L'Évangile du jour
Mercredi 30 septembre 2026
Mercredi de la 26e semaine du Temps ordinaire
S. Jérôme, prêtre et docteur de l'Église · Mémoire
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Je te suivrai partout où tu iras »
Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ
et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia.
57En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »58Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »59Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »60Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »61Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »62Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Jb 9, 1-12.14-16« Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ? »
- Psaume Ps 87 (88), 10bc-11, 12-13, 14-15
Comprendre ce passage
Les exigences de Jésus envers ceux qui le suiventLuc 9, 57-62
Sur le chemin de Jérusalem
Les trois rencontres se déroulent « en chemin », au seuil de la grande section du voyage que Luc ouvre en 9, 51 : Jésus, « le visage déterminé », monte vers Jérusalem où il sera « enlevé de ce monde ». Le cadre n'a rien de neutre. Suivre le Maître, c'est entrer dans cette marche résolue vers la Passion et la gloire. Tout le récit lucanien s'organise désormais autour de cette route (hodos), qui deviendra l'un des premiers noms des chrétiens (Ac 9, 2).
Devenir disciple d'un rabbi
Dans le judaïsme du Ier siècle, le disciple (talmid) suivait son maître au sens littéral : il marchait derrière lui, partageait sa vie itinérante, son toit et sa table, jusqu'à servir sa personne. Mais d'ordinaire c'est l'élève qui choisissait son rabbi. Ici, l'initiative et l'exigence viennent de Jésus, qui appelle et fixe les conditions. Sa demande dépasse l'usage : elle engage la personne tout entière, au-delà même de l'étude de la Loi.
Les liens sacrés de la famille
Les réponses de Jésus heurtent deux devoirs tenus pour intangibles. Ensevelir son père relevait du quatrième commandement (Ex 20, 12) : c'était une obligation filiale sacrée, qui dispensait même de certaines prescriptions rituelles. De même, prendre congé des siens passait pour une élémentaire piété. En relativisant ces liens, Jésus ne méprise pas la famille ; il révèle que le Royaume réclame une primauté plus haute encore que les attaches du sang.
« Pas de pierre où reposer la tête »
Au premier, plein d'élan — « je te suivrai partout où tu iras » —, Jésus oppose le dénuement : « les renards ont des terriers, les oiseaux des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer la tête. » L'enthousiasme spontané doit s'éprouver au réel de l'insécurité. Le titre « Fils de l'homme », emprunté à Daniel 7, dit ici l'abaissement de celui qui n'a pas de lieu à lui : le suivre, c'est partager sa condition de pauvre et d'étranger sur la terre.
« Laisse les morts ensevelir leurs morts »
Au deuxième, que Jésus appelle lui-même, et qui demande d'abord à enterrer son père, il répond par une parole déconcertante : « Laisse les morts ensevelir leurs morts ; toi, va annoncer le règne de Dieu. » Le mot joue sur deux sens de « mort » : que les morts spirituels s'occupent des défunts ; le disciple, lui, est voué à la vie du Royaume. Rien, pas même un devoir légitime, ne saurait passer avant l'urgence absolue de l'annonce.
La main à la charrue
Au troisième, qui veut d'abord faire ses adieux aux siens, Jésus rappelle l'image du laboureur : « qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume. » Tenir d'une main l'araire léger de Palestine exigeait un œil fixé droit devant, sous peine de tracer un sillon tordu. L'allusion vise Élie, qui laissa Élisée embrasser ses parents (1 R 19, 19-21) : Jésus se montre plus pressant que le prophète, car son appel ne souffre nul partage.
Trois refus déguisés en délais
Les trois réponses dessinent une progression saisissante. Le premier promet trop vite, sans mesurer le prix ; les deux autres acceptent, mais glissent un « laisse-moi d'abord… » qui repousse l'heure de Dieu. Sous des motifs honorables — la sépulture, les adieux —, c'est un cœur encore partagé qui se dévoile. Luc, comme souvent, laisse les récits ouverts : nul ne sait si ces hommes ont suivi, et la question reste posée au lecteur.
Le prix de la suite
Suivre le Christ a un coût réel : la sécurité, les projets, les attaches les plus chères. L'Évangile ne propose pas un christianisme confortable, calculé pour ne rien déranger. Aimer le Seigneur plus que tout — telle est la condition du disciple, que rappellera plus loin la parole sur la croix à porter (9, 23). Mieux vaut mesurer ce prix d'avance que de promettre, comme le premier homme, sans savoir ce que l'on engage.
Ne pas dire « d'abord… »
Le piège le plus subtil n'est pas le refus, mais l'ajournement. « Laisse-moi d'abord… » : combien de bonnes raisons, parfois de vrais devoirs, servent à différer la réponse à Dieu jusqu'à l'éteindre ! Le Royaume ne se vit pas demain, mais dans un aujourd'hui décidé. Reconnaître nos « d'abord » et y renoncer, c'est déjà laisser la grâce reprendre la première place dans une vie trop encombrée.
Ne pas regarder en arrière
Comme le laboureur tout entier à son sillon, le disciple avance sans nostalgie de ce qu'il a quitté. L'avertissement évoque la femme de Lot, changée en statue pour s'être retournée (Gn 19, 26). La regret du passé paralyse l'élan présent et stérilise le don. L'engagement à la suite du Christ se vit d'un cœur résolu, le visage tourné vers l'avant, à l'image de Jésus montant vers Jérusalem.
Servir le Royaume avant tout
Annoncer « le règne de Dieu » devient, pour le disciple, l'unique nécessaire qui ordonne tout le reste. Cela ne supprime pas les devoirs humains — la famille, le travail, le deuil — mais les replace sous une lumière plus haute. Quand l'appel de Dieu et nos attachements semblent rivaliser, c'est lui qui doit l'emporter, non par dureté, mais parce qu'il comble au centuple ce qu'il demande de quitter.
Cette semaine
- Dimanche 27 26e dimanche du Temps ordinaire Mt 21, 28-32
- Lundi 28 Lundi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 46-50
- Mardi 29 Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges Jn 1, 47-51
- Mercredi 30 Mercredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 57-62
- Jeudi 1 Jeudi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 1-12
- Vendredi 2 Vendredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 1-5.10
- Samedi 3 Samedi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 17-24
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Belgique. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique