L'Évangile du jour
Samedi 6 janvier 2029
Samedi 6 janvier, férie du temps de Noël
Férie Temps de Noël Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
7Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.8Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »9En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.10Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.11Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Comprendre ce passage
La prédication de Jean-BaptisteMarc 1, 1-8
Le désert de Judée : un lieu chargé de mémoire
Le « désert » de Jean n'est pas un vague no man's land, mais une région précise : les pentes arides qui descendent de la montagne de Juda vers le Jourdain et la mer Morte. Pour un Juif du Ier siècle, ce paysage est saturé de souvenirs. C'est par le désert qu'Israël est sorti d'Égypte et a reçu l'Alliance ; c'est là que Dieu a « fiancé » son peuple (cf. Os 2, 16). Le désert est donc le lieu des commencements et des recommencements : on y retourne pour retrouver la pureté des origines. Tout près du Jourdain vivait précisément, à Qumrân, une communauté (souvent identifiée aux esséniens) qui s'était retirée au désert pour « préparer le chemin du Seigneur », citant le même verset d'Isaïe que Jean. L'air du temps était à cette attente.
Les bains rituels et la nouveauté du baptême de Jean
La purification par l'eau était familière au judaïsme : les ablutions rituelles (mikvé) se répétaient pour retrouver la pureté légale avant la prière, le Temple ou les repas, et les esséniens multipliaient ces bains. Le judaïsme connaissait aussi le baptême des prosélytes, par lequel un païen se joignait au peuple de l'Alliance. Le geste de Jean s'en distingue sur un point inouï : il appelle des Juifs (déjà membres du peuple élu) à se faire baptiser dans un acte unique, lié à la confession des péchés et à la conversion. C'est traiter Israël comme ayant lui-même besoin de revenir à Dieu ; d'où le choc, et le succès populaire (« tout le pays de Judée » accourt).
Le vêtement et la nourriture du prophète
Le poil de chameau et la ceinture de cuir ne sont pas un détail pittoresque : c'est l'habit même d'Élie (2 R 1, 8). Quiconque connaît l'Écriture comprend aussitôt le message : voici le prophète du dernier temps. Les sauterelles font partie des rares insectes déclarés purs et comestibles par la Loi (Lv 11, 22) ; le miel sauvage est la douceur du désert. Cette nourriture frugale signale la rupture avec le confort, l'austérité de celui qui ne vit que pour l'annonce.
L'attente d'Élie et l'effervescence eschatologique
La dernière page des prophètes promettait le retour d'Élie avant le grand « Jour du Seigneur » (Ml 3, 23-24). Au Ier siècle, beaucoup espéraient une intervention décisive de Dieu, et l'on a vu surgir prophètes et mouvements de réveil dans la région du Jourdain. Jean s'inscrit dans cette ferveur, mais en s'effaçant : il ne retient pas l'attention sur lui ; il désigne un Autre.
« Commencement de l'Évangile » : un incipit programmatique (v. 1)
Le premier mot grec, archē (« commencement »), fait écho à la Genèse (« Au commencement… ») : la venue de Jésus est une création nouvelle. Le mot euangelion (« évangile, bonne nouvelle ») était employé dans le monde gréco-romain pour les bonnes nouvelles de l'empereur (naissance, victoire) ; Marc le détourne et le réserve à Jésus. Le titre se referme sur deux affirmations décisives : Jésus est le Christ (le Messie, l'Oint) et le Fils de Dieu. Ces mots « Fils de Dieu », absents de quelques manuscrits anciens mais largement attestés, forment une inclusion avec la confession du centurion au pied de la croix : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (15, 39). Tout l'évangile tient entre ces deux pôles : l'identité annoncée au seuil, dévoilée à la croix.
Une citation composite attribuée à « Isaïe » (v. 2-3)
Marc tisse trois textes : « j'envoie mon messager » (Ex 23, 20 ; Ml 3, 1) et « une voix crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Is 40, 3). Il attribue l'ensemble à Isaïe, le prophète majeur, procédé juif courant du florilège, qui range une chaîne de citations sous le nom du plus grand. Chez le Second Isaïe, « préparer le chemin » annonçait le retour d'Exil ; Marc l'applique à la venue du Seigneur Jésus : le vrai retour d'Exil, c'est lui.
Jean, nouvel Élie, et l'annonce du Plus Fort (v. 4-8)
La prédication de Jean est résumée d'un trait : « un baptême de conversion pour la rémission des péchés ». Puis vient l'essentiel, l'annonce de Celui qui vient : « plus fort que moi ». Délier la courroie des sandales était la tâche du dernier des esclaves ; Jean s'en déclare indigne, mesurant l'abîme entre le précurseur et le Messie. Enfin l'opposition décisive : « moi, je vous ai baptisés dans l'eau ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint ». Le geste de Jean n'était qu'un seuil ; le don de l'Esprit, voilà ce que Jésus apporte.
Parmi les synoptiques
Matthieu (3, 1-12) et Luc (3, 1-18) développent davantage la prédication de Jean (le feu, la cognée, l'exhortation morale). Marc, fidèle à son style, va au plus court et au plus dense : il garde l'essentiel christologique, Jean tout entier tendu vers Jésus.
Préparer le chemin
« Aplanir la route » du Seigneur, c'est l'œuvre même de la conversion : combler les ravins de nos lâchetés, abaisser les montagnes de l'orgueil, redresser ce qui est tortueux en nous (cf. Is 40, 4). Le baptême de Jean ne donnait pas encore l'Esprit, mais il ouvrait les cœurs. Notre Avent, notre Carême, nos relectures de vie ont la même fonction : déblayer le passage pour Celui qui vient.
L'humilité du précurseur
Jean est grand parce qu'il s'efface : « il faut qu'il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30). Modèle de tout disciple, de tout éducateur, de tout apôtre : annoncer un Autre, désigner Jésus du doigt, ne pas retenir sur soi la lumière qui n'est pas la nôtre. Le Catéchisme voit en Jean « plus qu'un prophète », le dernier des précurseurs qui inaugure l'Évangile (cf. CEC 523).
Le désert comme école
Le désert n'est pas seulement une géographie, c'est un chemin intérieur : silence, dépouillement, vérité sans fard. Se ménager des déserts (un temps de prière, un jeûne, une retraite) n'est pas fuir la vie, mais y revenir purifié, prêt à reconnaître le Seigneur quand il passe.
Cette semaine
- Dimanche 31 La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph Mt 2, 13-15.19-23
- Lundi 1 Sainte Marie, Mère de Dieu Lc 2, 16-21
- Mardi 2 Mardi 2 janvier, férie du temps de Noël Jn 1, 19-28
- Mercredi 3 Mercredi 3 janvier, férie du temps de Noël Jn 1, 29-34
- Jeudi 4 Jeudi 4 janvier, férie du temps de Noël Jn 1, 35-42
- Vendredi 5 Vendredi 5 janvier, férie du temps de Noël Jn 1, 43-51
- Samedi 6 Samedi 6 janvier, férie du temps de Noël Mc 1, 7-11
L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique