L'Évangile du jour
Lundi 16 novembre 2026
Lundi de la 33e semaine du Temps Ordinaire
Ste Marguerite d'Ecosse ; Ste Gertrude, vierge · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur, que je retrouve la vue »
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia.
35Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route.36Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait.37On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait.38Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »40Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :41« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. »42Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. »43À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ap 1, 1-4 ; 2, 1-5a« Rappelle-toi d’où tu es tombé, convertis-toi »
- Psaume Ps 1, 1-2, 3, 4.6
Comprendre ce passage
La guérison de l'aveugle de JérichoLuc 18, 35-43
Jéricho et la route des pèlerins
Jéricho, riche oasis du Jourdain renommée pour ses palmiers et son baume, se trouvait sur la grande route des pèlerins qui montaient vers Jérusalem en contournant la Samarie. Carrefour animé, peuplé de marchands et de voyageurs, la ville offrait un terrain propice à la mendicité : là où passent les foules montant célébrer la Pâque, l'aumône abonde. En situant la scène « à l'approche de Jéricho », Luc place ce dernier miracle au seuil de la montée décisive vers la Ville sainte et la Passion.
L'aveugle mendiant, exclu de la société
Privé de la vue, l'homme est réduit à mendier, assis « au bord du chemin » : il dépend entièrement de la charité des passants et vit en marge de la vie sociale et religieuse. Dans le monde biblique, la cécité était souvent perçue comme une malédiction ou le signe d'un péché (cf. Jn 9, 2), et l'infirme se trouvait tenu à l'écart du Temple et de bien des activités. Cet exclu, sans nom chez Luc, incarne le pauvre que l'Évangile relève sans cesse : le dernier devient le premier à reconnaître le Sauveur.
« Fils de David », un titre messianique
Le cri « Fils de David » n'a rien d'anodin : il confesse en Jésus le Messie attendu, descendant royal promis à David (2 S 7). Or les prophètes annonçaient que les jours messianiques verraient « s'ouvrir les yeux des aveugles » (Is 35, 5). En proclamant ce titre, le mendiant exprime une espérance précise et publique, à l'orée d'une Jérusalem où Jésus sera bientôt acclamé. Paradoxe saisissant : l'aveugle voit par la foi ce que la foule aux yeux ouverts ne discerne pas encore.
Le cri persévérant de la foi
« Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! » Plus la foule le rabroue, plus l'aveugle redouble ses cris. Cette insistance n'est pas impatience mais foi pure : une supplication qui refuse de se laisser faire taire et qui croit, contre tout obstacle, que Jésus peut l'entendre. Le récit fait écho, juste avant, à la veuve importune (18, 1-8) et au publicain qui implorait sa grâce (18, 13) : prier sans se lasser, c'est déjà espérer que Dieu fera justice au pauvre qui crie vers lui.
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Jésus s'arrête, le fait appeler, puis l'interroge : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » La question peut surprendre — le besoin semble évident — mais elle invite l'homme à formuler son désir et à se reconnaître pauvre devant Dieu. La réponse, « Seigneur, que je voie », est le modèle de toute prière : brève, humble, précise, toute tendue vers l'essentiel. Loin d'une demande vague, elle nomme le don attendu et s'en remet entièrement à la puissance du Seigneur.
« Ta foi t'a sauvé »
« Retrouve la vue ! Ta foi t'a sauvé » : le verbe grec employé, sōzō, signifie à la fois guérir et sauver. La même parole avait été dite au lépreux samaritain revenu rendre grâce (Lc 17, 19). La guérison des yeux du corps devient ainsi le signe visible d'un salut plus profond, donné à la foi. Jésus ne s'attribue pas le miracle comme un prodige éclatant : il en renvoie le fruit à la confiance de l'homme, montrant que la foi est le canal par lequel la grâce de Dieu opère.
Il suit Jésus en glorifiant Dieu
Aussitôt guéri, l'homme « suivait » Jésus « en glorifiant Dieu », et « tout le peuple » se mit à louer Dieu. Le passé met en lumière le sens profond de l'épisode : c'est un récit de vocation autant que de miracle. La grâce reçue se mue en discipulat et en louange, et l'ancien mendiant prend la route qui mène à la Passion. Le récit précède aussitôt Zachée (19, 1-10) et l'entrée à Jérusalem. Parallèles synoptiques : Mc 10, 46-52, qui nomme l'aveugle Bartimée, et Mt 20, 29-34.
Crier vers le Seigneur sans se lasser
L'aveugle ne se laisse ni décourager ni réduire au silence par ceux qui le pressent de se taire. Sa persévérance est une leçon : combien de fois renonçons-nous à demander, gênés par le regard d'autrui ou par l'impression de n'être pas entendus ? La prière chrétienne est confiante et tenace ; elle frappe à la porte jusqu'à ce qu'elle s'ouvre, sûre que le Seigneur ne méprise jamais le cri du pauvre.
Demander la lumière de la foi
« Que je voie » peut devenir la prière de tout croyant. Au-delà des yeux du corps, il y a l'aveuglement spirituel — celui qui empêche de reconnaître Jésus présent et d'envisager sa propre vie comme Dieu la voit. Demander la lumière de la foi, c'est implorer la grâce de voir clair dans son cœur, de discerner l'essentiel et de marcher dans la vérité. Cette guérison intérieure, plus nécessaire encore que la première, s'obtient elle aussi par une humble supplication.
La foi qui sauve
Ce n'est pas le prodige en lui-même, mais la foi qui ouvre l'homme au salut. L'aveugle a cru que Jésus pouvait et voulait le guérir, et cette confiance a tout obtenu. À sa suite, le chrétien est invité à demander avec foi, sans douter de la bonté de Dieu. La foi ne force pas la main du Seigneur : elle dispose le cœur à recevoir le don qu'il désire offrir, bien au-delà de ce que l'on osait espérer.
Suivre le Christ et rendre gloire
La grâce reçue ne reste pas stérile : l'aveugle guéri se met en route derrière Jésus et glorifie Dieu. Toute faveur véritable appelle ainsi une réponse — celle du discipulat et de la louange. Le miracle ne s'arrête pas à l'individu : la joie du guéri entraîne tout le peuple à louer Dieu. De même, une vie transformée par la grâce devient à son tour témoignage, et rend gloire au Seigneur en attirant d'autres à le bénir.
Cette semaine
- Dimanche 15 33e dimanche du Temps ordinaire Mt 25, 14-30
- Lundi 16 Lundi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 18, 35-43
- Mardi 17 Mardi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 1-10
- Mercredi 18 Mercredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 11-28
- Jeudi 19 Jeudi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 41-44
- Vendredi 20 Vendredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 45-48
- Samedi 21 Samedi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 20, 27-40
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