L'Évangile du jour
Jeudi 24 décembre 2026
24 décembre
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Le soleil levant nous visitera
Alléluia, Alléluia.
Viens, Soleil levant,
splendeur de justice et lumière éternelle !
Illumine ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort.
Alléluia.
67Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :68« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.69Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur,70comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens :71salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs,72amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte,73serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte,74afin que, délivrés de la main des ennemis,75nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.76Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins77pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés,78grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut,79pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16La royauté de David subsistera pour toujours devant la face du Seigneur
- Psaume 88 (89), 2-3, 4-5, 27.29
Comprendre ce passage
Naissance et circoncision de Jean le Baptiste ; le BenedictusLuc 1, 57-80
La naissance d'Élisabeth et la joie du voisinage
Élisabeth, longtemps stérile et déjà avancée en âge, met au monde un fils : voisins et parents « se réjouissent avec elle » en reconnaissant que « le Seigneur avait magnifié sa miséricorde ». Dans la mentalité du Ier siècle, la stérilité passait pour une épreuve humiliante, parfois soupçonnée d'être un châtiment ; à l'inverse, une naissance tardive évoquait les matriarches — Sara, Rébecca, Anne — que Dieu avait visitées. La scène s'inscrit donc d'emblée dans la longue histoire des promesses faites au peuple d'Israël.
La circoncision et le nom au huitième jour
Selon la Loi (Gn 17, 12), tout garçon était circoncis le huitième jour, intégré ainsi à l'alliance d'Abraham ; c'est à cette occasion qu'on fixait son nom, choisi le plus souvent dans la parenté pour perpétuer la lignée. L'entourage tient donc pour acquis que l'enfant portera le nom de son père, Zacharie. Cet usage familial, profondément ancré, explique la surprise — et bientôt le trouble — que va provoquer la décision d'Élisabeth de l'appeler tout autrement.
Le poids et le sens du nom « Jean »
« Jean » (Yôhanan) signifie « Dieu fait grâce » ou « le Seigneur a fait miséricorde » : véritable programme de toute la scène, et clef du rôle du précurseur. Élisabeth s'oppose la première à la coutume ; comme on objecte que « personne dans ta parenté ne porte ce nom », on consulte par signes le père encore muet. Zacharie, sur une tablette de cire, écrit : « Jean est son nom. » L'un et l'autre obéissent ainsi à la parole de l'ange (1, 13) plutôt qu'à la tradition des hommes.
La bouche de Zacharie déliée
À l'instant précis où il obéit en nommant l'enfant Jean, « aussitôt sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia, et il bénissait Dieu ». Le silence imposé pour son incrédulité (1, 20) cède dès que la foi prend le pas sur le doute : du mutisme du soupçon, Zacharie passe à la louange. La crainte religieuse — cette admiration sacrée devant l'œuvre de Dieu — saisit alors tout le voisinage, et la question court « la montagne de Judée » : « Que sera donc cet enfant ? » Car « la main du Seigneur était avec lui. »
Le Benedictus : le Rédempteur de la maison de David
Rempli de l'Esprit Saint, Zacharie prophétise (v. 68-79). Le cantique chante d'abord le Rédempteur davidique : Dieu « a visité et racheté son peuple », suscitant « une corne de salut dans la maison de David ». L'image de la corne, empruntée à l'animal qui charge, dit la force du salut promis (cf. Ps 18, 3 ; 132, 17). Tout s'accomplit « selon le serment fait à Abraham » : la fidélité de Dieu à son alliance, et non les mérites humains, fonde la délivrance attendue.
Le Benedictus : la mission du précurseur
Le cantique se tourne ensuite vers l'enfant : « tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses voies ». Sa tâche est de « donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission des péchés ». Jean n'est donc pas le Sauveur, mais celui qui ouvre la route, à la manière du messager d'Isaïe 40, 3. Le salut annoncé n'est pas d'abord politique : il libère du péché, mal plus radical que toute oppression étrangère.
Le Soleil levant et le chemin de la paix
Le Benedictus culmine sur une image lumineuse : « le Soleil levant (Anatolē) nous a visités d'en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort ». Le terme grec traduit aussi le « Germe » messianique annoncé par les prophètes (Ml 3, 20 ; Is 9, 1 ; Za 3, 8). La visite de Dieu — verbe répété — accomplit les attentes d'Israël et oriente toute l'histoire « pour guider nos pas sur le chemin de la paix », ce shalom qui est plénitude du salut.
Obéir à la parole reçue
C'est en obéissant — en nommant l'enfant Jean malgré l'usage et l'attente des proches — que Zacharie retrouve l'usage de la parole. L'obéissance de la foi délie ce que le doute avait lié et rouvre la bouche pour la louange. Notre vie spirituelle connaît la même loi : tant que nous discutons l'appel de Dieu, quelque chose en nous reste muet ; l'acte de confiance, même coûteux, libère et rend féconde la parole longtemps retenue.
Le Benedictus, prière du matin
Chaque jour, aux Laudes, l'Église fait sien le cantique de Zacharie. Commencer la journée en bénissant le Dieu « qui a visité et racheté son peuple », et en accueillant le Soleil levant, c'est orienter d'avance toutes ses heures vers la lumière du Christ et le chemin de la paix. Cette prière apprend à relire l'existence non comme une suite de hasards, mais comme une visite continue de Dieu, fidèle à ses promesses.
Le désert prépare la mission
Le récit se clôt avec sobriété : « l'enfant grandissait, son esprit se fortifiait ; il demeura dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. » Un long temps caché précède ainsi la mission publique du précurseur. La fécondité d'un envoi se prépare souvent dans le silence, la solitude et l'humilité, loin des regards : Dieu mûrit ses serviteurs à l'écart avant de les manifester au grand jour.
Préparer les chemins du Seigneur
La vocation de Jean — « marcher devant le Seigneur pour préparer ses voies » — demeure celle de tout disciple. Chacun est appelé à aplanir la route du Christ vers les cœurs : par la pénitence, le témoignage et la charité qui annonce la rémission des péchés. À la suite du Baptiste, il s'agit moins de se mettre en avant que de s'effacer pour désigner Celui qui vient, en laissant la grâce de Dieu faire son œuvre.
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