L'Évangile du jour
Jeudi 29 octobre 2026
Jeudi de la 30e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem »
Alléluia. Alléluia.
Béni soit notre roi,
celui qui vient au nom du Seigneur.
Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux !
Alléluia.
31À ce moment-là, quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire : « Pars, va t’en d’ici : Hérode veut te tuer. »32Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et, le troisième jour, j’arrive au terme.33Mais il me faut continuer ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem.34Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu !35Voici que votre Temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ep 6, 10-20« Prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez tout mettre en œuvre pour tenir bon »
- Psaume Ps 143 (144), 1, 2, 9-10
Comprendre ce passage
Jésus devant sa mort prochaineLuc 13, 31-35
L'avertissement des pharisiens
À l'heure même, des pharisiens s'approchent et préviennent Jésus : « Pars, va-t'en d'ici, car Hérode veut te tuer. » La démarche surprend, tant Luc montre ailleurs ces hommes hostiles au Maître. S'agit-il d'un avertissement sincère, ou d'une manœuvre voilée pour le pousser hors de Galilée et l'écarter des foules ? Le récit ne tranche pas, mais souligne que Jésus, en pleine montée vers Jérusalem (depuis 9, 51), reste en chemin, exposé, sans jamais infléchir sa marche au gré des intimidations.
Hérode Antipas, le tétrarque
Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand, gouvernait alors la Galilée et la Pérée comme tétrarque, sous la tutelle de Rome. Luc l'a déjà présenté comme l'assassin de Jean le Baptiste (9, 9), inquiet et curieux de voir Jésus. Son territoire borde la route du pèlerinage, et sa réputation de souverain intrigant rend la menace plausible. Pourtant, dans tout l'évangile, ce prince ne fera jamais mourir Jésus : son rôle restera celui du spectateur déçu, jusqu'au matin de la Passion (23, 8-12).
« Ce renard »
Jésus répond par un mot cinglant : « Allez dire à ce renard… » Dans le monde biblique et gréco-romain, le renard évoque à la fois la ruse sournoise et la faiblesse de celui qui n'a pas la force du lion. La rabbinique opposait volontiers le « renard » au « lion » pour désigner l'homme sans envergure. Jésus dénie ainsi à Antipas toute prise réelle sur le dessein de Dieu : ce n'est ni l'astuce ni la violence d'un tétrarque qui fixera l'heure de sa mort, mais le Père seul.
« Le troisième jour, je serai consommé »
Loin de fuir, Jésus affirme la continuité de sa mission : « Je chasse les démons et j'accomplis des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour je suis consommé » (teleioumai, « je suis mené à mon achèvement »). Ces trois jours ne sont pas un calendrier mais une formule de plénitude : le temps fixé par Dieu pour parachever l'œuvre. Le verbe grec, riche d'accents sacrificiels, oriente déjà vers la Croix, où tout sera « accompli » (cf. Jn 19, 30). Rien d'humain ne détourne ce terme.
Le « il faut » du prophète à Jérusalem
« Il faut que je poursuive ma route aujourd'hui, demain et le jour suivant, car il n'est pas possible qu'un prophète périsse hors de Jérusalem. » Ce « il faut » (dei) traverse tout Luc : il dit la nécessité du dessein divin, non une fatalité aveugle. La ville sainte, lieu du Temple et du culte, est devenue paradoxalement celle qui tue ses envoyés (cf. 11, 47-51). Jésus s'inscrit dans la longue lignée des prophètes rejetés, mais sa mort y aura un sens unique : l'offrande librement consentie du Fils.
La lamentation sur Jérusalem
Alors jaillit une plainte d'une intensité bouleversante : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés ! » Le double appel du nom, à la manière des grands oracles de l'Ancien Testament, dit la tendresse et la douleur mêlées. Puis vient l'image, d'une rare douceur maternelle : « combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu ! » L'amour pressant de Dieu s'y heurte au refus libre de l'homme.
« Votre maison vous est laissée »
La sentence tombe : « Voici que votre maison vous est laissée. » Le mot désigne sans doute le Temple, désormais abandonné à lui-même, vidé de la Présence qui faisait sa gloire — annonce voilée de sa ruine. Puis cette parole tournée vers l'avenir : « Vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Ps 118, 26). Acclamation des pèlerins, elle prépare l'entrée messianique (19, 38) et la reconnaissance dernière du Christ.
La détermination de Jésus
Ni les menaces d'Hérode ni la peur ne détournent Jésus de la volonté du Père. Il continue d'enseigner, de guérir, de chasser les démons, « aujourd'hui et demain », le regard fixé sur le terme qui l'attend à Jérusalem. Il y a là un modèle de courage et de fidélité : avancer dans la mission reçue malgré les intimidations, sans précipiter ni esquiver l'épreuve. La sérénité du Christ devant la mort naît de sa confiance totale en Celui qui tient son « heure » entre ses mains.
La tendresse maternelle de Dieu
« Comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes » : l'image, étonnante dans la bouche du Messie, dit le désir de Dieu de nous abriter, de nous protéger et de nous unir près de son cœur. L'Écriture parle déjà de l'ombre des ailes divines comme d'un refuge (Ps 91, 4). Cette tendresse presque maternelle invite à se laisser rassembler par Dieu, surtout dans la détresse et la dispersion, plutôt qu'à se croire plus en sûreté loin de lui, exposé à tous les dangers.
« Et vous n'avez pas voulu »
Au sommet de cette plainte résonne le drame du refus : l'amour de Dieu, si pressant soit-il, ne force jamais la liberté. « Vous n'avez pas voulu » : tout le mystère du péché tient dans ces mots, où la créature oppose son « non » à la patience du Créateur. Chacun peut y reconnaître ses propres résistances — les « je ne veux pas » discrets qui se dressent contre sa grâce. Y consentir enfin, abaisser ces refus, c'est entrer dans le rassemblement que Dieu désire pour nous.
« Béni soit celui qui vient »
La parole s'achève sur une promesse voilée : Jérusalem reverra son Messie quand elle saura l'acclamer. Cette bénédiction du Psaume 118, l'Église la reprend à chaque Messe, dans le Sanctus, juste avant l'offrande eucharistique : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Accueillir aujourd'hui Celui qui vient, au lieu de le rejeter comme la ville sainte, c'est anticiper la rencontre dernière et faire nôtre l'attente joyeuse du salut. La reconnaissance du Sauveur reste l'ultime appel de ce passage.
Cette semaine
- Dimanche 25 DÉDICACE DES ÉGLISES consacrées dont on ne connaît pas la date de consécration - Belgique Jn 10, 22-30
- Lundi 26 Lundi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 10-17
- Mardi 27 Mardi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 18-21
- Mercredi 28 Saint Simon et Saint Jude, apôtres Lc 6, 12-19
- Jeudi 29 Jeudi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 31-35
- Vendredi 30 Vendredi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1-6
- Samedi 31 Samedi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1.7-11
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