L'Évangile du jour

Vendredi 22 janvier 2027

Vendredi de la 2e semaine du Temps ordinaire

S. Vincent, diacre et martyr · Mémoire facultative

Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 3, 13-19

« Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui »

Alléluia. Alléluia. Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui : il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation. Alléluia.

13Puis, il gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui,14et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle15avec le pouvoir d’expulser les démons.16Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,17Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,18André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,19et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 3 de saint Marc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture He 8, 6-13« Il est médiateur d’une alliance meilleure »
  • Psaume 84 (85), 8.10, 11-12, 13-14

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Comprendre ce passage

Le choix des DouzeMarc 3, 13-19

Contexte historique et social

La montagne, lieu de la révélation

« Il gravit la montagne. » Dans la Bible, la montagne est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu : c'est au Sinaï que Moïse reçoit la Loi et constitue le peuple des douze tribus. En montant sur la montagne pour appeler les Douze, Jésus se présente comme le nouveau Moïse, qui rassemble un peuple nouveau.

Le nombre Douze : un Israël reconstitué

Le chiffre n'est pas arbitraire. Les douze tribus d'Israël avaient été dispersées et, pour une grande part, perdues. Choisir Douze, c'est annoncer la restauration d'Israël aux derniers temps : Jésus refonde le peuple de Dieu autour de lui. Les Douze ne sont pas d'abord des individus remarquables, mais les patriarches symboliques de cet Israël renouvelé.

Changer le nom, changer la destinée

Jésus renomme : Simon devient Pierre (le Roc), et les fils de Zébédée, Boanergès, « fils du tonnerre » (sans doute pour leur tempérament ardent). Dans l'Écriture, recevoir un nom nouveau de Dieu — comme Abram devenu Abraham, Jacob devenu Israël — signifie une mission nouvelle, une identité reçue d'en haut.

Un groupe improbable

La liste rassemble des hommes que tout séparait : des pêcheurs, un ancien collecteur d'impôts (Matthieu/Lévi), un « Cananéen » ou Zélote (proche des milieux résistants à Rome, donc à l'opposé d'un publicain), et Judas l'Iscariote. Que Jésus fasse vivre ensemble un collecteur d'impôts et un zélote dit assez la force réconciliatrice du Royaume.

Lecture biblique et exégétique

« Il appela ceux qu'il voulait » (v. 13)

L'initiative est entièrement à Jésus : il appelle « ceux qu'il voulait », non ceux qui se proposaient. L'élection est gratuite. Le verbe employé pour l'institution (« il fit Douze ») évoque une création, une fondation : c'est un acte solennel, comparable à l'institution d'une nouvelle alliance.

Un triple but : être avec lui, prêcher, libérer (v. 14-15)

Marc énonce trois finalités, dans un ordre éclairant :

  • « Pour être avec lui » : avant toute activité, la communion. On est disciple, puis apôtre : être avec Jésus précède et fonde l'envoi.
  • « Pour les envoyer prêcher » : la mission, le prolongement de la prédication de Jésus.
  • « Avec le pouvoir de chasser les démons » : l'autorité sur le mal, participation à la victoire du Royaume.

Cet ordre est décisif pour comprendre toute vocation : l'œuvre découle de la rencontre, jamais l'inverse.

De Pierre à Judas

La liste est encadrée par deux noms lourds de sens : Simon-Pierre, nommé le premier, qui tiendra la première place dans le collège apostolique ; et Judas, nommé le dernier, avec déjà la note tragique : « celui qui le livra ». Marc ne masque rien de la fragilité du groupe : l'Église naissante porte en elle et la primauté de Pierre, et le mystère de la trahison.

Pour la vie spirituelle et pratique

Appelés « ceux qu'il voulait »

Toute vocation repose sur un choix de Dieu qui précède nos mérites. Cela libère de l'anxiété de se rendre digne : on ne s'impose pas à Dieu, on répond à son appel. Et ce choix porte souvent sur des gens improbables — preuve que l'œuvre est de lui.

D'abord « être avec lui »

La tentation de l'apôtre, hier comme aujourd'hui, est de se jeter dans l'action en oubliant la source. L'Évangile rappelle l'ordre juste : demeurer avec le Christ (prière, oraison, sacrements) est la condition de tout fruit. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).

L'Église fondée sur les Apôtres

En instituant les Douze, Jésus pose le fondement de son Église, qui demeure « apostolique » (cf. CEC 551, 857-860). S'enraciner dans cette Église, c'est se rattacher à ce premier appel et à la foi transmise depuis les Apôtres.

Judas parmi les choisis

Que Judas figure parmi les élus, et y demeure libre jusqu'au bout, ouvre au mystère de la liberté humaine face à la grâce. Nul n'est dispensé de veiller : être appelé n'est pas être sauvé d'avance ; la fidélité se joue chaque jour.

Cette semaine

  1. Dimanche 17 2e dimanche du Temps ordinaire Jn 1, 35-42
  2. Lundi 18 Lundi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 18-22
  3. Mardi 19 Mardi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 23-28
  4. Mercredi 20 Mercredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 1-6
  5. Jeudi 21 Jeudi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 7-12
  6. Vendredi 22 Vendredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 13-19
  7. Samedi 23 Samedi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 20-21

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