La prière dans l’Évangile

Jésus prie, enseigne à prier, et l’on prie Jésus

L’Évangile ne parle pas seulement de la prière : il prie. Jésus prie avant l’aube, toute une nuit, au baptême, sur la montagne, devant un tombeau, à Gethsémani, en croix ; il enseigne à prier, dans le secret, sans rabâcher, avec les mots du Notre Père ; et on le prie, un lépreux, un centurion, une Cananéenne, un aveugle, un larron, et il exauce. Marie prie avant tous, et l’Église chante chaque jour les cantiques de Luc. Voici, pour chaque prière, qui prie, la circonstance, le passage, ce que l’Église en apprend, et les mots à dire.

On peut lire les fiches dans l’ordre du Catéchisme, ou prendre la prière du jour et la dire toute la journée. Le tamis trie par forme : bénédiction, demande, intercession, action de grâce, louange. Les commentaires des Pères, verset par verset, se trouvent sur la page de chaque passage.

Jésus prie

Les prières de Jésus lui-même. Les évangélistes le montrent en prière avant chaque moment décisif : au baptême, avant de choisir les Douze, avant la confession de Pierre, à la Transfiguration, avant sa Passion ; ils ont retenu ses mots devant le tombeau de Lazare, à Gethsémani, en croix. Il prie seul, la nuit, à l’écart, et il porte les hommes dans sa prière. C’est en le regardant prier qu’un disciple a demandé : « apprends-nous ».

« Jésus priait, le ciel s’ouvrit »

Jésus, au Jourdain, après son baptêmeBénédiction et adoration

La circonstance Matthieu et Marc disent que le ciel s’ouvre quand Jésus remonte de l’eau ; Luc seul ajoute qu’il priait. Ce n’est pas un détail : chez Luc, chaque fois que le Père parle ou que l’Esprit descend, Jésus est en prière. Le baptême est la première scène de sa vie publique, et la première chose qu’on le voit faire, avant de parler, avant de guérir, c’est prier.

Le passage Lc 3, 21-22

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Ce que l’Église en apprend Jésus prie avant les moments décisifs de sa mission : avant que le Père ne lui rende témoignage lors de son baptême et de sa Transfiguration, et avant d’accomplir sa Passion (Catéchisme, n. 2600). Au baptême, les cieux ouverts, l’Esprit qui descend et la voix du Père manifestent la Trinité entière (n. 536). La prière n’est pas ce que Jésus fait entre deux actions : c’est le lieu où le Père le nomme.

Pour la dire Père, me voici au commencement de ce jour : ouvre le ciel sur lui, et dis-moi que tu m’aimes.

« Bien avant l’aube, dans un endroit désert »

Jésus, seul, la nuit ou au petit jourBénédiction et adoration

La circonstance À Capharnaüm, après une journée de guérisons et une soirée où toute la ville se pressait à la porte, Jésus se lève avant le jour et sort prier dans un lieu désert ; Simon et les autres le cherchent. Luc en fait une habitude : « il se retirait dans les endroits déserts et il priait ». Après la multiplication des pains, il renvoie la foule et gravit la montagne, seul, le soir venu.

Le passage Mc 1, 35

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.

AussiLc 5, 16l’habitudeMc 6, 46après les painsMt 14, 23seul, le soir venu

Ce que l’Église en apprend Jésus se retire souvent à l’écart, dans la solitude, sur la montagne, de préférence la nuit, pour prier ; il porte les hommes dans sa prière, puisqu’il a assumé l’humanité en s’incarnant, et il les offre au Père en s’offrant lui-même (Catéchisme, n. 2602). Le disciple apprend de là que la prière demande un lieu et un temps qu’on lui donne, et qu’ils se prennent sur le sommeil plutôt que sur les autres.

Pour la dire Seigneur, avant que le jour ne m’emporte, donne-moi un moment de désert avec toi.

« Il passa toute la nuit à prier Dieu »

Jésus, sur la montagne, avant de choisir les DouzeIntercession

La circonstance Avant d’appeler ses disciples et d’en choisir douze, Jésus s’en va dans la montagne et y passe la nuit entière en prière. Le choix des Apôtres, sur lequel l’Église est bâtie, est précédé d’une nuit dont on ne sait rien, sinon qu’elle fut toute de prière. Luc note de même qu’il « était en prière à l’écart » juste avant de demander à Pierre : « Et vous, que dites-vous ? ».

Le passage Lc 6, 12-13

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu.Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres :

AussiLc 9, 18avant la confession de PierreMc 3, 13-14il appelle ceux qu’il voulait

Ce que l’Église en apprend Jésus prie avant les moments décisifs qui vont engager la mission de ses apôtres : avant de choisir et d’appeler les Douze, avant que Pierre ne le confesse comme « le Christ de Dieu » (Catéchisme, n. 2600). Le Fils ne décide rien sans le Père ; ce qu’il demandera aux siens, « priez le maître de la moisson », il l’a fait d’abord, une nuit entière.

Pour la dire Père, avant de choisir, avant de parler, avant d’appeler : que je te demande d’abord.

« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre »

Jésus, sur la montagne, devant Pierre, Jean et JacquesBénédiction et adoration

La circonstance Huit jours après avoir annoncé sa Passion, Jésus prend trois disciples et gravit la montagne « pour prier ». Luc seul le dit, et seul il lie la transfiguration à la prière : c’est pendant qu’il prie que son visage change et que son vêtement devient éblouissant. Moïse et Élie parlent avec lui de son départ à Jérusalem ; la nuée vient, et la voix : « Celui-ci est mon Fils ».

Le passage Lc 9, 28-29

Environ huit jours après avoir prononcé ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.

AussiLc 9, 34-36la voix dans la nuéeMt 17, 1-2Mc 9, 2-3

Ce que l’Église en apprend La Transfiguration est un avant-goût de la gloire pascale : la voix du Père commande d’écouter le Fils, et l’Église y voit annoncée la résurrection (Catéchisme, nn. 555 et 556). Ce qui transfigure n’est pas un effort : c’est la prière, c’est-à-dire le Fils tourné vers le Père. Le disciple qui prie n’en voit pas la lumière sur son propre visage ; le Père la voit.

Pour la dire Père, que ma prière me tourne vers toi assez pour que quelque chose en moi change de visage.

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange »

Jésus, au retour des disciples envoyés en missionLouange

La circonstance Les soixante-douze reviennent joyeux ; Jésus, dit Luc, « exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint », et sa prière jaillit : ce que le Père a caché aux sages, il l’a révélé aux tout-petits. Matthieu place le même cri après les reproches aux villes impénitentes. C’est l’une des rares fois où l’Évangile donne les mots d’une prière de Jésus, et elle commence par bénir.

Le passage Mt 11, 25-27

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

AussiLc 10, 21-22« exulta de joie sous l’action de l’Esprit »

Ce que l’Église en apprend Les évangélistes ont retenu deux prières explicites de Jésus pendant son ministère, et chacune commence par l’action de grâce : la première est celle-ci, où il confesse le Père, le reconnaît et le bénit parce qu’il a caché les mystères du Royaume à ceux qui se croient savants et les a révélés aux tout-petits ; son « oui, Père » est le fond de sa prière, son adhésion à ce que le Père veut (Catéchisme, n. 2603). Louer Dieu pour ce qu’il fait, avant de lui demander quoi que ce soit, est la première leçon.

Pour la dire Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te loue pour ce que tu montres aux petits ; fais-moi assez petit pour le voir.

« Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé »

Jésus, devant le tombeau de Lazare, avant de l’appelerAction de grâce

La circonstance On a enlevé la pierre ; avant de crier « Lazare, viens dehors », Jésus lève les yeux au ciel et rend grâce, non pour ce qui va arriver, mais parce que le Père l’a déjà exaucé. Il dit pourquoi il parle à voix haute : pour que la foule croie que le Père l’a envoyé. C’est la seconde prière de Jésus dont l’Évangile donne les mots, et elle aussi commence par rendre grâce.

Le passage Jn 11, 41-42

On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »

AussiJn 11, 43-44« Lazare, viens dehors ! »

Ce que l’Église en apprend La seconde prière explicite de Jésus est rapportée avant la résurrection de Lazare : l’action de grâce précède l’événement, « Père, je te rends grâce de m’avoir exaucé », ce qui implique que le Père exauce toujours sa demande ; Jésus ajoute aussitôt pourquoi il le dit, « afin qu’ils croient » (Catéchisme, n. 2604). La prière de Jésus est action de grâce d’avance : elle sait que le Père donne.

Pour la dire Père, je te rends grâce : tu m’as déjà exaucé, avant que je sache comment.

« Père, glorifie ton nom ! »

Jésus, à Jérusalem, quand des Grecs demandent à le voirDemande

La circonstance Des Grecs veulent voir Jésus ; il répond que l’heure est venue, que le grain doit mourir pour porter du fruit, et son âme est bouleversée. Il se demande tout haut s’il dira « Père, sauve-moi de cette heure », et ne le dit pas : « Père, glorifie ton nom ». Une voix du ciel répond. Chez Jean, c’est la seule trace de Gethsémani, et elle est dans une prière de quatre mots.

Le passage Jn 12, 27-28

Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »

AussiJn 12, 23-24« l’heure est venue »

Ce que l’Église en apprend Quand son heure est venue, Jésus prie le Père ; sa prière est d’abord souci du nom du Père, qu’il a fait connaître et qu’il glorifie (Catéchisme, nn. 2746 et 2750). La première demande du Notre Père, « que ton nom soit sanctifié », est celle que Jésus fait sienne au seuil de sa Passion (n. 2807). Il apprend au disciple que la demande la plus haute n’est pas d’être épargné, mais que Dieu soit connu.

Pour la dire Père, glorifie ton nom, et si c’est par ce qui me bouleverse, glorifie-le quand même.

« J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas »

Jésus, à la Cène, pour SimonIntercession

La circonstance À table, après avoir donné son corps et son sang, Jésus avertit Simon : Satan vous a réclamés pour vous passer au crible. Il n’annonce pas que Pierre tiendra ; il dit qu’il a prié pour lui, que sa foi ne défaillira pas, et il ajoute ce que Pierre fera « quand il sera revenu » : affermir ses frères. Le reniement est déjà là, entre les lignes, et la prière de Jésus le devance.

Le passage Lc 22, 31-32

Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »

AussiJn 17, 9« c’est pour eux que je prie »

Ce que l’Église en apprend Jésus prie pour que la foi du chef des apôtres ne défaille pas dans la tentation (Catéchisme, n. 2600) ; c’est en vertu de cette prière que Pierre, revenu, pourra affermir ses frères, et l’Église y lit le fondement de la mission confiée à Pierre (n. 552). Jésus est l’unique intercesseur auprès du Père pour tous les hommes (n. 2634) ; la première intercession dont l’Évangile donne les mots est pour un homme qui va le renier.

Pour la dire Seigneur, tu as prié pour Pierre avant sa chute : prie pour moi avant la mienne, et ramène-moi.

« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils »

Jésus, à la fin de la Cène, les yeux levés au cielIntercession

La circonstance Le chapitre 17 de Jean est la plus longue prière de Jésus que l’Évangile ait gardée. Il prie pour lui, que le Père le glorifie ; pour ses disciples, que le Père les garde dans son nom et les sanctifie dans la vérité ; pour ceux qui croiront par leur parole, qu’ils soient un. On l’appelle la prière sacerdotale, parce que Jésus s’y consacre lui-même comme la victime qu’il va être.

Le passage Jn 17, 1-4

Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.

AussiJn 17, 9-11pour ses disciplesJn 17, 20-21pour ceux qui croiront

Ce que l’Église en apprend Quand son heure est venue, Jésus prie le Père ; sa prière, la plus longue transmise par l’Évangile, embrasse toute l’économie de la création et du salut, et elle est appelée « sacerdotale » parce qu’elle est celle du grand prêtre qui s’offre (Catéchisme, nn. 2746 et 2747). Elle demande l’unité des siens, et l’Église la redit dans chaque prière pour l’unité (nn. 820 et 2748). Ce que Jésus demande là, il le demande encore : il est toujours vivant pour intercéder en notre faveur.

Pour la dire Père, garde-moi dans ton nom, sanctifie-moi dans la vérité, et fais-moi un avec ceux que tu m’as donnés.

« Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe »

Jésus, à Gethsémani, tombé à terreDemande

La circonstance Après la Cène, au jardin, Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean, leur dit sa tristesse et s’éloigne d’un jet de pierre. Marc garde le mot araméen, « Abba », le nom que l’enfant donne à son père. La demande est franche, « éloigne de moi cette coupe », et le consentement l’est aussi, « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Luc ajoute l’ange, la sueur de sang, et les disciples endormis de tristesse.

Le passage Mc 14, 32-36

Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »

AussiMt 26, 39« Mon Père, s’il est possible »Lc 22, 41-44l’ange et la sueur de sangMt 26, 42la seconde fois

Ce que l’Église en apprend Avant de se livrer librement, Jésus laisse entrevoir la profondeur de sa prière filiale : « Abba, non pas ma volonté, mais la tienne » (Catéchisme, n. 2605) ; par son agonie, il assume dans sa volonté humaine la volonté du Père, et transforme la coupe en obéissance d’amour (n. 612). La troisième demande du Notre Père, « que ta volonté soit faite », a été dite là, une fois pour toutes, et c’est en lui que nous pouvons la redire (n. 2824).

Pour la dire Abba, Père, tout est possible pour toi : ce que je redoute, éloigne-le ; et si tu ne l’éloignes pas, que ta volonté soit faite, non la mienne.

« Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font »

Jésus, en croix, pendant qu’on tire au sort ses vêtementsIntercession

La circonstance Luc place cette prière au moment même de la crucifixion, entre le clou et le partage des vêtements. Jésus ne s’adresse pas à ceux qui le clouent, mais au Père, et il plaide pour eux : ils ne savent pas. C’est la première de ses paroles en croix chez Luc, et elle accomplit à la lettre ce qu’il avait enseigné : « priez pour ceux qui vous persécutent ».

Le passage Lc 23, 34

Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.

AussiMt 5, 44« priez pour ceux qui vous persécutent »

Ce que l’Église en apprend Jusque dans ses dernières paroles sur la croix, Jésus prie : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Catéchisme, n. 2605). L’Église en tire que nul ne peut être tenu collectivement responsable de sa mort, puisque lui-même a excusé l’ignorance de ceux qui l’ont livré (n. 597). Sa prière pour ses bourreaux est la mesure de la nôtre : le pardon des ennemis n’est pas un conseil, c’est ce que le Crucifié a fait en premier.

Pour la dire Père, pardonne-leur, et pardonne-moi, qui ne sais pas toujours non plus ce que je fais.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Jésus, en croix, à la neuvième heureDemande

La circonstance Matthieu et Marc ne gardent qu’une parole de Jésus en croix, et c’est celle-ci, criée en araméen : les premiers mots du psaume 22, celui que le psalmiste poursuit jusqu’à la louange, « je proclamerai ton nom devant mes frères ». Ceux qui entendent croient qu’il appelle Élie. Jésus prie un psaume, comme tout Juif qui souffre ; il prie donc encore, au moment où il semble ne plus l’être.

Le passage Mt 27, 46

Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

AussiMc 15, 34« Éloï, Éloï »

Ce que l’Église en apprend Toutes les détresses de l’humanité de tous les temps, esclave du péché et de la mort, toutes les supplications et les intercessions de l’histoire du salut sont rassemblées dans ce cri du Verbe incarné ; le Père les accueille et les exauce, au-delà de toute espérance, en ressuscitant son Fils (Catéchisme, n. 2606). Jésus n’a pas connu la réprobation comme s’il avait péché, mais dans l’amour rédempteur il nous a assumés jusque dans notre égarement loin de Dieu (n. 603).

Pour la dire Mon Dieu, mon Dieu, quand je ne te sens plus, que ce cri soit encore une prière, et qu’il finisse comme le psaume.

« Père, entre tes mains je remets mon esprit »

Jésus, en croix, dans un grand cri, avant d’expirerBénédiction et adoration

La circonstance La dernière parole de Jésus chez Luc est encore un psaume, le 31, « en tes mains je remets mon esprit », mais il y ajoute un mot que le psaume n’a pas : « Père ». Il meurt comme il a vécu, en disant Père, et il ne subit pas sa mort, il la remet. Le centurion, qui a vu, rend gloire à Dieu.

Le passage Lc 23, 46

Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.

AussiLc 23, 47le centurion rend gloire à Dieu

Ce que l’Église en apprend Jusque dans ses dernières paroles, Jésus prie, et sa prière filiale va jusqu’à l’abandon total : « Père, en tes mains je remets mon esprit » (Catéchisme, n. 2605). Par sa mort, le Christ a transformé la mort : elle peut devenir la remise de soi entre les mains du Père (n. 1011). L’Église redit ces mots chaque soir à Complies, et les met sur les lèvres de ceux qui meurent.

Pour la dire Père, entre tes mains je remets mon esprit, ce soir et au dernier soir.

À Complies, dans les mots de la messe

« Ayant pris le pain, il prononça la bénédiction »

Jésus, à table, chaque fois qu’il rompt le painAction de grâce

La circonstance Devant cinq mille hommes, Jésus lève les yeux au ciel et bénit avant de rompre ; devant quatre mille, il rend grâce ; à la Cène, il rend grâce sur le pain et dit « ceci est mon corps » ; à Emmaüs, il bénit, rompt, et les deux marcheurs le reconnaissent. C’est le même geste, quatre fois, et c’est la prière juive de la table, la bénédiction du Père pour le pain qui vient de lui.

Le passage Lc 24, 30

Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.

AussiMt 14, 19devant cinq mille hommesMc 8, 6« rendant grâce »Lc 22, 19à la CèneMt 26, 26

Ce que l’Église en apprend L’Eucharistie porte le nom de l’action de grâce : les mots « rendre grâce » et « bénir » que les évangélistes emploient rappellent les bénédictions juives qui proclament les œuvres de Dieu, la création, la rédemption et la sanctification (Catéchisme, n. 1328). Les disciples d’Emmaüs l’ont reconnu à la fraction du pain, et c’est par ce geste que les premiers chrétiens ont désigné leurs assemblées (n. 1329). Chaque repas peut commencer ainsi ; celui de l’autel ne commence pas autrement.

Pour la dire Béni sois-tu, Père, pour ce pain que je reçois de toi ; que je le rompe et que je le donne.

Il enseigne à prier

Ce que Jésus dit de la prière : dans le secret, sans rabâcher, avec les mots qu’il donne, en demandant, en cherchant, en frappant, sans se décourager, humblement, en pardonnant d’abord, en son nom. Trois paraboles chez Luc, un sermon chez Matthieu, un adieu chez Jean. Il n’enseigne pas une technique : il prend le disciple là où il est, et le tourne vers le Père.

« Retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte »

Jésus, dans le Sermon sur la montagneBénédiction et adoration

La circonstance Au milieu du Sermon, Jésus traite des trois œuvres du juste, l’aumône, la prière, le jeûne, et pour chacune il oppose l’hypocrite qui se montre et le disciple qui se cache. Pour la prière : non pas debout aux carrefours, mais dans la pièce la plus retirée, porte fermée, devant « ton Père qui est présent dans le secret ». Il ne condamne pas la prière publique, il en ôte le spectateur.

Le passage Mt 6, 5-6

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

AussiMt 6, 1« pour vous faire remarquer »

Ce que l’Église en apprend Dès le Sermon sur la montagne, Jésus insiste sur la conversion du cœur : prier le Père « dans le secret », sans rabâcher, en pardonnant du fond du cœur (Catéchisme, n. 2608). Le secret n’est pas une cachette : c’est le lieu où l’on est vu du seul Père, et le lieu du cœur, d’où la prière monte (n. 2655 et 2563). Le disciple ferme la porte non pour s’isoler, mais pour n’avoir plus qu’un seul témoin.

« Ne rabâchez pas comme les païens »

Jésus, dans le Sermon sur la montagne, avant de donner le Notre PèreDemande

La circonstance Juste avant de donner les mots du Notre Père, Jésus écarte l’idée qu’on est exaucé à force de paroles : le Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé. Ce n’est pas un argument pour ne pas demander, puisqu’il enseigne aussitôt une prière de demande ; c’est un argument pour demander en enfant, brièvement, à quelqu’un qui sait déjà.

Le passage Mt 6, 7-8

Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.

Ce que l’Église en apprend Jésus enseigne à ne pas rabâcher, parce que le Père sait ce dont nous avons besoin (Catéchisme, n. 2608) ; la prière chrétienne n’est pas une information donnée à Dieu, mais une confiance qui se dit (n. 2736). Le Notre Père, qui suit, est court : sept demandes, et l’Église a toujours tenu qu’il contient tout ce qu’on peut demander (n. 2762 et 2763).

« Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux »

Jésus, dans le Sermon sur la montagne ; chez Luc, à la demande d’un discipleDemande

La circonstance Matthieu place le Notre Père au cœur du Sermon sur la montagne, entre l’aumône et le jeûne ; Luc le donne en réponse à un disciple qui a vu Jésus prier et demande : « apprends-nous ». Sept demandes chez Matthieu, cinq chez Luc, dans le même ordre : d’abord le nom, le règne et la volonté du Père ; puis le pain, le pardon, la tentation. L’Église prie la forme de Matthieu depuis les premiers temps.

Le passage Mt 6, 9-13

Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.

AussiLc 11, 1-4à la demande d’un disciple

Ce que l’Église en apprend La Prière du Seigneur est le résumé de tout l’Évangile, la plus parfaite des prières, et la prière par excellence de l’Église (Catéchisme, nn. 2761, 2763 et 2776) ; Jésus, qui l’enseigne, est aussi le seul à pouvoir dire « Père » en propre, et nous ne le disons qu’en lui (n. 2765 et 2766). Les trois premières demandes nous portent vers la gloire du Père, les quatre autres présentent nos besoins (nn. 2803 à 2806). L’Église la prie trois fois par jour depuis la Didachè, et à chaque messe, avant la communion (n. 2767 et 2770).

Pour la dire Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Le Notre Père, dans les mots de la messe

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira »

Jésus, dans le Sermon sur la montagne ; chez Luc, après l’ami importunDemande

La circonstance Trois verbes, et trois promesses. Jésus les appuie sur la plus simple des comparaisons : quel père donne une pierre à son fils qui demande du pain ? Si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père. Luc précise ce que le Père donne : l’Esprit Saint, et c’est la seule fois où Jésus nomme ce qu’on obtient à coup sûr.

Le passage Mt 7, 7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !

AussiLc 11, 9-13« combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint »

Ce que l’Église en apprend Le cœur décidé à se convertir apprend à prier dans la foi : demander, chercher, frapper, et l’on est entendu (Catéchisme, n. 2609). Le Père donne à ceux qui le lui demandent le don par excellence, l’Esprit Saint, qui contient tous les dons (n. 2671). Jésus ne promet pas qu’on recevra ce qu’on nomme ; il promet qu’on recevra, et que ce sera bon, parce que celui qui donne est un père.

« Même s’il ne se lève pas par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami »

Jésus, dans une parabole, juste après le Notre PèreDemande

La circonstance Un homme réveille son ami au milieu de la nuit pour trois pains, parce qu’un voyageur est arrivé chez lui et qu’il n’a rien à lui offrir. L’ami refuse d’abord, porte fermée, enfants couchés ; il cède au sans-gêne. La parabole ne dit pas que Dieu est cet ami grognon : elle dit que si même lui finit par se lever, combien plus le Père. Elle suit le Notre Père et précède « demandez ».

Le passage Lc 11, 5-8

Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains,car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.”Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.

Ce que l’Église en apprend Luc a transmis trois paraboles principales sur la prière ; la première, l’ami importun, invite à une prière instante : « frappez, et l’on vous ouvrira » ; à celui qui prie ainsi, le Père du ciel donnera tout ce dont il a besoin, et surtout l’Esprit Saint (Catéchisme, n. 2613). Le sans-gêne de l’ami est le nom que l’Évangile donne à la persévérance : on ne dérange pas Dieu.

« Sur la nécessité de toujours prier sans se décourager »

Jésus, dans une parabole, en montant vers JérusalemDemande

La circonstance Luc annonce le sens avant de raconter : une parabole sur la nécessité de prier toujours sans se décourager. Une veuve, c’est-à-dire une femme sans défenseur, revient sans cesse chez un juge qui ne craint ni Dieu ni les hommes ; il lui rend justice pour qu’elle cesse de l’assommer. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? La parabole se ferme sur une question : trouvera-t-il la foi ?

Le passage Lc 18, 1-8

Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager :« Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes.Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.”Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne,comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »lire la suite (3 versets)

Ce que l’Église en apprend La seconde parabole de Luc sur la prière, la veuve importune, est centrée sur l’une des qualités de la prière : il faut prier toujours, sans se lasser, avec la patience de la foi ; « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Catéchisme, n. 2613). Prier sans cesse n’est pas prier sans arrêt : c’est ne pas s’arrêter de revenir (n. 2742 et 2743).

« Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! »

Jésus, dans une parabole, pour ceux qui se croient justesDemandeLa prière du jour

La circonstance Deux hommes montent au Temple. Le pharisien, debout, rend grâce de n’être pas comme les autres, et dit vrai sur ses jeûnes et sa dîme ; le publicain, à distance, n’ose pas lever les yeux, se frappe la poitrine, et demande. C’est le second qui redescend juste. Jésus ne blâme pas la vertu du premier ; il blâme la prière qui n’a plus besoin de Dieu.

Le passage Lc 18, 9-14

À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”lire la suite (1 verset)

Ce que l’Église en apprend La troisième parabole de Luc, le pharisien et le publicain, concerne l’humilité du cœur qui prie : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis » ; l’Église en fait sa prière, le Kyrie eleison (Catéchisme, n. 2613). L’humilité est le fondement de la prière, car l’homme est un mendiant de Dieu (n. 2559), et la demande de pardon est le premier mouvement de la prière de demande (n. 2631). C’est par une confession semblable que s’ouvre la demande du pain et du pardon dans le Notre Père (n. 2839).

Pour la dire Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis.

Le Kyrie, dans les mots de la messe

« Tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu »

Jésus, devant le figuier desséché, sur le chemin du TempleDemande

La circonstance Le figuier maudit la veille a séché jusqu’aux racines ; Pierre le fait remarquer, et Jésus en tire un enseignement sur la foi qui déplace les montagnes, puis sur la prière : croyez que vous l’avez obtenu. Il ajoute aussitôt une condition qui n’est pas une technique : quand vous vous tenez en prière, pardonnez. Le Sermon disait déjà de laisser son offrande devant l’autel pour aller se réconcilier.

Le passage Mc 11, 22-25

Alors Jésus, prenant la parole, leur dit : « Ayez foi en Dieu.Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé !C’est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé.Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes. »

AussiMt 21, 21-22Mt 5, 23-24laisser son offrande devant l’autelMt 6, 14-15« si vous pardonnez »

Ce que l’Église en apprend Jésus enseigne l’audace filiale : « tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà reçu » ; telle est la force de la prière, « tout est possible pour celui qui croit » (Catéchisme, n. 2610). Il enseigne aussi la réconciliation avec le frère avant d’offrir un sacrifice, et le pardon du fond du cœur dans la prière (n. 2608) ; ce pardon est la condition de la cinquième demande du Notre Père, et le flot de la miséricorde ne peut pénétrer un cœur qui refuse de pardonner (n. 2840).

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux »

Jésus, dans le discours sur la vie de l’ÉgliseDemande

La circonstance Après avoir enseigné comment reprendre un frère qui a péché, Jésus promet que la prière de deux disciples accordés sur la terre est obtenue du Père, et il en donne la raison : quand deux ou trois sont réunis en son nom, il est là. Ce n’est pas une prière plus efficace parce qu’on est plusieurs, c’est une prière où lui-même est présent, et c’est lui que le Père exauce.

Le passage Mt 18, 19-20

Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

AussiMt 18, 15-18reprendre un frère

Ce que l’Église en apprend Le Christ est présent à son Église de bien des manières, et d’abord là où deux ou trois sont réunis en son nom (Catéchisme, n. 1373). La prière de l’Église, dans la liturgie, est celle du Christ tout entier, tête et membres, et c’est pourquoi elle est toujours exaucée (n. 1073 et 2655). Le plus petit nombre pour une assemblée chrétienne est deux, et le troisième est lui.

« Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent »

Jésus, dans le Sermon sur la montagne, à la dernière antithèseIntercession

La circonstance La dernière des six antithèses du Sermon renverse « tu haïras ton ennemi » : aimez-les, priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment fils de votre Père, qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Luc ajoute : souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent. La prière est ici la forme concrète que prend l’amour de l’ennemi, quand on ne peut rien faire d’autre.

Le passage Mt 5, 44

Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,

AussiLc 6, 27-28« priez pour ceux qui vous calomnient »Mt 5, 45« fils de votre Père »

Ce que l’Église en apprend Dès le Sermon sur la montagne, Jésus insiste sur l’amour des ennemis et la prière pour les persécuteurs (Catéchisme, n. 2608) ; la prière chrétienne va jusqu’au pardon des ennemis, et transfigure le disciple en le configurant à son Maître (n. 2844). L’intercession chrétienne ne connaît pas de frontières : elle prie même pour ceux qui font du mal (n. 2636). Jésus l’a fait en croix, et Étienne après lui.

Pour la dire Père, je te prie pour celui qui me fait du mal : fais lever ton soleil sur lui comme sur moi.

« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers »

Jésus, devant les foules sans berger, avant d’envoyer les DouzeDemande

La circonstance Jésus a parcouru villes et villages, et il voit les foules fatiguées, comme des brebis sans berger ; il dit à ses disciples que la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. Il ne leur dit pas d’abord « allez » : il leur dit « priez ». C’est seulement au chapitre suivant qu’il les envoie ; et ceux qui prient pour des ouvriers sont ceux qu’il enverra.

Le passage Mt 9, 37-38

Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

AussiLc 10, 2à l’envoi des soixante-douzeMt 9, 36« comme des brebis sans berger »

Ce que l’Église en apprend La prière de foi ne consiste pas seulement à dire « Seigneur, Seigneur », mais à disposer le cœur à faire la volonté du Père ; Jésus appelle ses disciples à porter dans la prière ce souci de coopérer au dessein divin (Catéchisme, n. 2611). L’Église prie ainsi pour les vocations, en obéissance à ce mot, et elle sait que celui qui demande des ouvriers est le premier appelé à en être un.

Pour la dire Maître de la moisson, envoie des ouvriers dans ta moisson ; et si tu me veux, me voici.

« Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation »

Jésus, à Gethsémani, aux disciples endormisDemande

La circonstance À Gethsémani, Jésus revient trois fois vers Pierre, Jacques et Jean, et les trouve endormis ; il leur dit de veiller et de prier pour ne pas entrer en tentation, parce que l’esprit est ardent mais la chair est faible. Il dit de faire ce qu’il fait, au moment où il le fait. Luc l’avait déjà donné au discours sur la fin : restez éveillés et priez en tout temps.

Le passage Mt 26, 41

Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

AussiMc 14, 38Lc 22, 40en arrivant au jardinLc 21, 36« restez éveillés et priez en tout temps »

Ce que l’Église en apprend Jésus appelle ses disciples à la vigilance, celle qui garde le cœur : « veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Catéchisme, nn. 2612 et 2849) ; la dernière demande du Notre Père, « ne nous laisse pas entrer en tentation », est celle-là même, et elle est exaucée dans la prière (n. 2846 et 2863). Le disciple ne demande pas d’être dispensé de l’épreuve : il demande de ne pas y entrer seul, et de ne pas s’endormir.

Pour la dire Seigneur, garde-moi éveillé, et ne me laisse pas entrer en tentation : mon esprit est ardent, ma chair est faible.

« Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai »

Jésus, au discours d’adieu, après la CèneDemande

La circonstance Trois fois, dans le discours après la Cène, Jésus promet que la demande faite en son nom sera exaucée : par lui, pour que le Père soit glorifié ; par le Père, à qui l’on demande en son nom ; et il ajoute qu’on n’a encore rien demandé ainsi. Demander en son nom, ce n’est pas prononcer une formule : c’est demeurer en lui, ses paroles demeurant en nous, comme le sarment sur la vigne.

Le passage Jn 14, 13-14

et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai.

AussiJn 15, 7« demeurez en moi »Jn 16, 23-24« demandez, et vous recevrez »

Ce que l’Église en apprend Quand Jésus confie ouvertement à ses disciples le mystère de la prière au Père, il leur dévoile ce que devra être leur prière lorsqu’il sera retourné vers le Père : demander en son nom, et être exaucé, parce que la prière au Père en son nom est unie à la sienne (Catéchisme, n. 2614). Ce que le Père donne alors, c’est l’Esprit, un autre Défenseur (n. 2615). Il n’y a pas d’autre chemin de prière chrétienne que le Christ (n. 2664).

« Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité »

Jésus, à la Samaritaine, près du puits de JacobBénédiction et adoration

La circonstance La Samaritaine, devant un prophète, pose la question qui divise Juifs et Samaritains : où adorer, sur cette montagne ou à Jérusalem ? Jésus répond que l’heure vient, et c’est maintenant, où l’on adorera le Père en esprit et vérité, ni ici ni là. Il a commencé la conversation en demandant à boire ; c’est lui qui a soif, et il apprend à cette femme à demander l’eau vive.

Le passage Jn 4, 23-24

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »

AussiJn 4, 10« si tu savais le don de Dieu »

Ce que l’Église en apprend « Si tu savais le don de Dieu » : la merveille de la prière se révèle au bord du puits où nous venons chercher de l’eau, et Jésus vient à la rencontre de tout homme, c’est lui qui demande d’abord, Dieu a soif que nous ayons soif de lui (Catéchisme, nn. 2560 et 2561). Le culte en esprit et vérité de la Nouvelle Alliance n’est lié à aucun lieu exclusif ; le Christ est le vrai Temple, et les chrétiens sont le temple de l’Esprit (n. 1179). L’adoration est la première attitude de l’homme devant son Créateur (n. 2628).

« Ma maison sera appelée maison de prière »

Jésus, dans le Temple, en chassant les vendeursBénédiction et adoration

La circonstance Entré dans le Temple, Jésus renverse les tables des changeurs et cite Isaïe, « ma maison sera appelée maison de prière », et Jérémie, « une caverne de bandits ». Marc garde la fin du verset d’Isaïe : « pour toutes les nations ». Le geste n’est pas contre le Temple mais pour lui : Jésus rend la maison à sa prière, et les aveugles et les boiteux viennent y être guéris.

Le passage Mt 21, 13

Il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée maison de prière. Or vous, vous en faites une caverne de bandits. »

AussiMc 11, 17« pour toutes les nations »Lc 19, 46Mt 21, 14les aveugles et les boiteux guéris

Ce que l’Église en apprend Jésus est monté au Temple comme au lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, l’a aimé jalousement comme la maison de son Père, et a chassé les marchands par amour pour lui (Catéchisme, n. 584). L’église, maison de Dieu, est le lieu propre de la prière liturgique de la communauté, et le lieu privilégié de l’adoration du Christ présent dans le Saint-Sacrement (n. 2691). Ce que Jésus a défendu du fouet, l’Église le défend du silence.

On le prie, et il exauce

Les prières adressées à Jésus dans l’Évangile : un lépreux, un centurion, des disciples dans la tempête, un chef de synagogue, une femme qui touche son vêtement, une pécheresse qui pleure, une Cananéenne, un aveugle qui crie, un larron, deux marcheurs d’Emmaüs. Presque toutes tiennent en une phrase, et l’Église les a gardées telles quelles : « Seigneur, je ne suis pas digne », « Prends pitié de moi », « Reste avec nous », « Mon Seigneur et mon Dieu ».

« Si tu le veux, tu peux me purifier »

Un lépreux, tombé à genouxDemande

La circonstance Un lépreux, que la Loi tient à l’écart de tous, s’approche, se prosterne, et ne demande rien : il dit ce que Jésus peut, et le laisse vouloir. Jésus étend la main, le touche, ce qu’on ne fait pas, et reprend ses mots : « je le veux, sois purifié ». Les trois synoptiques racontent la scène, et tous trois gardent la même prière, qui est peut-être la plus juste de l’Évangile.

Le passage Mc 1, 40-41

Un lépreux vient auprès de lui ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »

AussiMt 8, 2-3« Seigneur, si tu le veux »Lc 5, 12-13« un homme couvert de lèpre »

Ce que l’Église en apprend La prière à Jésus est déjà exaucée par lui pendant son ministère, à travers des signes qui anticipent la puissance de sa mort et de sa Résurrection : Jésus exauce la prière de foi exprimée en paroles, et le lépreux est le premier que le Catéchisme nomme (n. 2616). La compassion du Christ envers les malades et ses guérisons sont le signe que Dieu a visité son peuple (n. 1503). Le lépreux n’impose rien à Jésus : il lui remet la décision, et c’est la forme la plus pure de la demande.

Pour la dire Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.

« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit »

Un centurion, à Capharnaüm, pour son serviteurDemande

La circonstance Un officier romain, un païen, prie pour son serviteur malade, et quand Jésus se met en route, il l’arrête : je ne suis pas digne, dis seulement une parole. Il raisonne en soldat : je dis à l’un « va », et il va ; toi aussi, tu commandes. Jésus s’émerveille, « je n’ai pas trouvé une telle foi en Israël », et l’Église a mis cette prière dans la bouche de chacun avant la communion.

Le passage Mt 8, 8

Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.

AussiLc 7, 6-7par des amis envoyésMt 8, 10« une telle foi »

Ce que l’Église en apprend Jésus est émerveillé de la grande foi du centurion romain (Catéchisme, n. 2610) ; avant de recevoir le sacrement, l’Église reprend humblement ses paroles : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri » (n. 1386). C’est la prière d’un homme qui ne demande pas pour lui, qui sait ce qu’une parole peut, et qui n’a pas besoin de voir.

Pour la dire Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et je serai guéri.

Avant la communion, dans les mots de la messe

« Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus »

Les disciples, dans la barque, pendant la tempêteDemande

La circonstance La barque se remplit, Jésus dort. Les disciples le réveillent, et chaque évangéliste garde des mots différents : chez Matthieu une prière, « Seigneur, sauve-nous », chez Marc un reproche, « cela ne te fait rien ? », chez Luc un cri, « Maître, maître ». Jésus les appelle hommes de peu de foi, et menace le vent. Ils ont prié mal, et ils ont été exaucés.

Le passage Mt 8, 25-26

Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.

AussiMc 4, 38« cela ne te fait rien ? »Lc 8, 24« Maître, maître ! »

Ce que l’Église en apprend Jésus s’attriste du « peu de foi » de ses disciples (Catéchisme, n. 2610) ; et pourtant il calme la mer. L’Église se sait dans cette barque : la foi y est petite, la prière y est un cri, et le Seigneur y dort sans être absent. Ce que la fiche apprend, c’est qu’on peut réveiller Dieu, et que « sauve-nous » suffit.

Pour la dire Seigneur, sauve-nous : nous sommes perdus.

« Seigneur, sauve-moi ! »

Pierre, sur l’eau, quand il commence à enfoncerDemande

La circonstance Pierre a demandé à marcher sur l’eau vers Jésus, et il marche ; puis il regarde le vent, il a peur, il enfonce, et il crie deux mots. Jésus étend la main aussitôt, le saisit, et lui reproche son doute après l’avoir sauvé, non avant. C’est la prière la plus courte de l’Évangile, et l’une des plus exaucées.

Le passage Mt 14, 30-31

Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

AussiMt 14, 28-29« ordonne-moi de venir vers toi »

Ce que l’Église en apprend La prière chrétienne s’appuie sur la foi, et Jésus se plaint du doute des siens (Catéchisme, n. 2610) ; mais la main est tendue avant le reproche. Le nom de Jésus veut dire « Dieu sauve », et l’invoquer est toute la prière : « il n’y a pas d’autre nom par lequel nous devions être sauvés » (nn. 432 et 2666). Quand on n’a plus le temps de prier long, il reste ce cri, et il suffit.

Pour la dire Seigneur, sauve-moi.

« Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : tes péchés sont pardonnés »

Quatre porteurs, par le toit, pour un paralyséIntercession

La circonstance Ils sont quatre, et ils ne disent rien : ils portent un homme, ne peuvent entrer, découvrent le toit et descendent le brancard devant Jésus. « Voyant leur foi », dit Marc, et c’est leur foi, non celle du malade, que Jésus voit ; il pardonne d’abord les péchés, puis fait marcher. La prière est ici un trou dans un toit.

Le passage Mc 2, 3-5

Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

AussiLc 5, 18-20par les tuilesMt 9, 2« Confiance, mon enfant »

Ce que l’Église en apprend Jésus exauce aussi la prière de foi exprimée en silence, et les porteurs du paralytique sont ceux que le Catéchisme nomme en premier (n. 2616). Le Christ, médecin des âmes et des corps, a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé (n. 1421), et il a voulu que son Église continue ce pardon (n. 1421). L’intercession n’a pas besoin de mots : porter quelqu’un jusqu’à Jésus est déjà tout dire.

Pour la dire Seigneur, je te porte celui-ci, que je ne peux pas guérir : vois ma foi, et fais pour lui ce que je ne peux pas.

« Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive »

Jaïre, chef de synagogue, pour sa fille mouranteIntercession

La circonstance Un notable de la synagogue tombe aux pieds de Jésus et supplie pour sa fille de douze ans, à la dernière extrémité. Jésus le suit ; en chemin, on annonce que l’enfant est morte, et Jésus dit au père le mot que l’Évangile garde pour ceux qui prient : « ne crains pas, crois seulement ». Il ne fait entrer que le père, la mère et trois disciples, et il prend la main de l’enfant.

Le passage Mc 5, 22-23

Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses piedset le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »

AussiMc 5, 36« Ne crains pas, crois seulement »Lc 8, 41-42une fille uniqueMc 5, 41« Talitha koum »

Ce que l’Église en apprend Jaïre est parmi ceux dont la prière de foi est exaucée par Jésus pendant son ministère : « ne crains pas, crois seulement » (Catéchisme, n. 2616). Les résurrections opérées par Jésus, celle de la fille de Jaïre, du jeune homme de Naïm et de Lazare, annoncent sa propre résurrection, et sont des signes de ce qu’il fera pour tous (n. 994). Un père qui prie pour son enfant est exaucé au-delà de sa demande : il demandait une guérison, il reçoit une résurrection.

Pour la dire Seigneur, viens : celui que j’aime est à la dernière extrémité, et je crois seulement.

« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée »

Une femme malade depuis douze ans, par-derrière, dans la fouleDemande

La circonstance Elle n’ose pas parler : la Loi la rend impure, et tout ce qu’elle touche le devient. Elle se dit une phrase en elle-même, s’approche par-derrière et touche la frange du vêtement. Elle est guérie à l’instant ; mais Jésus la cherche, la fait parler devant tous, et lui donne ce qu’elle n’avait pas demandé : « ma fille, ta foi t’a sauvée, va en paix ».

Le passage Mc 5, 27-28

cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

AussiMt 9, 20-21la frange du vêtementLc 8, 43-44Mc 5, 34« Ma fille, ta foi t’a sauvée »

Ce que l’Église en apprend L’hémorroïsse qui touche son vêtement est, pour le Catéchisme, l’exemple de la prière de foi exprimée en silence, et exaucée (n. 2616). Les malades cherchent à toucher Jésus, « car une force sortait de lui et les guérissait tous », et dans les sacrements il continue à toucher pour guérir (n. 1504). La prière la plus discrète n’échappe pas à Jésus : il sent qu’on l’a touché.

Pour la dire Seigneur, si je parviens à te toucher seulement, je serai sauvé.

« Elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus »

Une pécheresse de la ville, chez Simon le pharisienDemande

La circonstance Chez un pharisien qui l’a invité, une femme connue de toute la ville entre avec un flacon de parfum, se tient derrière Jésus, pleure sur ses pieds, les essuie de ses cheveux, les embrasse, les parfume. Elle ne dit pas un mot. Simon juge en lui-même ; Jésus lui raconte deux débiteurs, et dit à la femme : tes péchés sont pardonnés, ta foi t’a sauvée, va en paix.

Le passage Lc 7, 37-38

Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

AussiLc 7, 47-48« ses nombreux péchés sont pardonnés »Lc 7, 50« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

Ce que l’Église en apprend Les larmes et le parfum de la pécheresse sont, avec le geste de l’hémorroïsse, la prière de foi exprimée en silence que Jésus exauce (Catéchisme, n. 2616). Dieu seul pardonne les péchés, et Jésus le fait, parce qu’il est le Fils de Dieu : « tes péchés sont pardonnés » (n. 1441). La contrition est la première place parmi les actes du pénitent, et elle peut être des larmes avant d’être des mots (n. 1451).

Pour la dire Seigneur, je n’ai pas les mots : reçois mes larmes, et dis-moi que mes péchés sont pardonnés.

« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée »

Une Cananéenne, une païenne, pour sa filleIntercession

La circonstance Hors d’Israël, une femme païenne crie derrière Jésus pour sa fille. Il ne répond pas ; les disciples veulent la renvoyer ; il dit n’être envoyé qu’à Israël ; elle se prosterne, « Seigneur, viens à mon secours » ; il parle des petits chiens ; elle répond par les miettes. Alors il s’émerveille : « grande est ta foi ». Elle a prié quatre fois, et chaque refus a fait grandir sa prière.

Le passage Mt 15, 22-28

Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »lire la suite (2 versets)

AussiMc 7, 25-30une Syro-Phénicienne

Ce que l’Église en apprend Jésus est émerveillé de la grande foi de la Cananéenne (Catéchisme, n. 2610), et sa prière est parmi celles qu’il exauce pendant son ministère : « à cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille » (n. 2616). Le silence de Dieu n’est pas un refus : l’Église apprend de cette mère qu’on peut insister, répondre, et que la foi qui ne lâche pas est ce que Jésus attend (n. 2735 et 2737).

Pour la dire Seigneur, fils de David, prends pitié de moi ; et si tu te tais, je te le redirai.

« Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

Le père d’un enfant possédé, au pied de la montagneDemande

La circonstance Les disciples n’ont pas pu chasser l’esprit ; le père amène l’enfant à Jésus et dit « si tu peux quelque chose ». Jésus lui renvoie son « si » : tout est possible pour celui qui croit. Le père crie aussitôt les deux phrases qui se contredisent et se tiennent : je crois, viens au secours de mon manque de foi. C’est la prière de tous ceux qui croient à moitié, et Jésus guérit l’enfant.

Le passage Mc 9, 23-24

Jésus lui déclara : « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit. »Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

AussiMc 9, 21-22« si tu peux quelque chose »

Ce que l’Église en apprend La foi est un don ; pour vivre, croître et persévérer jusqu’à la fin, nous devons la nourrir de la Parole de Dieu et demander au Seigneur de l’augmenter, comme ce père : « je crois, viens au secours de mon manque de foi » (Catéchisme, n. 162). « Tout est possible pour celui qui croit » : telle est l’audace filiale que Jésus enseigne (n. 2610). Croire n’est pas ne plus douter ; c’est demander à celui qu’on croit de croire mieux.

Pour la dire Je crois, Seigneur ! Viens au secours de mon manque de foi.

« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »

Bartimée, un aveugle, au bord de la route de JérichoDemande

La circonstance Un mendiant aveugle, au bord du chemin, apprend que Jésus de Nazareth passe, et crie. On le rabroue ; il crie plus fort. Jésus s’arrête, le fait appeler, et lui demande ce qu’il veut : « que je retrouve la vue ». Il voit, et il suit Jésus sur le chemin. Deux aveugles chez Matthieu crient les mêmes mots, deux fois ; c’est la prière que l’Évangile répète le plus.

Le passage Mc 10, 47-48

Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »

AussiLc 18, 38-39Mt 20, 30-31deux aveuglesMt 9, 27deux autres, plus tôtMc 10, 51-52« que je retrouve la vue »

Ce que l’Église en apprend La demande pressante des aveugles, « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi », a été reprise dans la tradition de la Prière à Jésus : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur » (Catéchisme, nn. 2616 et 2667). Cette invocation, respirée avec le souffle, est la plus simple des prières continuelles, et elle contient tout : le nom, la confession de foi, la demande (n. 2666 et 2668). On ne lui a pas appris à prier ; il a crié, et on l’a rabroué, et il a crié plus fort.

Pour la dire Jésus, Fils de David, prends pitié de moi.

La prière de Jésus, dans les mots de la messe

« Jésus, maître, prends pitié de nous »

Dix lépreux, à distance, à l’entrée d’un villageDemande

La circonstance Dix lépreux se tiennent à distance, comme la Loi l’exige, et crient ensemble. Jésus ne les touche pas cette fois : il les envoie se montrer aux prêtres, et ils sont purifiés en chemin. Un seul revient, glorifiant Dieu à pleine voix, et se jette aux pieds de Jésus pour lui rendre grâce ; c’est un Samaritain. « Les neuf autres, où sont-ils ? »

Le passage Lc 17, 12-13

Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distanceet lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »

AussiLc 17, 15-16un seul revientLc 17, 17-19« Les neuf autres, où sont-ils ? »

Ce que l’Église en apprend Jésus exauce la prière de foi exprimée en paroles (Catéchisme, n. 2616) ; mais la fiche enseigne surtout ce qui vient après. L’action de grâce caractérise la prière de l’Église, et tout événement, toute chose peut devenir offrande d’action de grâce (n. 2637 et 2638). Dix ont demandé, dix ont reçu, un seul a rendu grâce, et c’est à lui seul que Jésus dit : « ta foi t’a sauvé ».

Pour la dire Jésus, maître, prends pitié de nous ; et quand tu m’auras exaucé, que je revienne te le dire.

« Augmente en nous la foi ! »

Les Apôtres, au Seigneur, sur la route de JérusalemDemande

La circonstance Jésus vient de dire qu’il faut pardonner sept fois par jour à un frère qui revient sept fois ; les Apôtres, qui mesurent la distance, ne demandent pas moins de pardon, ils demandent plus de foi. Jésus répond que la foi gros comme une graine de moutarde déracinerait un arbre : ce n’est pas la quantité qui manque, c’est de s’en servir.

Le passage Lc 17, 5-6

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi.

AussiLc 17, 3-4« sept fois par jour »

Ce que l’Église en apprend Pour vivre, croître et persévérer dans la foi, nous devons prier le Seigneur de l’augmenter, et le Catéchisme cite cette demande des Apôtres avec celle du père de l’enfant (n. 162). La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par lui, et l’on peut la demander comme on demande le pain (n. 153). C’est la prière de ceux qui ont déjà la foi, et qui savent qu’elle ne suffit pas encore.

Pour la dire Seigneur, augmente en moi la foi.

« Seigneur, apprends-nous à prier »

Un disciple, après avoir vu Jésus prierDemande

La circonstance Jésus était en prière, quelque part ; quand il a fini, un disciple lui demande d’apprendre à prier, comme Jean l’a appris aux siens. Il n’a pas demandé une doctrine, il a vu quelqu’un prier et il a voulu prier comme lui. Jésus répond par le Notre Père, puis par l’ami importun, puis par « demandez ». Toute la leçon de prière de Luc tient dans la réponse à cette demande.

Le passage Lc 11, 1

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »

AussiLc 11, 2-4la réponse : le Notre Père

Ce que l’Église en apprend « Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit : Seigneur, apprends-nous à prier » : n’est-ce pas en contemplant son Maître prier que le disciple du Christ désire prier ? Il peut alors l’apprendre du Maître de la prière (Catéchisme, n. 2601). C’est en réponse à cette demande que le Seigneur confie à ses disciples la prière chrétienne fondamentale (n. 2759). La première prière est de demander à savoir prier.

Pour la dire Seigneur, apprends-moi à prier.

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort »

Marthe, à Béthanie, quatre jours après la mort de LazareDemande

La circonstance Marthe court au-devant de Jésus et lui dit son reproche et sa foi dans la même phrase : si tu avais été ici ; mais maintenant encore, je sais que Dieu t’accordera tout. Jésus la conduit de la résurrection au dernier jour à « moi, je suis la résurrection et la vie », et lui demande si elle le croit. Elle répond par la confession la plus complète de l’Évangile de Jean, avant même le miracle.

Le passage Jn 11, 21-27

Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;lire la suite (2 versets)

AussiJn 11, 32Marie dit la même chose

Ce que l’Église en apprend Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne : « moi, je suis la résurrection et la vie » ; c’est lui qui ressuscitera au dernier jour ceux qui auront cru en lui (Catéchisme, n. 994). Marthe prie en disant à Jésus ce qu’elle a sur le cœur, reproche compris, et sa prière devient confession de foi avant d’être exaucée. L’Église a retenu d’elle qu’on peut dire à Dieu « si tu avais été là », pourvu qu’on ajoute « mais maintenant encore ».

Pour la dire Seigneur, si tu avais été là ; mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas te sera accordé.

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle »

Simon-Pierre, à Capharnaüm, quand beaucoup s’en vontBénédiction et adoration

La circonstance Après le discours sur le pain de vie, beaucoup de disciples trouvent la parole trop rude et cessent de le suivre. Jésus demande aux Douze s’ils veulent partir aussi. Pierre ne dit pas qu’il a compris ; il dit qu’il n’a nulle part où aller, que Jésus a les paroles de la vie éternelle, et qu’ils croient. C’est une prière d’adhésion, faite quand on ne comprend pas.

Le passage Jn 6, 68-69

Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

AussiJn 6, 66-67« Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Ce que l’Église en apprend Devant la parole eucharistique, qui est dure, l’Église répond avec Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » ; croire que le Christ nous donne son corps et son sang demande la même adhésion (Catéchisme, n. 1336). Croire n’est pas avoir compris : c’est savoir à qui l’on tient, et rester quand les autres s’en vont.

Pour la dire Seigneur, à qui irais-je ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume »

Un malfaiteur, crucifié à côté de luiDemande

La circonstance Deux malfaiteurs sont crucifiés avec Jésus ; l’un l’insulte, l’autre le reprend, reconnaît sa propre faute et l’innocence de Jésus, et lui parle par son nom : souviens-toi de moi. Il ne demande ni descente de croix ni pardon en forme ; il demande une place dans la mémoire d’un roi qui meurt. Jésus répond « aujourd’hui », et c’est la seule fois où il promet le Paradis à quelqu’un.

Le passage Lc 23, 42-43

Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

AussiLc 23, 40-41« pour nous, c’est juste »

Ce que l’Église en apprend Le bon larron est parmi ceux dont Jésus exauce la prière de foi pendant son ministère (Catéchisme, n. 2616), et sa réponse, « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis », est l’une des paroles de sa prière filiale en croix (n. 2605). Chaque homme reçoit dès sa mort sa rétribution éternelle, et le Catéchisme cite pour l’enseigner ce mot au larron (n. 1021). Il n’a rien fait de bien avant, et il n’a pas eu le temps d’en faire après : il a prié.

Pour la dire Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume.

« Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse »

Les deux disciples d’Emmaüs, au soir de PâquesDemande

La circonstance Ils ont marché avec un inconnu qui leur a ouvert les Écritures, et le cœur leur brûlait ; arrivés au village, il fait semblant d’aller plus loin. Ils le retiennent, parce que le soir tombe. Il entre, prend le pain, bénit, rompt ; ils le reconnaissent, et il disparaît. La prière ne demande rien de précis : elle demande qu’il reste, et c’est à table qu’elle est exaucée.

Le passage Lc 24, 28-29

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

AussiLc 24, 30-32reconnu à la fraction du pain

Ce que l’Église en apprend Les disciples d’Emmaüs l’ont reconnu à la fraction du pain (Catéchisme, n. 1329), et la liturgie eucharistique suit le déroulement même du repas de Jésus avec eux : il explique les Écritures, puis il rompt le pain (n. 1347). L’Église prie « reste avec nous » chaque soir, et sait qu’il reste dans l’Eucharistie, où il ne fait pas semblant d’aller plus loin.

Pour la dire Reste avec nous, Seigneur, car le soir approche et déjà le jour baisse.

« Reste avec nous », dans les mots de la messe

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Thomas, huit jours après Pâques, devant les plaiesBénédiction et adoration

La circonstance Thomas n’était pas là ; il a dit qu’il ne croirait pas sans mettre la main dans le côté. Huit jours après, Jésus vient, portes closes, et lui offre ses plaies. Thomas ne les touche pas, semble-t-il ; il dit cinq mots, qui sont la confession la plus haute des quatre évangiles, et une prière : il ne dit pas « c’est le Seigneur », il dit « mon Seigneur ». Jésus déclare heureux ceux qui croiront sans avoir vu.

Le passage Jn 20, 28

Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

AussiJn 20, 27« Cesse d’être incrédule »Jn 20, 29« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

Ce que l’Église en apprend Thomas, devant le Ressuscité, l’appelle « mon Seigneur et mon Dieu », et l’Église, depuis, confesse ainsi que Jésus est Dieu (Catéchisme, n. 448). Ces mots sont devenus la prière silencieuse de beaucoup à l’élévation, quand le Corps du Christ est montré. La foi de Thomas est née d’une plaie vue ; la nôtre, d’une parole crue ; la prière est la même.

Pour la dire Mon Seigneur et mon Dieu.

Le nom « Seigneur », dans les noms de Jésus

« Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime »

Pierre, au bord du lac, après Pâques, à la troisième questionBénédiction et adoration

La circonstance Après la pêche et le repas sur la braise, Jésus demande trois fois à Simon s’il l’aime, et Pierre, qui a renié trois fois, est peiné à la troisième. Il ne proteste plus de sa force comme avant la Passion ; il s’en remet à ce que Jésus sait. Trois fois, Jésus lui confie ses brebis, et lui annonce sa mort. La prière de Pierre est un aveu d’amour appuyé sur l’omniscience de l’aimé.

Le passage Jn 21, 17

Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

AussiJn 21, 15-16les deux premières fois

Ce que l’Église en apprend La conversion de saint Pierre après le triple reniement en témoigne : le regard de miséricorde de Jésus provoque les larmes du repentir, et, après la Résurrection, la triple affirmation de son amour (Catéchisme, n. 1429). Aimer le Seigneur en s’en remettant à ce qu’il sait de nous est la forme la plus humble de l’adoration : Pierre ne dit plus « je », il dit « tu sais ».

Pour la dire Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.

Marie prie, et les cantiques de l’enfance

La prière de Marie, à l’Annonciation et à Cana, et les cantiques que Luc a placés au seuil de l’Évangile : le Magnificat, le Benedictus, le Gloria des anges, le cantique de Syméon. Ce sont les prières des pauvres de Dieu qui voient s’accomplir la promesse ; l’Église les chante chaque jour, aux Vêpres, aux Laudes, à la messe et à Complies.

« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole »

Marie, à Nazareth, à l’ange GabrielBénédiction et adoration

La circonstance L’ange a annoncé un fils, le Fils du Très-Haut, et répondu à la question de Marie par l’Esprit Saint et par le signe d’Élisabeth ; Marie répond par une phrase que l’Église appelle le « fiat », d’après le latin de « que tout m’advienne ». Ce n’est pas une résignation : c’est une prière, qui remet tout à la parole entendue, et l’ange peut la quitter.

Le passage Lc 1, 38

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

AussiLc 1, 34-35« Comment cela va-t-il se faire ? »

Ce que l’Église en apprend La prière de Marie nous est révélée à l’aurore de la plénitude des temps : sa prière coopère de façon unique au dessein du Père, à l’Annonciation pour la conception du Christ (Catéchisme, n. 2617). Marie a répondu par l’obéissance de la foi, « voici la servante du Seigneur », et en donnant son consentement à la parole de Dieu elle est devenue Mère de Jésus (n. 494). L’Église le redit à l’Angélus, trois fois par jour : c’est la prière de qui accepte ce qu’il n’a pas choisi.

Pour la dire Voici ton serviteur, Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole.

L’Angélus, dans les mots de la messe

« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni »

Élisabeth, remplie de l’Esprit Saint, à Marie qui entre chez elleBénédiction et adoration

La circonstance Marie salue Élisabeth ; l’enfant tressaille dans le sein de sa mère, et Élisabeth, remplie de l’Esprit, s’écrie d’une voix forte. Elle bénit Marie, bénit le fruit de ses entrailles, s’étonne que la mère de son Seigneur vienne à elle, et proclame heureuse celle qui a cru. L’ange avait dit « je te salue, comblée de grâce » ; Élisabeth dit la suite, et l’Ave Maria est né de ces deux voix.

Le passage Lc 1, 42-45

et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

AussiLc 1, 28« Je te salue, Comblée-de-grâce »

Ce que l’Église en apprend L’Ave Maria est fait des paroles de l’ange et de celles d’Élisabeth : « tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni » ; c’est la bénédiction d’Élisabeth que l’Église reprend, remplie du même Esprit (Catéchisme, nn. 2676 et 2677). Prier Marie, c’est d’abord la bénir avec Élisabeth, et bénir avec elle le fruit qu’elle porte.

Pour la dire Je te salue, Marie, comblée de grâce ; tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni.

Le Je vous salue Marie, dans les mots de la messe

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur »

Marie, chez Élisabeth, en réponse à sa bénédictionLouange

La circonstance Élisabeth a béni Marie ; Marie répond en bénissant Dieu. Son cantique est tissé de l’Écriture, du cantique d’Anne et des psaumes : le Puissant a fait pour elle des merveilles, il disperse les superbes, renverse les puissants, élève les humbles, comble les affamés, se souvient de sa promesse à Abraham. Elle ne parle pas d’elle plus de deux versets ; le reste est pour Dieu et pour les pauvres.

Le passage Lc 1, 46-49

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !

AussiLc 1, 50-55les puissants et les humbles

Ce que l’Église en apprend Le cantique de Marie, le Magnificat, est à la fois le chant de la Mère de Dieu et celui de l’Église, action de grâce pour la plénitude des grâces répandues, et chant des « pauvres » dont l’espérance est comblée (Catéchisme, n. 2619). L’Église, depuis les temps les plus anciens, honore Marie et voit s’accomplir en elle « tous les âges me diront bienheureuse » (n. 971). Elle chante le Magnificat chaque soir aux Vêpres : c’est la louange que l’Église a reçue d’une jeune fille.

Pour la dire Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur.

Le Magnificat, dans les mots de la messe

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple »

Zacharie, rempli de l’Esprit Saint, à la circoncision de JeanBénédiction et adoration

La circonstance Zacharie était muet depuis qu’il avait douté de l’ange ; sa langue se délie quand il écrit le nom de Jean, et sa première parole est une bénédiction. Il bénit Dieu qui visite son peuple, se souvient de l’alliance et du serment à Abraham ; puis il se tourne vers l’enfant, « toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut », et finit sur l’astre d’en haut qui vient illuminer ceux qui sont dans les ténèbres.

Le passage Lc 1, 68-71

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,

AussiLc 1, 76-79à l’enfant, et l’astre d’en haut

Ce que l’Église en apprend Jean-Baptiste est le précurseur immédiat du Seigneur, « prophète du Très-Haut », rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère (Catéchisme, nn. 523 et 717). La bénédiction, qui exprime le mouvement de fond de la prière chrétienne, monte vers le Père parce qu’il a béni le premier (n. 2626). L’Église chante le Benedictus chaque matin aux Laudes, à l’heure où l’astre d’en haut se lève.

Pour la dire Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.

Le Benedictus, dans les mots de la messe

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime »

Une troupe céleste innombrable, aux bergers, dans la nuit de BethléemLouange

La circonstance L’ange a annoncé aux bergers un Sauveur, le Christ, le Seigneur, et donné le signe de la mangeoire ; soudain, une troupe céleste loue Dieu. Deux lignes : la gloire à Dieu, la paix aux hommes. Les bergers vont, voient, et reviennent en glorifiant Dieu à leur tour. C’est la louange la plus brève de l’Évangile, et la première que des hommes aient entendue à la naissance de Jésus.

Le passage Lc 2, 13-14

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

AussiLc 2, 20les bergers glorifient Dieu à leur tour

Ce que l’Église en apprend Les anges entourent toute la vie du Christ, et à sa naissance leur chant de louange, « Gloire à Dieu au plus haut des cieux », ne cesse de retentir dans la louange de l’Église (Catéchisme, n. 333). La gloire de Dieu s’est manifestée dans la pauvreté d’une étable, et les premiers témoins en sont des bergers (n. 525). Le Gloria de la messe s’ouvre par ces mots, et l’Église les chante depuis les premiers siècles, en y ajoutant tout ce qu’elle a appris depuis.

Pour la dire Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.

Le Gloria, dans les mots de la messe

« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix »

Syméon, dans le Temple, l’enfant dans les brasAction de grâce

La circonstance Un vieil homme juste attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit lui avait promis qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ. Il vient au Temple poussé par l’Esprit, reçoit l’enfant dans ses bras, et bénit Dieu : il peut partir, ses yeux ont vu le salut, lumière des nations et gloire d’Israël. Puis il annonce à Marie l’épée. C’est la prière de qui a vu ce qu’il attendait et n’a plus rien à retenir.

Le passage Lc 2, 28-32

Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.Car mes yeux ont vu le salutque tu préparais à la face des peuples :lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

AussiLc 2, 25-26« il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ »Lc 2, 34-35l’épée annoncée à Marie

Ce que l’Église en apprend La Présentation de Jésus au Temple le montre comme le Premier-né qui appartient au Seigneur ; avec Syméon et Anne, c’est toute l’attente d’Israël qui vient à la rencontre de son Sauveur, et Syméon le salue comme la lumière des nations et la gloire d’Israël (Catéchisme, n. 529). L’Église prie le cantique de Syméon chaque soir à Complies, avant de dormir, comme on s’exerce à mourir en paix.

Pour la dire Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix : mes yeux ont vu ton salut.

Le Nunc dimittis, dans les mots de la messe

« Ils n’ont pas de vin »

Marie, à Cana, à son fils, pendant la noceIntercession

La circonstance Le vin manque, et la mère de Jésus le lui dit, sans rien demander d’autre. Jésus répond que son heure n’est pas venue ; elle ne discute pas, et dit aux serviteurs : « tout ce qu’il vous dira, faites-le ». Six jarres d’eau deviennent du vin, le premier des signes, et les disciples croient. Marie a prié en constatant un manque, et en préparant l’obéissance.

Le passage Jn 2, 3-5

Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

AussiJn 2, 11« le commencement des signes »

Ce que l’Église en apprend L’Évangile révèle comment Marie prie et intercède dans la foi : à Cana, elle prie son Fils pour les besoins d’un repas de noces, signe d’un autre repas, celui des noces de l’Agneau (Catéchisme, n. 2618). L’Église attache une grande importance à la présence de Jésus aux noces de Cana, où elle voit la confirmation de la bonté du mariage (n. 1613). Marie ne dit pas à Jésus quoi faire ; elle lui dit ce qui manque, et dit aux autres de l’écouter. C’est toute son intercession, et elle n’a pas changé.

Pour la dire Seigneur, ils n’ont pas de vin ; et moi, ce qu’il me dira, je le ferai.