L'Évangile du jour
Lundi 5 octobre 2026
Lundi de la 27e semaine du Temps ordinaire
Ste Faustine Kowalska, vierge · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Qui est mon prochain ? »
Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia.
25Et voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »26Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »27L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »28Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »29Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »30Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.31Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.32De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.33Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.34Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.35Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”36Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »37Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ga 1, 6-12« L’Évangile que j’ai proclamé, ce n’est pas d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ »
- Psaume Ps 110 (111), 1-2, 7-8, 9.10c
Comprendre ce passage
Le grand commandementLuc 10, 25-28
Un légiste qui met à l'épreuve
Un docteur de la Loi (nomikos), expert chargé d'interpréter et d'enseigner la Torah, se lève « pour le mettre à l'épreuve ». Sa question — « que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » — n'est pas naïve : elle veut sonder, voire piéger, ce maître sans titre officiel. Chez Luc, Jésus ne se dérobe pas mais renvoie l'expert à sa propre compétence : « Dans la Loi, qu'est-il écrit ? Comment lis-tu ? » Le débat se noue ainsi sur le terrain même de l'interlocuteur, l'Écriture qu'il prétend maîtriser.
Hériter la vie éternelle
L'expression « vie éternelle » traduit l'attente juive d'une résurrection des justes et d'une part au monde à venir (cf. Dn 12, 2). Le verbe « hériter » évoque la promesse faite à Israël : entrer en possession de la Terre et des biens du salut comme d'un héritage paternel. La question rejoint donc celle, lancinante au Ier siècle, du « plus grand commandement » : parmi les 613 préceptes recensés par les rabbins, lequel résume et porte tous les autres ? L'enjeu n'est pas théorique, mais touche au sens entier de l'existence devant Dieu.
Le Shema d'Israël
L'homme cite d'abord la grande prière quotidienne d'Israël, le Shema (Dt 6, 4-5), récitée matin et soir et fixée aux montants des portes et au bras par les tefillin : aimer le Seigneur « de tout ton cœur ». Il y joint Lévitique 19, 18 : « ton prochain comme toi-même ». Ce rapprochement des deux textes circulait déjà dans le judaïsme, mais leur union en un seul commandement reste audacieuse. En ajoutant l'esprit (dianoia) aux trois facultés hébraïques — cœur, âme, force —, la version grecque souligne que nulle dimension de l'homme n'échappe à cet amour.
Les deux amours n'en font qu'un
Jésus approuve aussitôt cette synthèse : « Tu as bien répondu. » Tout le précis de la Loi et des Prophètes pend de l'amour de Dieu et du prochain, qu'on ne peut séparer sans les ruiner l'un et l'autre. L'amour de Dieu n'est vrai que s'il se vérifie dans l'amour du frère ; l'amour du frère, à son tour, n'a sa source et sa mesure que dans l'amour de Dieu. Les deux commandements ne sont pas juxtaposés comme deux devoirs, mais comme la racine et son fruit, un unique mouvement du cœur.
« De tout ton cœur, de toute ton âme… »
Le quadruple « de tout » n'établit pas quatre amours, mais exige un amour total, sans réserve ni partage. Le cœur (kardia), siège des décisions ; l'âme (psychē), le souffle vital ; la force (ischys), l'énergie déployée ; l'esprit (dianoia), l'intelligence et la pensée : c'est l'homme entier, jusqu'en ses replis, qui est requis. Aimer Dieu de cette manière, c'est lui rapporter toute la personne, sans qu'aucune faculté demeure étrangère ou retenue pour soi.
« Fais cela et tu vivras »
La conclusion déplace l'accent : la vie éternelle ne s'obtient pas d'abord par le savoir mais par le faire. « Fais cela et tu vivras » : le légiste connaissait la lettre, il lui reste à la pratiquer. L'écho de Lévitique 18, 5 — « qui les met en pratique vivra par elles » — rappelle que la Loi est ordonnée à la vie, non à la dispute. Ce « fais » est aussi une pointe : il prépare la parabole du bon Samaritain (10, 29-37), où l'amour cessera d'être défini pour être montré.
Du commandement à la question du prochain
La réponse de Jésus laisse pourtant une ouverture que le verset suivant exploitera : « qui est mon prochain ? » Le légiste, « voulant se justifier », cherche à circonscrire le devoir d'amour, à fixer les limites du cercle à aimer. Or l'enseignement de Jésus tend précisément à briser ces frontières : le prochain n'est pas une catégorie à délimiter, mais quiconque se trouve sur ma route et réclame ma compassion. L'exégèse traditionnelle voit ici le passage du commandement énoncé à son exigence illimitée.
Aimer Dieu de tout son être
« De tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit » : Dieu demande tout, sans rien excepter de notre vie. Ordonner à lui nos pensées, nos forces, nos désirs et nos décisions est le premier appel de l'existence chrétienne. Cet amour n'est pas un sentiment passager mais une orientation profonde, qui informe peu à peu chaque choix. C'est le plus grand commandement parce qu'il est le premier : tout le reste en découle et y trouve sa juste place.
Le prochain, inséparable de Dieu
On ne peut prétendre aimer Dieu qu'on ne voit pas tout en méprisant le frère qu'on voit (cf. 1 Jn 4, 20). La charité fraternelle est la vérification concrète de l'amour de Dieu : elle en est le signe visible et la preuve. Séparer les deux — la piété sans le service, ou la philanthropie sans Dieu —, c'est trahir l'un et l'autre. Le prochain devient ainsi le lieu où s'éprouve et se manifeste, jour après jour, la sincérité de notre amour pour le Seigneur.
Passer à l'acte
Connaître le commandement, même parfaitement, ne suffit pas : encore faut-il le vivre. « Fais cela » : la sainteté ne se joue pas dans les belles formules, mais dans l'amour concret, patient et coûteux, offert au prochain réel que Dieu place devant nous. La foi qui n'agit pas demeure stérile (cf. Jc 2, 17). Le chrétien est sans cesse renvoyé du discours à l'œuvre, de l'idée de la charité à ses gestes humbles et quotidiens.
Recevoir la vie en aimant
« Tu vivras » : l'amour n'est pas une performance qui mériterait le ciel par nos seules forces, mais le chemin par lequel la vie de Dieu se reçoit et se déploie en nous. Aimer vraiment, c'est déjà vivre de la vie éternelle commencée. La grâce qui rend cet amour possible vient de Dieu lui-même, « répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint » (Rm 5, 5) : nous n'aimons qu'en répondant à celui qui nous a aimés le premier.
Cette semaine
- Dimanche 4 27e dimanche du Temps ordinaire Mt 21, 33-43
- Lundi 5 Lundi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 25-37
- Mardi 6 Mardi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 38-42
- Mercredi 7 Mercredi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 1-4
- Jeudi 8 Jeudi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 5-13
- Vendredi 9 Vendredi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 15-26
- Samedi 10 Samedi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 27-28
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Afrique. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique