L'Évangile du jour

Lundi 21 juin 2027

Lundi de la 12e semaine du Temps ordinaire

Férie Temps ordinaire Année B Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Matthieu 7, 1-5

1« Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ;2de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.3Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?4Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?5Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 7 de saint Matthieu avec ses commentaires

Comprendre ce passage

La paille et la poutreMatthieu 7, 1-5

Contexte historique et social

1. La place dans le Sermon

Après l'enseignement sur la pureté d'intention (l'aumône, la prière, le jeûne « dans le secret », ch. 6) et avant l'invitation à demander avec confiance (7, 7-11), Jésus traite des relations fraternelles : comment regarder le défaut du prochain. Le thème prolonge la béatitude des miséricordieux (5, 7) et la demande du Notre Père (« remets-nous nos dettes comme nous les remettons »).

2. Le principe juif de la « mesure »

« De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » reprend un axiome rabbinique bien connu, la middah ke-neged middah (« mesure pour mesure ») : Dieu traite l'homme selon la manière dont celui-ci a traité les autres. La sévérité qu'on déploie envers autrui devient, au jugement de Dieu, la mesure appliquée à soi-même.

3. L'hyperbole du charpentier

L'image oppose la paille (karphos : un fétu, une brindille, une écharde) à la poutre (dokos : une solive de charpente). L'exagération est volontaire, presque comique, d'autant plus savoureuse dans la bouche du fils d'un tektôn (charpentier-bâtisseur). Ce procédé d'hyperbole frappante est familier à l'enseignement juif (cf. « filtrer le moustique et avaler le chameau », Mt 23, 24).

4. Le devoir de réprimande et ses limites

Le judaïsme connaissait à la fois des tribunaux et le devoir de reprendre son frère (Lv 19, 17 : « tu réprimanderas ton compatriote »). Jésus ne supprime pas ce devoir ; il en dénonce la contrefaçon : le jugement intérieur, hautain et sans miséricorde, qui condamne la personne au lieu d'aider à la corriger.


Lecture biblique et exégétique

1. Quel « juger » est interdit ?

Le verbe grec krinô couvre un large champ : discerner, évaluer, juger, condamner. Ce que Jésus interdit n'est pas le discernement (indispensable) ni la correction, mais le jugement condamnatoire, s'arroger sur le frère la sentence qui n'appartient qu'à Dieu, seul juge des cœurs. La pointe est celle de la présomption : se faire juge à la place de Dieu.

2. Ce que le Nouveau Testament demande par ailleurs

Lue isolément, la parole « ne jugez pas » serait intenable, car le même Évangile requiert le discernement : « gardez-vous des faux prophètes… à leurs fruits vous les reconnaîtrez » (7, 15-16) ; il institue la correction fraternelle (Mt 18, 15-17) ; saint Paul invite à se juger soi-même (1 Co 11, 31) et dit que « l'homme spirituel juge de tout » (1 Co 2, 15). Le v. 1 ne prohibe donc pas le jugement des actes, mais l'esprit qui condamne les personnes.

3. La réciprocité (v. 2)

La sentence « de la manière dont vous jugez, vous serez jugés » établit une réciprocité eschatologique : notre rigueur envers autrui se retournera contre nous devant Dieu. À l'inverse, saint Luc tire la conséquence positive : « Ne condamnez pas… pardonnez, et vous serez pardonnés » (Lc 6, 37).

4. La poutre, la paille, et le but de la correction

« Hypocrite » (hypokritês, l'acteur masqué, comme en 6, 2.5.16) : on joue le redresseur de torts tout en cachant sa propre faute, souvent plus grave. Mais le verset s'achève par une note positive et décisive : « alors tu verras clair pour enlever la paille de l'œil de ton frère ». La correction n'est donc pas abolie. Elle est restaurée et purifiée : possible après l'examen de soi, et ordonnée à aider le frère, non à l'abaisser.


Pour la vie spirituelle et pratique

Commencer par soi

Le cœur de cette page est un renversement du regard : avant de relever le tort du prochain, demander à Dieu la lumière sur le mien, souvent plus lourd. C'est le travail de l'examen de conscience, qui désarme le jugement d'autrui en révélant nos propres « poutres ».

La charité ne supprime pas la lucidité, elle en change l'intention

On ne corrige bien que ce qu'on aime, et après s'être soi-même laissé corriger. La question à se poser devant le défaut d'autrui n'est pas seulement a-t-il tort ? mais avec quel cœur est-ce que je le regarde, pour l'abaisser, ou pour l'aider à y voir clair ?

Des repères concrets

Pratiquement : devant la faute du prochain, se poser d'abord la question (et moi ?), prier pour la personne plutôt que de la juger en pensée, et ne « voir clair » que pour servir. Cette page éclaire aussi la béatitude des miséricordieux (« il leur sera fait miséricorde », 5, 7), la demande du Notre Père sur le pardon (6, 12.14-15) et l'avertissement du jugement dernier : « c'est avec la mesure dont vous vous serez servis qu'on mesurera pour vous » (cf. Mt 18, 21-35 ; 25, 31-46).


Cette semaine

  1. Dimanche 20 12e dimanche du Temps ordinaire Mc 4, 35-41
  2. Lundi 21 Lundi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 1-5
  3. Mardi 22 Mardi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 6.12-14
  4. Mercredi 23 Mercredi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 15-20
  5. Jeudi 24 Nativité de saint Jean Baptiste Lc 1, 57-66.80
  6. Vendredi 25 Vendredi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 1-4
  7. Samedi 26 Samedi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 5-17

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique