L'Évangile du jour
Jeudi 14 janvier 2027
Jeudi de la 1re semaine du Temps ordinaire
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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
« La lèpre le quitta et il fut purifié »
Alléluia. Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume
et guérissait toute infirmité dans le peuple.
Alléluia.
40Un lépreux vient auprès de lui ; il le supplie et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »41Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »42À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.43Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt44en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »45Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture He 3, 7-14« Encouragez-vous les uns les autres, aussi longtemps que retentit l’“aujourd’hui” »
- Psaume 94 (95), 6-7abc, 7d-9, 10-11
Comprendre ce passage
L'autorité de Jésus dans son enseignement et ses actesMarc 1, 21-45
Capharnaüm, « sa ville »
Jésus fait de Capharnaüm, bourg de pêcheurs sur la rive nord du lac, le centre de son ministère galiléen. Carrefour commercial doté d'un poste de douane, la ville avait une synagogue (les fouilles en ont dégagé les vestiges, sous une synagogue plus tardive) et, tout près, une maison vénérée dès les origines comme celle de Pierre. C'est là, dans le quotidien d'une petite ville, que se déploie la puissance du Royaume.
La synagogue et le sabbat
La synagogue n'était pas un temple (un seul Temple existait, à Jérusalem) mais le lieu de la prière, de la lecture de la Loi et des Prophètes, et de leur commentaire, surtout le jour du sabbat. L'enseignant ordinaire — le scribe — argumentait en citant les autorités antérieures (« Rabbi Untel a dit… »). D'où la stupeur devant Jésus, qui enseigne de sa propre autorité, sans s'appuyer sur personne.
Esprits impurs, maladie et exclusion
Le monde de Jésus tenait pour évidente l'action de forces mauvaises, les esprits impurs, dont on attendait la défaite aux temps du salut. La maladie, elle, n'était pas seulement une épreuve physique mais souvent un facteur d'exclusion. C'est au plus haut point le cas de la lèpre : selon le Lévitique (Lv 13-14), le « lépreux » (un terme couvrant diverses affections de la peau) était déclaré impur, devait vivre à l'écart, vêtements déchirés, criant « Impur ! », exclu du culte et de la vie sociale — une sorte de mort vivante. Seul le prêtre pouvait constater la guérison et réintégrer le malade par des rites précis. Et toucher un lépreux rendait soi-même impur : on comprend la portée du geste de Jésus.
Le repos du sabbat et le soir venu
On amène les malades à Jésus « le soir venu, après le coucher du soleil » (v. 32) : c'est que le sabbat s'achevait alors, et qu'on évitait de porter un fardeau ou de se déplacer avant sa fin. Le détail dit la délicatesse de Marc pour les usages du temps.
Une autorité (exousia) nouvelle (v. 21-28)
Le mot-clé de la section est exousia, « autorité, pouvoir ». Jésus enseigne « comme ayant autorité, et non comme les scribes » (v. 22), puis manifeste cette autorité en acte : il commande à l'esprit impur, qui obéit. Parole et puissance ne font qu'un. Détail typique de Marc : le démon connaît l'identité de Jésus (« le Saint de Dieu ») avant les hommes ; mais Jésus lui impose silence (« Tais-toi ! »). C'est le secret messianique : Jésus refuse une révélation prématurée et arrachée, car son identité ne se comprendra vraiment qu'à la croix.
Une « journée type » à Capharnaüm (v. 21-39)
Marc compose une journée exemplaire : à la synagogue (l'exorcisme), puis à la maison (la belle-mère de Simon, « il la releva », et « elle les servait » — deux verbes lourds de sens : relever est le verbe de la résurrection, servir celui du disciple), puis le soir (toute la ville à la porte, guérisons et exorcismes), enfin au petit matin, « dans un lieu désert », Jésus prie (v. 35). Au cœur de l'activité débordante, la prière solitaire est la source ; et Jésus refuse de s'installer dans le succès : « Allons ailleurs… c'est pour cela que je suis sorti » (v. 38).
Le secret messianique
À plusieurs reprises (v. 25.34.44), Jésus impose le silence aux démons et aux miraculés. Ce trait, propre surtout à Marc, traverse tout l'évangile : la gloire de Jésus ne doit pas être proclamée hors du chemin de la Passion, sous peine d'être mal comprise — un Messie de puissance sans la croix.
Le lépreux : Jésus touche l'intouchable (v. 40-45)
La scène est bouleversante. Le lépreux, qui devrait se tenir à distance, s'approche, supplie à genoux : « Si tu veux, tu peux me purifier. » Jésus, « saisi de compassion » (le grec dit l'émotion des entrailles), étend la main et le touche : « Je le veux, sois purifié. » Là où la Loi craignait la contagion de l'impureté, c'est l'inverse qui se produit : ce n'est pas Jésus qui devient impur, c'est le lépreux qui devient pur. Jésus l'envoie ensuite « se montrer au prêtre » et offrir ce que Moïse a prescrit (Lv 14) : il respecte la Loi et rend l'homme à la communauté. Renversement final : l'homme guéri proclame partout la nouvelle, si bien que Jésus ne peut plus entrer ouvertement dans une ville et se tient « dehors, dans des lieux déserts » — il prend en quelque sorte la place du lépreux, hors des villes, tandis que celui-ci y rentre.
Parmi les synoptiques
Matthieu (8, 1-4 ; 8, 14-17) et Luc (4, 31-44 ; 5, 12-16) reprennent ces épisodes, parfois dans un autre ordre. Marc est le plus vivant et le plus concret : gestes, regards, émotions de Jésus, foule qui presse — la marque, selon la Tradition, du témoignage de Pierre.
Se laisser enseigner « avec autorité »
La parole de Jésus n'est pas une opinion parmi d'autres : elle a autorité pour libérer, guérir, remettre debout. La prière de la Parole (lectio divina) consiste à accueillir cette parole comme une parole qui agit en nous, capable de chasser nos « esprits impurs » — peurs, mensonges, servitudes.
Guéris pour servir
La belle-mère de Simon, relevée, se met aussitôt à servir. Toute grâce reçue appelle un service : on n'est pas guéri pour soi seul, mais pour se donner. C'est la logique même du disciple, à l'image de Celui qui « est venu non pour être servi, mais pour servir » (10, 45).
La prière, source de l'action
Au plus fort de l'activité, Jésus se retire pour prier dans la solitude, avant le jour. Pour qui veut servir sans s'épuiser ni se chercher soi-même, ce rythme est vital : puiser dans la prière la liberté de ne pas s'installer là où l'on a du succès, mais d'« aller ailleurs », là où le Père envoie.
« Si tu veux… » : la confiance et la compassion
La prière du lépreux est un modèle : pleine de foi en la puissance de Jésus (« tu peux »), et abandonnée à sa volonté (« si tu veux »). La réponse — « Je le veux » — révèle le cœur de Dieu, qui veut notre purification. Et le geste de Jésus, qui touche l'exclu, envoie chaque chrétien vers ses propres « lépreux » : ceux que l'on tient à distance, et que la charité ose approcher et toucher.
Cette semaine
- Dimanche 10 Le Baptême du Seigneur Mc 1, 7-11
- Lundi 11 Lundi de la 1re semaine du Temps ordinaire (Psautier I) Mc 1, 14-20
- Mardi 12 Mardi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 21-28
- Mercredi 13 Mercredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 29-39
- Jeudi 14 Jeudi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 40-45
- Vendredi 15 Vendredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 1-12
- Samedi 16 Samedi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 13-17
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