Matthieu 10, 2
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
1183. Vient ensuite l’ordre des noms. Et pourquoi ? Afin que, s’il se trouvait un pseudo-prophète qui se dirait apôtre, on ne le croie pas. C’est pour cette raison que la Lettre sur le fondement de Manès a été rejetée. Et il faut remarquer que [le Seigneur] les associe toujours par deux. Et pourquoi ? Parce que le nombre deux est le nombre de la charité. Aussi, partout où [le Seigneur] indique quelqu’un qui porte deux noms, il indique quelque chose qui le différencie. De même, il faut savoir que [le Seigneur] ne respecte pas l’ordre de dignité ; cependant, Pierre est toujours placé en premier, lui qui se nomme aussi SIMON [Mt 10, 2], c’est-à-dire «celui qui obéit» – c’est pourquoi il est dit en Pr 21, 28 : L’homme obéissant l’emportera. PIERRE vient de «pierre», en raison de sa faiblesse, et Céphas est un nom syriaque, et non hébreu. ANDRÉ [signifie] «ce qui est viril». Ainsi, il est dit en Ps 6[27], 14 : Agis avec force et ton cœur sera réconforté. PHILIPPE veut dire «ouverture de la lampe», et tel doit être le prédicateur, Ps 118[119], 140 : Ta parole est puissamment enflammée. BARTHOLOMÉE [signifie] «fils de celui qui retient les eaux», et c’est ainsi que s’appelle le Christ, dont [il est dit] en Jb 26, 8 : Lui qui retient les eaux dans ses nuées. JACQUES, FILS DE ZÉBÉDÉE, qui fut tué par Hérode, et qui signifie «celui qui supplante». JEAN, qui signifie «grâce», 1 Co 15, 10 : C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. [Matthieu] ne suit pas l’ordre de dignité, comme Marc.
" Et André son frère. " C'est un grand honneur pour André que cette dénomination. Pierre est désigné par sa vertu, et André par la noblesse qui lui vient d'être le frère de Pierre. Saint Marc, au contraire, ne nomme André qu'après Pierre et Jean, les deux sommités du collège des Apôtres ; et en cela différant de saint Matthieu, il les classe suivant leur dignité.
Car le Seigneur est plein de bonté et de clémence ; c'est un Maître qui n'est pas jaloux de la puissance de ses serviteurs et de ses disciples ; aussi leur donne-t-il libéralement le même pouvoir qu'il avait exercé de guérir toutes les langueurs et toutes les infirmités. Mais il y a une grande différence entre posséder et accorder aux autres ce qu'on possède soi-même, entre donner et recevoir. Tout ce que fait Jésus-Christ, c'est avec un pouvoir souverain, tandis que les Apôtres, dans toutes leurs oeuvres, sont forcés de confesser leur propre faiblesse et la puissance du Seigneur, comme lorsqu'ils disent : " Au nom de Jésus, levez-vous et marchez (Ac 3, 6 ; 20, 34.) L'Évangéliste nous donne ici le nombre des Apôtres pour en exclure comme faux apôtres ceux qui n'y sont pas compris ; c'est pour cela qu'il ajoute : " Or, voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon qui s'appelle Pierre, et André son frère. " Il n'appartenait qu'à celui qui pénètre le secret des coeurs d'assigner à chacun des Apôtres la place qu'il méritait. Le premier nommé, c'est Simon, et Jésus lui donne le surnom de Pierre pour le distinguer d'un autre Simon, le Chananéen, du bourg de Cana, ou Jésus changea l'eau en vin.
L'Évangéliste nous présente les Apôtres associés deux par deux. Il joint ensemble Pierre et André, beaucoup moins unis par les liens du sang que par ceux de l'esprit ; Jacques et Jean qui abandonnèrent leur père selon la nature pour suivre leur véritable Père qui est au ciel. " Jacques, est-il dit, fils de Zébédée, et Jean son frère. " Jacques est ainsi désigné à cause d'un autre Jacques qui est fils d'Alphée.