L'Évangile du jour
Mardi 26 octobre 2027
Mardi de la 30e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année B Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
18Jésus disait donc : « À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ?19Il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. »20Il dit encore : « À quoi pourrai-je comparer le règne de Dieu ?21Il est comparable au levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Comprendre ce passage
Les paraboles de la graine de moutarde et du levainLuc 13, 18-21
La graine de moutarde
La graine de moutarde (le sinapi des Grecs, sans doute la variété noire cultivée en Galilée) était proverbialement la plus petite des semences que connût le paysan juif ; le langage rabbinique l'employait couramment pour désigner une quantité infime. Pourtant elle pousse en une plante d'une à trois coudées, parfois davantage, capable d'abriter les oiseaux. Le contraste entre l'origine imperceptible et le résultat visible est saisissant pour des auditeurs ruraux qui semaient eux-mêmes cette graine et en récoltaient le condiment recherché.
Le levain dans la maison
Le levain est ici cette pâte fermentée, mise de côté d'une fournée à l'autre, qu'une femme « enfouit » dans trois mesures de farine. Trois sata représentent près de quarante litres, de quoi nourrir une centaine de personnes : démesure domestique qui évoque déjà l'abondance d'un festin (cf. les trois mesures pétries par Sara en Gn 18, 6). Le geste, lui, est des plus familiers : Jésus puise ses images au cœur de la vie quotidienne, dans le travail des champs et dans celui de la maison.
Une parole adressée à la Galilée
Ces deux paraboles closent un cycle d'enseignements et de controverses où l'opposition des chefs s'est durcie (13, 14.17). Aux yeux de beaucoup, le mouvement de Jésus paraissait alors négligeable : un maître itinérant, un groupe de Galiléens sans pouvoir ni prestige. Le diptyque moutarde-levain répond précisément à cette impression de petitesse, en promettant à ce commencement obscur un déploiement que rien d'humain ne laissait prévoir.
Du minuscule au grand arbre
Le Royaume commence infime (un Galiléen et quelques disciples sur les routes), mais il deviendra un arbre où « les oiseaux du ciel font leur nid ». L'image puise dans les visions de Daniel (Dn 4) et d'Ézéchiel (Ez 17, 23 ; 31, 6), où le grand arbre figure un royaume et les oiseaux les nations venant s'y abriter. Ainsi la croissance annoncée n'est pas seulement quantitative : elle dit l'accueil universel des peuples sous l'ombre du Royaume de Dieu.
Le levain caché
Le levain agit caché et de l'intérieur, transformant peu à peu toute la masse jusqu'à ce que « le tout ait levé ». Le verbe employé (enkryptō, « enfouir ») souligne ce travail invisible et patient. Si l'Écriture connaît un levain symbole de corruption (Ex 12 ; 1 Co 5, 6-8), Jésus en renverse la valeur : ici le ferment est bon, force discrète mais irrésistible qui pénètre le monde et le travaille du dedans, sans bruit ni contrainte extérieure.
Deux images complémentaires
Les deux paraboles se répondent sans se confondre. La moutarde dit une croissance visible, extérieure, qui s'élève vers le haut ; le levain, une transformation intérieure, cachée, qui se diffuse en profondeur. L'une regarde l'expansion du Royaume parmi les nations, l'autre son action sanctifiante au cœur de l'humanité et de chaque âme. Ensemble elles refusent d'enfermer le mystère du Royaume dans une seule figure.
Une parabole d'espérance
D'un bout à l'autre, le mouvement va du petit à l'immense, du commencement humble au terme assuré. Ce qui fait lever la pâte et grandir l'arbre n'est pas la puissance des hommes, mais la force de Dieu lui-même, à l'œuvre dans son Royaume. Les deux images invitent donc à la confiance : ce qui paraît négligeable, remis entre les mains du Seigneur, est promis à une fécondité démesurée.
Ne pas mépriser les petits commencements
Dieu se plaît à agir à partir du minuscule : une grâce reçue, un oui murmuré, un geste obscur de charité. Il ne faut donc pas se décourager devant la petitesse apparente du bien que l'on fait, ni devant la lenteur de sa propre conversion. La graine de moutarde deviendra arbre : ce qui compte n'est pas l'éclat des débuts, mais la fidélité confiante de celui qui sème malgré tout.
Être le levain dans la pâte
Le chrétien est appelé à être levain dans la pâte du monde. Non par la domination ni le tapage, mais par une présence humble, persévérante et joyeuse, il transforme son milieu de l'intérieur : sa famille, son travail, sa société. C'est la vocation que le Concile rappelle aux laïcs, sanctifiant le monde du dedans à la manière du ferment, là où Dieu les a placés.
Faire confiance à la croissance de Dieu
C'est Dieu, et non l'effort humain seul, qui donne la croissance (cf. 1 Co 3, 6-7). Au disciple revient de semer la Parole et d'enfouir le ferment avec patience, puis de remettre au Seigneur le soin du développement. Cette confiance libère de l'anxiété des résultats et de la tentation de tout maîtriser : le Royaume lèvera à son heure, selon le rythme de Dieu et non le nôtre.
Espérer pour l'Église et pour le monde
À l'échelle de l'Église comme du cœur, ces paraboles soutiennent l'espérance dans les temps de petitesse et d'apparente stérilité. Quand le bien semble étouffé et le troupeau réduit, la promesse demeure : l'arbre grandira, la pâte tout entière sera transformée. Le croyant ne juge donc pas le Royaume sur les apparences présentes, mais sur la fidélité de Celui qui l'a planté et le mène à son terme.
Cette semaine
- Dimanche 24 30e dimanche du Temps ordinaire Mc 10, 46-52
- Lundi 25 Lundi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 10-17
- Mardi 26 Mardi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 18-21
- Mercredi 27 Mercredi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 22-30
- Jeudi 28 Saints Simon et Jude, apôtres Lc 6, 12-16
- Vendredi 29 Vendredi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1-6
- Samedi 30 Samedi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1.7-11
L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique