L'Évangile du jour

Samedi 12 septembre 2026

Samedi de la 23e semaine du Temps ordinaire

Le Saint Nom de Marie · Mémoire facultative

Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 6, 43-49

« Pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? »

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia.

43Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.44Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.45L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.46Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?47Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble.48Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite.49Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 6 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 1 Co 10, 14-22« La multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain »
  • Psaume Ps 115 (116b), 12-13, 17-18

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Comprendre ce passage

Le discours dans la plaineLuc 6, 17-49

Contexte historique et social

« Un endroit plat »

À la différence du Sermon sur la montagne de Matthieu, Luc note qu'après une nuit de prière et le choix des Douze, Jésus descend et se tient « sur un terrain plat » : d'où le nom de discours dans la plaine. Le Maître rejoint la foule au ras de la vie. On accourt de Judée, de Jérusalem et du littoral païen de Tyr et Sidon, esquissant déjà l'universalisme cher au troisième évangile.

Une foule qui cherche la guérison

Avant toute parole, Luc montre la puissance qui émane du Christ : « tous cherchaient à le toucher, car une force sortait de lui et les guérissait tous. » Le mot grec dynamis dit cette énergie divine débordante, déjà à l'œuvre ailleurs (8, 46). L'enseignement ne précède pas le soin des corps : chez Luc, Jésus guérit et console avant d'instruire, car la Bonne Nouvelle s'adresse d'abord aux pauvres.

Un discours programmatique

Comme la lecture inaugurale à Nazareth (4, 16-21), ce grand discours ouvre et résume le ministère de Jésus, tel un manifeste du Royaume. Il s'adresse d'abord aux disciples — « levant les yeux sur ses disciples » —, mais devant la foule : la voie des Béatitudes est proposée à tous. Plus bref et plus social que le Sermon montagnard, il en partage le cœur : la miséricorde du Père comme règle de vie.

Lecture biblique et exégétique

Béatitudes et malheurs

Luc donne quatre béatitudes, adressées directement (« heureux, vous… ») aux pauvres, aux affamés, à ceux qui pleurent, aux haïs à cause du Fils de l'homme, et quatre malheurs symétriques aux riches, aux repus, à ceux qui rient et que tous flattent. C'est le grand renversement déjà chanté au Magnificat (1, 51-53). Les formules sont concrètes et sociales, et les « malheurs » (ouai) ne sont pas des malédictions, mais de pressants avertissements.

L'amour des ennemis

Au cœur du discours retentit l'exigence la plus neuve : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez, priez pour vos persécuteurs. » Tendre l'autre joue, prêter sans rien espérer : Jésus brise la loi du talion. La règle d'or y prend sa forme positive, et aimer sans retour, c'est devenir « fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et les méchants ».

« Soyez miséricordieux comme votre Père »

Voici le sommet et la clé du discours. Là où Matthieu écrit « soyez parfaits » (Mt 5, 48), Luc dit « soyez miséricordieux (oiktirmones) comme votre Père est miséricordieux ». Le terme traduit l'hébreu rahamim, les entrailles de tendresse de Dieu révélées à Moïse (Ex 34, 6). La perfection demandée n'est pas une froide irréprochabilité, mais la compassion qui porte le nom même du Père.

Ne pas juger ; la mesure

« Ne jugez pas… ne condamnez pas… pardonnezdonnez » : quatre impératifs déclinent la même miséricorde. La promesse est saisissante : « on versera dans votre sein une bonne mesure, tassée, secouée, débordante », image du marchand de grain remplissant le pli du manteau. Car « de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » : ce que je donne me revient de Dieu, surabondant.

La poutre et l'arbre

Par des images vives, Jésus dénonce l'hypocrisie du jugement : qu'on ôte la poutre de son œil avant la paille de celui du frère, sinon « un aveugle peut-il guider un aveugle ? ». Puis le critère de vérité : « c'est à son fruit qu'on connaît l'arbre », car « la bouche parle du trop-plein du cœur ». La conversion réclamée est d'abord intérieure : transformer la source, et les actes suivront.

Les deux maisons

La péroraison met chacun devant un choix : « Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? » Qui écoute et met en pratique ressemble à l'homme qui creusa profond et bâtit sur le roc : la crue ne l'ébranle pas. Qui écoute sans agir bâtit sans fondations, et tout s'effondre. La Parole entendue ne sauve pas ; elle doit devenir vécue pour tenir à l'épreuve.

Pour la vie spirituelle et pratique

Heureux les pauvres

Jésus proclame bienheureux les pauvres, les affamés, les affligés : non que la misère soit bonne, mais parce que Dieu se tient résolument de leur côté et leur promet le Royaume. Les « malheurs » ne maudissent personne ; ils avertissent avec tendresse. La richesse, la satiété et les applaudissements peuvent endormir le cœur et lui faire croire qu'il possède déjà toute sa récompense.

Aimer ses ennemis

Voici le commandement le plus distinctif de l'Évangile, celui qui désarme la spirale de la vengeance. Aimer l'ennemi n'est pas un sentiment, mais une décision aux gestes concrets : lui faire du bien, le bénir, prier pour lui, refuser de rendre le mal. Là se reconnaît l'enfant du Père, et cette gratuité humainement impossible devient le lieu où resplendit la ressemblance divine.

Être miséricordieux comme le Père

Tout le discours tient en un mot : la miséricorde. Il ne s'agit pas d'abord d'observer des règles, mais d'imiter la bonté débordante du Père envers ceux qui ne la méritent pas, sans calcul. Et l'avertissement est clair : la mesure de notre miséricorde décidera de celle que nous recevrons. Pardonner et donner largement ouvre en soi l'espace où Dieu versera sa grâce « débordante ».

Ôter d'abord sa propre poutre

Avant de corriger autrui, le disciple doit se convertir lui-même. L'humilité regarde ses propres fautes avant celles du prochain, et se sait pécheur pardonné avant de se faire juge. Alors seulement, le regard purifié, on peut aider son frère à « y voir clair » sans le blesser. Le fruit bon, né d'un cœur transformé, révèle mieux que tout discours la vérité de la vie intérieure.

Mettre la Parole en pratique

Écouter ne suffit pas : dire « Seigneur, Seigneur » sans agir, c'est bâtir sur le sable. La foi qui tient dans la tempête est celle qui passe aux actes, qui creuse jusqu'au roc en faisant ce que dit le Christ. Le vrai disciple n'est pas l'auditeur enthousiaste, mais celui dont l'obéissance quotidienne donne à sa maison des fondations invisibles, que seule l'épreuve finira par révéler.

Cette semaine

  1. Dimanche 6 23e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 15-20
  2. Lundi 7 Lundi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 6-11
  3. Mardi 8 La Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie Mt 1, 1-16.18-23
  4. Mercredi 9 Mercredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 20-26
  5. Jeudi 10 Jeudi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 27-38
  6. Vendredi 11 Vendredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 39-42
  7. Samedi 12 Samedi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 43-49

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