Le glossaire

Un lecteur d'aujourd'hui traverse sans broncher « pharisiens », « denier », « géhenne », « korbane » — et perd à chaque fois une part de ce qu'il lit. Ces articles ne commentent pas le texte : c'est l'affaire des Pères. Ils disent seulement ce que le mot désignait pour ceux qui l'entendaient.

Dans le fil du chapitre, ces mots portent un pointillé d'or à leur première venue : un clic ouvre l'article sans quitter la page.

Les groupes et les charges

Pharisiens

de l'araméen perishayya, « les séparés »

Mouvement de laïcs pieux attachés à l'observance exacte de la Loi de Moïse et de la tradition orale reçue des anciens. Ils croyaient à la résurrection des morts, aux anges, à la providence, et tenaient les synagogues. Ce sont les interlocuteurs les plus constants de Jésus — tantôt adversaires, tantôt hôtes qui l'invitent à leur table.

On le rencontreMatthieu 3, 7Matthieu 5, 20Matthieu 9, 11Matthieu 9, 14Matthieu 9, 34Matthieu 12, 2et 82 autres fois

Sadducéens

sans doute du nom de Sadoq, grand prêtre au temps de David

L'aristocratie sacerdotale de Jérusalem, liée au Temple et arrangée avec le pouvoir romain. Ils ne recevaient que la Loi écrite et niaient la résurrection des morts : de là leur question sur la femme aux sept maris. Ils disparaissent avec le Temple, en l'an 70.

On le rencontreMatthieu 3, 7Matthieu 16, 1Matthieu 16, 6Matthieu 16, 11Matthieu 16, 12Matthieu 22, 23et 3 autres fois

Scribes

Les hommes de métier de l'Écriture : ils la copiaient, l'enseignaient et tranchaient les cas de conscience. On les appelle aussi docteurs de la Loi. La plupart étaient pharisiens, mais le métier et le parti sont deux choses : un scribe peut répondre « avec sagesse » et s'entendre dire qu'il n'est pas loin du royaume de Dieu.

On le rencontreMatthieu 2, 4Matthieu 5, 20Matthieu 7, 29Matthieu 8, 19Matthieu 9, 3Matthieu 12, 38et 52 autres fois

Docteurs de la Loi

Autre nom des scribes, plus fréquent chez Luc : les maîtres reconnus dans l'interprétation de la Loi. C'est au milieu d'eux que l'enfant Jésus est retrouvé au Temple : « il les écoutait et leur posait des questions ».

On le rencontreMatthieu 22, 35Luc 2, 46Luc 5, 17Luc 7, 30Luc 10, 25Luc 10, 37et 4 autres fois

Publicains

du latin publicanus, celui qui afferme l'impôt public

Collecteurs d'impôts et de péages pour le compte de Rome ou d'Hérode. Ils achetaient la charge et se remboursaient sur le contribuable ; leur commerce avec l'occupant les rendait suspects et impurs. « Les publicains et les pécheurs » forment le couple type de ceux que Jésus accueille — et deux d'entre eux, Matthieu et Zachée, sont nommés.

On le rencontreMatthieu 5, 46Matthieu 9, 10Matthieu 9, 11Matthieu 10, 3Matthieu 11, 19Matthieu 18, 17et 14 autres fois

Partisans d'Hérode

Les hérodiens : soutiens de la dynastie d'Hérode, et par là de l'ordre romain. Tout les sépare des pharisiens, sauf l'hostilité à Jésus, qui les fait s'entendre pour le prendre au piège de l'impôt dû à César.

On le rencontreMatthieu 22, 16Marc 3, 6Marc 12, 13

Samaritains

Habitants de la Samarie, héritiers du royaume du Nord mêlés aux populations installées jadis par l'Assyrie. Ils ne recevaient que les cinq premiers livres et adoraient sur le mont Garizim, non à Jérusalem : d'où une hostilité tenace, que la femme du puits rappelle en propres termes. Que le héros d'une parabole soit samaritain est donc un scandale voulu.

On le rencontreMatthieu 10, 5Luc 9, 52Luc 10, 33Luc 17, 16Jean 4, 9Jean 4, 39et 1 autres fois

Conseil suprême

Le Sanhédrin : l'assemblée de soixante et onze membres — grands prêtres, anciens et scribes — présidée par le grand prêtre, qui jugeait les affaires religieuses. Jésus comparaît devant lui, mais le Conseil ne peut faire mourir personne : il faut conduire le condamné au gouverneur romain.

On le rencontreMatthieu 26, 59Marc 14, 55Marc 15, 1Luc 22, 66Jean 11, 47

Lévite

Membre de la tribu de Lévi affecté au service subalterne du Temple : la musique, les portes, la préparation des sacrifices. Il n'est pas prêtre. La parabole en fait passer un, après le prêtre, sur la route de Jéricho.

On le rencontreLuc 10, 32

Le Zélote

Surnom de Simon, l'un des Douze, qui le distingue de Simon-Pierre. Il dit le zèle brûlant pour la Loi, et sans doute l'appartenance à la mouvance qui refusait toute soumission à Rome.

On le rencontreMatthieu 10, 4Marc 3, 18Luc 6, 15

Les lieux

La Galilée

La province du nord, autour du lac, gouvernée par Hérode Antipas. Peuplée, fertile, mêlée de païens — « la Galilée des nations » — et méprisée de Jérusalem, qui lui reproche de n'avoir jamais donné de prophète. C'est là que Jésus a grandi et que se tient presque tout son ministère.

On le rencontreMatthieu 2, 22Matthieu 3, 13Matthieu 4, 12Matthieu 4, 13Matthieu 4, 15Matthieu 4, 18et 58 autres fois

La Samarie

La province qui s'étend entre la Galilée et la Judée. Les pèlerins galiléens la contournaient volontiers par la vallée du Jourdain, pour n'avoir pas à la traverser. Jésus, lui, y passe, et s'assoit au puits de Jacob.

On le rencontreLuc 17, 11Jean 4, 4Jean 4, 5Jean 4, 7

La Décapole

du grec, « les dix villes »

Fédération de cités de langue et de mœurs grecques, à l'est et au sud-est du lac, en pays largement païen. Que l'homme délivré de la légion aille y proclamer ce que Jésus a fait pour lui est la première annonce en terre païenne.

On le rencontreMatthieu 4, 25Marc 5, 20Marc 7, 31

Génésareth

La petite plaine très fertile qui borde le lac au nord-ouest, et qui a donné au lac de Galilée son autre nom.

On le rencontreMatthieu 14, 34Marc 6, 53Luc 5, 1

Béthanie

Village du flanc est du mont des Oliviers, à une demi-heure de Jérusalem : la maison de Marthe, de Marie et de Lazare, où Jésus loge pendant la semaine de la Passion. Jean nomme une seconde Béthanie, au-delà du Jourdain, là où Jean baptisait.

On le rencontreMatthieu 21, 17Matthieu 26, 6Marc 11, 1Marc 11, 11Marc 11, 12Marc 14, 3et 6 autres fois

Césarée-de-Philippe

Ville païenne au pied de l'Hermon, aux sources du Jourdain, rebâtie par le tétrarque Philippe et nommée en l'honneur de l'empereur. C'est au point le plus éloigné du pays juif que Jésus demande : « Pour vous, qui suis-je ? » À ne pas confondre avec Césarée, sur la mer, résidence du gouverneur.

On le rencontreMatthieu 16, 13Marc 8, 27

Gethsémani

de l'araméen gat shemanê, « le pressoir à huile »

Domaine planté d'oliviers au pied du mont des Oliviers, de l'autre côté du torrent du Cédron. Jésus y venait souvent avec ses disciples : Judas savait donc où le trouver.

On le rencontreMatthieu 26, 36Marc 14, 32

Golgotha

de l'araméen gulgoltâ, « le crâne » — Calvaria en latin, d'où Calvaire

Éminence rocheuse hors des murs de Jérusalem, sans doute ainsi nommée pour sa forme. Le lieu du supplice ; le tombeau neuf où l'on dépose Jésus est dans un jardin tout proche.

On le rencontreMatthieu 27, 33Marc 15, 22Jean 19, 17

Siloé

La piscine du sud de Jérusalem, où aboutissait le canal creusé sous le roi Ézéchias pour amener l'eau dans la ville assiégée. Jésus y envoie l'aveugle-né se laver ; Jean s'arrête au nom, qui veut dire « Envoyé ».

On le rencontreLuc 13, 4Jean 9, 7Jean 9, 11

Le Cédron

Le torrent — à sec la plus grande partie de l'année — qui creuse la vallée entre Jérusalem et le mont des Oliviers. Jésus le franchit pour aller au jardin.

On le rencontreJean 18, 1

Bethzatha

Piscine à cinq portiques, près de la porte des Brebis à Jérusalem, où l'on portait les malades. On l'appelle aussi Bethesda. Jésus y guérit un homme infirme depuis trente-huit ans, un jour de sabbat.

On le rencontreJean 5, 2

Le prétoire

du latin praetorium, la tente puis la résidence du chef

Le quartier du gouverneur romain lorsqu'il est à Jérusalem, et le tribunal qui s'y tient. Les accusateurs de Jésus n'y entrent pas, pour ne pas se rendre impurs à la veille de la Pâque : Pilate doit sortir vers eux.

On le rencontreMatthieu 27, 27Marc 15, 16Jean 18, 28Jean 18, 33Jean 19, 9

La colonnade de Salomon

Le portique couvert qui bordait à l'est la grande esplanade du Temple : l'abri où les maîtres enseignaient et où l'on venait les entendre. Jésus y va et vient à la fête de la Dédicace.

On le rencontreJean 10, 23

Jéricho

Ville d'oasis dans la vallée du Jourdain, à deux cent cinquante mètres au-dessous du niveau de la mer. De là, il faut vingt-sept kilomètres de montée déserte pour atteindre Jérusalem : c'est la route de la parabole du bon Samaritain.

On le rencontreMatthieu 20, 29Marc 10, 46Luc 10, 30Luc 18, 35Luc 19, 1

Emmaüs

Village « à deux heures de marche de Jérusalem », où le Ressuscité se laisse reconnaître à la fraction du pain, le soir même de Pâques. Son emplacement exact reste discuté.

On le rencontreLuc 24, 13

Naïm

Petite ville de Galilée, au sud du mont Thabor. À sa porte, Jésus croise un convoi funèbre et rend son fils unique à une veuve.

On le rencontreLuc 7, 11

Tyr et Sidon

Les deux grandes cités phéniciennes de la côte, au nord-ouest de la Galilée : terre païenne, et dans la bouche des prophètes le type même de la ville orgueilleuse. Jésus s'y retire, et c'est là qu'une femme syro-phénicienne lui arrache la guérison de sa fille.

On le rencontreMatthieu 11, 21Matthieu 11, 22Matthieu 15, 21Marc 3, 8Marc 7, 24Marc 7, 31et 3 autres fois

Le séjour des morts

le shéol de l'hébreu, l'Hadès du grec

La demeure commune de tous les morts, sous la terre, telle que l'Ancien Testament se la représentait, avant que la révélation ne vînt y distinguer le sort du pauvre Lazare de celui de l'homme riche.

On le rencontreMatthieu 11, 23Luc 10, 15Luc 16, 23

Le Temple, la Loi et les fêtes

Le Temple

L'unique sanctuaire d'Israël, à Jérusalem, rebâti magnifiquement par Hérode le Grand. Une vaste esplanade ouverte à tous, puis des cours de plus en plus réservées — les femmes, les hommes, les prêtres — enfin le Sanctuaire. Les Romains l'ont détruit en l'an 70 ; il n'a jamais été relevé.

On le rencontreMatthieu 4, 5Matthieu 12, 5Matthieu 12, 6Matthieu 17, 24Matthieu 21, 12Matthieu 21, 14et 41 autres fois

Le rideau du Sanctuaire

Le voile qui fermait le Saint des Saints et interdisait le regard. À la mort de Jésus, les trois premiers évangiles le disent déchiré de haut en bas : le chemin vers Dieu n'est plus barré.

On le rencontreMatthieu 27, 51Marc 15, 38Luc 23, 45

La synagogue

du grec sunagôgê, « l'assemblée »

La maison de réunion de chaque bourg juif : on y lit la Loi et les Prophètes le jour du sabbat, on y prie, on y enseigne, on y juge les affaires de la communauté. Tout homme instruit pouvait y prendre la parole après la lecture : c'est ainsi que Jésus commente Isaïe à Nazareth.

On le rencontreMatthieu 12, 9Matthieu 13, 54Marc 1, 21Marc 1, 23Marc 1, 29Marc 3, 1et 18 autres fois

Le sabbat

de l'hébreu shabbat, « cesser »

Le septième jour, du coucher du soleil le vendredi à celui du samedi : repos absolu, mémorial de la création achevée et de la sortie d'Égypte. La tradition en avait détaillé les travaux interdits — d'où les controverses sur les épis froissés en chemin et sur les guérisons.

On le rencontreMatthieu 12, 1Matthieu 12, 2Matthieu 12, 5Matthieu 12, 8Matthieu 12, 10Matthieu 12, 11et 39 autres fois

La Pâque

de l'hébreu pèsah, « le passage »

La grande fête du printemps, mémorial de la sortie d'Égypte. On immolait l'agneau au Temple dans l'après-midi, et on le mangeait le soir en famille avec les pains sans levain et les herbes amères. Jérusalem doublait de population ; c'est au temps de cette fête que Jésus est mis à mort.

On le rencontreMatthieu 26, 2Matthieu 26, 17Matthieu 26, 18Matthieu 26, 19Marc 14, 1Marc 14, 12et 20 autres fois

Les pains sans levain

Les azymes : les sept jours qui suivent aussitôt la Pâque, où l'on ne mange que du pain non fermenté, en mémoire du départ précipité d'Égypte. Les deux fêtes étaient si serrées que les évangélistes n'en font qu'une.

On le rencontreMatthieu 26, 17Marc 14, 1Marc 14, 12Luc 22, 1Luc 22, 7

La fête des Tentes

Soukkot, la fête des Cabanes : sept jours d'automne où l'on habitait sous des huttes de branchages, en mémoire du désert. On y faisait chaque matin la libation d'eau puisée à Siloé et l'on illuminait le Temple la nuit : c'est l'arrière-plan des paroles de Jésus sur l'eau vive et sur la lumière du monde.

On le rencontreJean 7, 2

La Dédicace

Hanoucca : huit jours de décembre, en mémoire de la purification du Temple par Judas Maccabée après sa profanation. Jean note simplement : « C'était l'hiver. »

On le rencontreJean 10, 22

« La Loi et les Prophètes »

Les deux grandes parties de la Bible juive, nommées ensemble pour dire l'Écriture entière et toute la promesse faite à Israël. Quand Jésus dit que la règle d'or « est la Loi et les Prophètes », il ramène toute la Révélation à une phrase.

On le rencontreMatthieu 7, 12Luc 16, 16

L'Alliance

Le pacte par lequel Dieu se lie à un peuple et l'engage à lui : Noé, Abraham, Moïse au Sinaï. Les prophètes en annonçaient une nouvelle, écrite non sur la pierre mais dans les cœurs ; Jésus la scelle à la Cène, dans son sang.

On le rencontreMatthieu 26, 28Marc 14, 24Luc 1, 72Luc 22, 20

La circoncision

Le signe dans la chair de l'alliance conclue avec Abraham, pratiqué le huitième jour après la naissance. C'est ce jour-là qu'on donne son nom à l'enfant — pour Jean comme pour Jésus.

On le rencontreLuc 1, 59Luc 2, 21Jean 7, 22Jean 7, 23

La purification

Les rites qui rendaient à l'état de pureté celui qu'un contact en avait écarté : un mort, une maladie, un accouchement. Ils ne parlent ni de propreté ni de faute morale : ils règlent seulement l'accès au culte.

On le rencontreMarc 1, 44Luc 2, 22Luc 5, 14Jean 3, 25

La lèpre

Le mot couvre tout un ensemble de maladies de peau. Le prêtre déclarait le malade impur ; il devait vivre à l'écart, vêtements déchirés, et crier son état. Sa guérison devait être constatée par le prêtre, puis offerte. Que Jésus étende la main et le touche est, pour un lecteur juif, la première stupeur du récit.

On le rencontreMatthieu 8, 2Matthieu 8, 3Matthieu 10, 8Matthieu 11, 5Matthieu 26, 6Marc 1, 40et 7 autres fois

Korbane

de l'hébreu qorbân, « offrande »

Bien déclaré consacré à Dieu, et par ce vœu soustrait à tout autre usage. Jésus dénonce l'abus : on pouvait, par ce mot, se dispenser d'aider son père et sa mère — annuler le commandement au nom de la piété.

On le rencontreMarc 7, 11

Les phylactères

du grec phulaktêrion, « ce qui garde »

Les tefillin : de petites boîtes de cuir contenant des passages de la Loi, qu'on attachait au bras et au front pour la prière, selon la lettre du Deutéronome. Les élargir, c'est les faire voir.

On le rencontreMatthieu 23, 5

La dîme

Le dixième des récoltes, réservé aux lévites et au sanctuaire. Jésus ne reproche pas de la payer, mais de l'étendre minutieusement à la menthe et au cumin en laissant de côté « la justice, la miséricorde et la fidélité ».

On le rencontreMatthieu 23, 23Luc 11, 42

Les holocaustes

du grec holokauston, « brûlé tout entier »

Sacrifice où la victime est consumée entièrement sur l'autel, sans qu'on en garde rien pour le repas. Le scribe de Marc les met, avec tous les sacrifices, au-dessous de l'amour de Dieu et du prochain — et Jésus l'approuve.

On le rencontreMarc 12, 33

Les monnaies, les mesures, les heures

Les drachmes

Monnaie grecque, à peu près la valeur du denier. Les « deux drachmes » réclamées à Capharnaüm sont la redevance annuelle que tout Juif adulte versait pour l'entretien du Temple.

On le rencontreMatthieu 17, 24Matthieu 17, 27

Deux petites pièces

Deux lepta : les plus petites pièces de bronze en circulation — il en fallait plus de cent pour une journée de travail. C'est l'offrande de la veuve, et Jésus dit qu'elle a mis plus que tous les autres.

On le rencontreMarc 12, 42Luc 21, 2

Le sou

L'as romain, petite monnaie de cuivre : le prix de deux moineaux, et « le dernier sou » qu'il faudra payer avant de sortir de prison.

On le rencontreMatthieu 5, 26Matthieu 10, 29

Le boisseau

du latin modius

Le récipient dans lequel on mesurait le grain, d'une dizaine de litres. Renversé sur une lampe, il l'étouffe : c'est justement ce que personne ne fait.

On le rencontreMatthieu 5, 15Marc 4, 21Luc 11, 33

La coudée

La longueur de l'avant-bras, environ quarante-cinq centimètres. « Ajouter une coudée à la longueur de sa vie » mesure une durée par une longueur : l'image est volontairement bancale, comme l'inquiétude qu'elle moque.

On le rencontreMatthieu 6, 27Luc 12, 25

Les stades

Mesure grecque d'environ cent quatre-vingts mètres. La traduction en donne d'ordinaire l'équivalent : vingt-cinq ou trente stades font « environ cinq mille mètres », le milieu du lac.

On le rencontreJean 6, 19Jean 11, 18

Les heures du jour

On compte les heures depuis le lever du soleil, et la nuit en quatre veilles. La troisième heure est donc le milieu de la matinée, la sixième midi, la neuvième le milieu de l'après-midi. Les heures s'allongent l'été et se raccourcissent l'hiver, la journée étant toujours divisée en douze.

On le rencontreMatthieu 27, 45Matthieu 27, 46Marc 15, 25Marc 15, 33Marc 15, 34Luc 23, 44et 2 autres fois

Les mots venus d'ailleurs

Amen

de l'hébreu, d'une racine qui dit ce qui est ferme et sûr

Mot de la prière juive par lequel l'assemblée fait sienne la parole qu'elle vient d'entendre : « c'est vrai, qu'il en soit ainsi ». Jésus en fait un usage sans exemple : il le place en tête de ses propres paroles — « Amen, je vous le dis » — n'engageant que son autorité.

On le rencontreMatthieu 5, 18Matthieu 5, 26Matthieu 6, 2Matthieu 6, 5Matthieu 6, 16Matthieu 8, 10et 69 autres fois

Hosanna

de l'hébreu hôshi'â-nnâ, « donne donc le salut ! »

Cri du psaume que l'on chantait aux pèlerins montant au Temple. La supplication était devenue acclamation : c'est sous cette forme qu'elle accueille Jésus à l'entrée de Jérusalem, avec les rameaux.

On le rencontreMatthieu 21, 9Matthieu 21, 15Marc 11, 9Marc 11, 10Jean 12, 13

Rabbouni

La forme araméenne renforcée de Rabbi, plus familière et plus chaude : « mon maître à moi ». Deux fois seulement dans l'Évangile — l'aveugle de Jéricho, et Marie Madeleine au matin de Pâques, quand elle reconnaît la voix.

On le rencontreMarc 10, 51Jean 20, 16

Messie, Christ

de l'hébreu mashiah, « oint » ; en grec christos

Celui qu'on a consacré en versant sur lui l'huile sainte : le roi, le prêtre. Le mot en vint à désigner le libérateur attendu, fils de David. « Christ » n'est donc pas un nom mais un titre : dire « Jésus Christ », c'est confesser que Jésus est le Messie.

On le rencontreMatthieu 1, 1Matthieu 1, 16Matthieu 1, 17Matthieu 1, 18Matthieu 2, 4Matthieu 11, 2et 47 autres fois

Béelzéboul

sans doute de Baal-zeboul, « le Baal prince », tourné en dérision en Baal-zeboub, « le seigneur des mouches »

Nom donné au chef des démons. L'accusation est la plus grave qui soit portée contre Jésus : attribuer à Satan ce que l'Esprit de Dieu opère. C'est à ce propos qu'il parle du péché qui ne sera pas pardonné.

On le rencontreMatthieu 10, 25Matthieu 12, 24Matthieu 12, 27Marc 3, 22Luc 11, 15Luc 11, 18et 1 autres fois

Effata

Parole araméenne que Marc a gardée telle qu'elle fut dite, et qu'il traduit aussitôt : « Ouvre-toi ». Elle rend l'ouïe et la parole au sourd-muet de la Décapole.

On le rencontreMarc 7, 34

Talitha koum

Araméen : « Jeune fille, lève-toi ». Les mots mêmes de Jésus à la fille de Jaïre, retenus par Marc comme il a retenu « Effata » et « Abba ».

On le rencontreMarc 5, 41

Lema sabactani

« Pourquoi m'as-tu abandonné ? » Le premier verset du psaume 22, crié par Jésus en croix dans sa langue. Le psaume commence par ce cri et s'achève en action de grâce : ceux qui l'entendaient le savaient par cœur.

On le rencontreMatthieu 27, 46Marc 15, 34

Abba

Le mot araméen de tous les jours par lequel un enfant appelle son père. Jésus s'en sert pour prier Dieu à Gethsémani ; l'Église le gardera tel quel, sans le traduire, dans sa propre prière.

On le rencontreMarc 14, 36

Emmanuel

de l'hébreu, « Dieu avec nous »

Le nom annoncé par Isaïe, que Matthieu place en tête de son évangile. Il en reprend la promesse au tout dernier verset, sans le nom : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »

On le rencontreMatthieu 1, 23

Kèphas

de l'araméen kêpâ, « le roc »

Le nom que Jésus donne à Simon dès leur première rencontre. Le grec le traduit par Petros : de là notre Pierre.

On le rencontreJean 1, 42

Fils du tonnerre

en araméen Boanerguès

Le surnom que Jésus donne à Jacques et à Jean lorsqu'il les appelle. On l'entend mieux en les écoutant demander que le feu du ciel tombe sur un village qui ne les recevait pas.

On le rencontreMarc 3, 17

L'Argent

de l'araméen mamôna, la richesse, ce sur quoi l'on s'appuie

Le mot que le français rend par « l'Argent », avec une majuscule, pour garder ce qu'il a dans la phrase de Jésus : non pas une chose, mais un maître rival, à qui l'on peut se donner. « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »

On le rencontreMatthieu 6, 24Luc 16, 13

Les grands mots de l'Évangile

Évangile

du grec euangelion, « bonne nouvelle »

Dans la bouche de Jésus, ce n'est pas un livre mais une annonce : le règne de Dieu est là. Le mot n'a désigné les quatre écrits qu'au siècle suivant — et l'on dit encore « l'Évangile selon », au singulier, parce qu'il n'y en a qu'un.

On le rencontreMatthieu 4, 23Matthieu 9, 35Matthieu 24, 14Matthieu 26, 13Marc 1, 1Marc 1, 14et 10 autres fois

Le Fils de l'homme

L'expression sémitique veut dire simplement « l'homme », « celui-ci ». Mais elle est aussi, dans une vision de Daniel, le titre du personnage mystérieux qui vient sur les nuées et reçoit de Dieu la royauté éternelle. Jésus se l'applique sans cesse — et c'est le seul titre qu'il prenne lui-même.

On le rencontreMatthieu 8, 20Matthieu 9, 6Matthieu 10, 23Matthieu 11, 19Matthieu 12, 8Matthieu 12, 32et 74 autres fois

L'Agneau de Dieu

Le titre que Jean Baptiste donne à Jésus en le voyant venir. Il fait entendre à la fois l'agneau de la Pâque, dont le sang sauve les maisons, et le serviteur d'Isaïe « conduit à l'abattoir » sans ouvrir la bouche.

On le rencontreJean 1, 29Jean 1, 36

Le Verbe

du grec Logos, « la parole », « le propos »

Le premier mot de Jean sur le Fils : la Parole par qui tout a été fait, et qui s'est faite chair. Le terme rassemble la parole créatrice de la Genèse — « Dieu dit » — et la Sagesse présente auprès de Dieu avant le monde.

On le rencontreJean 1, 1Jean 1, 9Jean 1, 14

Le Défenseur

du grec paraklêtos, « celui qu'on appelle auprès de soi » : l'avocat

Le nom que Jésus donne à l'Esprit Saint dans le discours d'adieu. On l'a traduit par Paraclet, Consolateur, Avocat, Défenseur : aucun mot français ne suffit seul, car il dit à la fois celui qui assiste, qui plaide et qui console.

On le rencontreJean 14, 16Jean 14, 26Jean 15, 26Jean 16, 7

La parabole

du grec parabolê, « ce qu'on jette à côté » : la comparaison

Un récit tiré de la vie ordinaire — un semeur, une femme qui pétrit, un fils qui s'en va — qui met l'auditeur en demeure de juger, puis de se reconnaître dans son propre jugement. Elle ne force pas la compréhension : elle demande à être écoutée.

On le rencontreMatthieu 13, 3Matthieu 13, 10Matthieu 13, 13Matthieu 13, 18Matthieu 13, 24Matthieu 13, 31et 38 autres fois

L'esprit impur

Autre nom du démon chez les évangélistes. « Impur » non par obscénité, mais parce qu'il exclut du culte et de la communauté celui qu'il tient. Chez Marc, les délivrances sont le premier signe visible que le règne de Dieu s'approche.

On le rencontreMatthieu 10, 1Matthieu 12, 43Marc 1, 23Marc 1, 26Marc 1, 27Marc 3, 11et 12 autres fois

Les choses de la vie

La mangeoire

L'auge où l'on donne à manger aux bêtes — la crèche des vieilles traductions. Luc y couche l'enfant, et en fait le signe donné aux bergers : ils reconnaîtront le Sauveur à ce qu'il est couché là.

On le rencontreLuc 2, 7Luc 2, 12Luc 2, 16Luc 13, 15

Les outres

Des peaux de chèvre cousues, qui servaient de récipients au vin. Neuves, elles se laissent distendre par la fermentation ; vieilles et racornies, elles éclatent. On ne rapièce pas l'ancien : il faut du neuf pour le vin nouveau.

On le rencontreMatthieu 9, 17Marc 2, 22Luc 5, 37Luc 5, 38

La meule

La pierre du moulin. Celle que Jésus nomme est la grande, celle qu'un âne fait tourner : au cou d'un homme jeté à la mer, elle ne pardonne pas — et il vaut encore mieux cela que de faire tomber un petit.

On le rencontreLuc 17, 2

Le pressoir

La cuve taillée dans le roc où l'on foule le raisin. Avec la clôture et la tour de guet, elle compose le tableau exact de la vigne d'Isaïe, que la parabole des vignerons homicides reprend mot pour mot.

On le rencontreMatthieu 21, 33Marc 12, 1

Le sarment

La tige de l'année sur le cep, celle qui porte le raisin ; coupée, elle sèche aussitôt et ne sert plus qu'au feu. « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. »

On le rencontreJean 15, 2Jean 15, 4Jean 15, 6

Le sycomore

Le figuier-sycomore : arbre de plaine au tronc court et aux fortes branches basses, facile à escalader. C'est ce qui permet à Zachée, petit de taille, de voir passer Jésus.

On le rencontreLuc 19, 4

L'albâtre

Pierre translucide dont on faisait les flacons à parfum. On en brisait le col pour les ouvrir, et l'on ne pouvait plus les refermer : le geste de la femme qui répand le parfum sur la tête de Jésus est sans retour.

On le rencontreMatthieu 26, 7Marc 14, 3Luc 7, 37

Les aromates

Les résines et poudres parfumées dont on entourait le corps avant de le mettre au tombeau — non pour l'embaumer à la manière égyptienne, mais pour honorer le mort et couvrir l'odeur. Les femmes les préparent le vendredi soir et reviendront avec eux le dimanche.

On le rencontreLuc 23, 56Luc 24, 1Jean 19, 40

L'aloès

Bois odorant réduit en poudre, mêlé à la myrrhe pour les sépultures. Nicodème en apporte « environ cent livres » : une quantité de roi.

On le rencontreJean 19, 39

La myrrhe

Résine parfumée et amère, tirée d'un arbuste d'Arabie. Présent des mages ; drogue offerte au crucifié pour l'engourdir, que Jésus refuse ; et parfum de l'ensevelissement.

On le rencontreMatthieu 2, 11Marc 15, 23Jean 19, 39

L'encens

Résine blanche que l'on brûle en offrande. Présent des mages, et parfum de la prière : c'est pendant que la foule prie au-dehors, à l'heure de l'encens, que Zacharie reçoit l'annonce.

On le rencontreMatthieu 2, 11Luc 1, 9Luc 1, 10Luc 1, 11

L'hysope

Petite plante buissonnante dont on faisait un goupillon pour les aspersions rituelles — et notamment pour marquer les portes avec le sang de l'agneau, la nuit de la Pâque. C'est elle qui porte l'éponge à la bouche de Jésus.

On le rencontreJean 19, 29

Le fiel

Une substance amère mêlée au vin, offerte par pitié pour engourdir le supplicié. Jésus goûte et refuse de boire ; Matthieu écrit la scène avec les mots mêmes du psaume 69.

On le rencontreMatthieu 27, 34

Le linceul

La pièce de lin dans laquelle on enveloppait le corps. Joseph d'Arimathie en achète un et descend Jésus de la croix.

On le rencontreMatthieu 27, 59Marc 15, 46Luc 23, 53

Le suaire

Le linge qui couvrait le visage du mort et lui liait le menton. Au matin de Pâques, Jean le voit « roulé à part » : un corps qu'on emporte ne laisse pas ses linges rangés.

On le rencontreJean 11, 44Jean 20, 7

Les bandelettes

Les bandes de toile qui liaient les membres du mort. Lazare sort du tombeau les pieds et les mains encore attachés : il faudra le délier.

On le rencontreJean 11, 44

La tunique

Le vêtement de dessous, porté à même la peau ; le manteau se met par-dessus et sert de couverture la nuit — c'est pourquoi la Loi défendait de le retenir en gage. D'où la force du mot : à qui te prend ta tunique, laisse encore ton manteau.

On le rencontreMatthieu 5, 40Matthieu 10, 10Marc 6, 9Luc 6, 29Luc 9, 3Jean 19, 23

Le joug

La pièce de bois qui attelle ensemble deux bêtes de trait. Les maîtres appelaient « joug de la Loi » l'obéissance aux commandements ; Jésus offre le sien, et dit qu'il est facile à porter.

On le rencontreMatthieu 11, 29Matthieu 11, 30

Les formes retenues sont celles de la traduction officielle liturgique, relevées dans le texte même du site : le glossaire ne gagne rien à nommer un mot qu'on n'y lira jamais. Dans un chapitre, un mot n'est marqué qu'à sa première venue — comme on annote un livre.