L'Évangile du jour
Samedi 2 janvier 2027
2 janvier
S. Basile le Grand et S. Grégoire de Nazianze, évêques et docteurs de l'Église · Mémoire
Mémoire Temps de Noël Année B Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« C’est lui qui vient derrière moi »
Alléluia, Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia.
19Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »20Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »21Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »22Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »23Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »24Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.25Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »26Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;27c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »28Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Jn 2, 22-28« Que demeure en vous ce que vous avez entendu depuis le commencement »
- Psaume 97(98), 1, 2-3ab, 3cd-4
Comprendre ce passage
Le témoignage de JeanJean 1, 19-34
L'enquête des autorités de Jérusalem
Des prêtres et des lévites envoyés par « les Juifs » de Jérusalem — chez Jean, l'expression désigne souvent les autorités religieuses — viennent mener une véritable enquête officielle : « Qui es-tu ? » L'affluence autour du Baptiste inquiète le pouvoir du Temple, qui entend vérifier l'identité et le mandat de ce prédicateur du désert. Le quatrième évangile transforme ainsi la scène en procès : dès l'ouverture, le témoignage est rendu devant un tribunal, motif qui parcourra tout le livre jusqu'à la passion.
Les trois figures attendues
On l'interroge sur trois titres : le Messie, Élie et « le Prophète ». Ces questions reflètent les attentes du judaïsme du Ier siècle. On espérait le retour d'Élie avant le grand Jour (Ml 3, 23-24), enlevé jadis sans connaître la mort ; on attendait aussi un nouveau Moïse, « un prophète comme moi » promis par Dt 18, 15. Jean décline chacun de ces rôles : il n'est pas la figure décisive, mais celui qui l'annonce et la précède.
Le baptême au-delà du Jourdain
Jean baptise d'eau, dans la ligne des ablutions de purification et de conversion alors répandues, notamment à Qumrân. La scène se déroule « à Béthanie, au-delà du Jourdain » — un lieu distinct du village de Lazare, situé sur la rive orientale du fleuve. Cette localisation précise, comme la mention du « lendemain », trahit le souci du témoin oculaire. Le désert et le Jourdain évoquent aussi l'Exode : c'est là qu'Israël, renouvelé, se prépare à entrer dans une terre nouvelle.
« Je ne suis pas… je suis la voix »
Jean se définit d'abord par la négative : ni Messie, ni Élie, ni le Prophète. Cette série de refus souligne son entière humilité de précurseur, tout référé à un Autre. Puis il se dit positivement, en citant Isaïe 40, 3 : il n'est que « la voix qui crie dans le désert ». La voix passe, mais la Parole demeure : Jean s'efface devant Celui qu'il annonce. « Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas » : le Messie est déjà là, inconnu de ceux mêmes qui l'attendent.
« Voici l'Agneau de Dieu »
Le lendemain, voyant Jésus venir, Jean prononce un titre qui lui est propre : « Voici l'Agneau de Dieu ». L'image est riche et superposée. Elle évoque l'agneau pascal de l'Exode (Ex 12), dont le sang sauve de la mort ; l'agneau quotidien du sacrifice au Temple ; et surtout le Serviteur souffrant qui, « comme un agneau mené à l'abattoir », porte le péché des multitudes (Is 53, 7). « Qui enlève le péché du monde » : la rédemption a une portée universelle, et c'est là le cœur même du témoignage.
« Il était avant moi »
Jean ajoute une parole déconcertante : « Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi, car avant moi il était. » Bien que venant après dans le temps, et plus jeune selon la chair, Jésus le précède en dignité et en origine. C'est une discrète allusion à la pré-existence du Verbe, déjà chantée par le Prologue (« Au commencement était le Verbe »). Le précurseur s'efface ainsi devant la prééminence absolue du Christ, qui le dépasse parce qu'il le devance de toute éternité.
L'Esprit qui demeure ; le Fils de Dieu
Jean livre enfin le signe que Dieu lui avait donné pour reconnaître le Messie : il a vu « l'Esprit descendre du ciel comme une colombe » et, surtout, demeurer sur lui. Ce verbe demeurer, cher à Jean, marque une présence stable et définitive. Celui sur qui l'Esprit repose est donc celui qui « baptise dans l'Esprit Saint », non plus seulement dans l'eau. Et le Baptiste conclut son témoignage par la confession suprême : « celui-ci est le Fils de Dieu » — certains manuscrits portent « l'Élu de Dieu ». Le baptême de Jésus est ici rapporté par le témoin, non décrit.
Être une « voix » qui montre le Christ
À l'exemple de Jean, le croyant n'est pas appelé à se mettre en avant, mais à désigner un Autre. Tout authentique témoignage chrétien renvoie au Christ, jamais à soi-même. Jean n'est qu'une « voix » au service de la « Parole » : image juste de l'apôtre, du catéchiste, du parent qui transmettent non leurs idées, mais le Seigneur. La fécondité de l'évangélisation se mesure à cet effacement : moins le messager occupe la place, plus le Christ peut paraître et se faire entendre.
L'humilité du précurseur
« Il faut qu'il croisse et que je diminue » (Jn 3, 30) : cette parole résume toute la sainteté de Jean. Loin d'en souffrir, il se réjouit de s'effacer, comme l'ami de l'époux se réjouit d'entendre la voix de l'époux. Voilà l'humilité véritable : non pas se mépriser, mais accepter d'être tout entier ordonné à plus grand que soi. Dans une vie chrétienne, accueillir avec paix les abaissements qui laissent au Christ la première place est un chemin de joie, non de tristesse.
L'Agneau qui ôte le péché
L'Église a placé l'acclamation de Jean au cœur de chaque Eucharistie : avant la communion, le prêtre montre l'hostie en disant « Voici l'Agneau de Dieu… ». Le croyant est invité à contempler là le Christ, Agneau pascal immolé, dont le sang délivre du mal et de la mort. Loin du découragement devant le péché, il s'agit d'accueillir avec confiance le pardon universel qu'il offre. Regarder l'Agneau, c'est passer du regard sur sa propre faute au regard sur le Sauveur qui l'enlève.
Reconnaître Jésus présent
Jean confesse qu'il ne connaissait pas lui-même le Messie avant que l'Esprit le lui révèle : la foi est toujours un don d'en haut. Comme lui, le disciple peut demander les yeux de la foi pour reconnaître la présence du Christ « au milieu de nous », si souvent méconnu — dans l'Écriture, les sacrements, le pauvre et le frère. Le Seigneur se tient là, discret et réel ; le témoin est celui qui apprend à le voir, puis à le montrer aux autres.
Cette semaine
- Dimanche 27 La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph Lc 2, 22-40
- Lundi 28 Les Saints Innocents, martyrs Mt 2, 13-18
- Mardi 29 5e jour dans l'octave de Noël Lc 2, 22-35
- Mercredi 30 6e jour dans l'octave de Noël Lc 2, 36-40
- Jeudi 31 7e jour dans l'octave de Noël Jn 1, 1-18
- Vendredi 1 Sainte Marie, Mre de Dieu Lc 2, 16-21
- Samedi 2 2 janvier Jn 1, 19-28
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Belgique. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique