Matthieu 10, 40
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Jésus est l’Envoyé du Père. Dès le début de son ministère, il " appela à lui ceux qu’il voulut, et il en institua Douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher " (Mc 3, 13-14). Dès lors, ils seront ses " envoyés " (ce que signifie le mot grec apostoloi). En eux continue sa propre mission : " Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie " (Jn 20, 21 ; cf. 13, 20 ; 17, 18). Leur ministère est donc la continuation de sa propre mission : " Qui vous accueille, M’accueille ", dit-il aux Douze (Mt 10, 40 ; cf. Lc 10, 16).
Celui qui vous reçoit. Sur la fin de son Discours, Jésus-Christ reprend le langage direct qu’il
avait abandonné depuis le v. 32 ; il interpelle de nouveau les Douze qu’il va envoyer en mission dans
quelques instants, et dans leur personne, tous les Apôtres à venir. C’est par un mot puissant d’encouragement
qu’il termine son instruction pastorale. Pour montrer aux prédicateurs de l’Évangile qu’ils ne seront pas sans
appui même humain au milieu des persécutions redoutables qu’il leur a fait envisager, il leur dit qu’ils sont
désormais d’autres lui-même, et il promet de récompenser comme s’ils s’adressaient à sa propre personne les
bons traitements dont ils seront l’objet. Des promesses si généreuses ne sauraient manquer d’exciter à leur
égard le dévouement des âmes saintes. - Me reçoit. Chez tous les peuples, la réception bonne ou mauvaise
faite aux ambassadeurs a toujours été censée retomber sur le prince dont ils étaient les délégués, celui qui
envoie et l’envoyé étant considérés comme une seule personne morale, Cf. 1 Reg. 8, 7 ; 2 Reg. 10. Le verbe
« recevoir » ne désigne pas seulement l’hospitalité, mais toute espèce de concours prêté aux messagers de
l’Évangile en tant que députés de Jésus-Christ. - Reçoit celui qui m'a envoyé, c’est-à-dire le Père Éternel.
Ainsi donc il existe l’union la plus étroite entre le Christ, sa parole, ses envoyés et son divin Père. « Si
quelqu’un reçoit des docteurs, disaient de même les Rabbins, c’est comme s’il recevait Schechinam, i.e. une
manifestation de la divinité suprême », Schoettgen, Horae in h. l.
1283. QUI VOUS ACCUEILLE M’ACCUEILLE. Ici, [le Seigneur] indique le remède. «Tu dis que nous devons faire cela pour vivre ? Fais-nous indulgence.» Comme le pape donne aux légats le pouvoir d’accorder des indulgences, ainsi le Seigneur accorde une récompense à ceux qui l’accueillent. Et il indique trois choses, dont deux concernent les petites gens.
1284. Il dit donc : QUI VOUS ACCUEILLE M’ACCUEILLE, car ils auront Dieu, puisque vous êtes mes membres, et parce que vous êtes membres les uns des autres. Ainsi, [IL] M’ACCUEILLE. Mais on pourrait dire : «Tu es pauvre ; il n’y a rien de grand à accueillir un pauvre ou toi-même.» Ainsi donc, QUI M’ACCUEILLE ACCUEILLE CELUI QUI M’A ENVOYÉ, car, comme on lit en Jn 5, 23 : Celui qui honore le Fils honore aussi le Père. Il est grand d’accueillir Dieu comme hôte, comme Abraham en fut louangé, ainsi qu’on le lit en He 13, 2.
1284. Il dit donc : QUI VOUS ACCUEILLE M’ACCUEILLE, car ils auront Dieu, puisque vous êtes mes membres, et parce que vous êtes membres les uns des autres. Ainsi, [IL] M’ACCUEILLE. Mais on pourrait dire : «Tu es pauvre ; il n’y a rien de grand à accueillir un pauvre ou toi-même.» Ainsi donc, QUI M’ACCUEILLE ACCUEILLE CELUI QUI M’A ENVOYÉ, car, comme on lit en Jn 5, 23 : Celui qui honore le Fils honore aussi le Père. Il est grand d’accueillir Dieu comme hôte, comme Abraham en fut louangé, ainsi qu’on le lit en He 13, 2.
Ce qui précède suffisait pour produire cette persuasion dans ceux qui devaient recevoir les Apôtres. Car en voyant ces hommes héroïques qui méprisaient tout ce qui les concernait pour sauver leurs frères, qui ne les aurait accueillis avec le plus vif empressement ? Plus haut, Notre-Seigneur a menacé de punir ceux qui ne les recevraient point ; ici il promet de récompenser ceux qui les recevront. Et d'abord il leur promet cet honneur insigne de recevoir dans la personne des Apôtres Jésus-Christ et même son Père. " Et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. " Que peut-on comparer à cet honneur de recevoir Dieu le Père et le Fils ?
Le Seigneur, ayant commandé à ses Apôtres de quitter ce qu'ils avaient de plus cher dans le monde, ajouta: Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi (Mt 10,38); car ceux qui appartiennent au Christ ont crucifié leur corps avec ses péchés et ses convoitises (cf. Ga 5,24). Nul n'est digne du Christ s'il ne porte pas sa croix, par laquelle nous partag eons la passion, la mort, la sépulture et la résurrection du Seigneur. Nul n'est digne de lui s'il ne suit pas le Seigneur afin de vivre de la nouveauté de l'Esprit dans ce mystère de foi.
Qui veut garder sa vie pour soi la perdra; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera (Mt 10,39). Comprenons que, par la puissance du Verbe et le rejet des fautes passées, ce que la vie gagne se transformera en mort, et ce qu'elle perd en salut. Il faut donc assumer la mort dans une vie nouvelle et clouer ses péchés à la croix du Seigneur; il faut sauvegarder la liberté de proclamer glorieusement la foi en répondant aux persécuteurs par le mépris des choses présentes; et il faut refuser tout gain funeste à l'âme. Nous devons savoir que personne n'a de droit sur notre âme, et que le bénéfice de l'immortalité s'acquiert moyennant le préjudice subi dans cette courte vie.
Qui vous accueille, m'accueille; et qui m'accueille, accueille celui qui m'a envoyé (Mt 10,40). Le Christ prodigue à tous les hommes l'amour de la doctri ne et son attachement aux commandements. Après avoir signalé le danger que couraient ceux qui n'accueillaient pas les Apôtres, en demandant à ceux-ci de secouer la poussière de leurs pieds en témoignage contre eux, il loue le mérite de ceux qui les accueillent. Leur récompense sera plus grande que pour un service escompté. Puis il nous apprend qu'il a aussi un rôle de médiateur si bien que, lorsque nous recevons le Christ, Dieu se répand en nous par lui, parce qu'il est sorti de Dieu.
Et ainsi, celui qui reçoit les Apôtres, reçoit le Christ. Or, celui qui reçoit le Christ, reçoit Dieu son Père, car dans les Apôtres il ne reçoit rien d'autre que ce qui est dans le Christ, et il n'y a rien d'autre dans le Christ que ce qui est en Dieu. Et en raison de cet enchaînement de grâces, recevoir les Apôtres n'est pas autre chose que recevoir Dieu, puisque le Christ habite en eux et que Dieu habite dans le Christ.
Qui veut garder sa vie pour soi la perdra; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera (Mt 10,39). Comprenons que, par la puissance du Verbe et le rejet des fautes passées, ce que la vie gagne se transformera en mort, et ce qu'elle perd en salut. Il faut donc assumer la mort dans une vie nouvelle et clouer ses péchés à la croix du Seigneur; il faut sauvegarder la liberté de proclamer glorieusement la foi en répondant aux persécuteurs par le mépris des choses présentes; et il faut refuser tout gain funeste à l'âme. Nous devons savoir que personne n'a de droit sur notre âme, et que le bénéfice de l'immortalité s'acquiert moyennant le préjudice subi dans cette courte vie.
Qui vous accueille, m'accueille; et qui m'accueille, accueille celui qui m'a envoyé (Mt 10,40). Le Christ prodigue à tous les hommes l'amour de la doctri ne et son attachement aux commandements. Après avoir signalé le danger que couraient ceux qui n'accueillaient pas les Apôtres, en demandant à ceux-ci de secouer la poussière de leurs pieds en témoignage contre eux, il loue le mérite de ceux qui les accueillent. Leur récompense sera plus grande que pour un service escompté. Puis il nous apprend qu'il a aussi un rôle de médiateur si bien que, lorsque nous recevons le Christ, Dieu se répand en nous par lui, parce qu'il est sorti de Dieu.
Et ainsi, celui qui reçoit les Apôtres, reçoit le Christ. Or, celui qui reçoit le Christ, reçoit Dieu son Père, car dans les Apôtres il ne reçoit rien d'autre que ce qui est dans le Christ, et il n'y a rien d'autre dans le Christ que ce qui est en Dieu. Et en raison de cet enchaînement de grâces, recevoir les Apôtres n'est pas autre chose que recevoir Dieu, puisque le Christ habite en eux et que Dieu habite dans le Christ.