le prophète Michée. Il faut observer du reste que toutes les fois que le Sauveur emprunte un témoignage à l'Ancien Testament, il importe peu s'il donne seulement le sens de ce passage, ou s'il rapporte textuellement les paroles.
Ce n'est pas Jésus-Christ lui-même qui opérait cette séparation, mais la malice des hommes. Cependant il s'en déclare l'auteur, d'après la manière de s'exprimer de l'Écriture, par exemple dans ce passage : " Dieu leur a donné des yeux pour ne point voir. " (Is 6 ; Rm 11.) Nous avons ici une preuve du rapport intime qui existe entre l'Ancien et le Nouveau-Testament. C'est ainsi que nous voyons les Juifs se déclarer contre leurs frères et les mettre à mort lorsqu'ils eurent fabriqué le veau d'or (Ex 32,) et lorsqu'ils eurent immolé des victimes à Beelphegor. (Nb 25.) Or pour montrer que c'est toujours le même Dieu qui sous la loi nouvelle comme sous la loi ancienne a pour agréables ces mêmes sentiments, Notre-Seigneur cite un passage de la prophétie de Michée : " L'homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison. (Mi 7.) La société juive présentait un spectacle semblable, il y avait de vrais et de faux prophètes, et le peuple était divisé, et les familles étaient partagées ; les uns croyaient aux premiers, les autres suivaient les seconds.