Le glossaire
Un lecteur d'aujourd'hui traverse sans broncher « pharisiens », « denier », « géhenne », « korbane » — et perd à chaque fois une part de ce qu'il lit. Ces articles ne commentent pas le texte : c'est l'affaire des Pères. Ils disent seulement ce que le mot désignait pour ceux qui l'entendaient.
Dans le fil du chapitre, ces mots portent un pointillé d'or à leur première venue : un clic ouvre l'article sans quitter la page.
Les groupes et les charges
Pharisiens
de l'araméen perishayya, « les séparés »
Mouvement de laïcs pieux attachés à l'observance exacte de la Loi de Moïse et de la tradition orale reçue des anciens. Ils croyaient à la résurrection des morts, aux anges, à la providence, et tenaient les synagogues. Ce sont les interlocuteurs les plus constants de Jésus — tantôt adversaires, tantôt hôtes qui l'invitent à leur table.
On le rencontreMatthieu 3, 7Matthieu 5, 20Matthieu 9, 11Matthieu 9, 14Matthieu 9, 34Matthieu 12, 2et 82 autres fois
Sadducéens
sans doute du nom de Sadoq, grand prêtre au temps de David
L'aristocratie sacerdotale de Jérusalem, liée au Temple et arrangée avec le pouvoir romain. Ils ne recevaient que la Loi écrite et niaient la résurrection des morts : de là leur question sur la femme aux sept maris. Ils disparaissent avec le Temple, en l'an 70.
On le rencontreMatthieu 3, 7Matthieu 16, 1Matthieu 16, 6Matthieu 16, 11Matthieu 16, 12Matthieu 22, 23et 3 autres fois
Scribes
Les hommes de métier de l'Écriture : ils la copiaient, l'enseignaient et tranchaient les cas de conscience. On les appelle aussi docteurs de la Loi. La plupart étaient pharisiens, mais le métier et le parti sont deux choses : un scribe peut répondre « avec sagesse » et s'entendre dire qu'il n'est pas loin du royaume de Dieu.
On le rencontreMatthieu 2, 4Matthieu 5, 20Matthieu 7, 29Matthieu 8, 19Matthieu 9, 3Matthieu 12, 38et 52 autres fois
Docteurs de la Loi
Autre nom des scribes, plus fréquent chez Luc : les maîtres reconnus dans l'interprétation de la Loi. C'est au milieu d'eux que l'enfant Jésus est retrouvé au Temple : « il les écoutait et leur posait des questions ».
On le rencontreMatthieu 22, 35Luc 2, 46Luc 5, 17Luc 7, 30Luc 10, 25Luc 10, 37et 4 autres fois
Publicains
du latin publicanus, celui qui afferme l'impôt public
Collecteurs d'impôts et de péages pour le compte de Rome ou d'Hérode. Ils achetaient la charge et se remboursaient sur le contribuable ; leur commerce avec l'occupant les rendait suspects et impurs. « Les publicains et les pécheurs » forment le couple type de ceux que Jésus accueille — et deux d'entre eux, Matthieu et Zachée, sont nommés.
On le rencontreMatthieu 5, 46Matthieu 9, 10Matthieu 9, 11Matthieu 10, 3Matthieu 11, 19Matthieu 18, 17et 14 autres fois
Partisans d'Hérode
Les hérodiens : soutiens de la dynastie d'Hérode, et par là de l'ordre romain. Tout les sépare des pharisiens, sauf l'hostilité à Jésus, qui les fait s'entendre pour le prendre au piège de l'impôt dû à César.
On le rencontreMatthieu 22, 16Marc 3, 6Marc 12, 13
Samaritains
Habitants de la Samarie, héritiers du royaume du Nord mêlés aux populations installées jadis par l'Assyrie. Ils ne recevaient que les cinq premiers livres et adoraient sur le mont Garizim, non à Jérusalem : d'où une hostilité tenace, que la femme du puits rappelle en propres termes. Que le héros d'une parabole soit samaritain est donc un scandale voulu.
On le rencontreMatthieu 10, 5Luc 9, 52Luc 10, 33Luc 17, 16Jean 4, 9Jean 4, 39et 1 autres fois
Anciens
Les chefs de familles et notables laïcs qui siégeaient au Conseil suprême aux côtés des grands prêtres et des scribes. À ne pas confondre avec « la tradition des anciens », qui désigne les coutumes reçues des générations passées.
On le rencontreMatthieu 5, 21Matthieu 5, 33Matthieu 15, 2Matthieu 16, 21Matthieu 21, 23Matthieu 26, 3et 20 autres fois
Grands prêtres
Le grand prêtre est le chef du sacerdoce et du Temple, seul à franchir le rideau du Saint des Saints, une fois l'an, au jour du Grand Pardon ; du temps de Jésus, Rome le nommait et le déposait. Le pluriel désigne le groupe des anciens titulaires et des chefs des grandes familles sacerdotales.
On le rencontreMatthieu 2, 4Matthieu 16, 21Matthieu 20, 18Matthieu 21, 15Matthieu 21, 23Matthieu 21, 45et 73 autres fois
Conseil suprême
Le Sanhédrin : l'assemblée de soixante et onze membres — grands prêtres, anciens et scribes — présidée par le grand prêtre, qui jugeait les affaires religieuses. Jésus comparaît devant lui, mais le Conseil ne peut faire mourir personne : il faut conduire le condamné au gouverneur romain.
On le rencontreMatthieu 26, 59Marc 14, 55Marc 15, 1Luc 22, 66Jean 11, 47
Lévite
Membre de la tribu de Lévi affecté au service subalterne du Temple : la musique, les portes, la préparation des sacrifices. Il n'est pas prêtre. La parabole en fait passer un, après le prêtre, sur la route de Jéricho.
On le rencontreLuc 10, 32
Centurion
Officier romain à la tête d'une centaine d'hommes. Deux traversent l'Évangile : celui de Capharnaüm, dont Jésus dit n'avoir pas trouvé pareille foi en Israël, et celui du Calvaire, le premier à confesser au pied de la croix ce que Jésus était.
On le rencontreMatthieu 8, 5Matthieu 8, 8Matthieu 8, 13Matthieu 27, 54Marc 15, 39Marc 15, 44et 4 autres fois
Gouverneur
Le préfet romain de Judée — Ponce Pilate, de l'an 26 à l'an 36. Il réside à Césarée, sur la mer, et ne monte à Jérusalem qu'aux grandes fêtes, avec ses troupes, pour tenir la ville. Lui seul peut prononcer une condamnation à mort.
On le rencontreMatthieu 27, 2Matthieu 27, 11Matthieu 27, 14Matthieu 27, 21Matthieu 27, 27Matthieu 28, 14et 3 autres fois
Le Zélote
Surnom de Simon, l'un des Douze, qui le distingue de Simon-Pierre. Il dit le zèle brûlant pour la Loi, et sans doute l'appartenance à la mouvance qui refusait toute soumission à Rome.
On le rencontreMatthieu 10, 4Marc 3, 18Luc 6, 15
Nazaréen
« De Nazareth ». C'est ainsi qu'on désigne Jésus quand on le situe par son village — la servante du grand prêtre, la foule de Jéricho, les gardes au jardin. Matthieu y entend en outre l'accomplissement d'une parole des prophètes.
On le rencontreMatthieu 2, 23Matthieu 26, 71Luc 18, 37Jean 18, 5Jean 18, 7Jean 19, 19
Les lieux
La Galilée
La province du nord, autour du lac, gouvernée par Hérode Antipas. Peuplée, fertile, mêlée de païens — « la Galilée des nations » — et méprisée de Jérusalem, qui lui reproche de n'avoir jamais donné de prophète. C'est là que Jésus a grandi et que se tient presque tout son ministère.
On le rencontreMatthieu 2, 22Matthieu 3, 13Matthieu 4, 12Matthieu 4, 13Matthieu 4, 15Matthieu 4, 18et 58 autres fois
La Judée
La province du sud, autour de Jérusalem, passée sous administration romaine directe en l'an 6. C'est le cœur religieux du pays, et dans l'Évangile le terme de la montée : on y monte pour la Pâque, et pour la Passion.
On le rencontreMatthieu 2, 1Matthieu 2, 5Matthieu 2, 22Matthieu 3, 1Matthieu 3, 5Matthieu 4, 25et 24 autres fois
La Samarie
La province qui s'étend entre la Galilée et la Judée. Les pèlerins galiléens la contournaient volontiers par la vallée du Jourdain, pour n'avoir pas à la traverser. Jésus, lui, y passe, et s'assoit au puits de Jacob.
On le rencontreLuc 17, 11Jean 4, 4Jean 4, 5Jean 4, 7
La Décapole
du grec, « les dix villes »
Fédération de cités de langue et de mœurs grecques, à l'est et au sud-est du lac, en pays largement païen. Que l'homme délivré de la légion aille y proclamer ce que Jésus a fait pour lui est la première annonce en terre païenne.
On le rencontreMatthieu 4, 25Marc 5, 20Marc 7, 31
Capharnaüm
de l'hébreu kefar Nahoum, « le village de Nahoum »
Bourg de pêcheurs sur la rive nord-ouest du lac, avec sa synagogue et son poste de péage, sur la route qui mène à Damas. Jésus s'y installe en quittant Nazareth : les évangélistes l'appellent « sa ville ».
On le rencontreMatthieu 4, 13Matthieu 8, 5Matthieu 9, 1Matthieu 11, 23Matthieu 17, 24Marc 1, 21et 12 autres fois
Génésareth
La petite plaine très fertile qui borde le lac au nord-ouest, et qui a donné au lac de Galilée son autre nom.
On le rencontreMatthieu 14, 34Marc 6, 53Luc 5, 1
Bethsaïde
de l'araméen, « la maison de la pêche »
Village de la rive nord-est du lac, patrie de Pierre, d'André et de Philippe. Jésus la range avec Corazine parmi les villes qui n'ont pas cru malgré les miracles.
On le rencontreMatthieu 11, 21Marc 6, 45Marc 8, 22Luc 9, 10Luc 10, 13Jean 1, 44et 1 autres fois
Béthanie
Village du flanc est du mont des Oliviers, à une demi-heure de Jérusalem : la maison de Marthe, de Marie et de Lazare, où Jésus loge pendant la semaine de la Passion. Jean nomme une seconde Béthanie, au-delà du Jourdain, là où Jean baptisait.
On le rencontreMatthieu 21, 17Matthieu 26, 6Marc 11, 1Marc 11, 11Marc 11, 12Marc 14, 3et 6 autres fois
Césarée-de-Philippe
Ville païenne au pied de l'Hermon, aux sources du Jourdain, rebâtie par le tétrarque Philippe et nommée en l'honneur de l'empereur. C'est au point le plus éloigné du pays juif que Jésus demande : « Pour vous, qui suis-je ? » À ne pas confondre avec Césarée, sur la mer, résidence du gouverneur.
On le rencontreMatthieu 16, 13Marc 8, 27
Gethsémani
de l'araméen gat shemanê, « le pressoir à huile »
Domaine planté d'oliviers au pied du mont des Oliviers, de l'autre côté du torrent du Cédron. Jésus y venait souvent avec ses disciples : Judas savait donc où le trouver.
On le rencontreMatthieu 26, 36Marc 14, 32
Golgotha
de l'araméen gulgoltâ, « le crâne » — Calvaria en latin, d'où Calvaire
Éminence rocheuse hors des murs de Jérusalem, sans doute ainsi nommée pour sa forme. Le lieu du supplice ; le tombeau neuf où l'on dépose Jésus est dans un jardin tout proche.
On le rencontreMatthieu 27, 33Marc 15, 22Jean 19, 17
Siloé
La piscine du sud de Jérusalem, où aboutissait le canal creusé sous le roi Ézéchias pour amener l'eau dans la ville assiégée. Jésus y envoie l'aveugle-né se laver ; Jean s'arrête au nom, qui veut dire « Envoyé ».
On le rencontreLuc 13, 4Jean 9, 7Jean 9, 11
Le Cédron
Le torrent — à sec la plus grande partie de l'année — qui creuse la vallée entre Jérusalem et le mont des Oliviers. Jésus le franchit pour aller au jardin.
On le rencontreJean 18, 1
Bethzatha
Piscine à cinq portiques, près de la porte des Brebis à Jérusalem, où l'on portait les malades. On l'appelle aussi Bethesda. Jésus y guérit un homme infirme depuis trente-huit ans, un jour de sabbat.
On le rencontreJean 5, 2
Le prétoire
du latin praetorium, la tente puis la résidence du chef
Le quartier du gouverneur romain lorsqu'il est à Jérusalem, et le tribunal qui s'y tient. Les accusateurs de Jésus n'y entrent pas, pour ne pas se rendre impurs à la veille de la Pâque : Pilate doit sortir vers eux.
On le rencontreMatthieu 27, 27Marc 15, 16Jean 18, 28Jean 18, 33Jean 19, 9
La colonnade de Salomon
Le portique couvert qui bordait à l'est la grande esplanade du Temple : l'abri où les maîtres enseignaient et où l'on venait les entendre. Jésus y va et vient à la fête de la Dédicace.
On le rencontreJean 10, 23
Le mont des Oliviers
La colline qui fait face à Jérusalem à l'est, par-delà le Cédron. Lieu de l'entrée messianique, du grand discours sur la fin des temps, et des nuits passées à prier.
On le rencontreMatthieu 21, 1Matthieu 24, 3Matthieu 26, 30Marc 11, 1Marc 13, 3Marc 14, 26et 5 autres fois
Jéricho
Ville d'oasis dans la vallée du Jourdain, à deux cent cinquante mètres au-dessous du niveau de la mer. De là, il faut vingt-sept kilomètres de montée déserte pour atteindre Jérusalem : c'est la route de la parabole du bon Samaritain.
On le rencontreMatthieu 20, 29Marc 10, 46Luc 10, 30Luc 18, 35Luc 19, 1
Emmaüs
Village « à deux heures de marche de Jérusalem », où le Ressuscité se laisse reconnaître à la fraction du pain, le soir même de Pâques. Son emplacement exact reste discuté.
On le rencontreLuc 24, 13
Naïm
Petite ville de Galilée, au sud du mont Thabor. À sa porte, Jésus croise un convoi funèbre et rend son fils unique à une veuve.
On le rencontreLuc 7, 11
Tyr et Sidon
Les deux grandes cités phéniciennes de la côte, au nord-ouest de la Galilée : terre païenne, et dans la bouche des prophètes le type même de la ville orgueilleuse. Jésus s'y retire, et c'est là qu'une femme syro-phénicienne lui arrache la guérison de sa fille.
On le rencontreMatthieu 11, 21Matthieu 11, 22Matthieu 15, 21Marc 3, 8Marc 7, 24Marc 7, 31et 3 autres fois
La géhenne
de l'hébreu gê-hinnom, « la vallée de Hinnom »
Le ravin qui borde Jérusalem au sud. On y avait jadis brûlé des enfants en sacrifice, et l'on y brûlait les ordures de la ville : le nom devint celui du lieu du châtiment définitif, « où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas ».
On le rencontreMatthieu 5, 22Matthieu 5, 29Matthieu 5, 30Matthieu 10, 28Matthieu 18, 9Matthieu 23, 15et 5 autres fois
Le séjour des morts
le shéol de l'hébreu, l'Hadès du grec
La demeure commune de tous les morts, sous la terre, telle que l'Ancien Testament se la représentait, avant que la révélation ne vînt y distinguer le sort du pauvre Lazare de celui de l'homme riche.
On le rencontreMatthieu 11, 23Luc 10, 15Luc 16, 23
Le Temple, la Loi et les fêtes
Le Temple
L'unique sanctuaire d'Israël, à Jérusalem, rebâti magnifiquement par Hérode le Grand. Une vaste esplanade ouverte à tous, puis des cours de plus en plus réservées — les femmes, les hommes, les prêtres — enfin le Sanctuaire. Les Romains l'ont détruit en l'an 70 ; il n'a jamais été relevé.
On le rencontreMatthieu 4, 5Matthieu 12, 5Matthieu 12, 6Matthieu 17, 24Matthieu 21, 12Matthieu 21, 14et 41 autres fois
Le Sanctuaire
Le bâtiment central du Temple, distinct des cours qui l'entourent : le Saint, où seuls les prêtres entraient pour l'encens et les pains offerts, et derrière le rideau le Saint des Saints, vide, où le grand prêtre pénétrait une fois l'an. Jésus oppose le Sanctuaire à l'or du Sanctuaire.
On le rencontreMatthieu 23, 16Matthieu 23, 17Matthieu 23, 21Matthieu 23, 35Matthieu 26, 61Matthieu 27, 40et 9 autres fois
Le rideau du Sanctuaire
Le voile qui fermait le Saint des Saints et interdisait le regard. À la mort de Jésus, les trois premiers évangiles le disent déchiré de haut en bas : le chemin vers Dieu n'est plus barré.
On le rencontreMatthieu 27, 51Marc 15, 38Luc 23, 45
La synagogue
du grec sunagôgê, « l'assemblée »
La maison de réunion de chaque bourg juif : on y lit la Loi et les Prophètes le jour du sabbat, on y prie, on y enseigne, on y juge les affaires de la communauté. Tout homme instruit pouvait y prendre la parole après la lecture : c'est ainsi que Jésus commente Isaïe à Nazareth.
On le rencontreMatthieu 12, 9Matthieu 13, 54Marc 1, 21Marc 1, 23Marc 1, 29Marc 3, 1et 18 autres fois
L'autel
L'autel des holocaustes, grand bloc de pierres brutes dressé dans la cour des prêtres, où l'on brûlait les victimes ; et, dans le Sanctuaire, l'autel de l'encens, devant lequel Zacharie reçoit l'annonce de la naissance de Jean.
On le rencontreMatthieu 5, 23Matthieu 5, 24Matthieu 23, 18Matthieu 23, 19Matthieu 23, 20Matthieu 23, 35et 2 autres fois
Le sabbat
de l'hébreu shabbat, « cesser »
Le septième jour, du coucher du soleil le vendredi à celui du samedi : repos absolu, mémorial de la création achevée et de la sortie d'Égypte. La tradition en avait détaillé les travaux interdits — d'où les controverses sur les épis froissés en chemin et sur les guérisons.
On le rencontreMatthieu 12, 1Matthieu 12, 2Matthieu 12, 5Matthieu 12, 8Matthieu 12, 10Matthieu 12, 11et 39 autres fois
La Pâque
de l'hébreu pèsah, « le passage »
La grande fête du printemps, mémorial de la sortie d'Égypte. On immolait l'agneau au Temple dans l'après-midi, et on le mangeait le soir en famille avec les pains sans levain et les herbes amères. Jérusalem doublait de population ; c'est au temps de cette fête que Jésus est mis à mort.
On le rencontreMatthieu 26, 2Matthieu 26, 17Matthieu 26, 18Matthieu 26, 19Marc 14, 1Marc 14, 12et 20 autres fois
Les pains sans levain
Les azymes : les sept jours qui suivent aussitôt la Pâque, où l'on ne mange que du pain non fermenté, en mémoire du départ précipité d'Égypte. Les deux fêtes étaient si serrées que les évangélistes n'en font qu'une.
On le rencontreMatthieu 26, 17Marc 14, 1Marc 14, 12Luc 22, 1Luc 22, 7
La fête des Tentes
Soukkot, la fête des Cabanes : sept jours d'automne où l'on habitait sous des huttes de branchages, en mémoire du désert. On y faisait chaque matin la libation d'eau puisée à Siloé et l'on illuminait le Temple la nuit : c'est l'arrière-plan des paroles de Jésus sur l'eau vive et sur la lumière du monde.
On le rencontreJean 7, 2
La Dédicace
Hanoucca : huit jours de décembre, en mémoire de la purification du Temple par Judas Maccabée après sa profanation. Jean note simplement : « C'était l'hiver. »
On le rencontreJean 10, 22
Le jour de la Préparation
La veille du sabbat — le vendredi — où l'on apprête tout ce que le repos interdira de faire. Jésus est enseveli en hâte : le soleil allait se coucher, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
On le rencontreMatthieu 27, 62Marc 15, 42Luc 23, 54Jean 19, 14Jean 19, 31Jean 19, 42
La Loi
la Torah, « l'enseignement »
Les cinq premiers livres de la Bible, et par extension tout ce que Dieu prescrit à Israël pour vivre de l'Alliance. Jésus déclare n'être pas venu l'abolir mais l'accomplir, et la ramène tout entière aux deux commandements de l'amour.
On le rencontreMatthieu 5, 17Matthieu 5, 18Matthieu 11, 13Matthieu 12, 5Matthieu 22, 36Matthieu 22, 40et 23 autres fois
« La Loi et les Prophètes »
Les deux grandes parties de la Bible juive, nommées ensemble pour dire l'Écriture entière et toute la promesse faite à Israël. Quand Jésus dit que la règle d'or « est la Loi et les Prophètes », il ramène toute la Révélation à une phrase.
On le rencontreMatthieu 7, 12Luc 16, 16
Les Écritures
Les livres saints d'Israël — notre Ancien Testament —, lus dans les synagogues et sus par cœur. « Il fallait que s'accomplissent les Écritures » : c'est la clef de lecture que le Ressuscité donne lui-même aux disciples d'Emmaüs.
On le rencontreMatthieu 21, 42Matthieu 22, 29Matthieu 26, 54Marc 12, 24Marc 14, 49Luc 24, 32et 2 autres fois
L'Alliance
Le pacte par lequel Dieu se lie à un peuple et l'engage à lui : Noé, Abraham, Moïse au Sinaï. Les prophètes en annonçaient une nouvelle, écrite non sur la pierre mais dans les cœurs ; Jésus la scelle à la Cène, dans son sang.
On le rencontreMatthieu 26, 28Marc 14, 24Luc 1, 72Luc 22, 20
La circoncision
Le signe dans la chair de l'alliance conclue avec Abraham, pratiqué le huitième jour après la naissance. C'est ce jour-là qu'on donne son nom à l'enfant — pour Jean comme pour Jésus.
On le rencontreLuc 1, 59Luc 2, 21Jean 7, 22Jean 7, 23
La purification
Les rites qui rendaient à l'état de pureté celui qu'un contact en avait écarté : un mort, une maladie, un accouchement. Ils ne parlent ni de propreté ni de faute morale : ils règlent seulement l'accès au culte.
On le rencontreMarc 1, 44Luc 2, 22Luc 5, 14Jean 3, 25
La lèpre
Le mot couvre tout un ensemble de maladies de peau. Le prêtre déclarait le malade impur ; il devait vivre à l'écart, vêtements déchirés, et crier son état. Sa guérison devait être constatée par le prêtre, puis offerte. Que Jésus étende la main et le touche est, pour un lecteur juif, la première stupeur du récit.
On le rencontreMatthieu 8, 2Matthieu 8, 3Matthieu 10, 8Matthieu 11, 5Matthieu 26, 6Marc 1, 40et 7 autres fois
Korbane
de l'hébreu qorbân, « offrande »
Bien déclaré consacré à Dieu, et par ce vœu soustrait à tout autre usage. Jésus dénonce l'abus : on pouvait, par ce mot, se dispenser d'aider son père et sa mère — annuler le commandement au nom de la piété.
On le rencontreMarc 7, 11
Les phylactères
du grec phulaktêrion, « ce qui garde »
Les tefillin : de petites boîtes de cuir contenant des passages de la Loi, qu'on attachait au bras et au front pour la prière, selon la lettre du Deutéronome. Les élargir, c'est les faire voir.
On le rencontreMatthieu 23, 5
Les franges
Les tsitsit : les houppes que la Loi prescrit de porter aux quatre coins du manteau, afin de se souvenir des commandements. C'est l'une d'elles que touche par-derrière la femme qui perdait son sang.
On le rencontreMatthieu 9, 20Matthieu 14, 36Matthieu 23, 5Marc 6, 56Luc 8, 44
La dîme
Le dixième des récoltes, réservé aux lévites et au sanctuaire. Jésus ne reproche pas de la payer, mais de l'étendre minutieusement à la menthe et au cumin en laissant de côté « la justice, la miséricorde et la fidélité ».
On le rencontreMatthieu 23, 23Luc 11, 42
Les holocaustes
du grec holokauston, « brûlé tout entier »
Sacrifice où la victime est consumée entièrement sur l'autel, sans qu'on en garde rien pour le repas. Le scribe de Marc les met, avec tous les sacrifices, au-dessous de l'amour de Dieu et du prochain — et Jésus l'approuve.
On le rencontreMarc 12, 33
L'aumône
Le don au pauvre : avec la prière et le jeûne, l'une des trois œuvres de la piété juive. Le Sermon sur la montagne les reprend l'une après l'autre, et leur applique trois fois la même règle : le secret.
On le rencontreMatthieu 6, 2Matthieu 6, 3Matthieu 6, 4Luc 11, 41Luc 12, 33
Les monnaies, les mesures, les heures
Le denier
Pièce d'argent romaine, et salaire d'une journée d'ouvrier — c'est ce que le maître de la vigne convient avec les premiers embauchés. C'est aussi la pièce que Jésus se fait montrer : elle porte l'effigie de César.
On le rencontreMatthieu 20, 2Matthieu 20, 9Matthieu 20, 10Matthieu 20, 13Matthieu 22, 19
Les pièces d'argent
La traduction rend ainsi, selon les cas, le denier ou la drachme. Les trente pièces d'argent de Judas ne sont pas un chiffre en l'air : c'est le prix d'un esclave, fixé par la Loi, et la somme que pèse le prophète Zacharie.
On le rencontreMatthieu 18, 24Matthieu 18, 28Matthieu 26, 15Matthieu 27, 3Matthieu 27, 5Matthieu 27, 9et 5 autres fois
Le talent
Non pas une pièce, mais un poids : une trentaine de kilos d'argent, soit plusieurs milliers de journées de travail. Les dix mille talents du serviteur impitoyable sont une dette proprement inimaginable — tout le récit tient dans cette démesure.
On le rencontreMatthieu 18, 24Matthieu 25, 15Matthieu 25, 16Matthieu 25, 17Matthieu 25, 20Matthieu 25, 22et 3 autres fois
Les drachmes
Monnaie grecque, à peu près la valeur du denier. Les « deux drachmes » réclamées à Capharnaüm sont la redevance annuelle que tout Juif adulte versait pour l'entretien du Temple.
On le rencontreMatthieu 17, 24Matthieu 17, 27
Deux petites pièces
Deux lepta : les plus petites pièces de bronze en circulation — il en fallait plus de cent pour une journée de travail. C'est l'offrande de la veuve, et Jésus dit qu'elle a mis plus que tous les autres.
On le rencontreMarc 12, 42Luc 21, 2
Le sou
L'as romain, petite monnaie de cuivre : le prix de deux moineaux, et « le dernier sou » qu'il faudra payer avant de sortir de prison.
On le rencontreMatthieu 5, 26Matthieu 10, 29
Le boisseau
du latin modius
Le récipient dans lequel on mesurait le grain, d'une dizaine de litres. Renversé sur une lampe, il l'étouffe : c'est justement ce que personne ne fait.
On le rencontreMatthieu 5, 15Marc 4, 21Luc 11, 33
La coudée
La longueur de l'avant-bras, environ quarante-cinq centimètres. « Ajouter une coudée à la longueur de sa vie » mesure une durée par une longueur : l'image est volontairement bancale, comme l'inquiétude qu'elle moque.
On le rencontreMatthieu 6, 27Luc 12, 25
Les stades
Mesure grecque d'environ cent quatre-vingts mètres. La traduction en donne d'ordinaire l'équivalent : vingt-cinq ou trente stades font « environ cinq mille mètres », le milieu du lac.
On le rencontreJean 6, 19Jean 11, 18
Les heures du jour
On compte les heures depuis le lever du soleil, et la nuit en quatre veilles. La troisième heure est donc le milieu de la matinée, la sixième midi, la neuvième le milieu de l'après-midi. Les heures s'allongent l'été et se raccourcissent l'hiver, la journée étant toujours divisée en douze.
On le rencontreMatthieu 27, 45Matthieu 27, 46Marc 15, 25Marc 15, 33Marc 15, 34Luc 23, 44et 2 autres fois
Les mots venus d'ailleurs
Amen
de l'hébreu, d'une racine qui dit ce qui est ferme et sûr
Mot de la prière juive par lequel l'assemblée fait sienne la parole qu'elle vient d'entendre : « c'est vrai, qu'il en soit ainsi ». Jésus en fait un usage sans exemple : il le place en tête de ses propres paroles — « Amen, je vous le dis » — n'engageant que son autorité.
On le rencontreMatthieu 5, 18Matthieu 5, 26Matthieu 6, 2Matthieu 6, 5Matthieu 6, 16Matthieu 8, 10et 69 autres fois
Hosanna
de l'hébreu hôshi'â-nnâ, « donne donc le salut ! »
Cri du psaume que l'on chantait aux pèlerins montant au Temple. La supplication était devenue acclamation : c'est sous cette forme qu'elle accueille Jésus à l'entrée de Jérusalem, avec les rameaux.
On le rencontreMatthieu 21, 9Matthieu 21, 15Marc 11, 9Marc 11, 10Jean 12, 13
Rabbi
de l'hébreu rab, « grand » : « mon maître »
Titre d'honneur donné aux maîtres de la Loi. Jésus le reçoit de ses disciples, mais le leur interdit entre eux : « Vous n'avez qu'un seul maître, et vous êtes tous frères. »
On le rencontreMatthieu 23, 7Matthieu 23, 8Matthieu 26, 25Matthieu 26, 49Marc 9, 5Marc 11, 21et 9 autres fois
Rabbouni
La forme araméenne renforcée de Rabbi, plus familière et plus chaude : « mon maître à moi ». Deux fois seulement dans l'Évangile — l'aveugle de Jéricho, et Marie Madeleine au matin de Pâques, quand elle reconnaît la voix.
On le rencontreMarc 10, 51Jean 20, 16
Messie, Christ
de l'hébreu mashiah, « oint » ; en grec christos
Celui qu'on a consacré en versant sur lui l'huile sainte : le roi, le prêtre. Le mot en vint à désigner le libérateur attendu, fils de David. « Christ » n'est donc pas un nom mais un titre : dire « Jésus Christ », c'est confesser que Jésus est le Messie.
On le rencontreMatthieu 1, 1Matthieu 1, 16Matthieu 1, 17Matthieu 1, 18Matthieu 2, 4Matthieu 11, 2et 47 autres fois
Béelzéboul
sans doute de Baal-zeboul, « le Baal prince », tourné en dérision en Baal-zeboub, « le seigneur des mouches »
Nom donné au chef des démons. L'accusation est la plus grave qui soit portée contre Jésus : attribuer à Satan ce que l'Esprit de Dieu opère. C'est à ce propos qu'il parle du péché qui ne sera pas pardonné.
On le rencontreMatthieu 10, 25Matthieu 12, 24Matthieu 12, 27Marc 3, 22Luc 11, 15Luc 11, 18et 1 autres fois
Satan
de l'hébreu satan, « l'adversaire », « l'accusateur »
D'abord une fonction — celui qui accuse au tribunal — puis le nom de l'ennemi. Jésus l'appelle ainsi au désert ; et il donne le même nom à Pierre lorsque celui-ci veut lui épargner la croix.
On le rencontreMatthieu 4, 10Matthieu 12, 26Matthieu 16, 23Marc 1, 13Marc 3, 23Marc 3, 26et 8 autres fois
Effata
Parole araméenne que Marc a gardée telle qu'elle fut dite, et qu'il traduit aussitôt : « Ouvre-toi ». Elle rend l'ouïe et la parole au sourd-muet de la Décapole.
On le rencontreMarc 7, 34
Talitha koum
Araméen : « Jeune fille, lève-toi ». Les mots mêmes de Jésus à la fille de Jaïre, retenus par Marc comme il a retenu « Effata » et « Abba ».
On le rencontreMarc 5, 41
Lema sabactani
« Pourquoi m'as-tu abandonné ? » Le premier verset du psaume 22, crié par Jésus en croix dans sa langue. Le psaume commence par ce cri et s'achève en action de grâce : ceux qui l'entendaient le savaient par cœur.
On le rencontreMatthieu 27, 46Marc 15, 34
Abba
Le mot araméen de tous les jours par lequel un enfant appelle son père. Jésus s'en sert pour prier Dieu à Gethsémani ; l'Église le gardera tel quel, sans le traduire, dans sa propre prière.
On le rencontreMarc 14, 36
Emmanuel
de l'hébreu, « Dieu avec nous »
Le nom annoncé par Isaïe, que Matthieu place en tête de son évangile. Il en reprend la promesse au tout dernier verset, sans le nom : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »
On le rencontreMatthieu 1, 23
Kèphas
de l'araméen kêpâ, « le roc »
Le nom que Jésus donne à Simon dès leur première rencontre. Le grec le traduit par Petros : de là notre Pierre.
On le rencontreJean 1, 42
Iscariote
Surnom de Judas. On y lit le plus souvent « l'homme de Qeriyot », bourg de Judée : il serait alors le seul des Douze à n'être pas galiléen. D'autres y reconnaissent le latin sicarius, l'homme au poignard.
On le rencontreMatthieu 10, 4Matthieu 26, 14Marc 3, 19Marc 14, 10Luc 6, 16Luc 22, 3et 5 autres fois
Fils du tonnerre
en araméen Boanerguès
Le surnom que Jésus donne à Jacques et à Jean lorsqu'il les appelle. On l'entend mieux en les écoutant demander que le feu du ciel tombe sur un village qui ne les recevait pas.
On le rencontreMarc 3, 17
L'Argent
de l'araméen mamôna, la richesse, ce sur quoi l'on s'appuie
Le mot que le français rend par « l'Argent », avec une majuscule, pour garder ce qu'il a dans la phrase de Jésus : non pas une chose, mais un maître rival, à qui l'on peut se donner. « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »
On le rencontreMatthieu 6, 24Luc 16, 13
Les grands mots de l'Évangile
Évangile
du grec euangelion, « bonne nouvelle »
Dans la bouche de Jésus, ce n'est pas un livre mais une annonce : le règne de Dieu est là. Le mot n'a désigné les quatre écrits qu'au siècle suivant — et l'on dit encore « l'Évangile selon », au singulier, parce qu'il n'y en a qu'un.
On le rencontreMatthieu 4, 23Matthieu 9, 35Matthieu 24, 14Matthieu 26, 13Marc 1, 1Marc 1, 14et 10 autres fois
Le royaume des Cieux
Non pas un lieu où l'on va, mais l'exercice de la royauté de Dieu sur le monde et sur les cœurs : déjà commencé en Jésus, non encore achevé. Matthieu écrit « des Cieux » par respect juif du nom de Dieu ; Marc et Luc disent « de Dieu ». C'est la même chose.
On le rencontreMatthieu 3, 2Matthieu 4, 17Matthieu 5, 3Matthieu 5, 10Matthieu 5, 19Matthieu 5, 20et 77 autres fois
Le Fils de l'homme
L'expression sémitique veut dire simplement « l'homme », « celui-ci ». Mais elle est aussi, dans une vision de Daniel, le titre du personnage mystérieux qui vient sur les nuées et reçoit de Dieu la royauté éternelle. Jésus se l'applique sans cesse — et c'est le seul titre qu'il prenne lui-même.
On le rencontreMatthieu 8, 20Matthieu 9, 6Matthieu 10, 23Matthieu 11, 19Matthieu 12, 8Matthieu 12, 32et 74 autres fois
Le fils de David
Titre du Messie attendu, héritier de la promesse faite à David. Les aveugles le crient sur la route, la foule le chante aux rameaux ; Jésus l'accepte, mais en montre l'insuffisance en demandant comment David peut appeler « Seigneur » son propre fils.
On le rencontreMatthieu 1, 1Matthieu 1, 20Matthieu 9, 27Matthieu 12, 23Matthieu 15, 22Matthieu 20, 30et 10 autres fois
L'Agneau de Dieu
Le titre que Jean Baptiste donne à Jésus en le voyant venir. Il fait entendre à la fois l'agneau de la Pâque, dont le sang sauve les maisons, et le serviteur d'Isaïe « conduit à l'abattoir » sans ouvrir la bouche.
On le rencontreJean 1, 29Jean 1, 36
Le Verbe
du grec Logos, « la parole », « le propos »
Le premier mot de Jean sur le Fils : la Parole par qui tout a été fait, et qui s'est faite chair. Le terme rassemble la parole créatrice de la Genèse — « Dieu dit » — et la Sagesse présente auprès de Dieu avant le monde.
On le rencontreJean 1, 1Jean 1, 9Jean 1, 14
Le Défenseur
du grec paraklêtos, « celui qu'on appelle auprès de soi » : l'avocat
Le nom que Jésus donne à l'Esprit Saint dans le discours d'adieu. On l'a traduit par Paraclet, Consolateur, Avocat, Défenseur : aucun mot français ne suffit seul, car il dit à la fois celui qui assiste, qui plaide et qui console.
On le rencontreJean 14, 16Jean 14, 26Jean 15, 26Jean 16, 7
La parabole
du grec parabolê, « ce qu'on jette à côté » : la comparaison
Un récit tiré de la vie ordinaire — un semeur, une femme qui pétrit, un fils qui s'en va — qui met l'auditeur en demeure de juger, puis de se reconnaître dans son propre jugement. Elle ne force pas la compréhension : elle demande à être écoutée.
On le rencontreMatthieu 13, 3Matthieu 13, 10Matthieu 13, 13Matthieu 13, 18Matthieu 13, 24Matthieu 13, 31et 38 autres fois
L'esprit impur
Autre nom du démon chez les évangélistes. « Impur » non par obscénité, mais parce qu'il exclut du culte et de la communauté celui qu'il tient. Chez Marc, les délivrances sont le premier signe visible que le règne de Dieu s'approche.
On le rencontreMatthieu 10, 1Matthieu 12, 43Marc 1, 23Marc 1, 26Marc 1, 27Marc 3, 11et 12 autres fois
Les choses de la vie
La mangeoire
L'auge où l'on donne à manger aux bêtes — la crèche des vieilles traductions. Luc y couche l'enfant, et en fait le signe donné aux bergers : ils reconnaîtront le Sauveur à ce qu'il est couché là.
On le rencontreLuc 2, 7Luc 2, 12Luc 2, 16Luc 13, 15
Les outres
Des peaux de chèvre cousues, qui servaient de récipients au vin. Neuves, elles se laissent distendre par la fermentation ; vieilles et racornies, elles éclatent. On ne rapièce pas l'ancien : il faut du neuf pour le vin nouveau.
On le rencontreMatthieu 9, 17Marc 2, 22Luc 5, 37Luc 5, 38
Le levain
Un peu de pâte fermentée gardée d'une fournée à l'autre. Ce qui travaille toute la masse sans qu'on le voie : image du Royaume, mais aussi de ce qui corrompt en secret — « le levain des pharisiens ».
On le rencontreMatthieu 13, 33Matthieu 16, 6Matthieu 16, 11Matthieu 16, 12Marc 8, 15Luc 12, 1et 1 autres fois
L'ivraie
Une graminée des blés dont l'épi ressemble à s'y méprendre à celui du froment tant que le grain n'est pas formé, et dont la graine enivre. Toute la parabole tient dans cette ressemblance : on ne peut arracher l'une sans l'autre.
On le rencontreMatthieu 13, 25Matthieu 13, 26Matthieu 13, 27Matthieu 13, 29Matthieu 13, 30Matthieu 13, 36et 2 autres fois
La meule
La pierre du moulin. Celle que Jésus nomme est la grande, celle qu'un âne fait tourner : au cou d'un homme jeté à la mer, elle ne pardonne pas — et il vaut encore mieux cela que de faire tomber un petit.
On le rencontreLuc 17, 2
Le pressoir
La cuve taillée dans le roc où l'on foule le raisin. Avec la clôture et la tour de guet, elle compose le tableau exact de la vigne d'Isaïe, que la parabole des vignerons homicides reprend mot pour mot.
On le rencontreMatthieu 21, 33Marc 12, 1
Le sarment
La tige de l'année sur le cep, celle qui porte le raisin ; coupée, elle sèche aussitôt et ne sert plus qu'au feu. « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. »
On le rencontreJean 15, 2Jean 15, 4Jean 15, 6
Le sycomore
Le figuier-sycomore : arbre de plaine au tronc court et aux fortes branches basses, facile à escalader. C'est ce qui permet à Zachée, petit de taille, de voir passer Jésus.
On le rencontreLuc 19, 4
L'albâtre
Pierre translucide dont on faisait les flacons à parfum. On en brisait le col pour les ouvrir, et l'on ne pouvait plus les refermer : le geste de la femme qui répand le parfum sur la tête de Jésus est sans retour.
On le rencontreMatthieu 26, 7Marc 14, 3Luc 7, 37
Les aromates
Les résines et poudres parfumées dont on entourait le corps avant de le mettre au tombeau — non pour l'embaumer à la manière égyptienne, mais pour honorer le mort et couvrir l'odeur. Les femmes les préparent le vendredi soir et reviendront avec eux le dimanche.
On le rencontreLuc 23, 56Luc 24, 1Jean 19, 40
L'aloès
Bois odorant réduit en poudre, mêlé à la myrrhe pour les sépultures. Nicodème en apporte « environ cent livres » : une quantité de roi.
On le rencontreJean 19, 39
La myrrhe
Résine parfumée et amère, tirée d'un arbuste d'Arabie. Présent des mages ; drogue offerte au crucifié pour l'engourdir, que Jésus refuse ; et parfum de l'ensevelissement.
On le rencontreMatthieu 2, 11Marc 15, 23Jean 19, 39
L'encens
Résine blanche que l'on brûle en offrande. Présent des mages, et parfum de la prière : c'est pendant que la foule prie au-dehors, à l'heure de l'encens, que Zacharie reçoit l'annonce.
On le rencontreMatthieu 2, 11Luc 1, 9Luc 1, 10Luc 1, 11
L'hysope
Petite plante buissonnante dont on faisait un goupillon pour les aspersions rituelles — et notamment pour marquer les portes avec le sang de l'agneau, la nuit de la Pâque. C'est elle qui porte l'éponge à la bouche de Jésus.
On le rencontreJean 19, 29
Le fiel
Une substance amère mêlée au vin, offerte par pitié pour engourdir le supplicié. Jésus goûte et refuse de boire ; Matthieu écrit la scène avec les mots mêmes du psaume 69.
On le rencontreMatthieu 27, 34
Le linceul
La pièce de lin dans laquelle on enveloppait le corps. Joseph d'Arimathie en achète un et descend Jésus de la croix.
On le rencontreMatthieu 27, 59Marc 15, 46Luc 23, 53
Le suaire
Le linge qui couvrait le visage du mort et lui liait le menton. Au matin de Pâques, Jean le voit « roulé à part » : un corps qu'on emporte ne laisse pas ses linges rangés.
On le rencontreJean 11, 44Jean 20, 7
Les bandelettes
Les bandes de toile qui liaient les membres du mort. Lazare sort du tombeau les pieds et les mains encore attachés : il faudra le délier.
On le rencontreJean 11, 44
La tunique
Le vêtement de dessous, porté à même la peau ; le manteau se met par-dessus et sert de couverture la nuit — c'est pourquoi la Loi défendait de le retenir en gage. D'où la force du mot : à qui te prend ta tunique, laisse encore ton manteau.
On le rencontreMatthieu 5, 40Matthieu 10, 10Marc 6, 9Luc 6, 29Luc 9, 3Jean 19, 23
Le joug
La pièce de bois qui attelle ensemble deux bêtes de trait. Les maîtres appelaient « joug de la Loi » l'obéissance aux commandements ; Jésus offre le sien, et dit qu'il est facile à porter.
On le rencontreMatthieu 11, 29Matthieu 11, 30
Les formes retenues sont celles de la traduction officielle liturgique, relevées dans le texte même du site : le glossaire ne gagne rien à nommer un mot qu'on n'y lira jamais. Dans un chapitre, un mot n'est marqué qu'à sa première venue — comme on annote un livre.