L'Évangile du jour
Mercredi 27 janvier 2027
Mercredi de la 3e semaine du Temps ordinaire
Ste Angèle Merici, vierge · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
« Voici que le semeur sortit pour semer »
Alléluia. Alléluia. La semence est la parole de Dieu ; le semeur est le Christ, celui qui le trouve demeure pour toujours. Alléluia.
1Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.2Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait :3« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.4Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.5Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ;6et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché.7Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit.8Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »9Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »10Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles.11Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles.12Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »13Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?14Le semeur sème la Parole.15Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux.16Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ;17mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt.18Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole,19mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.20Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture He 10, 11-18« Il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie »
- Psaume 109 (110), 1, 2, 3, 4
Comprendre ce passage
L'enseignement en parabolesMarc 4, 1-34
La parabole, un genre d'enseignement juif
La parabole (hébreu mashal) est une forme courante de l'enseignement juif : une comparaison, une petite histoire tirée de la vie ordinaire pour éclairer une réalité spirituelle. Les prophètes l'utilisaient (la parabole de la vigne, Is 5 ; celle de Natan à David, 2 S 12), et les rabbins en faisaient grand usage. Jésus en est le maître incomparable : il part du concret que tous connaissent — les champs, les graines, la lampe — pour ouvrir au mystère de Dieu.
Les semailles en Galilée
L'image du semeur supposait des gestes familiers. En Palestine, on semait souvent à la volée avant de labourer : le grain tombait donc partout, y compris sur le sentier durci qui traversait le champ, sur la mince couche de terre recouvrant la roche calcaire, ou parmi les ronces non encore arrachées. Les pertes étaient normales ; ce qui frappait, c'est le rendement d'une bonne terre. « Trente, soixante, cent pour un » évoque une moisson exceptionnelle, presque démesurée : c'est l'abondance du Royaume que Jésus annonce.
Le grain de moutarde
La graine de moutarde passait, proverbialement, pour la plus petite des semences ; pourtant elle donne un arbuste où « les oiseaux du ciel font leur nid ». L'image rejoint celle du grand arbre des Écritures (le cèdre de Dan 4, l'arbre d'Ez 17 et 31) sous lequel s'abritent les nations : le Royaume, parti de rien, accueillera tous les peuples.
Enseigner depuis la barque
Marc note que Jésus, pressé par la foule, monte dans une barque et enseigne depuis l'eau, la foule restant sur le rivage. La configuration — une petite anse formant un amphithéâtre naturel — portait la voix. Le décor concret encadre la parole.
La parabole du semeur : le Royaume au rythme de la Parole
La première parabole (v. 3-9), expliquée ensuite (v. 13-20), met en scène la Parole de Dieu (la semence) et les dispositions du cœur qui l'accueille (les terrains). Le chemin durci, c'est l'indifférence ; le sol pierreux, l'enthousiasme sans racine qui cède à l'épreuve ; les ronces, les soucis et les richesses qui étouffent ; la bonne terre, le cœur qui écoute et porte du fruit. Mais le dernier mot n'est pas l'échec : c'est la récolte surabondante. Malgré tout ce qui se perd, la Parole triomphe et fructifie.
« Le mystère du Royaume » et le pourquoi des paraboles (v. 10-12)
À ses disciples, Jésus déclare : « À vous le mystère du Royaume de Dieu est donné ; mais à ceux du dehors, tout arrive en paraboles, afin que, regardant, ils ne voient pas… » — citation d'Isaïe 6, 9-10. Cette parole rude ne signifie pas que Dieu voudrait aveugler arbitrairement. La parabole révèle à qui s'ouvre et voile à qui se ferme : elle appelle à entrer, à chercher, à se convertir. Comme Isaïe envoyé à un peuple qui refusait d'écouter, Jésus constate que sa parole, refusée, devient pour les cœurs endurcis un jugement. Le « mystère » se donne à ceux qui suivent ; il reste opaque à ceux qui restent « dehors » par choix. Reçue dans la foi (cf. Dei Verbum), cette parole invite chacun à se faire « bonne terre ».
La lampe et la mesure (v. 21-25)
On n'allume pas une lampe pour la cacher sous le boisseau, mais pour la mettre sur le lampadaire : ce qui est caché est destiné à être manifesté. Le mystère du Royaume, voilé pour un temps, est fait pour la lumière et l'annonce. Et « de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » : l'accueil que l'on fait à la Parole détermine la fécondité qu'on en reçoit.
La semence qui pousse d'elle-même (v. 26-29)
Cette parabole, propre à Marc, est précieuse : un homme jette le grain, « qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment ». La terre produit d'elle-même (le grec dit automatē). Le Royaume croît par la puissance de Dieu, non par l'agitation de l'homme ; vient ensuite la moisson (la faucille, écho de Joël 4, 13). Leçon de patience et de confiance : nous semons, Dieu fait croître.
Le grain de moutarde et la conclusion (v. 30-34)
Le plus petit commencement donne la plus grande plante : le Royaume avance par contraste, d'origines humbles à une plénitude inattendue. Enfin Marc note : Jésus « ne leur parlait qu'en paraboles, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples » (v. 34). Aux proches qui le suivent est donnée l'intelligence du mystère — encore une forme du secret messianique.
Parmi les synoptiques
Matthieu (ch. 13) rassemble sept paraboles du Royaume (ajoutant l'ivraie, le trésor, la perle, le filet) ; Luc (ch. 8) suit Marc de plus près. La parabole de la semence qui pousse seule reste, elle, le bien propre de Marc.
Quelle terre suis-je ?
La parabole du semeur est un examen classique de la vie spirituelle : où en est mon cœur ? Durci par l'habitude, superficiel et sans racine, étouffé par les soucis et l'argent, ou disponible et profond ? La même personne peut, selon les jours, être l'un ou l'autre terrain. Prier, c'est demander un cœur de bonne terre, et travailler la sienne : ôter les pierres, arracher les ronces.
Semer dans la confiance
« Qu'il dorme ou qu'il veille, la semence pousse. » Contre l'anxiété des résultats, cette parabole libère : la croissance du Royaume — dans une âme, dans une famille, dans une œuvre — ne dépend pas de notre fébrilité, mais de Dieu. À nous de semer fidèlement et de faire confiance ; la fécondité est son affaire.
Ne pas mépriser les petits commencements
Le grain de moutarde encourage à ne pas juger sur les apparences : une prière infime, un geste de charité minuscule, une vocation fragile peuvent, par la grâce, devenir un grand arbre. Les œuvres de Dieu commencent presque toujours petites et cachées.
Recevoir l'explication « en particulier »
Jésus expliquait tout à ses disciples dans l'intimité. La lectio divina prolonge ce moment : se mettre à part avec le Seigneur, lui demander l'intelligence de sa Parole, passer de l'écoute distraite de la foule à l'écoute aimante du disciple.
Cette semaine
- Dimanche 24 3e dimanche du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
- Lundi 25 Conversion de St Paul, Apôtre Mc 16, 15-18
- Mardi 26 Mardi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 31-35
- Mercredi 27 Mercredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 1-20
- Jeudi 28 Jeudi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 21-25
- Vendredi 29 Vendredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 26-34
- Samedi 30 Samedi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 35-41
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Canada. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique