L'Évangile du jour
Samedi 16 mai 2026
Samedi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord)
Férie Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru »
Alléluia. Alléluia.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;
maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père.
Alléluia.
23En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.24Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.25En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.26Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,27car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.28Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 18, 23-28« Apollos démontrait par les Écritures que le Christ, c’est Jésus »
- Psaume 46 (47), 2-3, 8-9, 10
Comprendre ce passage
L'annonce d'un prompt retourJean 16, 16-33
La dernière veille du discours d'adieu
Ces paroles closent le long discours après la Cène (Jn 13–17), prononcé au Cénacle dans la nuit du jeudi saint, quelques heures avant l'arrestation au jardin. Le genre est celui des adieux d'un patriarche aux siens, à la manière de Jacob (Gn 49) ou de Moïse (Dt 32-33) : un maître, à l'heure de partir, lègue à ses disciples son testament spirituel. L'atmosphère est grave et intime ; Jésus prépare les Onze à l'heure imminente où il leur sera arraché, et au-delà de la nuit, à la lumière de Pâques.
« Encore un peu… » : l'énigme du peu de temps
L'énigme déconcerte les disciples, qui se répètent entre eux : « que veut-il dire ? ». Le grec mikron (« un petit moment ») revient avec insistance et scande tout le passage. Ce « peu de temps » désigne l'entre-deux de la mort — où on ne le voit plus — et de la résurrection — où on le revoit le matin de Pâques. Dans la perspective johannique, ce court intervalle s'ouvre aussi sur l'attente plus longue de l'Église, tendue vers la rencontre définitive où l'on verra Dieu face à face.
L'image de l'enfantement
Pour éclairer l'épreuve, Jésus recourt à une comparaison familière au monde antique et à la Bible : la femme qui enfante. Dans la douleur des contractions, « son heure est venue » ; mais la souffrance s'efface aussitôt « dans la joie qu'un homme soit né au monde ». Les prophètes employaient déjà ce langage pour dire les douleurs précédant le salut (Is 26, 17 ; 66, 7-14). Image transparente de la Passion : l'angoisse du Vendredi saint débouche sur la joie pascale, comme l'enfantement sur la vie nouvelle.
La tristesse changée en joie
« Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie » : Jésus ne promet pas d'épargner la souffrance, mais de la retourner en son contraire. « Je vous reverrai, votre cœur se réjouira, et votre joie, nul ne vous l'enlèvera » : il s'agit d'une joie pascale, fondée non sur des circonstances changeantes mais sur la présence retrouvée du Ressuscité. Aussi est-elle durable et indestructible, à la mesure de la vie nouvelle qui ne connaît plus la mort — un don que ni l'épreuve ni les persécuteurs ne sauraient ravir.
Demander au nom de Jésus
« En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions » : la Pâque inaugure une économie nouvelle de la prière. « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite. » Prier « au nom » du Fils n'est pas une formule magique mais l'accès filial ouvert par sa médiation : c'est s'unir à sa volonté et au mouvement même qui le porte vers le Père. La prière chrétienne passe désormais par le Fils, et trouve là sa plénitude de joie.
« Je suis sorti du Père… je quitte le monde »
Jésus parle enfin « ouvertement », sans paraboles : « je suis sorti du Père et venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père ». Ce double mouvement — descente et retour — résume tout le mystère du Verbe incarné, déjà chanté au Prologue (Jn 1). Les disciples croient enfin reconnaître son origine divine ; mais Jésus tempère leur élan : « voici venir l'heure où vous allez être dispersés chacun de son côté, et me laisser seul ». Annonce voilée de Gethsémani et de la fuite des Onze.
« J'ai vaincu le monde »
La conclusion solennelle du discours d'adieu rassemble tout : « je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix ; dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage (tharseite) : j'ai vaincu le monde ». Chez Jean, le « monde » désigne l'humanité fermée à Dieu et hostile au Christ. La victoire annoncée est paradoxalement remportée par la Croix, et son verbe est déjà au passé : elle est acquise d'avance. « Moi, je ne suis pas seul, le Père est avec moi » : la solitude du Christ demeure habitée par la communion trinitaire.
La joie que nul n'enlève
Le chrétien est invité à espérer la joie pascale par-delà l'épreuve, en comprenant la souffrance comme un enfantement : non une fin, mais le passage douloureux vers une vie nouvelle. Tenir dans la peine, sans s'y laisser engloutir, c'est croire que la tristesse présente porte déjà en germe la joie à venir. Cette joie ne dépend pas des consolations sensibles, toujours fragiles ; elle s'enracine dans le Ressuscité, et c'est pourquoi nul ne peut nous l'arracher, même au cœur des plus dures traversées.
Prier au nom de Jésus
À la suite de cette promesse, le disciple est appelé à prier le Père « au nom » du Fils, avec une audace toute filiale. « Demandez et vous recevrez » : non que Dieu doive plier à nos désirs, mais que la prière unie au Christ entre dans le dessein du Père et y trouve son exaucement véritable. Demander au nom de Jésus, c'est désirer ce qu'il désire, accueillir ce qu'il donne. Ainsi la prière devient source d'une joie parfaite, qui déborde la simple satisfaction de nos requêtes.
La paix dans l'épreuve
« En moi, la paix ; dans le monde, la tribulation » : Jésus ne situe pas la paix dans l'absence d'épreuves, mais en lui-même, au cœur même de la tempête. Chercher cette paix ailleurs — dans une vie sans contradiction, sans persécution, sans croix — serait se condamner au trouble. Le croyant la puise dans l'union au Christ, qui demeure ferme quand tout vacille. À ses disciples affolés par l'approche de la Passion, le Seigneur ne dit pas « tout ira bien », mais : courage, je suis avec vous.
« J'ai vaincu le monde »
Enfin, le disciple est appelé à vivre dans l'assurance de la victoire déjà remportée par le Christ. Les épreuves, les échecs, les persécutions ne sont pas le dernier mot : le combat décisif a été livré et gagné à la Croix et au matin de Pâques. Puiser son courage non dans ses propres forces, toujours défaillantes, mais dans cette victoire pascale : telle est l'attitude du chrétien dans le monde. Il n'a pas à vaincre seul, mais à entrer, par la foi, dans le triomphe de son Seigneur.
Cette semaine
- Dimanche 10 6e dimanche de Pâques Jn 14, 15-21
- Lundi 11 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
- Mardi 12 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
- Mercredi 13 Mercredi, de la férie, 6e semaine du Temps pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 12-15
- Jeudi 14 S. Matthias, apôtre Jn 15, 9-17
- Vendredi 15 Vendredi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 20-23a
- Samedi 16 Samedi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 23b-28
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