Les questions de Jésus

Ce qu’il demande à ceux qu’il rencontre

Jésus enseigne souvent en demandant. « Que cherchez-vous ? » est sa première parole chez saint Jean, « M’aimes-tu ? » presque la dernière ; entre les deux, il pose des questions à Pierre, à Nicodème, à un aveugle, à Pilate, et le lecteur les traverse sans les voir, parce qu’elles sont adressées à d’autres. Voici, pour chacune, à qui il parle, dans quelle circonstance, le texte du passage, et ce que la question demande à qui la lit aujourd’hui.

On peut lire les fiches dans l’ordre, ou prendre celle du jour et la garder toute la journée : la question qu’il a posée à un autre, il la pose encore. Les commentaires des Pères, verset par verset, se trouvent sur la page de chaque passage.

À ceux qui le suivent

Les questions aux disciples, du bord du Jourdain à la nuit de Gethsémani. Jésus ne leur explique pas tout : il leur demande ce qu’ils cherchent, ce qu’ils ont compris, ce qu’ils disent de lui, s’ils veulent partir. Ce sont les questions de quelqu’un qui forme, et qui attend une réponse libre.

Que cherchez-vous ?

Posée aux deux premiers disciples

La circonstance Au bord du Jourdain, Jean-Baptiste vient de désigner Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu. » Deux de ses disciples se mettent à le suivre. Jésus se retourne, et sa première parole dans l’Évangile de Jean est une question.

Le passage Jn 1, 35-39

Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples.Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Il ne leur demande pas qui ils sont ni ce qu’ils veulent, mais ce qu’ils cherchent : c’est la question qu’on pose à quelqu’un qui marche. Les deux répondent par une autre question, « où demeures-tu ? », et il les invite : « Venez, et vous verrez. » Tout appel commence ainsi, par un désir qu’on ne sait pas encore nommer, et par une invitation à venir voir. Quiconque ouvre l’Évangile cherche quelque chose ; la question lui est posée aussi.

Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?

Posée aux disciples, dans la barque

La circonstance La tempête s’est levée sur le lac, la barque se remplit, et Jésus dort à l’arrière sur un coussin. Les disciples le réveillent : « Nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Il menace le vent, le calme se fait, et il se tourne vers eux.

Le passage Mc 4, 38-41

Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

AussiMt 8, 23-27« Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? »Lc 8, 22-25« Où est votre foi ? »

Ce que la question demande La question vient après le calme, non pendant la tempête : Jésus ne reproche pas la peur, mais ce qu’elle révèle. Ils l’avaient dans la barque et se croyaient perdus. Luc la formule autrement, « Où est votre foi ? », comme on cherche un objet qu’on avait sur soi. La foi n’empêche pas la tempête ; elle sait qui est à bord.

Combien de pains avez-vous ?

Posée aux disciples, devant la foule

La circonstance Le soir tombe dans un endroit désert, cinq mille hommes ont écouté Jésus toute la journée, et les disciples lui proposent de les renvoyer. Il répond : « Donnez-leur vous-mêmes à manger », puis demande ce qu’ils ont. Cinq pains, deux poissons.

Le passage Mc 6, 35-44

Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »lire la suite (6 versets)

AussiMt 15, 32-38la seconde multiplicationMc 8, 1-9la seconde multiplicationJn 6, 5-13« Où pourrions-nous acheter du pain ? »

Ce que la question demande Jésus ne demande pas ce qui manque mais ce qu’on a, et il envoie compter : « Allez voir. » Le miracle commence par cet inventaire dérisoire, remis entre ses mains. Chez Jean, la question est posée à Philippe sous une autre forme, « Où pourrions-nous acheter du pain ? », et l’évangéliste précise qu’il la posait « pour le mettre à l’épreuve ». Ce que l’on a ne suffit jamais ; c’est pourtant cela qu’il demande.

Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?

Posée à Pierre, sur les eaux

La circonstance Au milieu de la nuit, Jésus vient vers la barque en marchant sur la mer. Pierre demande à le rejoindre, marche sur l’eau, puis voit la force du vent, a peur et s’enfonce : « Seigneur, sauve-moi ! » Jésus le saisit aussitôt.

Le passage Mt 14, 28-33

Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »lire la suite (2 versets)

Ce que la question demande La question vient une fois Pierre tenu par la main : Jésus sauve d’abord, interroge ensuite. Pierre n’a pas douté de pouvoir marcher, puisqu’il marchait ; il a douté quand il a regardé le vent au lieu de celui qui l’appelait. Le doute dont il s’agit n’est pas celui de l’intelligence, mais celui du regard qui se détourne. La main qui saisit reste tendue.

Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?

Posée aux Douze, à Césarée-de-Philippe

La circonstance Loin de la Galilée, au pied de l’Hermon, Jésus demande d’abord ce que disent les gens : Jean-Baptiste, Élie, Jérémie, un prophète. Puis il retourne la question vers les Douze. Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Le passage Mt 16, 13-17

Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »lire la suite (1 verset)

AussiMc 8, 27-30Lc 9, 18-21

Ce que la question demande C’est la question centrale des évangiles synoptiques, et tout bascule après elle : dès lors Jésus annonce sa Passion. Il ne se contente pas de l’opinion commune ; il demande à chacun sa réponse à lui. Pierre ne l’a pas trouvée seul, dit Jésus : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père ». La foi de l’Église tient dans cette réponse (Catéchisme, n. 424 et 442), et la question reste posée à chaque lecteur, avec le « et vous » qui le vise.

Vous ne comprenez pas encore ?

Posée aux disciples, dans la barque sans pain

La circonstance Après les deux multiplications des pains, les disciples ont oublié d’emporter du pain et s’inquiètent d’une parole de Jésus sur « le levain des pharisiens ». Il les entend discuter et leur pose sept questions de suite, en leur faisant compter les paniers qu’ils ont ramassés.

Le passage Mc 8, 14-21

Les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ! »Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.Jésus s’en rend compte et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ?lire la suite (4 versets)

AussiMt 16, 5-12

Ce que la question demande Jésus ne leur reproche pas d’avoir oublié le pain, mais d’avoir oublié les pains : ils ont vu deux fois la foule nourrie et s’inquiètent encore de la faim. La mémoire fait partie de la foi. Ce que Dieu a fait une fois, il l’a fait pour qu’on s’en souvienne la fois suivante ; la question interroge l’oubli plus que l’ignorance.

De quoi discutiez-vous en chemin ?

Posée aux Douze, à Capharnaüm

La circonstance Sur la route, Jésus vient d’annoncer une seconde fois sa Passion ; les disciples n’ont pas compris et ont peur de l’interroger. Arrivés à la maison, il leur demande de quoi ils parlaient. Ils se taisent : ils discutaient pour savoir lequel était le plus grand.

Le passage Mc 9, 33-37

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Il le savait, et la question est là pour que le silence dise ce qu’ils n’osent pas dire. Alors il s’assied, appelle les Douze, prend un enfant et le met au milieu. La réponse à « qui est le plus grand ? » est un enfant dans les bras. On peut se demander de quoi l’on discute en chemin, quand on croit suivre le Christ, et ce qu’on répondrait s’il le demandait.

Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?

Posée à Jacques et à Jean

La circonstance Les deux fils de Zébédée demandent à siéger à sa droite et à sa gauche dans sa gloire ; chez Matthieu, c’est leur mère qui le demande pour eux. Jésus répond : « Vous ne savez pas ce que vous demandez », et pose la question de la coupe. « Nous le pouvons », disent-ils.

Le passage Mc 10, 35-40

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »lire la suite (2 versets)

AussiMt 20, 20-23

Ce que la question demande La coupe est celle de Gethsémani, « éloigne de moi cette coupe » ; ils ne le savent pas encore, et répondent trop vite. Jésus ne les contredit pas : ils la boiront en effet, dit-il, mais les places ne sont pas à lui à donner. Demander la gloire sans la croix est le réflexe le plus naturel ; la question renverse l’ordre : la coupe d’abord.

Voulez-vous partir, vous aussi ?

Posée aux Douze, à Capharnaüm

La circonstance Dans la synagogue, Jésus vient de dire : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Beaucoup de disciples trouvent la parole « rude » et s’en vont. Il se tourne alors vers les Douze.

Le passage Jn 6, 66-69

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Ce que la question demande Il ne retient personne et n’adoucit rien : il demande. Pierre répond par une question à son tour, « Seigneur, à qui irions-nous ? », et par un acte de foi : « Tu as les paroles de la vie éternelle. » Le Catéchisme fait de ce moment un tournant : la première annonce de l’Eucharistie a divisé les disciples, comme l’annonce de la Passion les a scandalisés (n. 1336). On ne reste pas parce qu’on a compris, mais parce qu’on n’a nulle part ailleurs où aller.

Pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?

Posée aux disciples, à la fin du discours dans la plaine

La circonstance Luc clôt le discours des Béatitudes par cette question, avant la parabole des deux maisons : celle bâtie sur le roc, celle bâtie sans fondations. Matthieu place la même parole à la fin du Sermon sur la montagne, sous forme d’affirmation.

Le passage Lc 6, 46-49

Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble.Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite.Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

AussiMt 7, 21-27la maison sur le roc

Ce que la question demande La question ne vise pas les incroyants mais ceux qui disent « Seigneur », et qui le disent deux fois. Écouter sans faire, c’est creuser sans fondation : la maison tient tant qu’il ne pleut pas. Jésus ne demande pas moins de prière, mais que la prière passe dans les actes ; sinon l’appel même devient la question.

Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

Posée aux Douze, après le lavement des pieds

La circonstance Au soir de la Cène, Jésus s’est levé de table, a pris un linge et lavé les pieds de ses disciples, malgré le refus de Pierre. Puis il reprend son vêtement, se remet à table et leur demande s’ils ont compris.

Le passage Jn 13, 12-17

Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.lire la suite (2 versets)

Ce que la question demande Il ne demande pas s’ils ont vu, mais s’ils ont compris, et il explique : « C’est un exemple que je vous ai donné. » Le geste du serviteur est posé par le Maître et le Seigneur, qui le dit lui-même. L’Église le refait le Jeudi saint. La question reste ouverte chaque fois qu’on tient un rang : a-t-on compris ce que celui-là a fait ?

Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?

Posée à Philippe, au soir de la Cène

La circonstance Jésus vient de dire : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Philippe demande : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus répond avec une tristesse qu’on entend : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! »

Le passage Jn 14, 8-11

Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.

Ce que la question demande « Celui qui m’a vu a vu le Père. » La demande de Philippe est celle de tout homme, voir Dieu ; la réponse est que Dieu s’est rendu visible, et que Philippe le regarde depuis trois ans. Le Catéchisme dit que Jésus est l’image du Dieu invisible et que sa personne révèle le Père (n. 516). La question interroge l’habitude : on peut être depuis longtemps avec lui et ne pas encore le connaître.

Tu donneras ta vie pour moi ?

Posée à Pierre, au soir de la Cène

La circonstance Jésus annonce qu’il s’en va où l’on ne peut le suivre maintenant. Pierre proteste : « Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus reprend ses mots en question, et annonce le triple reniement avant le chant du coq.

Le passage Jn 13, 36-38

Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! »Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois.

AussiLc 22, 31-34« Simon, Simon, Satan vous a réclamés »Mt 26, 33-35Mc 14, 29-31

Ce que la question demande Pierre est sincère, et il ne se connaît pas. Jésus ne rejette pas sa promesse ; il en corrige la date : « tu me suivras plus tard ». Pierre donnera bien sa vie, mais après avoir été relevé, et après avoir appris que c’est Jésus qui donne la sienne le premier. Les générosités qu’on proclame sont interrogées ici, non pour les éteindre, mais pour qu’elles s’appuient sur autre chose que soi.

Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?

Posée à Pierre, à Gethsémani

La circonstance Jésus a demandé aux trois de rester et de veiller, s’est éloigné pour prier dans l’angoisse, et revient les trouver endormis. Il s’adresse à Pierre, par son ancien nom, Simon.

Le passage Mc 14, 37-38

Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

AussiMt 26, 40-41Lc 22, 45-46« Pourquoi dormez-vous ? »

Ce que la question demande Il l’appelle Simon, non Pierre : le rocher dort. La question est douce pourtant, et elle est suivie d’un conseil, non d’un reproche : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Le Catéchisme lit dans cette nuit l’enseignement de la vigilance du cœur (n. 2849). Une heure : c’est la mesure de ce qu’il demande, et de ce qu’on n’a pas tenu.

Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ?

Posée aux Douze, au soir de la Cène

La circonstance Avant de sortir vers le mont des Oliviers, Jésus rappelle aux Douze la mission où il les avait envoyés sans rien emporter. « De rien », répondent-ils. Alors il leur annonce un temps différent, où il faudra bourse, sac, et même une épée : l’heure de la Passion.

Le passage Lc 22, 35-38

Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? »Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. »Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »

Ce que la question demande Il leur fait relire leur propre histoire avant l’épreuve : ils ont déjà expérimenté que rien ne manque quand il envoie. La question bâtit une mémoire de confiance pour la nuit qui vient. Elle s’adresse aussi à qui regarde en arrière : dans ce qu’on a vécu avec lui, a-t-on vraiment manqué de quelque chose ?

À ceux qu’il rencontre

Les questions aux gens d’une fois : un paralysé, un aveugle, une femme dans la foule, un homme riche, une sœur en deuil. Presque toujours, Jésus demande avant de donner : « Veux-tu ? », « Crois-tu ? », « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Il ne force personne.

Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?

Posée à Marie et à Joseph, au Temple

La circonstance Jésus a douze ans. Ses parents l’ont cherché trois jours, angoissés, et le trouvent au milieu des docteurs. « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? », dit sa mère. La première parole de Jésus dans l’Évangile est une double question.

Le passage Lc 2, 46-50

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! »Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande « Il me faut » : le mot reviendra pour la Passion, « il fallait que le Fils de l’homme souffre ». À douze ans, il dit déjà que son Père n’est pas Joseph et que sa place est chez lui. Luc ajoute que ses parents « ne comprirent pas », et que Marie « gardait tout cela dans son cœur ». On peut ne pas comprendre et garder ; c’est ce que fait la Vierge, et c’est ce que demande, à qui aime, une parole qui dépasse.

Femme, que me veux-tu ?

Posée à sa mère, aux noces de Cana

La circonstance Le vin manque aux noces. Marie le dit à Jésus, sans rien demander d’autre. Il répond par cette question, et ajoute : « Mon heure n’est pas encore venue. » Elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Le passage Jn 2, 1-5

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande La question n’est pas un refus : le signe suit. Jésus élève la demande : ce n’est pas seulement du vin qui manque, c’est son « heure », celle de la croix, qui n’est pas venue. Il l’appelle « Femme », comme il l’appellera du haut de la croix, en lui donnant le disciple pour fils. Marie ne discute pas ; elle fait confiance et fait faire. Le Catéchisme y voit sa prière de mère, à laquelle Jésus répond par le premier signe (n. 2618).

Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?

Posée à Nicodème, de nuit

La circonstance Un pharisien, notable, vient trouver Jésus de nuit. Jésus lui parle d’une naissance d’en haut, « de l’eau et de l’Esprit ». Nicodème ne suit pas : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus s’étonne à son tour, puis ajoute : « Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? »

Le passage Jn 3, 9-12

Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage.Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?

AussiJn 3, 1-8l’entretien de nuit

Ce que la question demande Le savoir de Nicodème est réel et il ne suffit pas : naître de nouveau ne s’apprend pas dans les livres. Jésus ne l’humilie pas ; il lui parle plus loin et plus haut que jamais, jusqu’à « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils ». Nicodème reviendra, le défendre au sanhédrin, puis l’ensevelir. La question est pour ceux qui savent : ce qu’ils savent ne les dispense pas de naître.

Veux-tu être guéri ?

Posée au paralysé de la piscine de Bethzatha

La circonstance Sous les cinq colonnades, un homme est malade depuis trente-huit ans, et personne ne le plonge dans l’eau quand elle bouillonne. Jésus le voit, sait depuis combien de temps il est là, et lui pose cette question qui semble inutile.

Le passage Jn 5, 5-9

Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans.Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? »Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. »Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande L’homme ne répond pas oui : il explique pourquoi c’est impossible. Trente-huit ans d’attente ont fait de la maladie une habitude, et la question la dérange. Jésus ne l’attend pas au bord de l’eau ; il commande : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Vouloir être guéri n’est pas si simple quand on s’est installé dans le mal ; c’est cela que la question réveille.

Croyez-vous que je peux faire cela ?

Posée aux deux aveugles qui le suivent

La circonstance Deux aveugles suivent Jésus en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Il ne s’arrête pas dans la rue ; c’est une fois entré dans la maison, quand ils s’approchent, qu’il leur pose la question. « Oui, Seigneur. » Il touche leurs yeux : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »

Le passage Mt 9, 27-31

Tandis que Jésus s’en allait, deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! »Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Ils l’ont appelé « fils de David », titre messianique ; il leur demande s’ils croient, non s’ils l’appellent bien. Le miracle est mesuré à leur réponse. Il y a une foi qui crie et une foi qui répond, quand il n’y a plus de foule et qu’il demande en face. Le Catéchisme dit que les miracles de Jésus appellent la foi et la fortifient (n. 548). La question est brève, la réponse aussi ; tout est là.

Qui a touché mes vêtements ?

Posée dans la foule, à la femme qui l’a touché

La circonstance Une femme malade depuis douze ans, ruinée par les médecins, se dit : « Si je touche seulement son vêtement, je serai sauvée. » Elle le fait par derrière, dans la presse, et elle est guérie. Jésus s’arrête : une force est sortie de lui. Les disciples trouvent la question absurde, la foule l’écrase.

Le passage Mc 5, 27-34

cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »lire la suite (4 versets)

AussiLc 8, 43-48« Qui m’a touché ? »

Ce que la question demande Il ne demande pas pour savoir, mais pour qu’elle se montre. Elle vient, tremblante, dit tout ; et il lui donne ce que la guérison furtive ne donnait pas : un nom, « ma fille », une parole, « ta foi t’a sauvée », et la paix. On peut vouloir de Dieu un bien sans vouloir sa face ; la question fait sortir de la foule et met en face de lui.

Quel est ton nom ?

Posée au possédé du pays des Géraséniens

La circonstance Un homme vit dans les tombeaux, que nul ne peut lier, qui crie et se blesse avec des pierres. Il court vers Jésus, et l’esprit qui le tient crie : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? » Jésus lui demande son nom. « Légion, car nous sommes beaucoup. »

Le passage Mc 5, 6-10

Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant luiet cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! »Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! »Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. »lire la suite (1 verset)

AussiLc 8, 27-33

Ce que la question demande Une seule question, et l’homme perdu devient quelqu’un à qui l’on parle. Il n’a plus de nom, il n’a qu’un nombre, et Jésus le lui demande quand même. Le récit s’achève avec l’homme « assis, vêtu, et revenu à la raison », renvoyé chez lui pour dire ce que le Seigneur a fait pour lui. Devant ce que le mal a défiguré, la première parole est de demander le nom.

Qui est ma mère, et qui sont mes frères ?

Posée à ceux qui lui annoncent sa famille

La circonstance Jésus parle aux foules ; sa mère et ses frères sont dehors et cherchent à lui parler. On le lui dit. Il répond par cette question, puis étend la main vers ses disciples : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père. »

Le passage Mt 12, 46-50

Comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. »Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.lire la suite (1 verset)

AussiMc 3, 31-35Lc 8, 19-21

Ce que la question demande La question n’écarte pas Marie : elle est la première à avoir fait la volonté du Père, « qu’il me soit fait selon ta parole », et Luc le souligne ailleurs (« heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent »). Elle élargit la famille : la parenté avec le Christ ne se reçoit pas par le sang, mais par l’obéissance de la foi. Le lecteur y est inclus, à cette condition.

Tu vois cette femme ?

Posée à Simon le pharisien

La circonstance À table chez Simon, une pécheresse de la ville pleure sur les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux, les couvre de parfum. Simon pense en lui-même : s’il était prophète, il saurait qui elle est. Jésus lui raconte les deux débiteurs, lui demande lequel aimera davantage, puis se tourne vers la femme.

Le passage Lc 7, 44-47

Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

AussiLc 7, 40-43« Lequel des deux l’aimera davantage ? »

Ce que la question demande Simon la voit depuis le début, et c’est précisément ce que Jésus lui demande : la voit-il ? Il a vu une pécheresse ; Jésus lui fait voir quelqu’un qui aime beaucoup, parce qu’on lui a beaucoup pardonné, et il compte ce que l’hôte n’a pas fait : pas d’eau, pas de baiser, pas d’huile. Le regard sur la personne est la question ; le pardon la suit.

Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ?

Posée au docteur de la Loi

La circonstance Un légiste veut mettre Jésus à l’épreuve : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Jésus le renvoie à ce qu’il sait : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Comment lis-tu ? » Puis, à « qui est mon prochain ? », il répond par la parabole du Samaritain et retourne la question.

Le passage Lc 10, 36-37

Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

AussiLc 10, 25-28« Comment lis-tu ? »

Ce que la question demande Le légiste demandait qui est son prochain, c’est-à-dire jusqu’où s’arrête son devoir. Jésus renverse la question : non pas qui est mon prochain, mais de qui je me fais le prochain. Le légiste doit répondre, et il ne parvient pas à dire « le Samaritain » : « celui qui a fait preuve de pitié ». « Va, et toi aussi, fais de même. » La parabole est encadrée par deux questions, et la seconde est pour le lecteur.

Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?

Posée au lépreux samaritain revenu

La circonstance Dix lépreux, à l’entrée d’un village, crient de loin ; Jésus les envoie se montrer aux prêtres, et en chemin ils sont purifiés. Un seul revient, glorifiant Dieu à pleine voix, et se jette à ses pieds : un Samaritain.

Le passage Lc 17, 15-19

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Les dix ont été guéris ; un seul a été sauvé, et c’est à lui que Jésus dit « ta foi t’a sauvé ». Les neuf ont fait ce qu’on leur avait dit, ils sont allés aux prêtres, et ils sont partis. La question n’est pas une plainte : elle mesure l’écart entre recevoir et rendre grâce. Le mot grec de l’action de grâce est celui de l’Eucharistie ; le Samaritain en est la figure, et les neuf autres aussi.

Pourquoi dire que je suis bon ?

Posée à l’homme riche

La circonstance Un homme accourt, se jette à genoux : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus relève d’abord le mot « bon » : « Personne n’est bon, sinon Dieu seul. » Puis il l’envoie aux commandements, et enfin l’appelle à tout vendre et à le suivre.

Le passage Mc 10, 17-22

Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »lire la suite (2 versets)

AussiLc 18, 18-23Mt 19, 16-22« Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? »

Ce que la question demande La question n’est pas une fausse modestie : elle demande à l’homme s’il sait à qui il parle. S’il appelle Jésus « bon », qu’il aille jusqu’au bout du mot. Le Catéchisme lit dans ce dialogue la source de la morale chrétienne : la vie éternelle se demande à Dieu, qui seul est bon, et se reçoit en suivant Jésus (n. 2052 et 2053). L’homme s’en va tout triste, car il a de grands biens ; Marc note que Jésus « posa son regard sur lui et il l’aima ».

Que veux-tu que je fasse pour toi ?

Posée à Bartimée, l’aveugle de Jéricho

La circonstance Un mendiant aveugle, au bord du chemin, entend que c’est Jésus de Nazareth et crie : « Fils de David, prends pitié de moi ! » On veut le faire taire. Jésus s’arrête, le fait appeler ; il jette son manteau, bondit, et Jésus lui pose la question.

Le passage Mc 10, 49-52

Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

AussiLc 18, 35-43Mt 20, 29-34« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »

Ce que la question demande C’est la même question qu’il venait de poser à Jacques et à Jean, qui demandaient les premières places ; Bartimée demande de voir. Jésus ne présume pas ce que veut un aveugle : il le lui fait dire. « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Puis il le suit sur le chemin, celui qui monte à Jérusalem. On peut se demander ce qu’on répondrait, s’il s’arrêtait et demandait.

Crois-tu au Fils de l’homme ?

Posée à l’aveugle-né, chassé de la synagogue

La circonstance L’aveugle de naissance a été guéri, interrogé deux fois par les pharisiens, a tenu bon (« je ne sais qu’une chose : j’étais aveugle, et maintenant je vois ») et a été jeté dehors. Jésus apprend cela, le retrouve, et lui pose la question. « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »

Le passage Jn 9, 35-38

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Ce que la question demande Il a été guéri sans avoir vu Jésus ; il ne le rencontre qu’une fois exclu. La question vient alors, quand il n’a plus rien à perdre : croire. « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » « Je crois, Seigneur », et il se prosterne. Le chapitre va de la vue à la foi, et la foi est la vraie guérison ; les pharisiens qui voient restent aveugles.

Crois-tu cela ?

Posée à Marthe, devant le tombeau de Lazare

La circonstance Lazare est mort depuis quatre jours. Marthe vient au-devant de Jésus : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Et il lui demande si elle croit cela.

Le passage Jn 11, 23-27

Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »lire la suite (1 verset)

AussiJn 11, 40« Ne te l’ai-je pas dit ? »

Ce que la question demande Il ne lui promet pas d’abord le retour de Lazare : il lui dit qui il est, et lui demande sa foi devant un tombeau fermé. Marthe répond par la même confession que Pierre : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu. » La question est posée à toute personne en deuil, avant tout signe, et le signe suit. Chez Jean, Marthe est celle qui croit avant de voir ; Jésus le lui rappellera : « Ne te l’ai-je pas dit ? »

Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ?

Posée à la femme surprise en adultère

La circonstance On a mis la femme au milieu, on demande à Jésus s’il faut la lapider comme Moïse l’ordonne, pour l’accuser lui. Il écrit sur le sol, puis dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Ils s’en vont un à un, en commençant par les plus âgés. Il reste seul avec elle.

Le passage Jn 8, 9-11

Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Ce que la question demande La question lui fait constater elle-même ce qui vient d’arriver : il n’y a plus d’accusateurs. « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Il ne dit pas que la faute n’existe pas ; il ne la condamne pas, et l’envoie vivre autrement. L’Église a toujours tenu ensemble ces deux mots, celui qui relève et celui qui appelle : la miséricorde et l’exigence dans la même phrase.

À ceux qui l’écoutent et à ceux qui le contredisent

Les questions de l’enseignement et de la controverse. Dans les discours, elles font réfléchir à partir de ce que tout le monde sait : le sel, les moineaux, la paille dans l’œil. Devant les adversaires, elles retournent la question posée, et ce sont eux qui doivent répondre.

Si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ?

Posée aux disciples, au début du Sermon sur la montagne

La circonstance Juste après les Béatitudes, Jésus dit aux disciples ce qu’ils sont : le sel de la terre, la lumière du monde. Et il pose la question du sel qui ne sale plus. Marc et Luc la reprennent dans d’autres contextes, avec le même tranchant.

Le passage Mt 5, 13-16

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

AussiMc 9, 50Lc 14, 34-35

Ce que la question demande Le sel ne sert pas à lui-même mais à ce qu’il sale ; un disciple sans saveur ne fait plus rien pour personne. La question n’a pas de réponse dans le texte, et c’est voulu : il n’y a pas de sel de rechange. Marc en tire un précepte : « Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » Elle se pose au chrétien qui s’est fondu dans le monde au point de ne plus s’en distinguer.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ?

Posée aux disciples, au Sermon sur la montagne

La circonstance Jésus vient de dire : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » Il justifie le commandement par deux questions : les publicains, les païens en font autant ; qu’a-t-on de plus ? Et il conclut : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Le passage Mt 5, 43-48

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?lire la suite (2 versets)

AussiLc 6, 32-36

Ce que la question demande La question compare, et la comparaison fait mal : aimer ceux qui nous aiment ne distingue de personne. Le « plus » du chrétien commence exactement là où l’amour cesse d’être rendu. Ce n’est pas un conseil pour les héros : c’est la définition de la perfection du Père, qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Le Catéchisme en fait le cœur de la loi nouvelle (n. 1968 et 2842).

Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?

Posée aux disciples, au Sermon sur la montagne

La circonstance « Ne vous faites pas de souci pour votre vie », dit Jésus, et il montre les oiseaux du ciel et les lis des champs. Au milieu, cette question, qui prend l’inquiétude par son inutilité : elle n’ajoute rien, ni au temps ni à la taille.

Le passage Mt 6, 25-34

C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.lire la suite (6 versets)

AussiLc 12, 22-31

Ce que la question demande Jésus ne dit pas que les soucis n’ont pas d’objet ; il dit qu’ils ne servent à rien, et que le Père sait ce dont on a besoin. La question est presque de bon sens, et c’est par là qu’elle atteint : chacun sait qu’elle est vraie, et chacun se fait du souci. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » Le Catéchisme la rappelle à propos de la demande du pain quotidien (n. 2830).

Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?

Posée aux disciples, au Sermon sur la montagne

La circonstance « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés. » Pour faire entendre le précepte, Jésus prend une image d’atelier, la paille et la poutre, en deux questions, et la conclut d’un mot : « Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil. »

Le passage Mt 7, 1-5

« Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ;de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?lire la suite (1 verset)

AussiLc 6, 41-42

Ce que la question demande L’image est comique, et elle est faite pour l’être : personne ne peut voir clair avec une poutre dans l’œil, et c’est pourtant ainsi qu’on juge. Jésus n’interdit pas de voir la paille du frère ; il commande un ordre : d’abord soi. Alors, dit-il, « tu verras clair » pour aider l’autre. La question se pose chaque fois qu’un jugement monte : de quel œil ?

Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?

Posée aux scribes, devant le paralysé de Capharnaüm

La circonstance Quatre hommes ont percé le toit pour descendre un paralysé devant Jésus. Il lui dit : « Tes péchés sont pardonnés. » Des scribes pensent : c’est un blasphème, Dieu seul peut pardonner. Jésus le sait, et leur pose la question.

Le passage Mc 2, 8-12

Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé –je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »lire la suite (1 verset)

AussiMt 9, 4-8Lc 5, 22-26

Ce que la question demande Dire le pardon est le plus facile, puisque rien ne le vérifie ; le faire est le plus difficile, puisque Dieu seul le peut. Jésus fait alors le plus visible pour prouver le plus invisible : « Lève-toi. » Le Catéchisme lit dans ce récit que Jésus, en pardonnant, exerce le pouvoir divin, et que les scribes ont raison sur un point : Dieu seul pardonne (n. 1441). La question les met devant ce qu’ils ont eux-mêmes énoncé.

Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ?

Posée à ceux qui demandent pourquoi ses disciples ne jeûnent pas

La circonstance Les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent ; ceux de Jésus, non, et on le lui demande. Il répond par l’image de la noce, et annonce déjà le jour « où l’Époux leur sera enlevé ».

Le passage Mc 2, 18-20

Comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.

AussiMt 9, 14-15Lc 5, 33-35

Ce que la question demande Jésus se nomme l’Époux, titre que les prophètes donnaient à Dieu seul pour Israël. Sa présence change le temps : on ne jeûne pas à une noce. Mais la réponse contient la Passion en une ligne, et le jeûne de l’Église est celui de ce jour-là, le Vendredi saint d’abord. La question demande de reconnaître le temps où l’on vit : avec lui ou dans l’attente de lui.

Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ?

Posée aux pharisiens, dans la synagogue

La circonstance Un homme à la main atrophiée est là, et on observe Jésus pour voir s’il guérira un jour de sabbat. Il fait lever l’homme au milieu, et pose la question. « Mais eux se taisaient. » Marc note son regard de colère et de tristesse ; il guérit, et ils sortent pour décider sa perte.

Le passage Mc 3, 1-6

Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée.On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser.Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. »Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient.lire la suite (2 versets)

AussiLc 6, 6-11Mt 12, 9-14la brebis tombée dans un trou

Ce que la question demande La question ne discute pas le sabbat : elle demande à quoi il sert. Ne pas faire le bien qu’on peut faire, c’est déjà faire le mal ; ne pas sauver, c’est laisser mourir. Le silence des pharisiens est leur réponse. Le Catéchisme retient de ces controverses que Jésus donne au sabbat son sens de miséricorde (n. 2173). La question vaut pour toute règle qu’on préfère à la personne qu’elle devait servir.

Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?

Posée aux Douze, dans le discours d’envoi

La circonstance Jésus envoie les Douze et leur annonce persécutions et procès. « Ne craignez pas », dit-il trois fois, et il donne pour raison le prix des moineaux : pas un ne tombe sans le Père. « Vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »

Le passage Mt 10, 28-31

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.

AussiLc 12, 4-7« Cinq moineaux pour deux sous »

Ce que la question demande La question est là pour qu’on réponde soi-même : oui, ils ne valent presque rien ; et pourtant Dieu en tient compte. L’argument va du moins au plus : si le moindre est compté, comment celui qui vaut plus serait-il oublié ? « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. » La providence n’est pas une idée, mais un regard sur ce qui tombe à terre. Le Catéchisme en parle sous le nom de confiance filiale (n. 305).

Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?

Posée aux foules, à propos de Jean-Baptiste

La circonstance Jean, en prison, a envoyé demander à Jésus s’il est celui qui doit venir. Les messagers repartis, Jésus parle de Jean aux foules et leur demande trois fois ce qu’elles sont allées voir au désert : un roseau ? un homme en habits de luxe ? un prophète ? « Oui, et bien plus qu’un prophète. »

Le passage Mt 11, 7-11

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.lire la suite (1 verset)

AussiLc 7, 24-28

Ce que la question demande Il ne répond pas à la question de Jean par une théorie ; il fait l’éloge de Jean à ceux qui sont allés le voir. La question leur demande ce qu’ils cherchaient, comme au début à ses premiers disciples. Un roseau, c’est ce qui plie ; Jean n’a pas plié, et il est en prison pour cela. On peut se demander ce qu’on va chercher quand on va vers Dieu : un spectacle, un confort, ou une parole qui ne plie pas.

Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ?

Posée aux disciples, après la première annonce de la Passion

La circonstance Pierre vient de confesser le Christ, puis de le détourner de la croix : « Passe derrière moi, Satan ! » Jésus dit alors à tous ce qu’il en coûte de le suivre : renoncer à soi, prendre sa croix. Et il pose la question du bilan.

Le passage Mt 16, 24-27

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.

AussiMc 8, 34-37Lc 9, 23-25

Ce que la question demande Elle est posée comme une affaire : gagner tout, perdre sa vie, qu’est-ce qu’on y a gagné ? « Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? » Il n’y a pas de monnaie pour cela. Luc dit « s’il se perd ou se ruine lui-même ». La question a converti des saints, dit-on de François Xavier ; elle ne demande rien d’autre que de faire le compte honnêtement.

Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?

Posée à ceux qui lui rapportent un massacre

La circonstance On lui rapporte que Pilate a fait tuer des Galiléens pendant leurs sacrifices. Jésus répond par une question, en ajoute une seconde sur les dix-huit morts de la tour de Siloé, et conclut les deux fois de même : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »

Le passage Lc 13, 1-5

À ce moment, des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande L’idée que le malheur punit se trouve partout, et Jésus la refuse : les victimes n’étaient pas plus coupables. Mais il ne donne pas d’explication au malheur ; il retourne la question vers ceux qui la posent : et vous ? Le mal subi par d’autres ne dit rien de leur faute, il dit l’urgence de se convertir, et la parabole du figuier qui suit dit la patience de Dieu, encore une année.

Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue ?

Posée aux pharisiens qui récriminent

La circonstance Les publicains et les pécheurs viennent l’écouter, et les pharisiens murmurent : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Jésus répond par trois paraboles, la brebis, la pièce, le fils perdu, et la première commence par une question.

Le passage Lc 15, 1-7

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »Alors Jésus leur dit cette parabole :« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?lire la suite (3 versets)

AussiMt 18, 12-14

Ce que la question demande « Si l’un de vous » : il prend les récriminateurs à témoin de ce qu’ils feraient eux-mêmes, et ils ne peuvent dire non. La question rend évident ce qu’ils trouvaient scandaleux : on cherche ce qui est perdu, et l’on se réjouit de l’avoir retrouvé. Le Catéchisme voit dans ce chapitre l’image même de la miséricorde du Père (n. 1439, sur le fils prodigue). La question demande au lecteur de quel côté il se met : des quatre-vingt-dix-neuf, de la brebis, ou du berger.

Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ?

Posée aux grands prêtres et aux anciens, dans le Temple

La circonstance Après avoir chassé les vendeurs, Jésus enseigne dans le Temple, et les autorités lui demandent par quelle autorité il agit. Il répond qu’il répondra s’ils répondent d’abord à sa question sur Jean. Ils calculent : « du ciel », il dira pourquoi n’avoir pas cru ; « des hommes », la foule s’en prendra à eux. « Nous ne savons pas. »

Le passage Mt 21, 23-27

Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?”Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »lire la suite (1 verset)

AussiMc 11, 27-33Lc 20, 1-8

Ce que la question demande Ils ne cherchent pas la vérité mais la sécurité, et la question les y prend. Jésus ne refuse pas de répondre par ruse : la question sur Jean est la réponse, car celui qui a reconnu Jean sait d’où vient Jésus. Le « nous ne savons pas » d’hommes qui savent est le refus déguisé en ignorance. La question demande si l’on est prêt à répondre quand la réponse engage.

Lequel des deux a fait la volonté du père ?

Posée aux grands prêtres et aux anciens

La circonstance À la suite de la question sur le baptême de Jean, Jésus raconte les deux fils envoyés à la vigne : l’un dit non et y va, l’autre dit « oui, Seigneur » et n’y va pas. Il demande lequel a obéi. « Le premier. » Alors : « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu ».

Le passage Mt 21, 28-32

Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.”Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas.Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Ils répondent juste, et leur réponse les condamne : ils sont le second fils, celui du oui sans les actes. La parabole est courte parce que la question suffit. Elle vaut pour tout croyant qui dit « Seigneur » et n’y va pas, et elle rend l’espérance à ceux qui ont dit non et qui s’en repentent, puisque c’est la fin qui compte, non le premier mot.

Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ?

Posée aux pharisiens et aux hérodiens, sur l’impôt

La circonstance Des envoyés flatteurs demandent s’il est permis de payer l’impôt à César, pour le prendre en faute d’un côté ou de l’autre. Jésus se fait apporter la pièce de l’impôt, et demande de qui elle porte l’image. « De César. » « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Le passage Mt 22, 18-21

Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

AussiMc 12, 13-17Lc 20, 20-26

Ce que la question demande La question fait sortir la pièce de leur poche : ils l’ont sur eux, dans le Temple. L’image de César est sur la monnaie ; l’image de Dieu est sur l’homme, et c’est lui qui est dû à Dieu. Le Catéchisme fonde sur cette parole le devoir du citoyen et sa limite : on ne rend pas à César ce qui est à Dieu (n. 2242). La question demande ce qu’on porte de l’un et de l’autre.

Quel est votre avis au sujet du Christ ? de qui est-il le fils ?

Posée aux pharisiens, dans le Temple

La circonstance Après avoir répondu à toutes leurs questions, Jésus pose la sienne. « De David », disent-ils. Comment donc David, dans le psaume, l’appelle-t-il « mon Seigneur » ? « Personne ne fut capable de lui répondre un mot », et nul n’osa plus l’interroger.

Le passage Mt 22, 41-46

Comme les pharisiens se trouvaient réunis, Jésus les interrogea :« Quel est votre avis au sujet du Christ ? de qui est-il le fils ? » Ils lui répondent : « De David. »Jésus leur réplique : « Comment donc David, inspiré par l’Esprit, peut-il l’appeler “Seigneur”, en disant :Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds” ?lire la suite (2 versets)

AussiMc 12, 35-37Lc 20, 41-44

Ce que la question demande Il ne nie pas d’être fils de David ; il montre qu’il est plus. Le psaume 110 est cité, et l’Église le chante depuis pour dire que le Messie est Seigneur, assis à la droite de Dieu (Catéchisme, n. 439 et 447). La question clôt les controverses : les adversaires ont eu leurs questions, et la dernière, celle de son identité, reste la seule qui compte.

Qui d’entre vous pourrait faire la preuve que j’ai péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?

Posée aux Juifs qui le contredisent, dans le Temple

La circonstance Au cœur d’une dispute violente, où on l’appelle Samaritain et possédé, Jésus pose une question que nul homme n’a jamais posée : qu’on lui montre un péché. Personne ne relève. Et il en tire la conséquence : si on ne le croit pas, ce n’est pas faute de vérité.

Le passage Jn 8, 46-47

Qui d’entre vous pourrait faire la preuve que j’ai péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ?Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. Et vous, si vous n’écoutez pas, c’est que vous n’êtes pas de Dieu. »

Ce que la question demande La question n’est pas de l’orgueil, elle est la simple vérité de celui qui est sans péché, et l’Église la confesse (Catéchisme, n. 602). Elle renverse la charge : ce n’est pas Jésus qu’il faut juger, mais le refus de croire. « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu. » Elle demande d’où vient, quand on ne croit pas, ce qui empêche.

Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Posée aux disciples, après la parabole du juge et de la veuve

La circonstance Jésus a raconté la veuve qui obtient justice à force d’importuner un juge sans conscience, « pour montrer qu’il faut toujours prier sans se décourager ». Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui. Et il finit par cette question, qu’il laisse sans réponse.

Le passage Lc 18, 6-8

Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice !Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ?Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

AussiLc 18, 1-5la veuve et le juge

Ce que la question demande C’est une des rares questions de Jésus sur l’avenir, et elle est tournée vers le lecteur plutôt que vers le ciel : la foi dont il parle est celle qui prie sans se lasser. Elle ne prédit pas l’apostasie ; elle demande à chacun de faire en sorte que la réponse soit oui, chez lui au moins. Le Catéchisme place cette parabole parmi les enseignements sur la persévérance dans la prière (n. 2613).

Dans la Passion et à Pâques

De l’arrestation au bord du lac de Tibériade. Jésus interroge encore Judas, la troupe, le garde qui le frappe, Pilate, puis, au matin de Pâques, Marie Madeleine, les deux d’Emmaüs, Pierre. La dernière question de l’Évangile est « M’aimes-tu ? », et il la pose trois fois.

Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ?

Posée à Judas, à Gethsémani

La circonstance La troupe arrive, Judas en tête ; il s’approche pour embrasser Jésus, le signe convenu. Chez Luc, Jésus l’interpelle par son nom et nomme le geste. Chez Matthieu, il lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »

Le passage Lc 22, 47-48

Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »

AussiMt 26, 47-50« Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »

Ce que la question demande Il l’appelle Judas, et l’appelle ami. La question met en face le signe de l’amitié et l’acte de la trahison, sans autre reproche ; elle est le dernier appel, et Judas n’y répond pas. Jésus se laisse prendre, non parce qu’il ne peut rien, mais parce qu’il se livre. La question reste posée à quiconque donne à Dieu les signes de l’amour tout en le livrant.

Qui cherchez-vous ?

Posée à la troupe venue l’arrêter

La circonstance Judas conduit soldats et gardes avec des lanternes et des armes au jardin. Chez Jean, c’est Jésus qui s’avance et qui interroge, deux fois. « Jésus le Nazaréen. » « C’est moi, je le suis », et ils reculent et tombent à terre.

Le passage Jn 18, 3-8

Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.lire la suite (2 versets)

Ce que la question demande C’est la même question qu’au premier chapitre, « Que cherchez-vous ? », posée aux premiers disciples ; ici elle est posée à ceux qui viennent le prendre, et c’est lui qui commande la scène. « Je le suis » est le nom divin, et la troupe tombe. Puis il demande qu’on laisse partir les siens : le bon Pasteur donne sa vie. La question demande, aux uns et aux autres, ce qu’ils viennent chercher chez lui.

La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ?

Posée à Pierre, qui a tiré l’épée

La circonstance Pierre a frappé le serviteur du grand prêtre et lui a coupé l’oreille. Jésus lui ordonne de remettre l’épée au fourreau, et lui pose la question de la coupe. Chez Matthieu, il ajoute : « Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? » Douze légions d’anges viendraient.

Le passage Jn 18, 10-11

Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »

AussiMt 26, 51-54« Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? »

Ce que la question demande La coupe est celle qu’il a demandé d’éloigner, une heure plus tôt, et qu’il a acceptée : « non pas ma volonté, mais la tienne ». Pierre veut l’en empêcher par l’épée, comme il voulait à Césarée l’en détourner par la parole. La question dit que la Passion n’est pas subie mais reçue du Père, librement (Catéchisme, n. 609). Elle demande à qui veut défendre Dieu s’il ne l’empêche pas plutôt.

Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ?

Posée à ceux qui l’arrêtent

La circonstance Arrêté de nuit, Jésus relève le contraste : chaque jour il enseignait dans le Temple, assis, et personne ne l’a pris. « Mais c’est votre heure et le pouvoir des ténèbres », ajoute Luc.

Le passage Mt 26, 55-56

À ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. »Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les écrits des prophètes. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.

AussiMc 14, 48-49Lc 22, 52-53

Ce que la question demande La question dénonce le procédé sans s’y dérober : on vient de nuit chercher un homme qui parlait en plein jour. Et il ajoute que cela arrive « pour que s’accomplissent les Écritures ». Alors tous les disciples l’abandonnent et prennent la fuite. Le mot de bandit reviendra : il sera crucifié entre deux. La question demande pourquoi l’on vient à Dieu de nuit et armé, quand il se donnait de jour.

Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

Posée au garde qui l’a giflé, chez AnneLa question du jour

La circonstance Interrogé par le grand prêtre sur ses disciples et sa doctrine, Jésus répond qu’il a toujours parlé au grand jour : qu’on interroge ceux qui l’ont entendu. Un garde le gifle : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » Jésus lui répond par cette question.

Le passage Jn 18, 22-23

À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ? Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

Ce que la question demande Il ne tend pas l’autre joue en silence ; il demande raison, sans violence et sans haine, en homme libre devant l’injustice. C’est ainsi que l’Église a compris « présente l’autre joue » : non la passivité, mais le refus de rendre le mal, avec la parole qui appelle l’autre à sa conscience. La question demande au frappeur de dire ce qui justifie le coup ; il n’y a pas de réponse.

Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ?

Posée à Pilate

La circonstance « Es-tu le roi des Juifs ? », demande Pilate. Jésus lui répond par une question, puis lui dit que sa royauté n’est pas de ce monde et qu’il est né pour rendre témoignage à la vérité. Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? », et il sort.

Le passage Jn 18, 33-38

Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »lire la suite (2 versets)

Ce que la question demande Jésus demande à Pilate si c’est sa question à lui, ou celle des accusateurs qu’il répète. Il l’invite à s’interroger pour son compte, au lieu de juger sur rapport. Pilate ne le fera pas : sa question sur la vérité n’attend pas de réponse, et il sort au moment de la recevoir. La question de Jésus vaut pour ce qu’on dit de lui : le dit-on de soi-même, ou parce que d’autres l’ont dit ?

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Posée à son Père, sur la croix

La circonstance Vers la neuvième heure, dans les ténèbres qui couvrent la terre, Jésus crie en araméen le premier verset du psaume 22 : « Éli, Éli, lema sabactani ? » Certains croient qu’il appelle Élie. Puis il pousse un grand cri et rend l’esprit.

Le passage Mt 27, 45-50

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire.lire la suite (2 versets)

AussiMc 15, 33-37

Ce que la question demande C’est la seule question que Jésus pose à son Père, et il la pose avec les mots d’un psaume que tout Juif savait, et qui finit dans la louange : « Les pauvres mangeront, ils seront rassasiés. » Il ne cesse pas de dire « mon Dieu ». Le Catéchisme dit qu’il a pris sur lui l’éloignement du péché pour parler en notre nom, sans être lui-même réprouvé (n. 603), et que ce cri est prière (n. 2605). Quiconque a crié « pourquoi » a un frère sur la croix.

Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?

Posée à Marie Madeleine, au tombeau

La circonstance Au matin de Pâques, Marie Madeleine reste à pleurer devant le tombeau vide. Deux anges lui ont posé la première question ; Jésus, qu’elle prend pour le jardinier, la lui pose de nouveau et y ajoute la seconde. Puis il dit son nom : « Marie ! »

Le passage Jn 20, 14-17

Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Ce que la question demande Il demande à celle qui le cherche qui elle cherche, et elle ne le reconnaît pas tant qu’il n’a pas dit son nom. « Qui cherches-tu ? » est la dernière forme de « Que cherchez-vous ? » du premier chapitre : quelqu’un, non quelque chose. Le Catéchisme rappelle qu’elle est la première à voir le Ressuscité et la première envoyée aux apôtres (n. 641). Les larmes sont interrogées, non blâmées ; et la réponse est un nom.

De quoi discutez-vous en marchant ?

Posée aux deux disciples d’Emmaüs

La circonstance Deux disciples quittent Jérusalem le soir de Pâques, tout tristes. Un inconnu les rejoint et leur demande de quoi ils parlent. Ils s’arrêtent, et Cléophas s’étonne : « Tu es bien le seul à ignorer ce qui s’est passé ! » « Quels événements ? », demande-t-il encore, et ils lui racontent tout.

Le passage Lc 24, 15-19

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »lire la suite (1 verset)

Ce que la question demande Il sait, et il demande, pour qu’ils disent leur déception : « nous espérions ». C’est en les laissant parler qu’il commence à les instruire, puis en leur ouvrant les Écritures, puis en rompant le pain. Le Catéchisme lit dans ce chemin la structure même de la messe, liturgie de la Parole puis liturgie eucharistique (n. 1347). La question invite à dire à Dieu ce qui déçoit, avant de l’entendre.

Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ?

Posée aux deux disciples d’Emmaüs

La circonstance Après les avoir écoutés, l’inconnu les reprend : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! » Et il pose la question de la nécessité de la croix, avant de leur expliquer, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Le passage Lc 24, 25-27

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

AussiLc 24, 44-46aux Onze, le même soir

Ce que la question demande Le scandale des deux est la croix : un prophète puissant, et il est mort. Jésus renverse : il fallait. Non par fatalité, mais parce que c’était le chemin de la gloire annoncé par les prophètes, et voulu dans l’amour (Catéchisme, n. 572). Ils diront ensuite : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous ? » La question demande de relire ce qui a fait mal à la lumière de ce qui était écrit.

Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?

Posée aux Onze, le soir de Pâques

La circonstance Les deux d’Emmaüs racontent encore quand Jésus est là, au milieu d’eux : « La paix soit avec vous ! » Ils croient voir un esprit. Il leur montre ses mains et ses pieds, et, comme ils n’osent y croire, dans leur joie, il demande quelque chose à manger. Un morceau de poisson grillé.

Le passage Lc 24, 36-40

Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »lire la suite (1 verset)

AussiLc 24, 41-43« Avez-vous ici quelque chose à manger ? »Jn 21, 4-6« Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »

Ce que la question demande Il ne reproche pas la peur : il interroge les pensées, et il y répond par des preuves qu’on touche, la chair, les os, le poisson mangé devant eux. La Résurrection n’est pas une idée ni un fantôme ; c’est le même corps, glorifié, qui a faim par bonté pour eux. Le Catéchisme insiste sur ce réalisme (n. 645). Jean rapporte au bord du lac une question semblable : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »

Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?

Posée à Pierre, au bord du lac de Tibériade

La circonstance Après la pêche et le repas sur la braise, Jésus prend Pierre à part et lui pose trois fois la même question, d’abord « plus que ceux-ci ? », puis simplement. Pierre est peiné à la troisième fois. Chaque réponse reçoit la même charge : « Sois le berger de mes brebis. »

Le passage Jn 21, 15-17

Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Ce que la question demande Trois fois, comme les trois reniements devant un feu de braise ; mais Jésus ne parle pas du reniement, il demande l’amour. Pierre ne dit plus « je donnerai ma vie pour toi » ; il dit « tu sais bien que je t’aime », et s’en remet à ce que Jésus sait. Le Catéchisme lit ici la charge pastorale confiée à Pierre (n. 553 et 881) et la conversion après la chute (n. 1429). La question est la dernière de l’Évangile, et la seule que l’on est sûr d’entendre.

Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi.

Posée à Pierre, au sujet du disciple bien-aimé

La circonstance Jésus vient d’annoncer à Pierre par quelle mort il glorifiera Dieu, et lui a dit : « Suis-moi. » Pierre se retourne, voit le disciple que Jésus aimait, et demande : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus le remet à sa propre route.

Le passage Jn 21, 20-23

S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

Ce que la question demande La dernière question de Jésus dans l’Évangile est une question de recadrage : le chemin de l’autre ne regarde pas Pierre. Chacun a son appel et sa mort, et la comparaison des vocations est la tentation la plus ancienne de l’Église. « Toi, suis-moi » : la deuxième personne du singulier, répétée, est le mot de la fin. La question demande de lâcher ce qui arrive aux autres, pour suivre.