L'Évangile du jour

Mercredi 23 décembre 2026

23 décembre

S. Jean de Kenty, prêtre · Mémoire facultative

Mémoire Temps de l'Avent Année B Ornements violets

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 1, 57-66

Naissance de Jean Baptiste

Alléluia, Alléluia.
Viens, Espérance des nations,
Sauveur de tous les peuples !
Viens sauver ce qui était perdu.
Alléluia.

57Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.58Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.59Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.60Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »61On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »62On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.63Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.64À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.65La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.66Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 1 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ml 3, 1-4.23-24« Je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur »
  • Psaume Ps 24 (25), 4-5ab, 8-9, 10.14

Lire toute la messe sur le site de l'AELF

Comprendre ce passage

Naissance et circoncision de Jean le Baptiste ; le BenedictusLuc 1, 57-80

Contexte historique et social

La naissance d'Élisabeth et la joie du voisinage

Élisabeth, longtemps stérile et déjà avancée en âge, met au monde un fils : voisins et parents « se réjouissent avec elle » en reconnaissant que « le Seigneur avait magnifié sa miséricorde ». Dans la mentalité du Ier siècle, la stérilité passait pour une épreuve humiliante, parfois soupçonnée d'être un châtiment ; à l'inverse, une naissance tardive évoquait les matriarches — Sara, Rébecca, Anne — que Dieu avait visitées. La scène s'inscrit donc d'emblée dans la longue histoire des promesses faites au peuple d'Israël.

La circoncision et le nom au huitième jour

Selon la Loi (Gn 17, 12), tout garçon était circoncis le huitième jour, intégré ainsi à l'alliance d'Abraham ; c'est à cette occasion qu'on fixait son nom, choisi le plus souvent dans la parenté pour perpétuer la lignée. L'entourage tient donc pour acquis que l'enfant portera le nom de son père, Zacharie. Cet usage familial, profondément ancré, explique la surprise — et bientôt le trouble — que va provoquer la décision d'Élisabeth de l'appeler tout autrement.

Le poids et le sens du nom « Jean »

« Jean » (Yôhanan) signifie « Dieu fait grâce » ou « le Seigneur a fait miséricorde » : véritable programme de toute la scène, et clef du rôle du précurseur. Élisabeth s'oppose la première à la coutume ; comme on objecte que « personne dans ta parenté ne porte ce nom », on consulte par signes le père encore muet. Zacharie, sur une tablette de cire, écrit : « Jean est son nom. » L'un et l'autre obéissent ainsi à la parole de l'ange (1, 13) plutôt qu'à la tradition des hommes.

Lecture biblique et exégétique

La bouche de Zacharie déliée

À l'instant précis où il obéit en nommant l'enfant Jean, « aussitôt sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia, et il bénissait Dieu ». Le silence imposé pour son incrédulité (1, 20) cède dès que la foi prend le pas sur le doute : du mutisme du soupçon, Zacharie passe à la louange. La crainte religieuse — cette admiration sacrée devant l'œuvre de Dieu — saisit alors tout le voisinage, et la question court « la montagne de Judée » : « Que sera donc cet enfant ? » Car « la main du Seigneur était avec lui. »

Le Benedictus : le Rédempteur de la maison de David

Rempli de l'Esprit Saint, Zacharie prophétise (v. 68-79). Le cantique chante d'abord le Rédempteur davidique : Dieu « a visité et racheté son peuple », suscitant « une corne de salut dans la maison de David ». L'image de la corne, empruntée à l'animal qui charge, dit la force du salut promis (cf. Ps 18, 3 ; 132, 17). Tout s'accomplit « selon le serment fait à Abraham » : la fidélité de Dieu à son alliance, et non les mérites humains, fonde la délivrance attendue.

Le Benedictus : la mission du précurseur

Le cantique se tourne ensuite vers l'enfant : « tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses voies ». Sa tâche est de « donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission des péchés ». Jean n'est donc pas le Sauveur, mais celui qui ouvre la route, à la manière du messager d'Isaïe 40, 3. Le salut annoncé n'est pas d'abord politique : il libère du péché, mal plus radical que toute oppression étrangère.

Le Soleil levant et le chemin de la paix

Le Benedictus culmine sur une image lumineuse : « le Soleil levant (Anatolē) nous a visités d'en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort ». Le terme grec traduit aussi le « Germe » messianique annoncé par les prophètes (Ml 3, 20 ; Is 9, 1 ; Za 3, 8). La visite de Dieu — verbe répété — accomplit les attentes d'Israël et oriente toute l'histoire « pour guider nos pas sur le chemin de la paix », ce shalom qui est plénitude du salut.

Pour la vie spirituelle et pratique

Obéir à la parole reçue

C'est en obéissant — en nommant l'enfant Jean malgré l'usage et l'attente des proches — que Zacharie retrouve l'usage de la parole. L'obéissance de la foi délie ce que le doute avait lié et rouvre la bouche pour la louange. Notre vie spirituelle connaît la même loi : tant que nous discutons l'appel de Dieu, quelque chose en nous reste muet ; l'acte de confiance, même coûteux, libère et rend féconde la parole longtemps retenue.

Le Benedictus, prière du matin

Chaque jour, aux Laudes, l'Église fait sien le cantique de Zacharie. Commencer la journée en bénissant le Dieu « qui a visité et racheté son peuple », et en accueillant le Soleil levant, c'est orienter d'avance toutes ses heures vers la lumière du Christ et le chemin de la paix. Cette prière apprend à relire l'existence non comme une suite de hasards, mais comme une visite continue de Dieu, fidèle à ses promesses.

Le désert prépare la mission

Le récit se clôt avec sobriété : « l'enfant grandissait, son esprit se fortifiait ; il demeura dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. » Un long temps caché précède ainsi la mission publique du précurseur. La fécondité d'un envoi se prépare souvent dans le silence, la solitude et l'humilité, loin des regards : Dieu mûrit ses serviteurs à l'écart avant de les manifester au grand jour.

Préparer les chemins du Seigneur

La vocation de Jean — « marcher devant le Seigneur pour préparer ses voies » — demeure celle de tout disciple. Chacun est appelé à aplanir la route du Christ vers les cœurs : par la pénitence, le témoignage et la charité qui annonce la rémission des péchés. À la suite du Baptiste, il s'agit moins de se mettre en avant que de s'effacer pour désigner Celui qui vient, en laissant la grâce de Dieu faire son œuvre.

Cette semaine

  1. Dimanche 20 4e dimanche de l'Avent Lc 1, 26-38
  2. Lundi 21 21 décembre Lc 1, 39-45
  3. Mardi 22 22 décembre Lc 1, 46-56
  4. Mercredi 23 23 décembre Lc 1, 57-66
  5. Jeudi 24 24 décembre Lc 1, 67-79
  6. Vendredi 25 Nativité du Seigneur Jn 1, 1-18
  7. Samedi 26 Saint Etienne, premier martyr Mt 10, 17-22

Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Canada. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique