L'Évangile du jour
Lundi 28 septembre 2026
Lundi de la 26e semaine du Temps ordinaire
S. Venceslas, martyr ; S. Laurent Ruiz et ses compagnons, martyrs · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand »
Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia.
46Une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.47Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui48et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »49Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. »50Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Jb 1, 6-22« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Que le nom du Seigneur soit béni ! »
- Psaume Ps 16 (17), 1, 3, 4b-5, 7
Comprendre ce passage
La deuxième annonce de la Passion ; humilité et toléranceLuc 9, 44-50
Une deuxième annonce de la Passion
« Mettez bien dans vos oreilles ces paroles : le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes. » L'expression solennelle (en grec, « déposez ces paroles dans vos oreilles ») souligne la gravité de l'avertissement. Le verbe « livrer » (paradidōmi) traverse tout le récit de la Passion : il dit à la fois la trahison de Judas, la remise aux autorités et, plus profondément, le dessein du Père livrant son Fils. Cette seconde annonce suit de près la Transfiguration : la gloire entrevue ne dispense pas du chemin de la croix.
Un Messie souffrant, idée impensable
Les disciples « ne comprenaient pas » cette parole, qui « leur demeurait voilée », et ils craignaient de l'interroger. L'attente juive du Ier siècle espérait un Messie glorieux, libérateur politique d'Israël, héritier de David : un Messie qui souffre et meurt heurtait de plein fouet cet horizon. Le mot grec dit que le sens leur restait caché (parakalymmenon), comme un voile sur l'intelligence — voile qui ne tombera qu'à Pâques et à la lumière des Écritures (cf. Lc 24, 25-27).
Aussitôt, la rivalité et l'exclusion
Le contraste est saisissant : à peine Jésus a-t-il parlé de son abaissement que s'élève parmi les Douze une dispute sur « lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ». Dans une société profondément hiérarchisée, soucieuse de l'honneur et du rang, la question des préséances était naturelle ; elle resurgira jusqu'au soir de la Cène (Lc 22, 24). À cette ambition s'ajoute, par la bouche de Jean, un réflexe de clan : empêcher un homme étranger au groupe d'agir au nom de Jésus.
Le plus petit est le plus grand
Connaissant « les pensées de leur cœur », Jésus prend un enfant et le place auprès de lui. Dans le monde antique, l'enfant n'a ni statut, ni voix, ni droit : il figure le plus petit et le plus dépendant. « Qui accueille cet enfant en mon nom m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. » La grandeur selon Dieu se renverse : elle ne tient pas au rang mais à l'humilité et à l'accueil des derniers, où se joue mystérieusement l'accueil du Christ et du Père.
Une chaîne d'accueil jusqu'au Père
La parole de Jésus déploie une véritable chaîne de présence : l'enfant, le Fils, le Père. C'est le thème de l'envoyé (šaliaḥ), bien connu du judaïsme : recevoir le messager, c'est recevoir celui qui l'envoie. En s'identifiant au plus petit, Jésus annonce déjà le jugement de Mt 25 (« c'est à moi que vous l'avez fait ») et fonde la dignité sacrée de tout pauvre. Servir l'insignifiant, c'est servir Dieu lui-même.
« Qui n'est pas contre vous est pour vous »
Jean rapporte alors : un homme chassait les démons « en ton nom », mais « nous voulions l'empêcher, parce qu'il ne te suit pas avec nous ». Jésus refuse ce monopole du salut : « ne l'empêchez pas, car qui n'est pas contre vous est pour vous. » La formule, propre à cette scène (parallèle en Mc 9, 38-40), complète sans la contredire celle de Lc 11, 23 (« qui n'est pas avec moi est contre moi ») : là où l'une exige un choix personnel, l'autre élargit le regard sur le bien opéré au nom du Christ.
Comprendre l'Évangile à l'envers
L'ensemble dévoile des disciples encore prisonniers de la rivalité et de la possession, juste après l'annonce de la croix. Ironie voulue par Luc : ceux qui suivent le Serviteur livré se disputent les honneurs et voudraient confisquer la puissance de son Nom. Loin de les rejeter, Jésus les réoriente patiemment, par le geste de l'enfant et la parole d'ouverture, vers la logique pascale de l'abaissement et du don.
La vraie grandeur est dans le service
Dans l'Église comme dans le monde, la tentation des premières places demeure vive. Jésus retourne l'échelle des valeurs : le plus grand est celui qui se fait petit et serviteur de tous. Accueillir un enfant, un pauvre, un être sans importance aux yeux du monde, c'est l'accueillir, lui. La sainteté ne se mesure pas aux responsabilités tenues ni à la considération reçue, mais à l'humilité du cœur et à l'amour des derniers.
Renoncer aux rivalités et à l'ambition
Les disputes de préséance contredisent de front l'esprit de l'Évangile. À la suite des Douze repris par Jésus, il est bon d'examiner en soi l'ambition secrète, la jalousie, le désir de paraître, et de choisir délibérément la place du service et de l'effacement. La grandeur chrétienne ne consiste pas à dominer mais à se donner, à l'image de Celui qui « est venu non pour être servi, mais pour servir ».
L'ouverture, non l'esprit de clan
« Qui n'est pas contre vous est pour vous » : cette parole invite à se réjouir du bien accompli par d'autres, même hors de notre cercle, de notre paroisse, de notre sensibilité. Dieu agit plus largement que nos frontières et nos étiquettes. Vouloir tout contrôler au nom de la fidélité peut masquer une jalousie spirituelle ; la charité, elle, bénit partout où le Nom du Christ porte du fruit.
Recevoir la Parole qui dérange
Comme les disciples, nous restons parfois sourds aux paroles de Jésus qui contrarient nos attentes, préférant détourner le regard plutôt que d'interroger ce qui nous coûte. Demander la grâce de ne pas fuir la croix annoncée, d'oser questionner ce que nous ne comprenons pas, et de laisser l'Évangile retourner nos désirs de grandeur en désir d'humble service, est déjà un chemin de conversion.
Cette semaine
- Dimanche 27 26e dimanche du Temps ordinaire Mt 21, 28-32
- Lundi 28 Lundi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 46-50
- Mardi 29 Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges Jn 1, 47-51
- Mercredi 30 Mercredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 57-62
- Jeudi 1 Jeudi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 1-12
- Vendredi 2 Vendredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 1-5.10
- Samedi 3 Samedi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 17-24
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