L'Évangile du jour

Lundi 28 juin 2027

Lundi de la 13e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Matthieu 8, 18-22

18Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive.19Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. »20Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »21Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »22Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 8 de saint Matthieu avec ses commentaires

Comprendre ce passage

Suivre JésusMatthieu 8, 18-22

Contexte historique et social

1. Devenir disciple d'un maître

Dans le judaïsme, on devenait disciple (talmid) en choisissant un maître reconnu, en s'attachant à lui et en le suivant (souvent au sens propre, en marchant derrière lui) pour apprendre la Loi et imiter sa vie. C'est d'ordinaire le candidat qui se présente. Les deux dialogues jouent sur cet arrière-plan : l'un s'offre spontanément (comme il est d'usage), mais l'autre est appelé par Jésus (« Suis-moi »), car, avec lui, c'est le Maître qui prend l'initiative.

2. Un scribe, et un maître sans toit

Le premier est un scribe, un lettré, spécialiste de la Loi, homme considéré : qu'il veuille suivre un prédicateur itinérant est déjà remarquable. Jésus l'avertit du coût par une image : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où poser la tête. » Un maître itinérant comme Jésus n'avait ni maison ni revenu fixe : il vivait de l'hospitalité offerte d'étape en étape, dans une réelle précarité. Le suivre, c'est partager cette vie sans sécurité.

3. Le devoir sacré d'ensevelir son père

La requête du second (« laisse-moi d'abord aller enterrer mon père ») était, aux yeux de tous, parfaitement légitime et sacrée. Ensevelir ses parents relevait du commandement « honore ton père et ta mère » (Ex 20, 12) et comptait parmi les devoirs les plus impérieux : la Loi prescrivait d'enterrer le mort le jour même (Dt 21, 23), laisser un corps sans sépulture était un grave déshonneur, et ce devoir l'emportait même sur l'étude de la Torah. (L'expression pouvait aussi signifier : attends que mon père soit mort et que j'aie rempli mon devoir, soit un long délai.) On mesure alors combien la réponse de Jésus (« laisse les morts enterrer leurs morts ») était choquante : rien, pas même ce devoir sacré, ne passe avant l'appel de Dieu.

4. « Le Fils de l'homme »

C'est ici la première occurrence du titre « Fils de l'homme » dans Matthieu. Issu de Daniel 7, 13 (la figure glorieuse à qui est donnée la royauté), il deviendra l'autodésignation habituelle de Jésus, d'où le paradoxe saisissant : celui qui recevra toute domination « n'a pas où poser la tête ».


Lecture biblique et exégétique

1. Le coût et la radicalité de l'appel

Les deux paroles disent l'absolu du suivre : ni sécurité matérielle, ni délai. Fait remarquable, Jésus ne recrute pas en minimisant le coût : au scribe trop pressé, il oppose la dure réalité de sa condition. Suivre n'est pas une aventure rassurante, mais un partage de sa pauvreté et de son itinérance.

2. « Laisse les morts enterrer leurs morts »

La formule, déconcertante, ne méprise pas la piété filiale. Les Pères l'entendent ainsi : les premiers « morts » sont les morts spirituels, ceux qui demeurent hors de la vie que le Christ apporte ; qu'ils s'occupent des affaires de la mort. Le disciple, lui, est appelé à la vie, et à l'urgence de l'annonce du Royaume (saint Luc ajoute : « toi, va annoncer le Royaume de Dieu », Lc 9, 60). Il s'agit d'une question de hiérarchie : rien, pas même un devoir sacré, ne passe avant l'appel de Dieu lorsqu'il est clair et présent.

3. Le paradoxe du Fils de l'homme

Le titre glorieux de Daniel appliqué à celui qui « n'a pas où poser la tête » résume tout le paradoxe évangélique : la royauté du Christ passe par le dépouillement et la Croix. Suivre le Fils de l'homme, c'est entrer dans cette logique d'abaissement.


Pour la vie spirituelle et pratique

Le coût, lucidement assumé

Suivre le Christ a un coût, et Jésus ne le cache pas. À l'enthousiasme du scribe, il rappelle la précarité ; à l'empressement différé du second, l'urgence. La suite du Christ n'est ni une émotion passagère ni un projet qu'on remet « à plus tard ».

Repérer son « laisse-moi d'abord… »

Chacun a son « laisse-moi d'abord… », ce « d'abord » légitime en apparence (un devoir, une obligation, une étape) qui, en réalité, retarde indéfiniment la réponse à Dieu. La parole de Jésus invite à démasquer ces reports et à répondre quand l'appel est clair.

La liberté de « n'avoir pas où poser la tête »

Le Fils de l'homme « sans lieu où poser la tête » appelle aussi à une liberté intérieure à l'égard des sécurités. Non par mépris des biens, mais pour rester disponible : un cœur trop installé, trop arrimé à ses garanties, peine à se lever pour suivre.


Cette semaine

  1. Dimanche 27 13e dimanche du Temps ordinaire Mc 5, 21-43
  2. Lundi 28 Lundi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 18-22
  3. Mardi 29 Saints Pierre et Paul, apôtres Mt 16, 13-19
  4. Mercredi 30 Mercredi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 28-34
  5. Jeudi 1 Jeudi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 1-8
  6. Vendredi 2 Vendredi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 9-13
  7. Samedi 3 Saint Thomas, apôtre Jn 20, 24-29

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique