L'Évangile du jour
Samedi 23 janvier 2027
Samedi de la 2e semaine du Temps ordinaire
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
« Les gens de chez lui affirmaient : Il a perdu la tête »
Alléluia. Alléluia.
Seigneur, ouvre notre cœur
pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.
Alléluia.
20Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger.21Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture He 9, 2-3.11-14« Il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant son propre sang »
- Psaume 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9
Comprendre ce passage
Jésus incompris et calomnié : Béelzéboul et le péché contre l'EspritMarc 3, 20-30
« Les siens » le croient hors de sens
À peine rentré « à la maison », Jésus est de nouveau submergé par la foule, au point de ne pouvoir manger. Ses proches (« les siens ») partent alors se saisir de lui, persuadés qu'« il a perdu la tête ». Dans une société d'honneur et de honte, un parent jugé déraisonnable rejaillit sur toute la famille : on veut le ramener, le protéger — et se protéger. L'incompréhension vient ici du cercle le plus proche.
Les scribes venus de Jérusalem
Une délégation de scribes descendus de Jérusalem — le centre religieux — vient enquêter et condamner. Leur verdict est une accusation grave : Jésus « a Béelzéboul », il chasse les démons « par le chef des démons ». Béelzéboul (« le prince », ou « Baal le seigneur ») désigne le démon par excellence, Satan. C'est l'accusation de magie diabolique : sa puissance ne viendrait pas de Dieu, mais du Mauvais.
Exorcisme et discernement des esprits
Au temps de Jésus, la libération d'un possédé était un fait reconnu ; toute la question était la source de la puissance. Attribuer un exorcisme à Dieu ou au démon engageait un discernement décisif. Les scribes, incapables de nier les faits, en pervertissent l'interprétation : ils nomment diabolique ce qui est l'œuvre de Dieu.
La composition « en sandwich »
Marc enchâsse les deux scènes : la famille qui veut se saisir de lui (v. 20-21) encadre la controverse avec les scribes (v. 22-30), et se conclura à l'arrivée de la mère et des frères (v. 31-35). Ce procédé, cher à Marc, fait se répondre deux refus de reconnaître Jésus — celui des proches « du dehors » et celui des autorités —, pour mieux dégager, à la fin, qui est sa vraie famille : ceux qui font la volonté de Dieu.
La réponse en paraboles : le royaume divisé
Jésus démonte l'accusation par le bon sens : un royaume, une maison, divisés contre eux-mêmes, s'effondrent. Si Satan chassait Satan, son règne s'écroulerait. Donc l'exorcisme n'est pas l'œuvre du démon. Puis l'image décisive : pour piller la maison de l'homme fort, il faut d'abord le ligoter. L'« homme fort », c'est Satan ; le Plus Fort qui le ligote, c'est Jésus (cf. « plus fort que moi », 1, 7). Les exorcismes sont les signes que le règne de Satan est attaqué et dépouillé : le Royaume de Dieu fait irruption.
Le péché contre l'Esprit Saint (v. 28-30)
« Tout sera pardonné aux hommes… mais le blasphème contre l'Esprit Saint ne sera jamais pardonné. » Marc en donne aussitôt la clé : « parce qu'ils disaient : Il a un esprit impur. » Le péché irrémissible n'est donc pas un mot magique ni une faute commise par mégarde : c'est l'attitude de ceux qui, voyant l'œuvre libératrice de l'Esprit en Jésus, l'appellent délibérément œuvre du démon — qui nomment ténèbres la lumière même. En refusant ainsi la source de tout pardon, on se ferme volontairement à ce qui pourrait nous sauver. Le Catéchisme l'explique : il n'y a pas de limite à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse sciemment et jusqu'au bout l'Esprit, sa repentance et le pardon, se prive lui-même du salut (cf. CEC 1864). Ce n'est pas Dieu qui ferme la porte, c'est l'homme qui la verrouille de l'intérieur.
Parmi les synoptiques
Matthieu (12, 22-32) et Luc (11, 14-23 ; 12, 10) reprennent la controverse. Tous gardent l'image de l'homme fort ligoté et l'avertissement sur le péché contre l'Esprit — preuve de son importance dans la mémoire de l'Église primitive.
Être incompris, même des siens
Jésus a connu l'incompréhension de ses proches et la calomnie des autorités. Le disciple ne doit pas s'étonner d'éprouver parfois la même chose pour l'Évangile. La paix ne vient pas d'être approuvé de tous, mais de faire la volonté du Père.
Le Plus Fort a déjà vaincu
L'image de l'homme fort ligoté est une source d'espérance dans le combat spirituel : le Christ a lié le Mauvais et pille son domaine. Nos résistances au mal ne sont pas une lutte égale et incertaine, mais une participation à une victoire déjà acquise — qu'il s'agit d'accueillir.
Ne pas appeler le mal bien, ni le bien mal
Le péché des scribes invite à veiller sur notre discernement : reconnaître l'œuvre de Dieu là où elle est, ne pas calomnier le bien, ne pas durcir son cœur jusqu'à confondre la lumière et les ténèbres. C'est l'inverse de la docilité à l'Esprit.
Contre le scrupule
Beaucoup d'âmes délicates s'inquiètent d'avoir commis « le péché irrémissible ». La tradition spirituelle rassure : la crainte même de l'avoir commis prouve qu'on ne l'a pas commis, car ce péché est le refus obstiné et sans repentir de la miséricorde. Désirer le pardon, c'est déjà être ouvert à l'Esprit qui le donne.
Cette semaine
- Dimanche 17 2e dimanche du Temps ordinaire Jn 1, 35-42
- Lundi 18 Lundi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 18-22
- Mardi 19 Mardi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 23-28
- Mercredi 20 Mercredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 1-6
- Jeudi 21 Jeudi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 7-12
- Vendredi 22 Vendredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 13-19
- Samedi 23 Samedi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 20-21
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