L'Évangile du jour
Jeudi 18 février 2027
Jeudi de la 1re semaine de Carême
Férie Temps du Carême Année B Ornements violets
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Quiconque demande reçoit »
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu ;
rends-moi la joie d’être sauvé.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
7« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.8En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.9Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?10ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?11Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !12« Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Est 4, 17n.p-r.aa.bb.gg.hh (Néovulgate)« Je n’ai pas d’autre secours que toi, Seigneur »
- Psaume Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 7c-8
Comprendre ce passage
Prier avec confianceMatthieu 7, 7-11
1. La place dans le Sermon
Après les exigences vertigineuses du Sermon (les antithèses, l'amour des ennemis, la pureté du cœur), une question se pose : qui en serait capable ? La réponse est cette page sur la prière : on ne vit pas le Sermon par ses seules forces, mais en demandant la grâce. La prière confiante est la source où puiser la force de tout le reste.
2. Les trois verbes en gradation
« Demandez… cherchez… frappez » : une gradation d'intensité (de la requête à la quête, puis à l'insistance à la porte). Les trois sont à l'impératif présent, qui exprime en grec une action continue, persévérante : continuez de demander, de chercher, de frapper. La prière n'est pas un acte ponctuel mais une persévérance.
3. Le père et l'enfant : pain et pierre, poisson et serpent
L'exemple est tiré de la vie de famille. Un père ne donne pas une pierre à l'enfant qui demande du pain (une galette ronde et plate ressemble à une pierre), ni un serpent s'il demande un poisson (le contraste de l'apparence trompeuse). Le père ne trompe pas son enfant en lui donnant le faux à la place du vrai bien.
4. La prière d'Israël
L'arrière-plan est la confiance d'Israël en Dieu comme Père (cf. Os 11 ; Is 63, 16) et la prière des Psaumes de supplication. Jésus radicalise cette confiance en l'enracinant dans une paternité d'une tendresse inouïe, l'Abba qu'il révèle.
1. Une garantie inconditionnelle
« Quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe on ouvrira » (v. 8) : l'assurance est universelle et sans réserve apparente. Ce n'est pas une formule magique, mais l'expression de la fidélité d'un Père qui ne se dérobe pas à la demande de ses enfants.
2. L'argument a fortiori (v. 11)
Jésus raisonne « du moindre au plus grand » (le qal wahomer rabbinique) : « si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses… combien plus votre Père ». L'argument suppose une disproportion : entre la bonté limitée et pécheresse des pères humains et la bonté infinie du Père céleste, il n'y a pas de comparaison. La confiance se fonde donc, non sur nos mérites, mais sur qui est Dieu.
3. « De bonnes choses »
Jésus promet « de bonnes choses » : non pas tout ce qu'on réclame, mais ce qui est vraiment bon. Dieu, comme un bon père, peut refuser la pierre déguisée en pain que, parfois, nous demandons. Le « non » ou le retard de Dieu n'est pas un démenti de cette promesse, mais le signe qu'il réserve mieux.
4. Le parallèle de Luc : l'Esprit Saint
Là où Matthieu dit « de bonnes choses », saint Luc précise le don par excellence : « combien plus le Père donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11, 13). Le sommet de toute prière exaucée est le don de Dieu lui-même : l'Esprit, et tout ce qui conduit au salut.
5. « Le Père sait ce dont vous avez besoin » (6, 8) : pourquoi alors demander ?
Jésus a dit plus haut que le Père connaît nos besoins avant que nous demandions (6, 8). Pourquoi donc demander ? Non pour informer Dieu, mais pour nous disposer à recevoir : la demande creuse et dilate en nous le désir, et nous rend capables d'accueillir le don.
Contre le doute et la résignation
Ce texte guérit deux blocages de la prière : le doute (« cela ne sert à rien ») et la résignation (« Dieu ne s'intéresse pas à moi »). Jésus garantit le contraire : tout ce qui demande reçoit.
Les deux conditions : persévérance et confiance filiale
La prière exaucée suppose la persévérance (demander, chercher, frapper sans se lasser) et la confiance filiale : s'adresser non à un juge lointain, mais à un Père meilleur que le meilleur des pères. Demander, c'est déjà croire à son amour.
Apprendre à désirer « de bonnes choses »
Toute prière n'est pas exaucée à la lettre, car Dieu donne mieux que la lettre. L'exemple classique est celui de sainte Monique : priant pour que son fils Augustin ne parte pas à Rome, elle fut, en apparence, exaucée à rebours ; Dieu refusa la demande immédiate pour accomplir le désir profond (la conversion de son fils). Apprendre à demander « de bonnes choses » (jusqu'au plus grand don, l'Esprit Saint) purifie peu à peu notre prière et nous accorde au cœur de Dieu.
Cette semaine
- Dimanche 14 1er dimanche de Carême Mc 1, 12-15
- Lundi 15 Lundi de la 1re semaine de Carême Mt 25, 31-46
- Mardi 16 Mardi de la 1re semaine de Carême Mt 6, 7-15
- Mercredi 17 Mercredi de la 1re semaine de Carême Lc 11, 29-32
- Jeudi 18 Jeudi de la 1re semaine de Carême Mt 7, 7-12
- Vendredi 19 Vendredi de la 1re semaine de Carême Mt 5, 20-26
- Samedi 20 Samedi de la 1re semaine de Carême Mt 5, 43-48
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Canada. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique