L'Évangile du jour

Mercredi 13 mai 2026

Mercredi, de la férie, 6e semaine du Temps pascal (Canada ; Afrique du Nord)

Bienheureuse Vierge Marie de Fatima · Mémoire facultative

Mémoire Temps pascal Année A Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 16, 12-15

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière »

Alléluia. Alléluia.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Alléluia.

12J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.13Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.14Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.15Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 16 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ac 17, 15.22 – 18, 1« Ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer »
  • Psaume 148, 1-2, 11-12, 13.14b

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Comprendre ce passage

La venue du DéfenseurJean 16, 5-15

Contexte historique et social

Le grand discours d'adieu

Ces versets appartiennent au long discours après la Cène (Jn 13–17), confidence ultime de Jésus aux siens avant la Passion, dans la chambre haute de Jérusalem. La forme rejoint celle des testaments bibliques, où un patriarche mourant — Jacob, Moïse — lègue ses dernières paroles et annonce l'avenir. L'heure est grave : Jésus s'adresse à un cercle restreint, des Galiléens montés pour la Pâque, bouleversés par l'imminence du départ de leur Maître.

Une tristesse qui ferme le cœur

Les disciples sont si accablés que nul ne demande plus « Où vas-tu ? » ; la tristesse « a rempli leur cœur » et les empêche d'entendre la promesse. Cette détresse se comprend : perdre celui en qui l'on a tout misé, alors que les autorités se font menaçantes, c'est se voir livré sans appui à un monde hostile. Jésus ne reproche pas cette peine, mais veut la dépasser en révélant le sens caché de son départ, qui n'est pas un abandon mais une promesse.

Le Paraclet, « avocat-défenseur »

Le terme grec Paraklētos désigne littéralement celui qu'on appelle auprès de soi : dans le langage judiciaire de l'époque, l'avocat qui assiste l'accusé, le défenseur, mais aussi le consolateur qui réconforte. Ce vocabulaire juridique structure tout le passage : Jésus annonce un véritable procès opposant le monde au Christ. La Vulgate transcrit Paracletus ; la tradition y a vu tantôt « Consolateur », tantôt « Défenseur », deux facettes d'un même office de l'Esprit Saint.

Lecture biblique et exégétique

« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille »

Jésus pose un paradoxe saisissant : « c'est votre avantage que je parte ». Tant qu'il demeure visiblement présent, l'Esprit promis ne peut être pleinement donné ; il faut que s'accomplisse la glorification — Passion, Résurrection, Ascension — pour que jaillisse le don d'en haut. La présence charnelle du Christ, limitée à un lieu, fait place à une présence universelle et intérieure, par l'Esprit répandu sur toute chair. Le départ est donc la condition d'une intimité plus profonde, non sa rupture.

L'Esprit confond le monde

L'Esprit « établira le monde en faute » : le verbe elenchō signifie « confondre, convaincre, démontrer le tort ». Le procès porte sur trois chefs. Le péché, d'abord : « ils ne croient pas en moi » — l'incrédulité est la racine de tout refus. La justice ensuite : « je vais au Père » — la Résurrection prononce l'acquittement du Juste condamné. Le jugement enfin : « le prince de ce monde est jugé ». Par la Croix, l'accusé devient juge : ce n'est plus Jésus, mais le monde lui-même qui passe en jugement.

« Il vous conduira dans la vérité tout entière »

L'Esprit de vérité « vous guidera vers la vérité tout entière ». Il n'apporte pas une révélation nouvelle qui s'ajouterait au Christ, mais introduit toujours plus avant dans le mystère déjà donné. Il ne parle pas « de lui-même » : il redit ce qu'il entend du Père et du Fils, et « annonce les choses à venir ». L'Église y reconnaît le fondement du développement homogène de la doctrine : sous la conduite de l'Esprit, la Tradition vivante déploie sans le trahir le dépôt reçu (cf. Dei Verbum 8).

« Il me glorifiera »

L'œuvre de l'Esprit n'est pas autocentrée : « il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera. » Loin de détourner du Christ, l'Esprit conduit à lui et le glorifie. Jésus précise aussitôt l'unité divine : « tout ce qu'a le Père est à moi », d'où l'Esprit puise. On entrevoit ici la communion trinitaire dans l'unique mission du salut : le Père est source, le Fils révèle, l'Esprit intériorise et fait resplendir le Fils dans les cœurs.

Pour la vie spirituelle et pratique

Accueillir l'Esprit de vérité

L'Esprit conduit « vers la vérité tout entière » : il revient au croyant de cultiver la docilité à ses motions. C'est lui qui éclaire l'Écriture de l'intérieur, qui guide l'Église et fait mûrir l'intelligence de la foi. Demander ses lumières dans la prière, lire la Parole en l'invoquant, se laisser enseigner par l'Église : autant de manières de coopérer à ce travail patient par lequel la vérité du Christ devient peu à peu notre vie, et non un simple savoir.

Le départ qui est un don

Le paradoxe du « il vaut mieux que je m'en aille » éclaire nos propres absences : Dieu se voile parfois pour donner davantage. La disparition d'une consolation sensible, l'épreuve de la sécheresse ou du deuil peuvent ouvrir à une présence plus pure et plus libre, où la foi s'affermit sans appuis. Comme les disciples, nous sommes invités à ne pas mesurer la fidélité de Dieu à nos émotions, mais à lui faire confiance au-delà du sensible.

L'Esprit qui glorifie le Christ

Puisque l'Esprit « prend de ce qui est au Christ » et le glorifie, il offre un critère sûr de discernement : le véritable esprit conduit toujours au Christ, jamais à soi-même ni à des expériences qui flattent. Ce qui exalte le moi, divise ou éloigne de l'Évangile ne vient pas de lui. Discerner les esprits, c'est éprouver leur référence au Christ et leur accord avec la foi de l'Église : tout don authentique ramène, humblement, au Seigneur Jésus.

Le monde jugé par la vérité

Le « procès » mené par l'Esprit délivre les croyants de la peur. Si le monde accuse et condamne, l'Esprit, lui, défend les disciples et confond le mal déjà vaincu à la Croix. Le chrétien n'a donc pas à trembler devant l'hostilité : il peut témoigner avec assurance, sachant que la vérité finit toujours par s'imposer. Cette certitude paisible, fruit de l'Esprit, est la force des martyrs et de tout fidèle pressé de rendre raison de son espérance.

Cette semaine

  1. Dimanche 10 6e dimanche de Pâques Jn 14, 15-21
  2. Lundi 11 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
  3. Mardi 12 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
  4. Mercredi 13 Mercredi, de la férie, 6e semaine du Temps pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 12-15
  5. Jeudi 14 S. Matthias, apôtre Jn 15, 9-17
  6. Vendredi 15 Vendredi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 20-23a
  7. Samedi 16 Samedi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 23b-28

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