L'Évangile du jour
Jeudi 28 janvier 2027
Jeudi de la 3e semaine du Temps ordinaire
S. Thomas d'Aquin, prêtre et docteur de l'Église · Mémoire
Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
« La lampe est apportée pour être mise sur le lampadaire. La mesure que vous utilisez sera utilisée pour vous »
Alléluia. Alléluia. Ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route. Alléluia.
21Il leur disait encore : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?22Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté.23Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »24Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus.25Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture He 10, 19-25« Dans la plénitude de la foi, continuons d’affirmer notre espérance. Soyons attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à vivre dans l’amour »
- Psaume 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6
Comprendre ce passage
L'enseignement en parabolesMarc 4, 1-34
La parabole, un genre d'enseignement juif
La parabole (hébreu mashal) est une forme courante de l'enseignement juif : une comparaison, une petite histoire tirée de la vie ordinaire pour éclairer une réalité spirituelle. Les prophètes l'utilisaient (la parabole de la vigne, Is 5 ; celle de Natan à David, 2 S 12), et les rabbins en faisaient grand usage. Jésus en est le maître incomparable : il part du concret que tous connaissent — les champs, les graines, la lampe — pour ouvrir au mystère de Dieu.
Les semailles en Galilée
L'image du semeur supposait des gestes familiers. En Palestine, on semait souvent à la volée avant de labourer : le grain tombait donc partout, y compris sur le sentier durci qui traversait le champ, sur la mince couche de terre recouvrant la roche calcaire, ou parmi les ronces non encore arrachées. Les pertes étaient normales ; ce qui frappait, c'est le rendement d'une bonne terre. « Trente, soixante, cent pour un » évoque une moisson exceptionnelle, presque démesurée : c'est l'abondance du Royaume que Jésus annonce.
Le grain de moutarde
La graine de moutarde passait, proverbialement, pour la plus petite des semences ; pourtant elle donne un arbuste où « les oiseaux du ciel font leur nid ». L'image rejoint celle du grand arbre des Écritures (le cèdre de Dan 4, l'arbre d'Ez 17 et 31) sous lequel s'abritent les nations : le Royaume, parti de rien, accueillera tous les peuples.
Enseigner depuis la barque
Marc note que Jésus, pressé par la foule, monte dans une barque et enseigne depuis l'eau, la foule restant sur le rivage. La configuration — une petite anse formant un amphithéâtre naturel — portait la voix. Le décor concret encadre la parole.
La parabole du semeur : le Royaume au rythme de la Parole
La première parabole (v. 3-9), expliquée ensuite (v. 13-20), met en scène la Parole de Dieu (la semence) et les dispositions du cœur qui l'accueille (les terrains). Le chemin durci, c'est l'indifférence ; le sol pierreux, l'enthousiasme sans racine qui cède à l'épreuve ; les ronces, les soucis et les richesses qui étouffent ; la bonne terre, le cœur qui écoute et porte du fruit. Mais le dernier mot n'est pas l'échec : c'est la récolte surabondante. Malgré tout ce qui se perd, la Parole triomphe et fructifie.
« Le mystère du Royaume » et le pourquoi des paraboles (v. 10-12)
À ses disciples, Jésus déclare : « À vous le mystère du Royaume de Dieu est donné ; mais à ceux du dehors, tout arrive en paraboles, afin que, regardant, ils ne voient pas… » — citation d'Isaïe 6, 9-10. Cette parole rude ne signifie pas que Dieu voudrait aveugler arbitrairement. La parabole révèle à qui s'ouvre et voile à qui se ferme : elle appelle à entrer, à chercher, à se convertir. Comme Isaïe envoyé à un peuple qui refusait d'écouter, Jésus constate que sa parole, refusée, devient pour les cœurs endurcis un jugement. Le « mystère » se donne à ceux qui suivent ; il reste opaque à ceux qui restent « dehors » par choix. Reçue dans la foi (cf. Dei Verbum), cette parole invite chacun à se faire « bonne terre ».
La lampe et la mesure (v. 21-25)
On n'allume pas une lampe pour la cacher sous le boisseau, mais pour la mettre sur le lampadaire : ce qui est caché est destiné à être manifesté. Le mystère du Royaume, voilé pour un temps, est fait pour la lumière et l'annonce. Et « de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » : l'accueil que l'on fait à la Parole détermine la fécondité qu'on en reçoit.
La semence qui pousse d'elle-même (v. 26-29)
Cette parabole, propre à Marc, est précieuse : un homme jette le grain, « qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment ». La terre produit d'elle-même (le grec dit automatē). Le Royaume croît par la puissance de Dieu, non par l'agitation de l'homme ; vient ensuite la moisson (la faucille, écho de Joël 4, 13). Leçon de patience et de confiance : nous semons, Dieu fait croître.
Le grain de moutarde et la conclusion (v. 30-34)
Le plus petit commencement donne la plus grande plante : le Royaume avance par contraste, d'origines humbles à une plénitude inattendue. Enfin Marc note : Jésus « ne leur parlait qu'en paraboles, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples » (v. 34). Aux proches qui le suivent est donnée l'intelligence du mystère — encore une forme du secret messianique.
Parmi les synoptiques
Matthieu (ch. 13) rassemble sept paraboles du Royaume (ajoutant l'ivraie, le trésor, la perle, le filet) ; Luc (ch. 8) suit Marc de plus près. La parabole de la semence qui pousse seule reste, elle, le bien propre de Marc.
Quelle terre suis-je ?
La parabole du semeur est un examen classique de la vie spirituelle : où en est mon cœur ? Durci par l'habitude, superficiel et sans racine, étouffé par les soucis et l'argent, ou disponible et profond ? La même personne peut, selon les jours, être l'un ou l'autre terrain. Prier, c'est demander un cœur de bonne terre, et travailler la sienne : ôter les pierres, arracher les ronces.
Semer dans la confiance
« Qu'il dorme ou qu'il veille, la semence pousse. » Contre l'anxiété des résultats, cette parabole libère : la croissance du Royaume — dans une âme, dans une famille, dans une œuvre — ne dépend pas de notre fébrilité, mais de Dieu. À nous de semer fidèlement et de faire confiance ; la fécondité est son affaire.
Ne pas mépriser les petits commencements
Le grain de moutarde encourage à ne pas juger sur les apparences : une prière infime, un geste de charité minuscule, une vocation fragile peuvent, par la grâce, devenir un grand arbre. Les œuvres de Dieu commencent presque toujours petites et cachées.
Recevoir l'explication « en particulier »
Jésus expliquait tout à ses disciples dans l'intimité. La lectio divina prolonge ce moment : se mettre à part avec le Seigneur, lui demander l'intelligence de sa Parole, passer de l'écoute distraite de la foule à l'écoute aimante du disciple.
Cette semaine
- Dimanche 24 3e dimanche du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
- Lundi 25 Conversion de St Paul, Apôtre Mc 16, 15-18
- Mardi 26 Mardi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 31-35
- Mercredi 27 Mercredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 1-20
- Jeudi 28 Jeudi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 21-25
- Vendredi 29 Vendredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 26-34
- Samedi 30 Samedi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 35-41
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