L'Évangile du jour
Mercredi 18 novembre 2026
Mercredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire
Dédicace des basiliques de S. Pierre et de S. Paul, apôtres · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? »
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia.
11Comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.12Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.13Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”14Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”15Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.16Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”17Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”18Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”19À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”20Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge.21En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”22Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;23alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”24Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”25On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !26– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.27Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »28Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ap 4, 1-11« Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu, le Souverain de l’univers, Celui qui était, qui est et qui vient »
- Psaume Ps 150, 1-2, 3-4, 5-6
Comprendre ce passage
La parabole des minesLuc 19, 11-27
« On croyait le Royaume tout proche »
Luc donne lui-même la clé du récit : « comme on approchait de Jérusalem, ils pensaient que le Royaume de Dieu allait se manifester à l'instant ». La montée vers la ville sainte, à la veille de la Pâque, exaltait l'attente d'une restauration politique d'Israël et d'un Messie triomphant. La parabole tempère cette fièvre : entre le départ du maître et son retour s'ouvre un temps intermédiaire, celui de l'Église et de la responsabilité, où le Royaume est déjà donné mais pas encore pleinement manifesté.
Le prétendant à la royauté
Le détail est d'un réalisme saisissant : un homme de haute naissance part « dans un pays lointain » — vers Rome — pour s'y faire conférer la royauté, tandis qu'une ambassade de ses sujets le suit pour le récuser. Les auditeurs reconnaissaient l'histoire d'Archélaüs, fils d'Hérode le Grand, parti en l'an 4 av. J.-C. solliciter d'Auguste son trône, et contesté par une délégation juive venue plaider contre lui. Jésus emprunte ce souvenir cuisant pour figurer sa propre investiture royale, qui passera par le départ de la Passion et de l'Ascension.
La mine, monnaie du quotidien
La mine était une unité de compte grecque valant cent drachmes, soit environ cent deniers : le salaire de près de trois mois de travail. C'est une somme modeste, bien inférieure au talent de Matthieu (Mt 25), qui en valait soixante. Le maître ne confie donc pas une fortune, mais un dépôt abordable, à la portée de chacun : la fidélité se joue dans l'ordinaire de l'existence, et non dans des charges extraordinaires réservées à quelques-uns.
Les mines confiées
Dix serviteurs reçoivent chacun une mine — une stricte égalité, à la différence des talents distribués « selon les capacités » de chacun dans la version de Matthieu. Le commandement est bref et pressant : « Faites-les valoir jusqu'à ce que je revienne. » Le temps de l'absence n'est pas un temps vide ni une simple attente passive, mais un temps de travail et de fructification, où le don reçu appelle un engagement actif. La grâce est confiée pour porter du fruit, non pour être conservée intacte.
La reddition des comptes
De retour investi de la royauté, le maître convoque ses serviteurs. Le premier a gagné dix mines, le second cinq ; à l'un il donne dix villes, à l'autre cinq villes à gouverner. La récompense est disproportionnée : pour un gain dérisoire, une autorité immense, selon la loi que Luc a déjà énoncée — « celui qui est fidèle dans les petites choses l'est aussi dans les grandes » (16, 10). La fidélité dilate : Dieu ne rétribue pas à la mesure de nos résultats, mais à la démesure de sa générosité.
Le serviteur qui a caché sa mine
Le troisième a gardé sa mine « dans un linge », par peur d'un maître qu'il juge « sévère », moissonnant où il n'a pas semé. Il est condamné « sur sa propre parole » : s'il le croyait si exigeant, il aurait au moins placé l'argent à la banque pour en tirer un intérêt. Son péché n'est pas la malveillance mais la peur stérile, l'inaction, et surtout l'image fausse d'un Dieu redoutable. « À qui a, l'on donnera ; à qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a » : la grâce laissée inerte finit par se perdre.
Le jugement des opposants
La parabole se clôt durement sur le sort des ennemis : « ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi ». Ce verset reprend le fil de l'ambassade initiale et vise le refus délibéré de la royauté du Christ. Le retour du roi est ainsi à la fois récompense des fidèles et jugement des révoltés : la venue royale du Seigneur, loin d'être seulement consolation, engage la responsabilité de tous devant son règne.
Faire fructifier le don reçu
Chacun a reçu sa « mine » : la foi, la grâce du baptême, des talents, du temps, une vocation propre. L'enjeu est de la mettre en œuvre plutôt que de l'enfouir par crainte ou par paresse. Le temps présent n'est pas une parenthèse à subir mais un temps de travail pour le Royaume, où nos moindres actes de charité et de fidélité préparent la moisson. Rien de ce qui nous est confié n'est destiné à rester stérile.
Servir dans le temps de l'attente
Entre l'Ascension et le retour du Seigneur, le chrétien est appelé à vivre en serviteur actif. Deux écueils le guettent : l'illusion d'une fin si imminente qu'on en délaisserait les tâches du présent, et la négligence d'une attente assoupie qui oublie que le maître reviendra demander des comptes. La juste attitude tient les deux ensemble : veiller dans l'espérance tout en travaillant avec ardeur.
Vaincre la peur qui paralyse
L'image d'un Dieu « dur » et impitoyable paralyse le serviteur et le pousse à l'enfouissement. À l'inverse, la vraie connaissance du Maître — révélé par le Christ comme un Père généreux — libère l'audace et la confiance. Beaucoup, par une fausse idée de Dieu, n'osent rien entreprendre pour lui : il faut laisser cette parabole corriger notre regard et nous rendre l'élan de ceux qui savent à quel point ils sont aimés.
La fidélité dans le peu dilate
Qui se montre fidèle dans le peu reçoit « dix villes » : Dieu récompense sans mesure commune avec nos efforts, jusqu'à faire participer ses serviteurs à son propre règne. Cette promesse renverse nos calculs étroits : la sainteté ne se bâtit pas sur de grands exploits mais sur la constance des petites fidélités. Là où nous voyons des miettes, Dieu prépare un royaume.
Cette semaine
- Dimanche 15 33e dimanche du Temps ordinaire Mt 25, 14-30
- Lundi 16 Lundi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 18, 35-43
- Mardi 17 Mardi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 1-10
- Mercredi 18 Mercredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 11-28
- Jeudi 19 Jeudi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 41-44
- Vendredi 20 Vendredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 45-48
- Samedi 21 Samedi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 20, 27-40
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