L'Évangile du jour
Dimanche 20 décembre 2026
4e dimanche de l'Avent
Dimanche Temps de l'Avent Année B Ornements violets Semaine IV du Psautier
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils »
Alléluia. Alléluia.
Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole.
Alléluia.
26Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,27à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.28L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »29À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.30L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.31Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.32Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;33il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »34Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »35L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.36Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.37Car rien n’est impossible à Dieu. »38Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture 2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16La royauté de David subsistera toujours devant le Seigneur
- Psaume 88 (89), 2-3, 4-5, 27.29
- Deuxième lecture Rm 16, 25-27Le mystère gardé depuis toujours dans le silence est maintenant manifesté
Comprendre ce passage
L'annonce à Marie : l'AnnonciationLuc 1, 26-38
Nazareth, bourgade obscure de Galilée
L'ange est envoyé « dans une ville de Galilée, appelée Nazareth » : un village modeste, jamais nommé dans l'Ancien Testament, à l'écart des grands centres religieux de Jérusalem ou de la Judée. Le contraste est voulu : Dieu choisit l'humble et l'inattendu pour accomplir son dessein. Au chapitre précédent, l'annonce à Zacharie avait pour cadre le Temple et le sanctuaire ; ici, c'est une simple maison de province qui devient le lieu du plus grand mystère. Là où nul n'attendait rien, le salut du monde commence.
Les fiançailles juives
Marie est « fiancée » (memnēsteumenē) à Joseph, « de la maison de David ». Chez les Juifs, les fiançailles (erusin) n'étaient pas de simples promesses : elles créaient un lien déjà juridique, contracté environ un an avant la cohabitation et que seul un acte de répudiation pouvait rompre. Marie est donc légalement liée à Joseph tout en demeurant vierge, sous le toit de ses parents. Ce statut explique le récit : l'enfant attendu sera, aux yeux de la Loi, fils de Joseph et héritier davidique, sans que Joseph en soit le père selon la chair.
« Comblée de grâce »
La salutation de Gabriel est unique dans toute l'Écriture : « Réjouis-toi, comblée de grâce (kecharitōmenē), le Seigneur est avec toi. » Le mot remplace le nom propre, comme un nom nouveau donné par Dieu. Le participe parfait dit un état déjà accompli : Marie est, par avance et tout entière, transformée par la grâce. La tradition catholique y a contemplé sa sainteté singulière, sa plénitude de grâce dès l'origine. L'invitation à la joie (chaire) reprend l'appel des prophètes à la fille de Sion (So 3, 14 ; Za 9, 9) : l'heure du salut est venue.
Deux annonciations en parallèle
Luc compose ses deux premiers chapitres en diptyque, mettant en regard l'annonce à Zacharie et celle à Marie, pour mieux marquer la supériorité de la seconde. Jean sera « grand devant le Seigneur » ; Jésus, lui, sera « Fils du Très-Haut ». Surtout, les deux réactions diffèrent : Zacharie réclame un signe et reste muet pour son incrédulité, tandis que la question de Marie — « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? » — ne demande pas une preuve mais le mode de l'œuvre divine. La tradition y a entendu l'écho de son don virginal à Dieu.
Le trône de David et le Fils du Très-Haut
Les paroles de l'ange tissent ensemble plusieurs promesses de l'Ancien Testament. « Le Seigneur lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » : c'est l'accomplissement de l'oracle de Natan à David (2 S 7, 12-16), repris par les prophètes (Is 9 ; Mi 5). L'enfant est donc le Messie royal tant attendu. Mais le titre « Fils du Très-Haut », redoublé par « Fils de Dieu » (v. 35), dépasse infiniment la royauté terrestre : il annonce une filiation divine au sens propre.
« L'Esprit Saint viendra sur toi »
À la question de Marie, l'ange révèle le comment : « l'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre (episkiasei). » Le verbe évoque la nuée lumineuse qui couvrait la Tente de la rencontre et remplissait le Temple de la gloire de Dieu (Ex 40, 35). Marie devient ainsi le nouveau sanctuaire, l'Arche vivante qui porte la Présence. La conception est virginale, œuvre de l'Esprit seul : Jésus est Fils de Dieu non par adoption ni par mérite, mais en vérité, dès le premier instant de son humanité.
Le « fiat » de Marie
Marie répond : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. » Consentement libre, humble et total, qui n'exige aucune garantie et s'en remet entièrement à Dieu. Les Pères, saint Irénée et saint Justin notamment, la nomment nouvelle Ève : par son obéissance dans la foi, elle dénoue ce que la désobéissance de la première femme avait noué. Le salut du monde passe par ce « oui » d'une jeune fille de Nazareth ; en cet instant, comme le dira saint Jean, « le Verbe s'est fait chair » (Jn 1, 14).
Le « oui » de Marie, modèle de foi
La disponibilité de Marie — « qu'il me soit fait selon ta parole » — est le modèle de toute vie chrétienne. Croire, ce n'est pas tout comprendre d'abord, mais se remettre entièrement entre les mains de Dieu, dans la nuit de la foi. Marie est la première disciple, celle qui accueille la Parole et se laisse conduire là où elle ne voit pas encore. À sa suite, dire oui à Dieu chaque jour, dans les petites annonciations de notre vie, c'est laisser le Seigneur accomplir en nous son œuvre.
Se laisser combler de grâce
« Comblée de grâce » : en Marie se révèle ce que la grâce de Dieu peut faire d'une existence pleinement offerte. Notre vocation à tous est de laisser la grâce nous transformer, de devenir, à notre mesure, demeure du Seigneur. Comme Marie a porté le Christ en son sein, le chrétien est appelé à le porter dans son cœur et à le donner au monde. La sainteté n'est pas d'abord notre effort, mais l'accueil docile d'un don qui nous précède et nous dépasse.
« Rien n'est impossible à Dieu »
La parole de Gabriel — « rien n'est impossible à Dieu » (v. 37) — fait écho à la promesse faite à Abraham et Sara devant leur stérilité (Gn 18, 14). Elle soutient l'espérance devant nos propres impossibilités, nos enfermements, nos limites. Là où nous ne voyons qu'un mur, Dieu peut ouvrir un chemin ; là où tout semble stérile, il peut donner la vie. Croire en l'Annonciation, c'est faire confiance à ce Dieu pour qui rien n'est trop difficile.
L'Angélus et le mystère de l'Incarnation
C'est à cet instant que « le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous ». La prière de l'Angélus, récitée matin, midi et soir, revit chaque jour ce mystère et nous y associe par le « oui » de Marie. Contempler l'Annonciation, c'est s'émerveiller que le Dieu très-haut se soit fait petit, enfant dans le sein d'une femme, pour venir nous sauver de l'intérieur. C'est aussi apprendre, auprès de Marie, à le recevoir et à le laisser grandir dans sa propre vie.
Cette semaine
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Luxembourg. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique