Les mots de la messe
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux », « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », « Seigneur, je ne suis pas digne » : on les dit chaque dimanche, on les sait par cœur, et on les lit ici sans toujours s’en apercevoir. Voici d’où viennent les mots de la messe, des sacrements et des prières de chaque jour.
Chaque fiche donne le moment où l’on dit la formule, les mots eux-mêmes, le passage de l’Évangile d’où ils viennent, dans la traduction du site, et ce que l’Église en a gardé ou changé. Les fiches suivent l’ordre de la messe, de l’entrée à l’envoi.
L’ouverture de la messe
Ce qu’on dit en entrant : le nom dans lequel on a été baptisé, un salut, un aveu, un cri, et le chant des anges.
Le signe de la croix
Les premiers mots de la messe
Ce qu’on ditAu nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
Ce sont les mots de l’envoi en mission, ceux dans lesquels chacun a été baptisé. La messe s’ouvre là où la vie chrétienne a commencé : au nom des trois Personnes, prononcé un jour sur le front d’un enfant ou d’un catéchumène. Le signe tracé sur soi rappelle la croix ; le nom dit à qui l’on appartient.
La salutation
Le prêtre salue l’assemblée, et elle répond
Ce qu’on ditLe Seigneur soit avec vous. Et avec votre esprit.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Le salut vient de l’Ancien Testament, où Booz salue ainsi ses moissonneurs (Rt 2, 4). L’Évangile le porte à son comble : l’ange le dit à Marie, et le Seigneur ressuscité le promet aux siens « tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Quand le prêtre le prononce, il ne souhaite pas : il annonce une présence.
Le Confiteor
La préparation pénitentielle
Ce qu’on ditJe confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant vous, frères et sœurs, que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission. Oui, j’ai vraiment péché.
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.lire la suite (1 verset)
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Les mots sont ceux du fils prodigue qui rentre : « Père, j’ai péché ». Le geste (on se frappe la poitrine) est celui du publicain au fond du Temple, que Jésus donne en exemple parce qu’il est reparti justifié. La messe commence donc comme les paraboles de la miséricorde : par un aveu, et par le retour.
Le Kyrie
Après le Confiteor
Ce qu’on ditSeigneur, prends pitié. Ô Christ, prends pitié. Seigneur, prends pitié.
Et voilà que deux aveugles, assis au bord de la route, apprenant que Jésus passait, crièrent : « Prends pitié de nous, Seigneur, fils de David ! »La foule les rabroua pour les faire taire. Mais ils criaient encore plus fort : « Prends pitié de nous, Seigneur, fils de David ! »
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
C’est le cri des malades au bord des routes de Galilée : les deux aveugles de Jéricho, la Cananéenne pour sa fille, les dix lépreux qui appellent de loin. La liturgie l’a gardé aussi en grec, Kyrie eleison, comme on garde un mot venu de très loin. En le disant, l’assemblée se met à la place de ceux que Jésus a guéris, avant de recevoir ce qu’ils ont reçu.
Le Gloria
L’hymne des dimanches et des fêtes
Ce qu’on ditGloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. […] Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père, toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous.
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »
Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
L’hymne s’ouvre par le chant des anges dans la nuit de Bethléem, mot pour mot, et se poursuit par les paroles de Jean-Baptiste montrant Jésus au bord du Jourdain. Entre les deux, l’Église a tressé ses propres louanges (« nous te louons, nous te bénissons… »). Le Gloria dit ainsi les deux commencements de l’Évangile : la naissance et le baptême.
La liturgie de la Parole
Ce qu’on dit autour du livre : l’acclamation qui fait lever l’assemblée, et la foi qu’elle professe après l’avoir écouté.
Le verset avant l’Évangile
L’acclamation qui fait lever l’assemblée
Ce qu’on ditAlléluia. Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ; tu as les paroles de la vie éternelle. Alléluia.
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Mt 4, 4en Carême
Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
L’Alléluia vient des psaumes ; le verset qui l’accompagne est le plus souvent pris à l’Évangile qu’on va lire. Celui-ci, l’un des plus fréquents, joint deux phrases du discours sur le pain de vie : ce que Jésus dit de ses paroles, et ce que Pierre lui répond quand les autres s’en vont. En Carême, l’Alléluia se tait et le verset demeure : celui de Jésus au désert y revient souvent. On se lève pour l’entendre, comme on se lève à l’entrée de quelqu’un.
Le Credo
La profession de foi des dimanches
Ce qu’on ditPar l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »
Le Credo n’est pas une citation : c’est le résumé que l’Église a fait de sa foi, à Nicée et à Constantinople. Mais sa phrase centrale, celle devant laquelle on s’incline, tient en deux versets : l’annonce de l’ange à Marie et le prologue de Jean. Et le mot qui l’ouvre, « je crois », est d’abord un cri dans l’Évangile : celui d’un père qui demande du secours pour son peu de foi.
La liturgie eucharistique
Ce qu’on dit à l’autel : la bénédiction du repas, le cri de Jérusalem, les paroles de la Cène, la prière que le Seigneur a apprise.
La présentation des dons
Le pain et le vin sont apportés à l’autel
Ce qu’on ditTu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : nous avons reçu de ta bonté le pain que nous te présentons, fruit de la terre et du travail des hommes ; il deviendra pour nous le pain de la vie.
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
C’est la bénédiction juive du repas, celle que Jésus prononce sur les pains dans le désert et au soir d’Emmaüs, « levant les yeux au ciel ». La messe reprend ses quatre gestes dans l’ordre : il prit, il bénit, il rompit, il donna. Le prêtre, à l’autel, fait ce que Jésus fit sur l’herbe.
Le Sanctus
L’acclamation qui ouvre la prière eucharistique
Ce qu’on ditSaint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ! Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux.
Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »
et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre. Ils criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d’Israël ! »
Deux cris cousus ensemble. Le premier est celui des séraphins dans la vision d’Isaïe (Is 6, 3). Le second est celui de la foule des Rameaux, quand Jésus entre à Jérusalem sur un ânon : les quatre évangélistes l’ont entendu. L’assemblée dit donc, au moment où le Seigneur va venir sur l’autel, ce que Jérusalem a dit quand il est venu à ses portes.
Les paroles de la consécration
Le cœur de la prière eucharistique
Ce qu’on ditPrenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous. […] Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. »Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.
Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Le missel ne suit pas un seul évangéliste : il tresse les trois récits de la Cène et celui de saint Paul (1 Co 11, 23-25). « Livré pour vous » et « en mémoire de moi » viennent de Luc ; « le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés », de Matthieu ; « prenez », de Marc. Ce sont les seuls mots de la messe que le prêtre dit à la première personne au nom du Christ, et non au sien.
« Mon Seigneur et mon Dieu »
À l’élévation, en silence
Ce qu’on ditMon Seigneur et mon Dieu !
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Ce n’est pas dans le missel : c’est ce que beaucoup disent tout bas quand le prêtre élève l’hostie, et que l’Église recommande depuis saint Pie X. Ce sont les mots de Thomas, huit jours après Pâques, devant les plaies qu’il avait demandé à toucher. Devant l’hostie, on ne voit pas les plaies ; on dit pourtant la même chose, et l’on entend la béatitude qui suit : heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Le Notre Père
La prière que le Seigneur a apprise, avant la communion
Ce qu’on ditNotre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.lire la suite (2 versets)
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »
L’Évangile le donne deux fois : en sept demandes chez Matthieu, en cinq chez Luc, à un disciple qui demandait « apprends-nous à prier ». La messe suit Matthieu. Le prêtre prolonge ensuite la dernière demande (« Délivre-nous de tout mal, Seigneur »), et l’assemblée conclut par une louange qui n’est pas dans l’Évangile, « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire », ajoutée dès les premiers siècles par l’usage de la prière.
La prière pour la paix
Après le Notre Père
Ce qu’on ditSeigneur Jésus Christ, tu as dit à tes Apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » […] Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
La seule prière de la messe adressée au Christ lui-même, et qui le cite mot pour mot : la promesse du soir de la Cène. Le souhait qui suit est le salut du Ressuscité, entrant portes closes au milieu des disciples : « La paix soit avec vous ». Puis l’assemblée se donne la paix, comme Jésus demande de se réconcilier avec son frère avant d’apporter son offrande à l’autel.
La communion
Ce qu’on dit avant de recevoir : les mots du Baptiste qui montre l’Agneau, et ceux du centurion qui ne se croit pas digne.
L’Agnus Dei
Pendant que le prêtre rompt le pain
Ce qu’on ditAgneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous. […] Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, donne-nous la paix.
Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
Les mots de Jean-Baptiste, deux jours de suite, quand il voit Jésus passer : « Voici l’Agneau de Dieu ». L’Église les chante pendant la fraction, puis le prêtre les redit en montrant l’hostie : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde ». C’est le seul moment de la messe où l’on désigne le Christ du doigt, comme le Baptiste l’a fait au bord du Jourdain.
« Seigneur, je ne suis pas digne »
Juste avant de communier
Ce qu’on ditSeigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole, et je serai guéri.
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.C’est pourquoi je ne me suis pas autorisé, moi-même, à venir te trouver. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri !
La prière d’un officier païen de Capharnaüm pour son serviteur malade, que Jésus admire : « chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi ». L’Église y a changé deux mots : « sous mon toit » est devenu « te recevoir », et « mon serviteur sera guéri », « je serai guéri ». Le centurion demandait pour un autre ; chaque communiant demande pour lui-même, avec la même foi.
L’envoi
Ce qu’on dit en partant : la bénédiction de Béthanie, et le mot qui donne son nom à la messe.
La bénédiction
Les derniers mots du prêtre
Ce qu’on ditQue Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit.
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
La messe se ferme par le nom qui l’a ouverte. Le geste vient de Béthanie : Jésus, avant d’être emporté au ciel, lève les mains sur les siens et les bénit, et c’est dans cette bénédiction qu’il les quitte. Luc dit qu’ils retournèrent à Jérusalem « en grande joie » : c’est ainsi qu’on devrait sortir de la messe.
L’envoi
Le dernier mot, celui qui donne son nom à la messe
Ce qu’on ditAllez, dans la paix du Christ. Ou bien : Allez porter l’Évangile du Seigneur.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Ite, missa est : la messe tient son nom de ce renvoi. Le mot « Allez » est celui du Ressuscité sur la montagne de Galilée : « De toutes les nations faites des disciples ». « Dans la paix » est ce que Jésus dit à ceux qu’il a guéris ou pardonnés : « Va en paix ». L’assemblée n’est pas congédiée ; elle est envoyée, comme les Onze.
Les sacrements
Les mots que le prêtre dit une fois sur chacun : en versant l’eau, en pardonnant, en unissant, en faisant l’onction.
Le baptême
Les mots que le prêtre dit en versant l’eau
Ce qu’on ditN., je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
La formule est prise mot pour mot à l’envoi en mission, chez Matthieu. Jean explique ce qui s’y passe : naître de l’eau et de l’Esprit. Les trois Noms sont ceux qui ouvrent et ferment chaque messe : le baptisé les entend sur lui une fois, puis toute sa vie.
L’absolution
Les mots du prêtre à la fin de la confession
Ce qu’on ditPar le ministère de l’Église, qu’il te donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, je te pardonne tous tes péchés. […] Va en paix.
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Le pouvoir de remettre les péchés est donné le soir de Pâques, quand Jésus souffle sur les Apôtres : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ». Le « Va en paix » qui renvoie le pénitent est ce que Jésus dit à la pécheresse qui a baigné ses pieds de larmes. Le prêtre ne pardonne pas en son nom : il dit ce que le Christ a dit, avec le pouvoir qu’il a laissé.
Le mariage
Après l’échange des consentements
Ce qu’on ditCe que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Le prêtre reçoit le consentement des époux, puis dit ce que Jésus a répondu aux pharisiens qui l’interrogeaient sur le divorce : il renvoyait au commencement, à la Genèse, et concluait par cette parole. Elle n’est pas un souhait : elle dit ce qui vient d’avoir lieu. Le sacrement n’ajoute rien aux mots de l’Évangile ; il les fait devenir vrais pour deux personnes.
L’onction des malades
Le prêtre fait une onction d’huile sur le front et les mains
Ce qu’on ditPar cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, te réconforte par la grâce de l’Esprit Saint.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le geste est plus ancien que la formule : quand Jésus envoie les Douze, Marc rapporte qu’ils « faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades ». L’apôtre Jacques en fera une consigne pour les anciens de l’Église (Jc 5, 14-15). L’huile du sacrement est aussi celle que le bon Samaritain verse sur les blessures : le Christ se penche sur celui qui est tombé.
Les prières de chaque jour
Ce que l’Église dit chaque jour, matin et soir, avec les mots de Luc surtout : le salut de l’ange, les trois cantiques, le cri de l’aveugle.
Le Je vous salue Marie
La prière la plus dite après le Notre Père
Ce qu’on ditJe vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
La première moitié est tout entière de l’Évangile : d’abord le salut de l’ange, puis le cri d’Élisabeth quand l’enfant a tressailli en elle. L’Église n’y a mis que deux noms, « Marie » et « Jésus », que les deux versets ne prononcent pas. La seconde moitié (« Sainte Marie, Mère de Dieu ») est une demande que l’Église a ajoutée plus tard. En la disant, on se met à la suite de l’ange et de la cousine : on salue avant de demander.
L’Angélus
Trois fois par jour, quand la cloche sonne
Ce qu’on ditL’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie, et elle conçut du Saint-Esprit. […] Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. […] Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Trois versets et trois Je vous salue Marie, le matin, à midi et le soir. Les deux premiers versets sont l’Annonciation chez Luc, la réponse de Marie en propres termes ; le troisième est le prologue de Jean, qui dit ce qui est arrivé à ce moment-là. On s’incline à ce troisième verset, comme au Credo : c’est la même phrase.
Le Magnificat
Chaque soir, aux Vêpres
Ce qu’on ditMon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.lire la suite (7 versets)
Le cantique de Marie chez sa cousine, que l’Église chante chaque soir aux Vêpres, debout, depuis les premiers siècles. Il est tissé de l’Ancien Testament (le cantique d’Anne, les psaumes), et il annonce déjà l’Évangile : les puissants renversés, les humbles élevés, les affamés comblés. Dans la prière du soir, l’Église prend la voix de Marie pour dire ce que Dieu a fait dans sa journée.
Le Benedictus
Chaque matin, aux Laudes
Ce qu’on ditBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :lire la suite (9 versets)
Le cantique de Zacharie, quand sa langue se délie à la naissance de Jean-Baptiste. L’Église le chante chaque matin aux Laudes, parce qu’il se termine par le lever du jour : « quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres ». Ce que le vieux prêtre a chanté une fois sur son enfant, l’Église le chante sur chaque matin.
Le Nunc dimittis
Chaque nuit, aux Complies
Ce qu’on ditMaintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.Car mes yeux ont vu le salutque tu préparais à la face des peuples :lire la suite (1 verset)
Les mots du vieillard Syméon, l’enfant dans les bras, au Temple. L’Église les dit chaque soir avant de dormir, à Complies : la nuit est l’image de la mort, et l’on s’y couche comme Syméon s’en va, les yeux ayant vu le salut. C’est la dernière parole de la journée liturgique, et elle est de paix.
« En tes mains, Seigneur »
Le répons des Complies, avant la nuit
Ce qu’on ditEn tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.
Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
Le verset d’un psaume (Ps 31 (30), 6) que Jésus fait sien sur la croix, dans un grand cri, avant d’expirer. L’Église le répond chaque soir à Complies, au moment de s’endormir, et le met sur les lèvres des mourants. Ce que Jésus a dit à la dernière heure, le chrétien s’exerce à le dire chaque nuit, pour savoir le dire une fois.
La prière de Jésus
Une invocation à répéter, au rythme du souffle
Ce qu’on ditSeigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
L’Orient chrétien la répète sans fin, et le Catéchisme la recommande (CEC 2667). Elle joint deux cris : celui de l’aveugle Bartimée à la sortie de Jéricho, « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi », et celui du publicain au fond du Temple, qui n’ose pas lever les yeux. Elle contient toute la foi (qui est Jésus) et toute la demande (qui je suis).
« Reste avec nous, Seigneur »
La prière du soir des pèlerins d’Emmaüs
Ce qu’on ditReste avec nous, Seigneur, car le soir approche et déjà le jour baisse.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ce que les deux disciples disent à l’inconnu de la route, sans savoir encore qui il est. L’Église en a fait une prière du soir, et le pape Jean-Paul II a donné ce titre, Mane nobiscum Domine, à sa lettre pour l’année de l’Eucharistie. Le soir où l’on dit ces mots, on demande ce qu’ils ont reçu : qu’il entre, qu’il rompe le pain, qu’on le reconnaisse.
Les formules sont celles du Missel romain en français et de la Liturgie des Heures, citées brièvement ; les passages sont ceux de la traduction officielle liturgique, relevés dans le texte du site. Le catalogue ne retient que ce qui vient des quatre évangiles : le Sanctus doit sa première moitié à Isaïe, l’Alléluia aux psaumes, et la doxologie du Notre Père à l’usage des premiers siècles ; les notes le disent. Ce que l’Église a fait de ces mots est dit dans la ligne de la Présentation générale du Missel romain et du Catéchisme ; les commentaires des Pères, verset par verset, se trouvent sur la page de chaque passage.