L'Évangile du jour
Vendredi 3 avril 2026
Vendredi Saint
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Passion de notre Seigneur Jésus Christ
Le Christ s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
Le Christ s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur.
1Ayant ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.2Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.3Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.4Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »5Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.6Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.7Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »8Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »9Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».10Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.11Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »12Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent.13Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là.14Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »15Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.16Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.17Cette jeune servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » Il répondit : « Non, je ne le suis pas ! »18Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer.19Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.20Jésus lui répondit : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette.21Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. »22À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »23Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ? Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »24Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.25Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! »26Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »27Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.28Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.29Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »30Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »31Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »32Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.33Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »34Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »35Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »36Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »37Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »38Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.39Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »40Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.1Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.2Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.3Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient.4Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »5Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. »6Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »7Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »8Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.9Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.10Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »11Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »12Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »13En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.14C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »15Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »16Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.17Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.18C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.19Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »20Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.21Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »22Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »23Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.24Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.25Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.26Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »27Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.28Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »29Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.30Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.31Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.32Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.33Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,34mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.35Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.36Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.37Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.38Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.39Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.40Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.41À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne.42À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Is 52, 13 – 53, 12« C’est à cause de nos fautes qu’il a été broyé »
- Psaume 30 (31), 2ab.6, 12, 13-14ad, 15-16, 17.25
- Deuxième lecture He 4, 14-16 ; 5, 7-9Il apprit l’obéissance et il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel
Comprendre ce passage
L'arrestation de JésusJean 18, 1-11
Le jardin au-delà du Cédron
Après le discours d'adieu, Jésus sort avec ses disciples et franchit le torrent du Cédron, ravin qui sépare Jérusalem du mont des Oliviers et que les pluies d'hiver gonflaient. Là se trouve un jardin que Jean, seul, signale ; il ne le nomme pas Gethsémani comme les synoptiques. Le rapprochement avec le roi David fuyant Absalom, passant lui aussi le Cédron en pleurant (2 S 15, 23), n'a sans doute rien de fortuit : un autre roi va monter vers sa propre épreuve, mais cette fois pour sauver son peuple.
Un lieu habituel, connu de Judas
L'évangéliste précise que Jésus s'y rendait souvent avec les siens, en sorte que Judas, l'un des Douze, en connaissait l'accès. Le traître ne surprend donc pas un fugitif : il sait où trouver son Maître, qui ne se cache nullement. Jean omet volontairement le récit de l'agonie, il en a placé l'écho plus tôt, « maintenant mon âme est troublée » (12, 27), pour camper d'emblée un Jésus pleinement maître de l'heure, allant au-devant de ce qui l'attend plutôt que de le subir.
La cohorte, les lanternes et les armes
Judas amène « la cohorte » (en grec speira, terme désignant un détachement de soldats romains) et des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens. Ils arrivent munis de lanternes, de torches et d'armes. Cette démesure des moyens frappe : il faut une troupe en armes, et de nuit, pour s'emparer d'un homme désarmé. L'ironie johannique est saisissante : on déploie des feux fumants pour arrêter celui qui est la Lumière du monde (8, 12), que les ténèbres n'ont pu saisir.
« C'est moi », et ils tombent à terre
Jésus, « sachant tout ce qui allait lui arriver », ne fuit pas mais s'avance : « Qui cherchez-vous ? » On lui répond : « Jésus le Nazaréen. » Et lui : « C'est moi. » En grec, egō eimi, « Je suis » : la formule même par laquelle Dieu se révélait à Moïse (Ex 3, 14) et que Jésus s'est appliquée tout au long de l'évangile. À ces mots, la troupe recule et tombe à terre : un instant, la majesté divine transparaît sous l'homme qu'on vient prendre. Nul ne saisit Jésus de force ; il se livre souverainement.
« Laissez aller ceux-ci »
Par deux fois Jésus se nomme, et il pose une condition à ceux qui le cherchent : « Si c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. » Jean y lit l'accomplissement d'une parole dite à la dernière Cène : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés » (cf. 17, 12). Au moment où sa vie est menacée, Jésus se soucie d'abord de protéger les siens et d'écarter d'eux l'épreuve. Se découvre ici le bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis et veille à ce qu'aucune ne se perde (10, 11. 28).
Le coup d'épée de Pierre
Pierre, qui portait un glaive, en frappe le serviteur du grand prêtre et lui tranche l'oreille droite ; Jean, seul, livre les deux noms, celui de l'apôtre et celui de la victime, Malchus. Le geste part d'un zèle sincère mais charnel : il prétend défendre par le fer un Royaume qui n'est pas de ce monde (18, 36). Jésus l'arrête aussitôt : « Remets ton glaive au fourreau. » Le refus de la violence est net, et il prélude à la guérison que Luc, de son côté, rapporte (Lc 22, 51).
« La coupe que m'a donnée le Père »
À Pierre, Jésus oppose le seul motif qui vaille : « La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? » Dans l'Écriture, la coupe désigne souvent la part que Dieu réserve, ici celle de la Passion (cf. Ps 75, 9 ; Is 51, 17). Ce mot est l'équivalent johannique de la prière de Gethsémani rapportée par les synoptiques : non un cri d'angoisse, mais l'adhésion paisible d'un Fils qui épouse la volonté du Père. La Passion n'est pas un destin imposé, c'est un don reçu et librement accepté.
Jésus se livre librement
Toute la scène invite à contempler le Christ maître de sa Passion. Il n'est pas une victime acculée, mais celui qui s'avance, se nomme et se donne. Sa mort n'est pas arrachée par la contrainte : elle est offerte par amour, dans une liberté souveraine. Adorer ce mystère, c'est comprendre que nul ne lui ôte la vie, mais qu'il la donne de lui-même (10, 18) ; nous sommes sauvés non par un accident, mais par un acte d'amour voulu jusqu'au bout.
Boire la coupe que le Père donne
À la suite du Maître, le disciple est appelé à accepter la « coupe » que le Père lui présente dans l'épreuve. Non par résignation ni par goût de la souffrance, mais en remettant sa volonté à Dieu, comme Jésus au jardin. Les heures sombres, reçues de la main du Père et non subies comme un sort aveugle, deviennent alors un chemin d'union à lui, et la source d'une paix que l'angoisse même ne détruit pas.
Le refus des armes de la violence
« Remets ton glaive au fourreau » demeure une parole pour tous les temps. Le Royaume de Dieu ne s'impose ni ne se défend par la force : qui croit servir le Christ par la violence se trompe d'arme et le renie en croyant le protéger. Renoncer aux moyens du pouvoir et de la contrainte, c'est laisser Dieu vaincre à sa manière, par la Croix et non par l'épée. Le zèle de Pierre, sincère mais aveugle, nous avertit de purifier le nôtre.
Protégé par le bon Pasteur
« Laissez aller ceux-ci » : au cœur même de son abandon, le Christ protège les siens. Le disciple peut donc se savoir gardé par lui dans l'épreuve, jamais livré au-delà de ses forces. Celui qui s'est offert pour qu'aucune de ses brebis ne périsse veille encore sur chacun. Cette certitude n'épargne pas le combat, mais elle en change le visage : on n'y entre plus seul, on y est précédé par le Pasteur qui a déjà tout traversé pour nous.
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