L'Évangile du jour
Samedi 7 novembre 2026
Samedi de la 31e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? »
Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Alléluia.
9Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.10Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.11Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?12Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?13Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »14Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision.15Il leur dit alors : « Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ph 4, 10-19« Je peux tout en celui qui me donne la force »
- Psaume Ps 111 (112), 1-2, 5-6, 8a.9
Comprendre ce passage
La parabole du gérant habile ; l'usage de l'argentLuc 16, 1-13
Le gérant et son maître
Dans les grands domaines antiques, un propriétaire confiait souvent ses terres à un gérant (grec oikonomos, l'« intendant de maison »), homme de confiance qui tenait les comptes, percevait les fermages et traitait au nom du maître. Ici cet intendant est dénoncé pour avoir dilapidé les biens — le même verbe (diaskorpizō) que le fils prodigue de la parabole précédente (15, 13) : on passe d'un fils dissipateur à un serviteur dissipateur. Convoqué, il n'a rien à plaider, et la reddition des comptes signifie pour lui le renvoi.
Les créances allégées
Pour se ménager un avenir, le gérant convoque les débiteurs du maître et réduit leurs dettes : cent barils d'huile ramenés à cinquante, cent mesures de blé à quatre-vingts. Les quantités sont énormes — le batos d'huile et le koros de blé valent la récolte de vastes propriétés —, ce qui suppose de riches fermiers liés par contrat. Certains exégètes y voient la remise des intérêts dissimulés que la Loi interdisait (Dt 23, 20) ou de la commission de l'intendant ; d'autres, une pure fraude. Le texte, lui, retient un seul mot pour la qualifier.
Une louange déconcertante
« Le maître loua ce gérant malhonnête d'avoir agi avec habileté » : la phrase a de tout temps troublé les lecteurs. Le maître ne couvre pas le vol, mais admire la lucidité d'un homme qui, voyant venir la catastrophe, joue toutes ses cartes pour s'assurer un lendemain. Le mot araméen mamōna, qui reviendra ensuite, désigne la richesse presque personnifiée. La parabole prépare ainsi le contraste final entre Dieu et cette idole : tout vise l'usage que le disciple fait de ses biens en vue du jugement qui vient.
Une habileté à imiter
« Les fils de ce monde sont plus avisés entre eux que les fils de la lumière » : Jésus constate, non sans ironie, que les gens du siècle déploient pour leurs affaires une intelligence et une prévoyance dont les croyants manquent souvent pour l'essentiel. L'opposition « fils des ténèbres / fils de la lumière » est familière au judaïsme de l'époque (on la retrouve à Qumrân). La leçon est paradoxale : il s'agit d'imiter non la malhonnêteté du gérant, mais son énergie à tout miser sur l'avenir — ici l'avenir éternel.
« Faites-vous des amis avec l'argent trompeur »
L'argent est dit trompeur (mamōna tēs adikias, le « mammon d'injustice »), non qu'il soit mauvais en soi, mais parce qu'il ment sur ce qu'il promet et que sa possession est souvent mêlée d'injustice. Or ce bien périssable peut acheter des amis durables : par l'aumône, le disciple s'attache les pauvres qui, dit Jésus, « vous accueilleront dans les demeures éternelles ». L'Ancien Testament le pressentait déjà : « qui donne au pauvre prête au Seigneur » (Pr 19, 17). Le bien dépensé en charité se change ainsi en trésor pour le ciel.
La fidélité dans le peu
« Qui est fidèle dans le peu l'est aussi dans le grand. » Jésus relativise radicalement la richesse : à l'échelle de l'éternité, tout l'argent du monde n'est qu'un « peu », un bien étranger qu'on ne fait que gérer. La manière dont on en use devient un test révélateur du cœur, et Jésus pose une question grave : si l'on a été infidèle avec l'argent trompeur, qui nous confiera les vrais biens — ceux du Royaume, qui seuls nous appartiennent en propre ?
Dieu ou l'Argent
La conclusion tombe, tranchée : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » Le mot grec pour « servir » (douleuein) est celui de l'esclave, tout entier à un seul seigneur. L'argent est érigé en maître rival de Dieu, réclamant une allégeance du cœur qui n'appartient qu'à lui. Bon serviteur mais maître tyrannique, il devient une idole dès qu'on lui soumet sa vie. Entre les deux, aucun partage n'est possible : il faut choisir son Seigneur.
Une sainte prévoyance
Le gérant fait honte au disciple par sa lucidité : il a su lire l'heure et agir avant qu'il ne soit trop tard. Combien de chrétiens montrent autant d'énergie pour leur avenir terrestre — carrière, épargne, sécurité — et si peu pour leur avenir éternel ? La vraie sagesse est d'investir dès maintenant là où est notre véritable trésor, par des actes qui demeureront au-delà de la mort.
L'argent au service de la charité
Les biens matériels sont des moyens, jamais une fin : ils valent par l'usage qu'on en fait. Les faire servir à l'aumône, au partage et au soutien des pauvres, c'est, selon la parole du Christ, se préparer des « amis » qui nous attendront dans les demeures éternelles. La générosité transfigure l'argent le plus « trompeur » : ce qui aurait pu nous enchaîner devient, donné, un chemin vers Dieu et une semence d'éternité.
Fidèle dans le peu
La façon dont je gère le petit — l'argent, les objets, les responsabilités modestes — révèle et façonne en secret tout mon cœur. L'honnêteté, le détachement et la justice dans ces réalités quotidiennes ne sont pas accessoires : ils sont l'apprentissage des « vrais biens ». Qui se laisse posséder par les petites convoitises se rend incapable des grands dons ; qui reste libre dans le peu se dispose à recevoir beaucoup de Dieu.
Choisir son maître
« Dieu ou l'Argent » : la parole exige une décision, car nul ne sert deux seigneurs. Il s'agit de démasquer en soi l'idole discrète de la richesse — l'inquiétude, l'avidité, la confiance secrète mise dans l'avoir — et de lui retirer le trône du cœur. Servir Dieu seul rend paradoxalement libre à l'égard de l'argent : on peut alors le posséder sans en être l'esclave, et s'en servir, enfin, pour aimer.
Cette semaine
- Dimanche 1 Tous les Saints Mt 5, 1-12a
- Lundi 2 Commémoration de tous les fidèles défunts Jn 6, 37-40
- Mardi 3 Mardi de la 31e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 15-24
- Mercredi 4 Mercredi de la 31e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 25-33
- Jeudi 5 Jeudi de la 31e semaine du Temps ordinaire Lc 15, 1-10
- Vendredi 6 Vendredi de la 31e semaine du Temps ordinaire Lc 16, 1-8
- Samedi 7 Samedi de la 31e semaine du Temps ordinaire Lc 16, 9-15
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