L'Évangile du jour

Vendredi 29 janvier 2027

Vendredi de la 3e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 4, 26-34

« L’homme qui jette en terre la semence, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence grandit, il ne sait comment »

Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume ! Alléluia.

26Il disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence :27nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.28D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.29Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »30Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?31Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.32Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »33Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.34Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 4 de saint Marc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture He 10, 32-39« Vous avez soutenu le dur combat. Ne perdez pas votre assurance »
  • Psaume 36 (37), 3-4, 5-6, 23-24, 39-40ac

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Comprendre ce passage

L'enseignement en parabolesMarc 4, 1-34

Contexte historique et social

La parabole, un genre d'enseignement juif

La parabole (hébreu mashal) est une forme courante de l'enseignement juif : une comparaison, une petite histoire tirée de la vie ordinaire pour éclairer une réalité spirituelle. Les prophètes l'utilisaient (la parabole de la vigne, Is 5 ; celle de Natan à David, 2 S 12), et les rabbins en faisaient grand usage. Jésus en est le maître incomparable : il part du concret que tous connaissent — les champs, les graines, la lampe — pour ouvrir au mystère de Dieu.

Les semailles en Galilée

L'image du semeur supposait des gestes familiers. En Palestine, on semait souvent à la volée avant de labourer : le grain tombait donc partout, y compris sur le sentier durci qui traversait le champ, sur la mince couche de terre recouvrant la roche calcaire, ou parmi les ronces non encore arrachées. Les pertes étaient normales ; ce qui frappait, c'est le rendement d'une bonne terre. « Trente, soixante, cent pour un » évoque une moisson exceptionnelle, presque démesurée : c'est l'abondance du Royaume que Jésus annonce.

Le grain de moutarde

La graine de moutarde passait, proverbialement, pour la plus petite des semences ; pourtant elle donne un arbuste où « les oiseaux du ciel font leur nid ». L'image rejoint celle du grand arbre des Écritures (le cèdre de Dan 4, l'arbre d'Ez 17 et 31) sous lequel s'abritent les nations : le Royaume, parti de rien, accueillera tous les peuples.

Enseigner depuis la barque

Marc note que Jésus, pressé par la foule, monte dans une barque et enseigne depuis l'eau, la foule restant sur le rivage. La configuration — une petite anse formant un amphithéâtre naturel — portait la voix. Le décor concret encadre la parole.

Lecture biblique et exégétique

La parabole du semeur : le Royaume au rythme de la Parole

La première parabole (v. 3-9), expliquée ensuite (v. 13-20), met en scène la Parole de Dieu (la semence) et les dispositions du cœur qui l'accueille (les terrains). Le chemin durci, c'est l'indifférence ; le sol pierreux, l'enthousiasme sans racine qui cède à l'épreuve ; les ronces, les soucis et les richesses qui étouffent ; la bonne terre, le cœur qui écoute et porte du fruit. Mais le dernier mot n'est pas l'échec : c'est la récolte surabondante. Malgré tout ce qui se perd, la Parole triomphe et fructifie.

« Le mystère du Royaume » et le pourquoi des paraboles (v. 10-12)

À ses disciples, Jésus déclare : « À vous le mystère du Royaume de Dieu est donné ; mais à ceux du dehors, tout arrive en paraboles, afin que, regardant, ils ne voient pas… » — citation d'Isaïe 6, 9-10. Cette parole rude ne signifie pas que Dieu voudrait aveugler arbitrairement. La parabole révèle à qui s'ouvre et voile à qui se ferme : elle appelle à entrer, à chercher, à se convertir. Comme Isaïe envoyé à un peuple qui refusait d'écouter, Jésus constate que sa parole, refusée, devient pour les cœurs endurcis un jugement. Le « mystère » se donne à ceux qui suivent ; il reste opaque à ceux qui restent « dehors » par choix. Reçue dans la foi (cf. Dei Verbum), cette parole invite chacun à se faire « bonne terre ».

La lampe et la mesure (v. 21-25)

On n'allume pas une lampe pour la cacher sous le boisseau, mais pour la mettre sur le lampadaire : ce qui est caché est destiné à être manifesté. Le mystère du Royaume, voilé pour un temps, est fait pour la lumière et l'annonce. Et « de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous » : l'accueil que l'on fait à la Parole détermine la fécondité qu'on en reçoit.

La semence qui pousse d'elle-même (v. 26-29)

Cette parabole, propre à Marc, est précieuse : un homme jette le grain, « qu'il dorme ou qu'il veille, nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment ». La terre produit d'elle-même (le grec dit automatē). Le Royaume croît par la puissance de Dieu, non par l'agitation de l'homme ; vient ensuite la moisson (la faucille, écho de Joël 4, 13). Leçon de patience et de confiance : nous semons, Dieu fait croître.

Le grain de moutarde et la conclusion (v. 30-34)

Le plus petit commencement donne la plus grande plante : le Royaume avance par contraste, d'origines humbles à une plénitude inattendue. Enfin Marc note : Jésus « ne leur parlait qu'en paraboles, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples » (v. 34). Aux proches qui le suivent est donnée l'intelligence du mystère — encore une forme du secret messianique.

Parmi les synoptiques

Matthieu (ch. 13) rassemble sept paraboles du Royaume (ajoutant l'ivraie, le trésor, la perle, le filet) ; Luc (ch. 8) suit Marc de plus près. La parabole de la semence qui pousse seule reste, elle, le bien propre de Marc.

Pour la vie spirituelle et pratique

Quelle terre suis-je ?

La parabole du semeur est un examen classique de la vie spirituelle : où en est mon cœur ? Durci par l'habitude, superficiel et sans racine, étouffé par les soucis et l'argent, ou disponible et profond ? La même personne peut, selon les jours, être l'un ou l'autre terrain. Prier, c'est demander un cœur de bonne terre, et travailler la sienne : ôter les pierres, arracher les ronces.

Semer dans la confiance

« Qu'il dorme ou qu'il veille, la semence pousse. » Contre l'anxiété des résultats, cette parabole libère : la croissance du Royaume — dans une âme, dans une famille, dans une œuvre — ne dépend pas de notre fébrilité, mais de Dieu. À nous de semer fidèlement et de faire confiance ; la fécondité est son affaire.

Ne pas mépriser les petits commencements

Le grain de moutarde encourage à ne pas juger sur les apparences : une prière infime, un geste de charité minuscule, une vocation fragile peuvent, par la grâce, devenir un grand arbre. Les œuvres de Dieu commencent presque toujours petites et cachées.

Recevoir l'explication « en particulier »

Jésus expliquait tout à ses disciples dans l'intimité. La lectio divina prolonge ce moment : se mettre à part avec le Seigneur, lui demander l'intelligence de sa Parole, passer de l'écoute distraite de la foule à l'écoute aimante du disciple.

Cette semaine

  1. Dimanche 24 3e dimanche du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
  2. Lundi 25 Conversion de St Paul, Apôtre Mc 16, 15-18
  3. Mardi 26 Mardi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 31-35
  4. Mercredi 27 Mercredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 1-20
  5. Jeudi 28 Jeudi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 21-25
  6. Vendredi 29 Vendredi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 26-34
  7. Samedi 30 Samedi de la 3e semaine du Temps ordinaire Mc 4, 35-41

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