Matthieu 10, 3

Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;

Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ;
Saint Thomas d'Aquin
1184. De même, THOMAS ET MATTHIEU. Les autres [évangélistes] ne précisent pas «le publicain», mais [Matthieu] le précise par humilité. De même, les autres placent Matthieu avant Thomas ; [Matthieu] fait le contraire. THOMAS signifie «abîme», en raison de la profondeur de sa foi. MATTHIEU [signifie] «donné», comme on lit en Ep 4, 32 : Donnez-vous les uns aux autres comme le Christ vous a donné. JACQUES, FILS D’ALPHÉE, pour le distinguer de l’autre. Celui-ci est appelé le frère du Seigneur parce qu’il était son cousin germain. Et THADDÉE, le frère de Jacques. Et on l’appelle Jude, l’auteur de la lettre, et on lui donne le sens de «cœur». Pr 4, 23 : Mets tout ton soin à garder ton cœur.
Rabanus Maurus
Jacques, fils d'Alphée, est celui qui dans l'Évangile et dans l'Épître aux Galates est appelé le frère du Seigneur (Mt 13, 55 ; Mc 5, 3 ; Gal 1, 19), parce que Marie épouse d'Alphée était la soeur de Marie, mère du Seigneur. Saint Jean l'appelle Marie, épouse de Cléophas, ou peut-être parce qu'Alphée portait aussi le nom de Cléophas, ou bien parce qu'après la naissance de Jacques, Marie ayant perdu Alphée, épousa Cléophas en secondes noces.
Saint Rémi
Jacques veut dire supplantateur, ou celui qui supplante ; en effet non-seulement il supplanta les vices de la chair, mais encore il méprisa cette même chair jusqu'à la livrer au glaive d'Hérode (Ac 12). Jean signifie la grâce de Dieu, parce qu'il mérita d'être aimé de Dieu plus que tous les autres, et c'est ce privilège d'amour particulier qui lui valut de reposer pendant la Cène sur la poitrine du Sauveur (Jn 13). Viennent ensuite Philippe et Barthélemy : Philippe signifie l'ouverture de la lampe ou des lampes, parce qu'il s'empressa de répandre sur son frère, par le ministère de la parole, cette lumière dont le Sauveur l'avait éclairé lui-même. Barthélemi est un nom plutôt syriaque qu'hébreu ; il veut dire le fils de celui qui suspend le cours des eaux, c'est-à-dire le fils de Jésus-Christ, qui élève le coeur de ses prédicateurs au-dessus des choses de la terre et les suspend pour ainsi dire aux choses célestes, afin que plus ils pénètrent les secrets du ciel, plus aussi la rosée de leur prédication sainte puisse enivrer et pénétrer les coeurs de ceux qui les entendent.

Ce n'est pas sans raison qu'il est appelé fils d'Alphée, c'est-à-dire de celui qui est juste ou savant, car non-seulement il triompha des vices de la chair, mais encore il méprisa tous les soins qu'elle réclame ; et il eut pour témoins de sa vertu les apôtres qui l'ordonnèrent évêque de l'Église de Jérusalem. L'histoire ecclésiastique raconte de lui, entre autres choses que jamais il ne mangea de viande, et qu'il ne but jamais ni vin ni bière. Il ne faisait point usage de bains, ne portait pas d'habits de lin ; nuit et jour il priait, les genoux en terre. Ses vertus étaient si éclatantes que tous unanimement l'appelaient le Juste. Thaddée est celui que saint Luc appelle Judas de Jacques, c'est-à-dire frère de Jacques. Dans son Épître que l'Église reçoit comme canonique, il s'appelle lui-même frère de Jacques.