L'Évangile du jour
Mercredi 9 septembre 2026
Mercredi de la 23e semaine du Temps ordinaire
S. Pierre Claver, prêtre · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Heureux, vous les pauvres. Mais quel malheur pour vous, les riches »
Alléluia. Alléluia.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !
Alléluia.
20Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.21Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.22Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme.23Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.24Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !25Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !26Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Co 7, 25-31« Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n’as pas de femme ? ne cherche pas à te marier »
- Psaume Ps 44 (45), 11a.12, 14-15a, 15b-16, 17a.18
Comprendre ce passage
Le discours dans la plaineLuc 6, 17-49
« Un endroit plat »
À la différence du Sermon sur la montagne de Matthieu, Luc note qu'après une nuit de prière et le choix des Douze, Jésus descend et se tient « sur un terrain plat » : d'où le nom de discours dans la plaine. Le Maître rejoint la foule au ras de la vie. On accourt de Judée, de Jérusalem et du littoral païen de Tyr et Sidon, esquissant déjà l'universalisme cher au troisième évangile.
Une foule qui cherche la guérison
Avant toute parole, Luc montre la puissance qui émane du Christ : « tous cherchaient à le toucher, car une force sortait de lui et les guérissait tous. » Le mot grec dynamis dit cette énergie divine débordante, déjà à l'œuvre ailleurs (8, 46). L'enseignement ne précède pas le soin des corps : chez Luc, Jésus guérit et console avant d'instruire, car la Bonne Nouvelle s'adresse d'abord aux pauvres.
Un discours programmatique
Comme la lecture inaugurale à Nazareth (4, 16-21), ce grand discours ouvre et résume le ministère de Jésus, tel un manifeste du Royaume. Il s'adresse d'abord aux disciples — « levant les yeux sur ses disciples » —, mais devant la foule : la voie des Béatitudes est proposée à tous. Plus bref et plus social que le Sermon montagnard, il en partage le cœur : la miséricorde du Père comme règle de vie.
Béatitudes et malheurs
Luc donne quatre béatitudes, adressées directement (« heureux, vous… ») aux pauvres, aux affamés, à ceux qui pleurent, aux haïs à cause du Fils de l'homme, et quatre malheurs symétriques aux riches, aux repus, à ceux qui rient et que tous flattent. C'est le grand renversement déjà chanté au Magnificat (1, 51-53). Les formules sont concrètes et sociales, et les « malheurs » (ouai) ne sont pas des malédictions, mais de pressants avertissements.
L'amour des ennemis
Au cœur du discours retentit l'exigence la plus neuve : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez, priez pour vos persécuteurs. » Tendre l'autre joue, prêter sans rien espérer : Jésus brise la loi du talion. La règle d'or y prend sa forme positive, et aimer sans retour, c'est devenir « fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et les méchants ».
« Soyez miséricordieux comme votre Père »
Voici le sommet et la clé du discours. Là où Matthieu écrit « soyez parfaits » (Mt 5, 48), Luc dit « soyez miséricordieux (oiktirmones) comme votre Père est miséricordieux ». Le terme traduit l'hébreu rahamim, les entrailles de tendresse de Dieu révélées à Moïse (Ex 34, 6). La perfection demandée n'est pas une froide irréprochabilité, mais la compassion qui porte le nom même du Père.
Ne pas juger ; la mesure
« Ne jugez pas… ne condamnez pas… pardonnez… donnez » : quatre impératifs déclinent la même miséricorde. La promesse est saisissante : « on versera dans votre sein une bonne mesure, tassée, secouée, débordante », image du marchand de grain remplissant le pli du manteau. Car « de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » : ce que je donne me revient de Dieu, surabondant.
La poutre et l'arbre
Par des images vives, Jésus dénonce l'hypocrisie du jugement : qu'on ôte la poutre de son œil avant la paille de celui du frère, sinon « un aveugle peut-il guider un aveugle ? ». Puis le critère de vérité : « c'est à son fruit qu'on connaît l'arbre », car « la bouche parle du trop-plein du cœur ». La conversion réclamée est d'abord intérieure : transformer la source, et les actes suivront.
Les deux maisons
La péroraison met chacun devant un choix : « Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? » Qui écoute et met en pratique ressemble à l'homme qui creusa profond et bâtit sur le roc : la crue ne l'ébranle pas. Qui écoute sans agir bâtit sans fondations, et tout s'effondre. La Parole entendue ne sauve pas ; elle doit devenir vécue pour tenir à l'épreuve.
Heureux les pauvres
Jésus proclame bienheureux les pauvres, les affamés, les affligés : non que la misère soit bonne, mais parce que Dieu se tient résolument de leur côté et leur promet le Royaume. Les « malheurs » ne maudissent personne ; ils avertissent avec tendresse. La richesse, la satiété et les applaudissements peuvent endormir le cœur et lui faire croire qu'il possède déjà toute sa récompense.
Aimer ses ennemis
Voici le commandement le plus distinctif de l'Évangile, celui qui désarme la spirale de la vengeance. Aimer l'ennemi n'est pas un sentiment, mais une décision aux gestes concrets : lui faire du bien, le bénir, prier pour lui, refuser de rendre le mal. Là se reconnaît l'enfant du Père, et cette gratuité humainement impossible devient le lieu où resplendit la ressemblance divine.
Être miséricordieux comme le Père
Tout le discours tient en un mot : la miséricorde. Il ne s'agit pas d'abord d'observer des règles, mais d'imiter la bonté débordante du Père envers ceux qui ne la méritent pas, sans calcul. Et l'avertissement est clair : la mesure de notre miséricorde décidera de celle que nous recevrons. Pardonner et donner largement ouvre en soi l'espace où Dieu versera sa grâce « débordante ».
Ôter d'abord sa propre poutre
Avant de corriger autrui, le disciple doit se convertir lui-même. L'humilité regarde ses propres fautes avant celles du prochain, et se sait pécheur pardonné avant de se faire juge. Alors seulement, le regard purifié, on peut aider son frère à « y voir clair » sans le blesser. Le fruit bon, né d'un cœur transformé, révèle mieux que tout discours la vérité de la vie intérieure.
Mettre la Parole en pratique
Écouter ne suffit pas : dire « Seigneur, Seigneur » sans agir, c'est bâtir sur le sable. La foi qui tient dans la tempête est celle qui passe aux actes, qui creuse jusqu'au roc en faisant ce que dit le Christ. Le vrai disciple n'est pas l'auditeur enthousiaste, mais celui dont l'obéissance quotidienne donne à sa maison des fondations invisibles, que seule l'épreuve finira par révéler.
Cette semaine
- Dimanche 6 23e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 15-20
- Lundi 7 Lundi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 6-11
- Mardi 8 La Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie Mt 1, 1-16.18-23
- Mercredi 9 Mercredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 20-26
- Jeudi 10 Jeudi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 27-38
- Vendredi 11 Vendredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 39-42
- Samedi 12 Samedi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 43-49
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