L'Évangile du jour
Samedi 24 octobre 2026
Samedi de la 29e semaine du Temps ordinaire
S. Antoine-Marie Claret, évêque · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même »
Alléluia. Alléluia.
Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant,
dit le Seigneur.
Qu’il se détourne de sa conduite, et qu’il vive !
Alléluia.
1À ce moment, des gens qui se trouvaient là rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.2Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?3Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.4Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?5Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »6Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.7Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”8Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.9Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ep 4, 7-16« Celui qui est la Tête, c’est le Christ ; par lui tout le corps poursuit sa croissance »
- Psaume Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5
Comprendre ce passage
Les signes des temps et l'appel à la conversionLuc 12, 54 – 13, 9
Lire le ciel en Palestine
Le paysan de Galilée scrutait le ciel comme un livre familier. Le nuage venu de l'ouest, du côté de la Méditerranée, annonçait la pluie ; le vent du sud, soufflant du désert du Néguev, apportait la chaleur accablante du sirocco. Cette météorologie populaire, fruit d'une longue expérience, ne se trompait guère. Jésus part de ce bon sens quotidien pour mieux confondre : ces mêmes gens, si habiles à déchiffrer les indices du temps qu'il fera, restent aveugles aux signes autrement décisifs que Dieu leur adresse en sa personne.
S'entendre avant le tribunal
L'image suivante est empruntée à la justice du Ier siècle. Celui qui, traîné devant le magistrat par un créancier, n'avait pas su s'arranger en chemin risquait l'emprisonnement pour dettes, jusqu'au paiement du « dernier sou » (le lepton, plus petite monnaie en circulation). Chacun connaissait l'urgence d'un règlement à l'amiable avant l'audience. Jésus transpose ce réflexe prudent : il existe un délai qui se referme, un moment encore favorable où il faut se mettre en règle.
Deux faits divers et l'idée de châtiment
On rapporte alors à Jésus deux drames récents. Des pèlerins galiléens ont été massacrés par Pilate jusque dans le Temple, leur sang mêlé à celui de leurs sacrifices — provocation typique du préfet, dont l'histoire a retenu la brutalité. Et dix-huit personnes ont péri sous l'effondrement de la tour de Siloé, près de la fameuse piscine de Jérusalem. L'opinion courante, à la manière des amis de Job, voyait dans de tels malheurs la punition de péchés cachés : logique que Jésus va renverser.
Discerner « ce temps-ci »
Savoir lire le ciel mais non « ce temps-ci » : le mot grec employé est kairos, le moment décisif, l'heure où Dieu visite son peuple en Jésus. Les nommer « hypocrites » (hypokritai, les acteurs de théâtre), c'est leur reprocher de jouer l'ignorance d'une évidence qui crève les yeux. « Pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » L'aptitude à discerner le salut ne réclame pas d'érudition, mais un cœur droit et disponible à la vérité qui se présente.
S'accorder en chemin
L'invitation à se réconcilier avec son adversaire « pendant que tu es en chemin » prend ici un poids spirituel. Le chemin, c'est le temps présent de la vie ; le tribunal, le jugement de Dieu. Se réconcilier maintenant, avec le prochain et avec Dieu, avant que l'heure ne se ferme : telle est l'urgence que Jésus presse. Le « temps favorable » dont parlera saint Paul (2 Co 6, 2), c'est aujourd'hui, non un demain que nul ne se voit garantir.
« Si vous ne vous convertissez pas »
Jésus refuse nettement le lien automatique entre malheur et faute : ces victimes n'étaient « pas plus pécheresses » que les autres Galiléens ou habitants de Jérusalem. Mais loin de clore le débat, il retourne chaque drame en avertissement adressé à tous : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». La répétition solennelle de la formule martèle la leçon. La mort, soudaine ou lente, est certaine ; seule la conversion (metanoia, le retournement du cœur) ne souffre aucun délai.
Le figuier stérile
Le figuier planté dans la vigne évoque Israël, à qui Dieu demande du fruit (cf. Is 5, Os 9, 10). Depuis trois ans, l'arbre ne donne rien : le maître veut le couper. Mais le vigneron intercède — « laisse-le encore cette année, je vais bêcher et mettre du fumier » — figure du Christ plaidant pour les pécheurs. Dieu se révèle ici patient, accordant un sursis pour porter du fruit. Ce délai n'est pourtant pas indéfini : la grâce offerte attend, et appelle, une réponse.
Discerner les signes de Dieu
Nous scrutons sans peine la météo, l'actualité, les cours de la Bourse, et demeurons étrangement aveugles aux appels que Dieu sème dans nos journées. Comme aux foules de Galilée, il nous est demandé de discerner son passage dans « ce temps-ci ». Implorer cette lucidité du cœur, c'est apprendre à lire les événements non comme un hasard, mais comme un langage par lequel le Seigneur, sans cesse, nous visite et nous appelle.
Se convertir sans juger les autres
Devant le malheur d'autrui, la tentation est vive d'y lire un châtiment mérité et de se croire, par contraste, à l'abri. Jésus brise net ce réflexe pharisaïque : il renvoie chacun, non au jugement du voisin, mais à sa propre conversion — « et toi, te convertis-tu ? » Tout drame, toute épreuve, au lieu de nourrir la curiosité ou le jugement, peut ainsi devenir un appel personnel, une question posée à ma vie et à mon urgence de revenir vers Dieu.
Le temps de grâce du figuier
Dieu est patient, mais sa patience n'est pas une indulgence qui dispenserait de porter du fruit : elle est un temps donné précisément pour qu'on en porte. Le grand danger est de présumer du sursis, de remettre la conversion au compte d'une miséricorde supposée sans limite. Le fumier et le bêchage du vigneron disent les soins par lesquels la grâce travaille notre terre : répondre maintenant, par une vie féconde en charité, sans attendre une « année » qui pourrait ne jamais venir.
Cette semaine
- Dimanche 18 29e dimanche du Temps ordinaire Mt 22, 15-21
- Lundi 19 Lundi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 13-21
- Mardi 20 Mardi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 35-38
- Mercredi 21 Mercredi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 39-48
- Jeudi 22 Jeudi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 49-53
- Vendredi 23 Vendredi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 54-59
- Samedi 24 Samedi de la 29e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 1-9
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