L'Évangile du jour
Samedi 26 décembre 2026
Saint Etienne, premier martyr
Fête
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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père »
Alléluia, Alléluia.
Béni soit au nom du Seigneur, celui qui vient ;
Dieu, le Seigneur, nous illumine.
Alléluia.
17Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.18Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.19Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.20Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.21Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.22Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 6, 8-10; 7, 54-60« Voici que je contemple les cieux ouverts »
- Psaume Ps 30, 3bc.4b, 6.8a.9b, 17.20cd
Comprendre ce passage
Les épreuves des missionnairesMatthieu 10, 16-42
1. « Comme des brebis au milieu des loups »
L'envoi se fait sans illusion : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » D'où la double consigne : « prudents comme les serpents, candides comme les colombes » — l'alliance de la prudence (le discernement, l'habileté à ne pas se jeter inutilement dans le danger) et de la simplicité (la droiture sans malice).
2. Les persécutions annoncées
Jésus décrit par avance ce que vivra l'Église naissante : livrés aux tribunaux (les sanhédrins), flagellés dans les synagogues, traînés « devant des gouverneurs et des rois » (cf. Paul devant Félix, Festus, Agrippa). Plus déchirant encore : la division des familles — « le frère livrera son frère à la mort… les enfants se dresseront contre leurs parents » (écho de Mi 7, 6). Et : « vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais celui qui tiendra jusqu'au bout sera sauvé. »
3. La croix, image terrible pour les auditeurs
« Celui qui ne prend pas sa croix… » : la mention est saisissante pour des auditeurs qui voyaient régulièrement les condamnés porter eux-mêmes la poutre de leur supplice jusqu'au lieu de l'exécution. C'est la première mention de la croix dans Matthieu, bien avant la Passion.
1. L'assistance de l'Esprit à l'heure du témoignage (v. 17-20)
« Ne vous inquiétez pas de la manière dont vous parlerez… car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. » À l'heure du témoignage (le mot grec pour « rendre témoignage », martyria, donnera « martyre »), le disciple n'est pas laissé à ses seules forces : l'Esprit Saint parle par sa bouche. Promesse vérifiée dans les Actes des martyrs.
2. Le disciple n'est pas au-dessus du maître (v. 24-25)
« Le disciple n'est pas au-dessus du maître… S'ils ont traité le maître de Béelzéboul, à plus forte raison les gens de sa maison ! » Le sort du disciple est configuré à celui du Christ : persécuté comme lui, et pour les mêmes raisons. La persécution n'est donc pas un échec, mais une ressemblance avec le Maître.
3. Le triple « ne craignez pas » (v. 26-31)
Trois fois revient « ne craignez pas », antidote à la persécution :
- Ne pas craindre les hommes, car la vérité éclatera (« rien de caché qui ne sera dévoilé »).
- Ne craindre que Dieu : « ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. »
- Se confier à la Providence : « deux moineaux ne se vendent-ils pas pour un sou ? Or pas un ne tombe sans votre Père… vos cheveux mêmes sont tous comptés. Vous valez plus que tous les moineaux. »
4. Confesser le Christ (v. 32-33)
« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père ; mais celui qui me reniera… » : le témoignage devant les hommes engage notre sort devant Dieu. La fidélité confessante est décisive.
5. « Non la paix, mais le glaive » (v. 34-39)
« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix… je suis venu apporter le glaive. » Il ne s'agit pas de violence, mais de la division inévitable que provoque la fidélité au Christ : suivre Jésus peut dresser contre nous nos proches. D'où la primauté absolue : « qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » ; « qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi ». Et le paradoxe central : « qui aura trouvé sa vie la perdra, et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera ».
6. La dignité de l'envoyé (v. 40-42)
Le discours s'achève sur une note lumineuse : « Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. » L'apôtre représente le Christ, et le Christ représente le Père (la chaîne de l'envoi). D'où la récompense de l'accueil — « qui accueille un prophète… un juste… » — jusqu'au plus petit geste : « quiconque donnera ne serait-ce qu'un verre d'eau fraîche à l'un de ces petits… ne perdra pas sa récompense ».
Témoigner expose — mais la peur est désarmée
Suivre et annoncer le Christ expose : il ne l'a jamais caché. Mais la peur est désamorcée par trois certitudes qu'il donne lui-même — l'Esprit parlera en nous à l'heure voulue ; le Père connaît jusqu'au moindre moineau et compte nos cheveux ; et rien de ce qu'on « perd à cause de lui » n'est perdu. La seule crainte juste est celle de Dieu, qui libère de toutes les autres.
La primauté du Christ et le « glaive »
La fidélité peut coûter une division douloureuse, parce que le Christ demande la première place — non contre nos proches, mais au-dessus de tout. Aimer Dieu « plus que » père et mère ne diminue pas l'amour des nôtres : il le purifie et le réordonne. À méditer dans les conflits de loyauté entre la foi et les liens humains.
Porter sa croix chaque jour
« Prendre sa croix » est le quotidien du disciple : le renoncement à soi, les contrariétés acceptées, les fidélités coûteuses, vécues à la suite du Crucifié. Et le paradoxe demeure la clé de la vie chrétienne : c'est en se perdant pour le Christ qu'on se trouve.
Rien n'est petit dans le Royaume
Réconfort final pour les humbles : le moindre geste d'accueil envers un disciple — « un verre d'eau fraîche » — est compté par Dieu. Accueillir un envoyé du Christ, c'est accueillir le Christ, et le Père. Aucun service, si modeste soit-il, ne tombe dans l'oubli de Dieu.
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