Matthieu 10, 15
Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.
Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville.
Sodome avait été détruite, de même que Gomorrhe, à cause de ses crimes, par la vengeance divine (voir Genèse, 19, 24), qui fit pleuvoir sur elles une pluie de soufre et de feu.
En sa qualité de Juge souverain, Jésus prédit en
termes graves et solennels le sort terrible qu’il réserve aux Israélites qui oseraient se montrer rebelles à la
prédication de l’Évangile. - Sodome et Gomorrhe. Les villes de Sodome et de Gomorrhe sont à chaque
instant mentionnées dans la Bible et dans le Talmud comme un symbole de grandes iniquités et de grands
châtiments divins. Et cependant Jésus-Christ ne craint pas d’affirmer que le sort éternel de leurs habitants
sera moins dur, il y aura moins de rigueur, que celui des hommes qui auront refusé de recevoir les Apôtres et
leur enseignement. Rien n’est plus juste que cette sentence ; le plus noir de tous les crimes n’est-il pas de
rejeter l’Évangile, surtout lorsqu’il est appuyé sur des motifs de crédibilité qui rendent l’erreur tout à fait
impossible, par exemple les miracles opérés par les Apôtres ? Cf. v. 8. Ce crime, ni Sodome, ni Gomorrhe ne
l’avaient commis, Cf. 9, 23. 24. - Au jour du jugement : au jour du jugement final et général qui mettra fin au
monde présent. S. Jérôme infère à bon droit de ce passage qu’il y aura dans l’enfer des tourments plus ou
moins rigoureux pour les damnés, selon qu’ils auront été plus ou moins coupables ici-bas. - On ne peut
s’empêcher d’admirer, dans cette première partie du discours, le ton d’assurance avec lequel Jésus parle aux
Apôtres, les sentiments de confiance qu’il cherche à faire passer dans leurs cœurs. Quoique novices dans le
ministère qu’il leur confie, ils devront se présenter partout sans crainte, v. 11 ; ils parleront avec autorité en
vertu de la puissance qu’il leur a transmise, v. 12 ; ils agiront comme des chefs suprêmes qui ont le droit de
récompenser ou de punir, v. 14.
1219. Mais qu’est-ce que cela ? N’auront-ils pas un sort pire ? Effectivement : JE VOUS LE DIS : LE SORT DE SODOME ET DE GOMORRHE SERA PLUS SUPPORTABLE AU JOUR DU JUGEMENT QUE CELUI DE CETTE VILLE. Car, comme on le lit en Jn 15, 22 : Si je n’étais pas venu et ne leur avais pas parlé, il n’y aurait pas de péché en eux. En effet, ceux qui entendent et n’accomplissent pas pèchent davantage que ceux qui n’ont jamais entendu. Ainsi, peut-être parce que les gens de Sodome n’avaient pas entendu, leur sort sera-t-il plus supportable. De même, ceux-ci, bien qu’impurs, avaient cependant pratiqué l’hospitalité. Pour cette raison, leur sort sera plus tolérable. Mais on trouve le contraire dans Gn 19, à savoir que, parmi les péchés de la chair, celui-ci était le plus grave. Mais [le péché] qui est directement contre Dieu, comme l’idolâtrie, est plus grave que ce dernier. Ou bien il faut dire qu’il ne compare pas un péché à l’autre, mais au contexte ; car ceux-ci, à qui la prédication avait été adressée, avaient péché, ce qui n’était pas le cas des autres. De même, il réfute certains hérétiques qui disaient que tous les péchés étaient égaux, ainsi que toutes les peines, tous les mérites et toutes les récompenses. Il écarte donc cela lorsqu’il dit : SERA PLUS SUPPORTABLE, etc., car [le sort] de certains pécheurs sera pire.
La GloseC'est-à-dire, demandez la paix pour celui qui vous reçoit, afin d'assoupir en lui toute résistance contre la vérité.
Ou bien les pieds des Apôtres figurent l'oeuvre même, la marche et le progrès de la prédication apostolique. Cette poussière dont ils sont couverts est la figure de la légèreté des pensées de la terre. Les docteurs les plus éminents ne peuvent entièrement s'en garantir, lorsqu'ils se livrent avec sollicitude aux oeuvres de zèle que réclame l'utilité de ceux qu'ils enseignent ; et en traversant les routes du monde, la poussière de la terre s'attache nécessairement à leurs pieds. Pour ceux donc qui méprisent leur doctrine, les travaux, les dangers, les ennuis, les inquiétudes des docteurs de l'Évangile deviennent un sujet de condamnation. Ceux au contraire qui reçoivent leur parole savent trouver une leçon d'humilité dans les soucis et les peines que supportent pour eux ceux qui les évangélisent. Et pour faire voir que ce n'est pas une faute légère de ne pas recevoir les Apôtres, le Sauveur ajoute : " Je vous le dis en vérité, au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigoureusement que cette ville. "
Ou bien c'est parce que les habitants de Sodome et de Gomorrhe, au milieu des désordres où ils vivaient, exerçaient volontiers l'hospitalité, bien que ceux qu'ils ont reçus ne fussent pas des apôtres.
Ou bien il y aura dans cette maison un prédestiné à la vie, et il mettra en pratique la parole divine qu'il a entendue, ou s'il n'y a personne qui veuille l'entendre, le prédicateur ne demeurera pas sans fruit pour cela, car la paix lui revient, lorsqu'il reçoit du Seigneur la récompense de son travail et de son zèle.
Notre-Seigneur choisit ici pour exemple les villes de Sodome et de Gomorrhe, pour montrer que Dieu a surtout en horreur les péchés contre nature, péchés qui ont attiré sur le monde les eaux dans lesquelles il a été enseveli, qui ont amené la destruction de quatre villes entières, et qui tous les jours sont cause des maux incalculables qui viennent frapper les hommes.
Si la ville de Sodome est traitée moins rigoureusement que cette cité qui n'a pas reçu l'Évangile, il y a donc divers degrés dans les supplices des pécheurs.
Car la prédication ne s'est pas fait entendre à Sodome et à Gomorrhe, tandis que cette ville l'a entendue et n'a pas voulu la recevoir.
Celui que les Apôtres choisissent pour lui demander l'hospitalité ne fait pas une grâce à celui qui demeure chez lui, mais au contraire il en reçoit une faveur ; et Jésus exige qu'il soit digne, pour lui faire comprendre qu'il reçoit plutôt qu'il ne donne.
Ce n'est donc pas sans motif qu'il ordonne aux Apôtres de choisir la maison où ils devront demeurer, c'est afin de ne pas avoir ensuite de raison d'en changer ; mais les mêmes précautions ne sont pas recommandées à celui qui les reçoit, car en voulant y mettre trop de discernement, son hospitalité pourrait perdre de son prix.