L'Évangile du jour

Samedi 20 mars 2027

Samedi de la 5e semaine de Carême

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 11, 45-57

« Afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés »

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Rejetez tous les crimes que vous avez commis,
faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

45Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.46Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait.47Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes.48Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »49Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ;50vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »51Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ;52et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.53À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer.54C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.55Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque.56Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! »57Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 11 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ez 37, 21-28« J’en ferai une seule nation »
  • Cantique Jr 31, 10, 11,-12ab, 13

Lire toute la messe sur le site de l'AELF

Comprendre ce passage

La résurrection de LazareJean 11, 1-45

Contexte historique et social

Béthanie, Marthe, Marie et Lazare

Béthanie est un bourg du mont des Oliviers, à une quinzaine de stades de Jérusalem (Jn 11, 18), moins d'une heure de marche : tout se joue aux portes de la ville où Jésus va bientôt mourir. Là vit une famille amie, déjà connue de Luc (10, 38-42), où il aime descendre. Les sœurs lui font porter un message d'une délicatesse remarquable : « celui que tu aimes est malade. » Elles n'exigent rien, ne dictent pas sa venue : elles confient simplement la détresse à l'amitié de Jésus, sûres que cela suffit à l'émouvoir.

La mort, l'ensevelissement et les quatre jours

Sous le climat chaud de Judée, on ensevelissait le jour même : le corps, lavé et parfumé d'aromates, était enveloppé de bandelettes, le visage couvert d'un suaire, puis déposé dans un tombeau fermé d'une pierre. Jean souligne que Lazare y est depuis quatre jours (11, 39). Le détail est capital : une tradition rabbinique tenait que l'âme rôdait près du corps trois jours, puis s'en éloignait quand la décomposition s'installait. Au quatrième jour, la mort est jugée définitive, sans recours humain possible.

Le deuil juif et la consolation

Un deuil entouré : « beaucoup de Juifs » sont venus de Jérusalem consoler les sœurs (11, 19). La coutume prescrivait sept jours de deuil, où parents, voisins et même pleureuses partageaient la peine de la famille. Cette foule n'est pas un simple décor : elle fournit les témoins du signe à venir, dont les uns « crurent » et les autres allèrent tout rapporter aux pharisiens (11, 45-46). À Béthanie, la mort d'un homme rassemble déjà, sans le savoir, le public du dernier et plus grand des « signes » johanniques.

Lecture biblique et exégétique

Le délai « pour la gloire de Dieu »

Averti, Jésus demeure deux jours encore là où il se trouve (11, 6) : retard déconcertant, mais voulu. Il l'annonce d'emblée : « cette maladie n'est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils soit glorifié. » Le verbe glorifier est chez Jean la clé de la Passion : le signe de Lazare est orienté vers la Croix et Pâques. Puis l'image voilée : « notre ami Lazare s'est endormi ; je vais le réveiller », devant le Maître de la vie, la mort n'est plus qu'un sommeil dont il dispose.

« Je suis la résurrection et la vie »

À Marthe, qui professe la foi commune des pharisiens en une résurrection « au dernier jour », Jésus déplace tout au présent : « Je suis la résurrection et la vie ; qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. » Ce « Je suis » (egō eimi) résonne comme le Nom divin révélé à l'Exode. La résurrection cesse d'être une simple échéance future : elle est une Personne. Et Marthe répond par une confession parfaite : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. »

Jésus pleura

Devant le tombeau, « Jésus pleura » (edakrysen, 11, 35) ; il « frémit en son esprit » et fut « troublé ». Le quatrième évangile, qui exalte tant la divinité du Verbe, dit ici sa vraie humanité : le Fils de Dieu connaît l'amitié, le chagrin et les larmes. « Voyez comme il l'aimait », murmure la foule. Ce trouble n'est ni faiblesse ni résignation, mais l'indignation du Vivant devant la mort, ennemie de l'homme : déjà le frémissement de celui qui va l'affronter et la vaincre.

« Lazare, viens dehors »

Jésus fait ôter la pierre, puis lève les yeux dans une prière d'action de grâces : « je savais que tu m'exauces toujours ; mais je l'ai dit à cause de la foule, pour qu'elle croie que tu m'as envoyé. » Alors le cri puissant : « Lazare, viens dehors ! » Le mort sort, encore lié des bandelettes ; Jésus ordonne : « déliez-le. » Manifestation éclatante de sa puissance de vie, ce signe anticipe sa propre résurrection, et la nôtre. La conclusion tombe : « beaucoup de Juifs crurent en lui. »

Pour la vie spirituelle et pratique

Croire en la résurrection, qui est une Personne

La foi pascale ne s'attache pas d'abord à une doctrine, mais à quelqu'un : le Christ est « la résurrection et la vie ». Espérer la vie éternelle, c'est moins adhérer à une idée que s'unir à lui, car il porte en lui ce qu'il promet. La question posée à Marthe (« crois-tu cela ? ») nous est adressée à chacun, au seuil de nos propres tombeaux. Y répondre « oui » dans la foi, c'est déjà passer de la mort à la vie (cf. Jn 5, 24).

Jésus partage notre deuil

Le Christ ne survole pas la douleur des hommes : il pleure avec ceux qui pleurent. Dans le deuil, ce récit offre une grande consolation : nous ne sommes pas seuls, mais accompagnés par un Sauveur compatissant, qui a lui-même connu les larmes. Pleurer un être aimé n'est donc pas un manque de foi, mais une part de notre humanité que Jésus a assumée. La vraie espérance n'abolit pas la peine : elle la traverse et l'ouvre, par-delà la tombe, à la promesse de la vie.

Le temps de Dieu

Le retard de Jésus déconcerte les sœurs : « si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Pourtant ce délai voulu prépare un don bien plus grand qu'une simple guérison. Dieu semble parfois tarder, garder le silence quand nous le pressons ; mais ses délais ne sont jamais oubli ni indifférence. Ils ouvrent un espace où sa gloire se révélera autrement que prévu. Lui faire confiance dans l'attente, c'est croire que son heure vaut mieux que la nôtre.

« Déliez-le »

Lazare ressuscité sort encore entravé de bandelettes : il revient à la vie, mais doit être délivré pour marcher librement. Image de la vie nouvelle reçue au baptême et au pardon : arraché à la mort du péché, le croyant doit encore être délié des liens qui demeurent (habitudes, blessures, attaches anciennes). Et le Christ confie cette tâche à d'autres : « déliez-le. » L'Église et les frères y concourent, notamment par le sacrement de réconciliation, qui achève de rendre l'homme à la liberté.

Cette semaine

  1. Dimanche 14 5e dimanche de Carême Jn 12, 20-33
  2. Lundi 15 Lundi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 1-11
  3. Mardi 16 Mardi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 21-30
  4. Mercredi 17 Mercredi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 31-42
  5. Jeudi 18 Jeudi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 51-59
  6. Vendredi 19 Saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie Mt 1, 16.18-21.24a
  7. Samedi 20 Samedi de la 5e semaine de Carême Jn 11, 45-57

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