L'Évangile du jour

Samedi 30 janvier 2027

Samedi de la 3e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 4, 35-41

« Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Alléluia. Alléluia. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Alléluia.

35Ce jour-là, le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »36Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.37Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.38Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »39Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.40Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »41Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 4 de saint Marc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture He 11, 1-2.8-19« Il attendait la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte »
  • Cantique Lc 1, 69-70, 71-72, 73-75

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Comprendre ce passage

La tempête apaiséeMarc 4, 35-41

Contexte historique et social

Le lac de Galilée et ses tempêtes soudaines

La « mer » de Galilée est un lac d'eau douce situé à plus de deux cents mètres sous le niveau de la mer, encaissé entre des collines. L'air froid qui dévale des hauteurs peut, sans prévenir, soulever des rafales et des vagues redoutables pour de petites embarcations. Les pêcheurs du lac connaissaient bien ce danger. L'archéologie a d'ailleurs dégagé de la vase une barque du Ier siècle, modeste, qui donne une idée concrète de l'esquif où Jésus et les Douze affrontent la tempête.

La mer, figure du chaos et des puissances hostiles

Pour la mentalité biblique, la mer n'est pas neutre : elle évoque l'abîme, le chaos d'avant la création, les forces hostiles que Dieu seul maîtrise. C'est Dieu qui, à l'origine, contient les eaux (Gn 1), ouvre la mer Rouge, « apaise la tempête » et « réduit les flots au silence » (Ps 107, 23-30). Dans cet arrière-plan, commander à la mer est un geste proprement divin. Le lecteur juif comprend aussitôt l'enjeu de la scène.

« Passons sur l'autre rive »

Jésus oriente la traversée vers la rive orientale, territoire païen de la Décapole (où aura lieu, juste après, la délivrance du démoniaque gérasénien). La tempête survient donc sur un trajet missionnaire, au moment où l'Évangile s'apprête à franchir une frontière. L'écho de Jonas — le prophète endormi dans la tempête, fuyant sa mission vers les païens — n'est pas loin ; mais ici, tout s'inverse.

Lecture biblique et exégétique

Jésus endormi : vraie humanité et paix profonde

« Lui dormait à l'arrière, sur le coussin. » Le détail dit la vraie humanité de Jésus, sa fatigue d'homme — mais aussi sa paix au cœur du danger, l'abandon confiant au Père. Là où Jonas dormait en fuyard, Jésus dort en Fils. La question des disciples — « cela ne te fait rien que nous périssions ? » — traduit l'angoisse et le reproche : Dieu semble absent, endormi, indifférent.

« Silence, tais-toi ! »

Jésus « menace » le vent et ordonne à la mer de se taire. Le verbe est celui-là même qu'il emploie pour réduire les démons au silence (cf. 1, 25) : la tempête est traitée comme une puissance hostile que le Maître soumet. Et « il se fit un grand calme ». Ce que les psaumes attribuaient à Dieu seul, Jésus l'accomplit par sa parole : voilà, en acte, la révélation de son identité.

« N'avez-vous pas encore la foi ? »

À l'angoisse des disciples, Jésus oppose une question : « Pourquoi avez-vous peur ? Comment n'avez-vous pas encore la foi ? » La peur et la foi s'opposent ici comme deux manières d'habiter la tempête. Le reproche est pédagogique : ils ont déjà vu tant de signes, et pourtant ne comprennent pas encore qui est avec eux dans la barque.

« Qui est-il donc ? »

La scène culmine dans la crainte sacrée des disciples et leur question : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » C'est la question de l'évangile de Marc, celle que tout le récit creuse jusqu'à la réponse de la croix. Le lecteur, lui, connaît déjà l'indice : celui qui commande à la mer fait l'œuvre de Dieu.

Parmi les synoptiques

Matthieu (8, 23-27) et Luc (8, 22-25) rapportent la même scène. Marc est le plus vivant : le coussin, le sommeil, le reproche abrupt des disciples, la « grande peur » finale — autant de touches concrètes qui portent la marque d'un témoin.

Pour la vie spirituelle et pratique

Quand Dieu semble dormir

« Cela ne te fait rien ? » Toute vie de foi traverse des heures où Dieu paraît absent ou endormi, où l'on a le sentiment de couler. Cette prière des disciples, mêlée de peur et de reproche, est permise : on peut crier vers le Christ au cœur de la tempête. La foi ne supprime pas la tempête, mais elle sait que le Maître est dans la barque.

De la peur à la foi

« Pourquoi avez-vous peur ? » La peur regarde les vagues ; la foi regarde Celui qui dort tout près. Grandir spirituellement, c'est apprendre, au milieu de l'épreuve, à passer de l'affolement à la confiance — non parce que tout danger disparaît, mais parce que Quelqu'un veille, plus fort que le chaos.

La barque, image de l'Église

Les Pères ont très tôt vu dans la barque battue par les flots une image de l'Église, traversant les tempêtes de l'histoire avec le Christ à bord. L'Église peut sembler menacée, le Seigneur silencieux ; mais sa parole demeure capable de ramener le « grand calme ». De quoi soutenir l'espérance des croyants à toute époque agitée.

Laisser grandir la question

« Qui est-il donc ? » La vie chrétienne consiste, pour une part, à laisser cette question travailler en soi, jusqu'à ce qu'elle devienne une confession : celui qui apaise mes tempêtes est le Fils de Dieu, et je puis lui remettre ma barque.

Cette semaine

  1. Dimanche 24 3e dimanche du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
  2. Lundi 25 Conversion de St Paul, Apôtre Mc 16, 15-18
  3. Mardi 26 Mardi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 31-35
  4. Mercredi 27 Mercredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 1-20
  5. Jeudi 28 Jeudi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 21-25
  6. Vendredi 29 Vendredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 26-34
  7. Samedi 30 Samedi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 35-41

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