L'Évangile du jour
Lundi 26 octobre 2026
Lundi de la 30e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Cette fille d’Abraham, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »
Alléluia. Alléluia.
Ta parole, Seigneur, est vérité ;
dans cette vérité, sanctifie-nous.
Alléluia.
10Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat.11Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser.12Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »13Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.14Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. »15Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ?16Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »17À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ep 4, 32 – 5, 8« Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés »
- Psaume Ps 1, 1-2, 3, 4.6
Comprendre ce passage
La guérison de la femme courbée, un jour de sabbatLuc 13, 10-17
La synagogue et l'enseignement du sabbat
La scène se déroule dans une synagogue, lieu de prière, de lecture de la Loi et d'enseignement où, le sabbat, un homme reconnu pouvait commenter l'Écriture. Jésus y « enseignait », comme à Nazareth ou à Capharnaüm (4, 16-31), exerçant un ministère public et accepté. C'est la dernière fois, chez Luc, qu'on le voit prêcher dans une synagogue : le conflit qui s'y noue annonce déjà la rupture grandissante entre Jésus et les responsables religieux d'Israël.
Une femme courbée depuis dix-huit ans
Au milieu de l'assemblée se tient une femme « toute courbée, incapable de se redresser », et cela depuis dix-huit ans, à cause d'« un esprit d'infirmité ». Le langage de Luc, lui-même réputé médecin, joint l'observation clinique au regard spirituel : derrière le mal physique se devine une puissance d'oppression. Son corps plié vers la terre, qui ne peut plus lever les yeux vers le ciel, dit toute une vie de fardeau, d'enfermement et d'humiliation silencieuse.
Délier sa bête le jour du sabbat
La halakha rabbinique interdisait de soigner le sabbat sauf danger de mort, mais elle autorisait divers gestes nécessaires aux animaux : on pouvait, ce jour-là, détacher son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener boire. Cet usage admis, qui mêlait soin de la bête et respect du repos, va fournir à Jésus l'argument décisif. Le sabbat, mémorial du repos créateur (Gn 2) et de la sortie d'Égypte (Dt 5), cristallisait alors le débat sur ce qui « accomplit » ou « profane » le jour saint.
« Femme, te voilà délivrée »
Jésus prend l'initiative : il « voit » la femme, l'appelle à lui et lui impose les mains, signe biblique de bénédiction et de transmission de force. Sa parole est souveraine : « femme, te voilà délivrée de ton infirmité ». Aussitôt elle se redresse et se met à glorifier Dieu. Le verbe employé pour la délivrance prépare la réplique à venir sur les bêtes qu'on « délie » : un même mot relie discrètement le geste de miséricorde et l'usage que ses adversaires pratiquent sans scrupule.
L'indignation détournée du chef de synagogue
Le chef de synagogue s'indigne, mais sans oser s'en prendre directement à Jésus : il réprimande la foule. « Il y a six jours pour travailler ; venez vous faire guérir ces jours-là, et non le jour du sabbat ! » Sous couvert de zèle pour la Loi, il fait de la guérison un « travail » interdit et place la règle au-dessus de la personne souffrante. Sa colère, adressée aux humbles plutôt qu'au Maître, trahit la lâcheté de l'hypocrisie que Jésus va aussitôt démasquer.
« Fille d'Abraham » liée par Satan
Jésus relève la dignité de cette femme en l'appelant « fille d'Abraham » : non une étrangère ni une pécheresse à l'écart, mais un membre de plein droit du peuple de l'Alliance, héritière des promesses. Son mal n'est pas seulement physique : « Satan la tenait liée » depuis dix-huit ans. La guérison devient ainsi un combat libérateur, l'irruption du Royaume qui délie ce que le mal avait enchaîné, et restitue à une croyante la liberté des enfants de Dieu.
L'argument a fortiori
Jésus retourne contre ses contradicteurs leur propre pratique : « Hypocrites ! Chacun de vous, le sabbat, ne délie-t-il pas son bœuf ou son âne pour le mener boire ? » Si l'on agit ainsi pour une bête, « combien plus » fallait-il délier, ce jour-là, une fille d'Abraham ! Ce raisonnement du moindre au plus grand montre que la miséricorde n'enfreint pas le sabbat mais l'accomplit. Confondus, les adversaires sont couverts de honte, tandis que toute la foule se réjouit des merveilles de Dieu.
Le sabbat, jour de libération
Le Jour du Seigneur n'est pas d'abord une liste d'interdits, mais un temps de grâce, de louange et de miséricorde. Délivrer, relever, faire le bien : voilà qui honore le mieux le jour consacré à Dieu, plutôt que de s'abriter derrière un repos sans amour. Le repos chrétien trouve ici son vrai sens : il est ordonné à la libération de l'homme et à la glorification de Dieu, non à une observance scrupuleuse qui oublierait le prochain.
Redresser ce qui est courbé
Le Christ relève ceux que la vie, le péché, la maladie ou la honte ont longuement pliés vers la terre. À tout être « courbé », incapable de lever les yeux, il adresse encore sa parole : « te voilà délivrée ». Il rend la station droite des fils de Dieu, cette dignité debout qui permet de regarder le ciel et de glorifier son Créateur. Nul enfermement, fût-il vieux de dix-huit ans, n'est trop ancien pour la puissance de sa grâce.
Voir la personne avant la règle
Là où le chef de synagogue ne voyait qu'une infraction au sabbat, Jésus discerne une fille d'Abraham à libérer. La charité regarde d'abord la personne et sa souffrance, non l'application froide d'une norme. Toute règle, sainte soit-elle, est au service de l'amour, jamais l'inverse : l'esprit légaliste, qui sacrifie l'homme au principe, est ici nommé hypocrisie, car il dissimule la dureté du cœur sous les apparences de la fidélité.
Démasquer nos hypocrisies
Comme le chef de synagogue, il nous arrive de déguiser en zèle ce qui n'est que peur, jalousie ou confort, et de réprimander les petits pour ne pas affronter la vérité. La parole de Jésus débusque ces faux-semblants et nous invite à la transparence du cœur. Reconnaître nos « bonnes raisons » de différer le bien, et nous laisser convertir par l'évidence de la miséricorde, est déjà un chemin de vie nouvelle.
Cette semaine
- Dimanche 25 30e dimanche du Temps ordinaire Mt 22, 34-40
- Lundi 26 Lundi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 10-17
- Mardi 27 Mardi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 18-21
- Mercredi 28 Saint Simon et Saint Jude, apôtres Lc 6, 12-19
- Jeudi 29 Jeudi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 31-35
- Vendredi 30 Vendredi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1-6
- Samedi 31 Samedi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1.7-11
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